Zombies Apocalypse Zombies Origines — 19 novembre 2011
Autopsie d’un zombie

Dr Steven Schlozman

Le Dr Steven Schlozman, éminent psychiatre enseignant à Harvard  et fan de film d’horreur décide d’expliquer à travers son enseignement la neurobiologie Zombie. Leader mondial sur la neurobiologie du mort-vivant, il rédige un faux article médical sur l’infection zombie qu’il appelle le Syndrome d’Ataxie dégénérative (troubles de l’équilibre) et de Manque de Satiété , ou ANSD (l’article a cinq auteurs : un en vie, trois décédés et un infecté) et donne une conférence.  Mais la science sous-jacente est sérieuse. Son cours est un tour du cerveau humain, utilisant le mort-vivant comme un thème narratif.Pour ceux que cela amuse, voici un bref résumé de son cours :

 Présentation du cerveau d’un zombie :

- Le lobe frontal : Cette partie du cerveau gère les fonctions supérieures, en particulier la possibilité de réfléchir et de résoudre des problèmes d’une façon abstraite. Clairement, les zombies ne l’ont pas mais pourtant ils peuvent nous voir et nous sentir. Schlozman conclut que les zombies possèdent juste assez d’activité du lobe frontal pour “écouter” le thalamus, par lequel arrive l’information sensorielle. Ils ne possèdent plus la fonction principale du lobe frontal : le contrôle de l’impulsivité, ce qui explique  le comportement du zombie et son agressivité.

-L’amygdale cérébrale : En l’absence de  lobe frontal fonctionnant correctement, un zombie est entièrement en proie à des émotions de base – comme la colère – qui sont hébergées dans les parties primitives de notre cerveau, notamment l’amygdale. Une destruction de l’amygdale chez l’animal entraine une baisse de l’agressivité et une attitude de repli. C’est une délicate balance entre le lobe frontal et l’amygdale qui fait de nous des humains. Chez le zombie, il n’y a plus cette modulation et le résultat est une hyper-agressivité.

-Le cervelet et le ganglion basal :  La science peut une fois pour toute clore le débat passionné de 28 jours plus tard.. Définitivement, les zombies de 28 jours plus tard sont des légendes. En effet, ils sont doués d’une fonction supérieure leur permettant de chasser, peuvent courir, sauter, monter, changer de direction, ce dont sont incapables ceux de Romero. Les zombies souffrent en effet d’un syndrome cérébelleux et d’une atteinte du ganglion basal. Ce sont les parties du cerveau qui rendent possible la fluidité du mouvement. Le ganglion basal coordonne le mouvement et le cervelet maintient l’équilibre. En fait, les symptômes de l’atteinte cérébelleuse (comme l’ataxie) correspondent à la démarche familière des morts vivants : démarche titubante, jambes écartées, instabilité, tremblements de tout le corps.

- Les neurones miroir : Découverte d’avant-garde dans le domaine de neuroscience, Schlozman décrit la théorie du neurone miroir comme un modèle neurobiologique d’empathie, qui suggère que nous pourrions être connectés entre nous. Les régions du cerveau sont recrutées en réponse aux interactions sociales. Nous observons et éprouvons ainsi les expériences “de l’autre”. De la même façon que ces neurones miroir nous permettent d’apprendre certaines tâches en les regardant, d’autres neurones miroirs peuvent nous permettre d”éprouver une émotion particulière en l’observant sur quelqu’un d’autre.

Mais, demande Schlozman , pourquoi les ennemis contre lesquels nous nous battons auraient-ils une intelligence incapable de connexion ? Simplement, en réponse à la violence, nous nous débranchons les uns des autres. Ce n’est pas seulement que l’ennemi ne veut pas être choqué et effrayé c’est qu’il ne le peut pas biologiquement. À la Bataille de Yonkers, les gens frappent la horde de zombies avec tout ce qu’ils ont. Mais les zombies continuent à venir. Ils ne semblent pas effrayés. Ils ne semblent pas excités. Ils ne semblent pas en colère. Et cela rend en réalité  les gens encore plus fous, excitant leur agressivité.

Schlozman suggère que les neurones miroir aident aussi à expliquer la popularité du genre zombie. En regardant ces films, nous nous laissons aller au plaisir d’une violence sans aucune culpabilité. En effet, c’est une violence dirigée contre des êtres qui ressemblent à des hommes mais qui n’en sont pas et nous jouissons de brèves pauses de notre empathie et laissons notre amygdale reprendre le dessus. C’est un exutoire aux frustrations, aux refoulements. Avec l’évolution de la violence dans le cinéma, nous commençons à nous sentir tellement mal de la perte de notre humanité que nous désirons abandonner ces neurones miroirs.
 

- L’hypothalamus : Dans les films, les zombies ont toujours faim, peu importe combien d’humains ils consomment. L’explication la plus probable est que leur hypothalamus ne fonctionne pas correctement. Or l’hypothalamus est la région du cerveau qui vous fait part du fait que vous avez mangé assez. Le résultat est une  hyperphagie, une boulimie. Les zombies mangeront et mangeront encore, mais ne se sentiront jamais rassasiés.

Cela soulève une question  délicate : si les zombies mangent constamment, donc comment se fait-il qu’ils n’aillent jamais à la selle ?

Schlozman ne sait pas à coup sûr, mais il a une théorie prometteuse : Peut-être les morts vivants sont-ils constipés. Ce qui l’amène à sa conclusion : maintenant nous savons pourquoi les zombies gémissent toujours…

Pour les passionnés de la question : une interview du Dr Schlozman :

http://thephoenix.com/blogs/phlog/archive/2009/04/16/podcast-harvard-psychologist-explains-the-science-of-zombies.aspx

Auteur

Esmeralda

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1 Commentaire

  1. Alors la, je dis bravo et merci pour cet article de référence.

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