CMS – À l’aube d’un réveil – Partie 3

chronique d une mort en sursie de Marcus Donnam illustré par Julien Caulier Oyez Oyez ZombiesWorldiennes et Zombiesworldiens !

Tout juste de retour d’Égypte, j’ai le plaisir de publier la suite de Les Chroniques d’une mort en sursis, écrit par Marcus Donnam et Mélanie Paziault et illustré par Julien Caulier ! N’hésitez pas à liker le Groupe Facebook Officiel et à nous faire vos retours ! Enjoy :)

Dans cet article :

Les chroniques d’une mort en sursis – tome 1 : EXODE
À l’Aube d’un réveil – Partie 3

 

Besançon, 6h45 chirurgie digestive.

” Le plus beau sommeil ne vaut pas le moment où l’on se réveille. ’’
André Gide

Huit lits alignés occupaient une vaste salle habillée d’un blanc terni par les années. Chaque lit était doté de lourds appareillages médicaux, enchevêtrement de câbles et de matériels électroniques cliquetant et clignotant, indispensable au rétablissement de leur occupant. Le temps semblait comme figé, résultat déstabilisant d’une lumière crue et insipide. Seul le rythme incessant des respirateurs artificiels et des bips sonores des moniteurs cardiaques ponctuaient les minutes qui semblaient s’étendre à l’infini. Un infirmier surveillait les constantes d’un patient toujours sous le coup d’une anesthésie générale qui émergeait lentement de son coma.

De désagréables murmures et une insupportable lumière firent soudainement irruption dans l’obscur et silencieux cerveau de Babas. Quelque chose n’allait pas. Il ne sentait plus ses membres et semblait prisonnier de son propre corps. Sa trachée était douloureuse, comme bloquée et ses muscles semblaient avoir fondu comme neige au soleil.

L’infirmier leva un œil de son rapport et remarqua l’agitation de son patient. D’un mouvement vif et professionnel il retira la canule d’intubation qui obstruait sa gorge. Même si ce geste le soulagea, Babas nageait encore dans le brouillard le plus total. Il n’était sûr que d’une chose : ” il avait faim “. Mais où diable était-il ? Il essaya tant bien que mal de rassembler quelques bribes de souvenirs. Mais absolument rien. Que dalle. Putain, si c’était encore Gros-Jo qui l’avait l’embarqué dans une nouvelle galère…

Une explosion éblouissante d’images et de sons s’imprima sur ses rétines et submergea son cerveau. Tout lui revint d’un seul bloc : Akim qui part en vrille, la poursuite, Gros-Jo qui se fait dégommer, sa panique… suivie d’une atroce douleur au ventre qui le fit s’effondrer. Puis écran noir. Le néant total. Il pensa à ce petit con d’Akim qui avait dû se faire choper par les flics. À l’heure qu’il est, il avait déjà dû tout balancer pour se couvrir. Merde ! Il était fait comme un rat ! Il devait absolument s’échapper avant qu’il ne soit trop tard… Où était-il bordel ?  Il fallait qu’il se ressaisisse et fissa. Il se força à ouvrir les yeux et distingua vaguement des formes.

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Quelqu’un était vraisemblablement penché au-dessus de lui. Les contours de plus en plus nets, il put observer un infirmier portant masque et gants, retirer un cathéter de son bras. L’hôpital… Sa dernière chance ! Il devait coûte que coûte faire le mur sinon c’était perpète à coup sûr ! Toujours sans aucune sensation, Babas tenta une seconde fois de se redresser et parvint tout juste à remuer les jambes. Les effets de l’anesthésiant s’amenuisaient peu à peu. Il n’avait plus qu’à attendre le bon moment… Après un soupir prononcé, il interrogea l’infirmier histoire de ne pas éveiller les soupçons.

« – Qu’est-ce qu’il m’est arrivé ? Pourquoi j’sens plus mon corps ? Vous m’avez fait quoi, bande d’enfoirés ? »

Le jeune infirmier lui répondit d’une voix froide et aseptisée :

« – Vous avez été blessé par une arme à feu. Le projectile vous a percé la paroi stomacale, ce qui a provoqué une grave hémorragie et bien évidement une perte de connaissance. Vous avez été conduit à l’hôpital hier en début d’après midi. Vous avez subi une opération chirurgicale pour extraire la balle et endiguer l’hémorragie. Vous êtes vraisemblablement tiré d’affaire. Mais visiblement votre blessure n’est plus votre principal problème…. »

Babas n’était pas concentré sur les propos de son interlocuteur, plus soucieux de sortir de ce pétrin que de son état de santé. Il devait grappiller un maximum d’informations avant de tenter quoi que ce soit. Il n’aurait hélas le droit qu’à une seule et unique tentative, autant ne pas la gaspiller stupidement.

« – Gnierfff… Je suppose qu’ils sont déjà là et attendent votre signal pour m’embarquer… Combien de temps avant que je sois sur pied ? »

L’infirmier n’approuvait pas les sales types comme Babas. Surtout que celui-ci se permettait des familiarités qu’il n’aimait guère. Il ne désirait pas aider ce genre d’individu et riposta d’un ton glacial :

« – Une équipe de surveillance a effectivement été mise en place, mais vu votre état… Votre statut « particulier » ne vous exempte pas des protocoles hospitaliers mis en place. Or toute personne ayant subi une transfusion sanguine doit être placée en quarantaine. Mon vieux, vous n’êtes pas prêt de sortir d’ici. »

Sur cette réplique narquoise, l’infirmier tourna sèchement les talons et commença à s’occuper du patient contigu.

Babas ne comprenait rien à ce charabia médical, mais visiblement ces ordures allaient devoir attendre un bout de temps avant de le mettre derrière les barreaux. Un délai supplémentaire pour se faire la belle… enfin une bonne nouvelle ! N’ayant plus aucune attention focalisée sur lui, c’était le moment de secouer un peu son corps endormi. Dans un effort démesuré, il parvint à se redresser sur son lit et put observer une compresse imbibée de sang au niveau de son abdomen. Spectacle étrange, puisque aucune douleur ne venait perturber son mouvement. Pas un picotement. Rien. Décidément ils avaient dû avoir la main lourde sur la morphine ! Tant mieux, cela lui faciliterait la tâche. C’était maintenant ou jamais.

« Il avait faim ». Ce n’était pas le moment. Chassant cette idée saugrenue de sa tête, il se concentra. Rassemblant le peu de forces qui lui restait, il contracta tous ses muscles pour se relever discrètement. Il posa doucement et non sans difficulté le premier pied à terre, puis le second. Seul un petit bruit étouffé échappa de cette manœuvre, couvert par le bruit des moniteurs. Il ne s’en sortait pas trop mal. Babas, insensible à la froideur du carrelage, se tenait debout, immobile, rigide comme un piquet. Il saisit lentement avec sa main gauche le pied à sérum sur lequel pendait mollement sa perfusion et regarda fixement l’infirmier, toujours affairé sur son voisin de chambre. Concentré sur son travail, celui-ci était loin d’imaginer qu’il faisait office de cible et offrait inconsciemment un angle d’attaque idéal.  Babas récupérait une énergie jusqu’alors endormie par les drogues qu’on lui avait administrées, sans pour autant posséder la sensibilité et la souplesse habituelle de son corps. « Il avait faim ». Plus tard. Déterminé à neutraliser le jeune infirmier, obstacle sur son chemin, il s’agrippa fermement à son arme de fortune. D’un pas traînant, il s’approcha suffisamment de sa victime et lui porta un coup particulièrement brutal au niveau de la nuque. Celle-ci s’effondra mollement et sa tête percuta le coin d’une table sur laquelle reposait diverses seringues. Étendu sur le sol, le regard vide, l’infirmier demeura inerte. Babas remarqua, non sans intérêt, les magnifiques tâches de sang d’un rouge vermeil, résultat de son acte, qui contrastait artistiquement avec le blanc immaculé du carrelage.

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Il pouvait à présent s’enfuir, la voie était libre. Il n’avait plus qu’à pousser la porte et marcher sans s’arrêter. Un malade dans un hôpital, quoi de plus normal ? Pourtant il ne pouvait détacher son regard du crâne du jeune infirmier d’où perlait un filet continu de liquide rouge qui s’assombrissait en une épaisse flaque luisante sur le sol. Visqueuse, elle engloutissait seringues et compresses sur son passage. Rien ne semblait pouvoir arrêter sa fulgurante progression. Il pouvait sentir l’odeur qui en émanait au plus profond de son être. Malgré le danger écarté, tous ses sens étaient en alerte. Il percevait distinctement les faibles battements cardiaques de sa victime, qui ne cessaient de ralentir. Sa vie s’échappait aussi vite que la monstrueuse tâche s’insinuait dans les jointures du carrelage.

” Il avait faim. “

Désireux de s’approcher de ce flot d’énergie vitale, il se pencha sur le jeune infirmier, comme hypnotisé. Son propre sang bouillait dans ses tempes et des décharges électriques couraient le long de ses doigts. Tout son corps en alerte semblait vibrer de désir. C’était à la fois insupportable et infiniment addictif. Il sentait la chaleur du jeune homme irradier sa peau, telle une brûlante caresse. Il désirait la toucher, la sentir au plus profond de son être. Ne faire plus qu’un avec elle. L’absorber et savourer la vague calcinante qui se propagerait dans son œsophage et ses entrailles. Il enlaça brutalement sa proie et dans une étreinte mortelle, plongea ses dents dans l’aorte proéminente de son cou. Sa bouche fut instantanément inondée de liquide brûlant, un délice. Il ne remarqua à aucun moment les jambes de sa victime se contracter sous les convulsions ni le rouge emporter la victoire sur le blanc de sa blouse. Les yeux fermés, galvanisé par les sensations violentes de ce sang salvateur, il comprit qu’il ne désirait désormais vivre que pour ce moment d’extase suprême. Dans un dernier soubresaut, l’ultime braise étincelante s’échappa du corps de l’infirmier avant de disparaître définitivement. Jusqu’alors ardent, le liquide devint glacial et infecte. Pris d’un violent spasme, Babas lâcha spontanément son étreinte et cracha le peu qu’il n’avait pas avalé. Hébété, il reprit un semblant de conscience et contempla avec effroi le spectacle chaotique qui s’étendait sous ses yeux. Pris de nausées, un nouveau spasme le contraint à régurgiter une partie de son fabuleux festin. Babas se redressa maladroitement et s’essuya la bouche avec sa manche comme un ivrogne ayant bu une gorgée de trop. Il leva les yeux et aperçu son reflet au travers d’un miroir encadrant un petit lavabo du mur opposé. Des maux de tête lancinants l’empêchaient de se concentrer. Il distingua à peine son teint blafard, ses yeux injectés de sang ou ses lèvres gercées encroûtées de sang séché. Il se sentait affaibli. Que lui arrivait-il ? Qu’est-ce que ces enculés lui avaient fait ?

Il traversa péniblement la pièce et s’appuya maladroitement sur le lavabo, chercha à tâtons le robinet qu’il ouvrit et fit couler l’eau à flot. Il passa son visage sous l’eau froide, mais ce n’eut pas l’effet apaisant escompté. Aucun frisson. Pas la moindre sensation de fraîcheur. Sa peau, au toucher, avait l’aspect d’une d’orange racornie par l’air ambiant. Il était vraiment dans un sale état… Dans un court élan de lucidité, il traîna le cadavre de l’infirmier sur quelques centimètres pour tenter de le cacher sous le lit. « Toujours nettoyer après avoir foutu la merde. », c’est ce que sa mère lui répétait tout le temps quand il était môme.  Malgré ses bonnes intentions, il était trop lourd et ses gestes manquaient de précision. Le résultat fut tellement pitoyable qu’il abandonna rapidement sa première idée. « Désolée Maman. », pensa-t-il. Résigné, il prit une blouse suspendue à l’unique porte manteau de la pièce, l’enfila par-dessus sa veste crasseuse, témoin du carnage des lieux et sortit de la salle de réveil, laissant son acte abominable à la vue de tous.

Il n’avait pas beaucoup de temps, il en était conscient. Il avait merdé et tous les flics de la ville se lanceraient bientôt à sa recherche. Certes son déguisement d’infirmier ne tromperait pas longtemps, mais s’il arrivait à se fondre dans la masse, personne ne le remarquerait. Baissant la tête, il s’avança lentement dans le couloir. À première vue, personne ne semblait s’intéresser à lui. Un large sourire se dessina sur son visage ce qui fit apparaître ses dents encore enduites de sang coagulé. Il le savait, son évasion était en quelque sorte une réussite…  

 

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Service des urgences : 07h10

On prendra soin d’entretenir les malades dans un saint abandonnement à la providence. ”
Bossuet

 

L’heure était grave, l’ordre était formel : aucune transfusion sanguine n’était autorisée. Pour gagner un peu de temps, le personnel médical avait réquisitionné toutes les doses de plasmagel disponibles. Ils ignoraient tout des raisons qui avaient pu pousser les gens de « là-haut » à prendre une telle décision. Leur rôle était inatteignable : ils devaient faire tenir leurs patients le plus longtemps possible en espérant une levée de l’alerte.

Camille était d’astreinte ce jour-là. Bien qu’elle a récemment accepté un poste en traumatologie dans l’établissement, elle n’était pas pour autant inexpérimentée. Elle avait passé ces quinze dernières années à vivre au sein de populations dévastées par la guerre, Afghanistan, Irak ou encore Somalie. Travaillant sur le terrain, elle avait dû pratiquer la « médecine » de guerre qui relevait plus de la boucherie que de la chirurgie.  L’horreur et les injustices avaient fini par avoir raison d’elle et pour ne pas y laisser sa peau, elle s’était rangée dans une vie plus paisible de fin de carrière. Ce changement drastique était pour elle un nouveau départ où elle pouvait aborder le quotidien plus sereinement.

Camille était réputée pour être une femme forte, familière et provocatrice. Son côté effronté était une façon de lutter contre « les injustices du monde ». Elle n’avait plus rien à prouver et dirigeait ces équipes d’une main de fer. Camille était non seulement une battante mais elle était aussi extrêmement compétente. Il était d’ailleurs rare de voir un de ses collègues remettre en cause un de ses diagnostiques. L’aura de Camille finissait d’émerveiller les plus résistants et tout son entourage la respectait profondément.

L’équipe d’urgentistes était principalement constituée d’internes et de quelques étudiants de premier cycle. Tous étaient rassemblés autour d’elle dans la salle de relève. Elle se tenait parfaitement droite, le dos cambré, aux côtés d’un tableau noir où l’on pouvait déchiffrer des pronostics alarmants.

 

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Elle attendit quelques secondes, fit le vide en son for intérieur et d’un ton grave commença son discours :

« – Bonjour à tous. J’espère que vous avez tous passé un bon week-end, car malheureusement la fête est terminée. Pour ceux qui ignorent encore la nouvelle, depuis une demi-heure le Ministère de la Santé a enclenché le « Plan Sommeil ». Un agent pathogène a été détecté dans les derniers prélèvements labo, par conséquent toutes les poches de sang nous ont été retirées. Cette consigne est désormais imposée à tous les centres de soins et de sang concernés. Pour le moment, personne n’est en mesure de nous alimenter. Vous devez exécuter les ordres, vous le savez tous. Plus aucune transfusion sanguine. Les patients déjà transfusés doivent être immédiatement placés en quarantaine. En clair : on est dans la merde ! Nous sommes pieds et poings liés pour le moment. Nous devons faire en sorte que les patients tiennent le coup et attendre. Nous n’avons pas le choix. Alors ne lésinez pas sur les perfusions de plasniom, c’est tout ce qu’il nous reste. J’imagine que vous avez des questions ? Alors les enfants, pas tous à la fois. Chacun son tour. »

La tension était à son comble et en devenait palpable. Elle se devait de rester de marbre face au désarroi et à l’abattement qu’elle pouvait lire sur les visages des internes, mais néanmoins elle éprouva un fort pincement au cœur. Ils étaient si jeunes… Pourtant ils étaient tous prêts à obéir, elle n’en doutait pas une seule seconde… Merde ! Ils étaient tous humains et médecins bordel ! L’idée même de regarder mourir un patient, totalement impuissant, provoquait une frustration insupportable à chacun d’entre eux. Un interne plutôt chétif pris la parole d’une voix tremblante :

« - Comment est-ce possible ? Vous savez très bien que le plasniom ne fera que retarder l’inévitable ! La non-assistance à personne en danger, ça vous dit quelque chose ? On ne peut décemment pas laisser mourir ces gens ! Personne ne nous pardonnera ce que nous nous apprêtons à faire. Nous ne nous le pardonnerons pas »

Les autres acquiescèrent silencieusement, hochant la tête. Comment penser autrement ? Cette procédure allait à l’encontre même du serment d’Hippocrate, qu’ils avaient tous juré de respecter. Camille le regarda fixement pendant qu’elle cherchait ses mots, puis s’adressa à l’ensemble de l’auditoire :

« - Écoutez-moi bien (elle lança un regard inquisiteur au reste de l’équipe). Et cela vaut pour tous ! On n’est pas dans une série télévisée pour ados, là. Il n’y a pas de place pour des médecins super héros tout droit sortis d’un Marvel ! Rangez vos capes, c’est la réalité pure et dure. »

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Elle marqua une pause puis reprit :

« - Vous n’êtes en aucun cas responsable de la situation actuelle mais nous devons hélas y faire face ! Et nous allons y faire face ensemble ! Nous devons donner le meilleur de nous-mêmes !  Les cravatés d’en haut ont forcément une raison valable pour agiter les drapeaux rouges. On doit limiter la casse coûte que coûte, le temps qu’ils trouvent une solution. Respectons ce foutu « Plan Sommeil »  à la lettre. Je compte sur vous. »

Elle sentait l’angoisse de ses troupes. Ils craignaient le pire. Tout était envisageable…. Imaginez si l’agent pathogène était transmissible par l’air… Cette pensée lui provoqua un frisson glacial qui remonta le long de son échine. Ce nouveau cas de contamination allait à coup sûr être la cible des médias qui ne manqueraient pas  de bafouer la réputation des hôpitaux français.

Camille chassa telle une nuée de mouches, ses idées noires et ajouta solennellement :

« – Ne flanchez pas, ils ont besoin de vous ! »

Elle leur tourna le dos et son visage de médecin confiant tomba, pour laisser place à celui d’une femme dépassée par l’ampleur de la situation. Elle ne pouvait pas se permettre de laisser transparaître ses émotions. Surtout pas face à ses internes. Ils avaient besoin d’elle et n’avaient pas besoin de ses faiblesses, au contraire.

Pendant que les internes quittaient la salle dans un silence de plomb, elle se mit à parcourir les dernières entrées aux urgences…

Un couple victime d’un accident de la route avait été admis juste avant la quarantaine. Le conducteur avait perdu le contrôle du véhicule après avoir dérapé sur une plaque de verglas. Ils avaient tous les deux terminés leur course dans un platane en bordure d’une route de campagne. En absence de témoins, les secours avaient mis énormément de temps à se rendre dans cet endroit reculé. L’homme avait eu l’artère fémorale sectionnée par un morceau de tôle, mais l’équipe d’intervention avait réussi à le stabiliser. La femme par contre, était dans un état plus critique. L’IRM avait signalé plusieurs hémorragies internes au niveau de la cage thoracique. Tout deux étaient au bloc, mais la mise en place du plan allait leur être fatale…

Un autre patient, plus jeune, avait subi une greffe rénale la veille et semblait désormais la rejeter. Il était donc en proie à de fort symptômes infectieux, son taux d’immunoglobuline explosait les records !

Elle fut attirée par un autre patient admis à son service. La mention « Blessure par arme à feu » avait été rapidement griffonnée au stylo. Il avait eu de la chance puisqu’il avait déjà été opéré et transfusé. Il était visiblement sous surveillance policière, ce qui présageait un long casier judiciaire ou une histoire plus que sordide. De toute façon, quarantaine ou prison, son sort semblait déjà scellé.

Évidemment ils n’étaient pas les seuls… la liste s’étendait sur plusieurs feuilles A4, négligemment agrafées ensemble. Un nombre incalculable de patients allaient être concernés par le manque de sang. Elle commença à songer aux bilans accablants des prochaines 48 heures, quand elle fut brusquement interrompue : un interne fit irruption dans la salle. Il était dégoulinant de sueur et respirait à grand bruit. D’une pâleur inquiétante, et entre deux halètements, il articula avec difficulté :

« - Madame…  Vous devriez venir voir… tout de suite… en salle de réveil. Quelque chose de terrible… Il faut que vous voyez ça ! »

Le cœur de Camille manqua un battement et son sang se glaça dans ses veines…

 

Co-écrit par : Marcus Donnam et Mélanie Paziault

Illustré par : Julien Caulier

 

Auteur

Marcus Donnam

Auteur ''Les chroniques d'une mort en sursis'' suivez cette aventure en exclusivité sur zombie world.

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8 Commentaires

  1. Toujours aussi exaltant ! se dévore sans respirer !

  2. Merci à toi, toujour fidèle au post. Heureux de lire ce retour très encourragant.
    “Le pire est à venir.”

  3. Désolée pour ma lecture tardive, mais ouhaou j’adore!! Toujours impatiente pour la suite et à chaque fois dommage du peu…… A très vite

  4. Cet épisode me laisse une curieuse impression de “déjà-vu” (avec un faux accent british ^^).
    Le réalisme du centre hospitalier est poignant et professionnel.

    • Tu fais allusion à quoi ? :)

  5. Bonjour et bravo pour cette initiative. C’est si rare!!
    J’ai lu les 3 premières parties et j’avoue que j’ai un peu de mal à m’attacher aux personnages sans trop de dialogue. Il est vrai que les dialogue se font rares jusqu’ici. Ne serait-il pas mieux de remplacer certains passages trops descriptifs par des interactions entre les personnages?
    Sinon, j’aime bien dans l’ensemble.
    J’attent de lire la suite.

    • Bonjour xvid !

      Cela me fait plaisir de voir de la critique constructive ! Car cela permet de nous améliorer. C’est vrai qu’il y a beaucoup de style indirect ! Il aura plus de dialogue dans la prochaine chronique :)

      Nous prenons bien en note ta remarque, qui restera dans nos têtes pour les futures publications !

      Nous sommes toujours preneurs de vos avis, pour nous améliorer ! :)

  6. Salut merci pour vos retours. Tres bonne remarque j’ai fais le choix du style indirrect pour ces chroniques parcqu’elle sont sobres en rebondissements. Les chroniques a venir montent en intensitée. Le dialogue sera donc plus répendu par la force des évenements.Continunez de nous faire parvenir vos remarques et impressions Mel et moi y sommes tres attentifs .
    “Le pire est à venir” amicalement Marcus.

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