Consoles / PC Jeux Jeux-Vidéos — 25 septembre 2012
Dead Island Game of the Year Edition

Pour tous ceux qui n’ont pas encore cédé à la tentation, il est l’heure de passer à la session de rattrapage. Attardons-nous sur le contenu de cette nouvelle édition et plus particulièrement sur les ajouts par rapport à la version initiale.

Éditeur : Deepsilver
Développeur : Techland
Support : Xbox360 et Ps3
 

 

Si vous êtes un/e habitué/e de nos pages, vous le savez déjà, Dead Island est l’un de nos chouchous. Fort d’une ambiance sans équivalent, de graphismes de très bonne facture et d’un cadre paradisiaque contrebalancés par une difficulté infernale, le jeu avait gagné sa place dans nos cœurs et a motivé certaines de nos nuits blanches. Si vous ajoutez à cela un multijoueur diabolique, ultra immersif et vous obtenez un cocktail presque magique, pas sans défauts certes, mais néanmoins exaltant. Fort de son succès, c’est sans surprise qu’une édition GOTY (Game of the Year) fait son apparition. Cette dernière comporte le jeu original à prix réduit ainsi que l’intégralité des contenus additionnels.

 

Cette édition est-elle suffisante pour relancer l'intérêt des joueurs et des joueuses ?

 

Petit rappel tout d’abord. Le sable, le soleil, les mojitos… Les vacances tropicales parfaites… Voilà le cadre idéal pour une attaque de zombies non ? En effet, puisque nous sommes coincé/es devant notre console pendant les vacances, autant aller ruiner celles des nantis, non mais ! Nous ne reviendrons pas sur le jeu de base qui a déjà été testé par nos soins, mais nous conseillons à ceux qui n’ont pas (encore) craqué pour cet excellent jeu qui mêle suvival, fps, rpg et action d’aller regarder notre test ICI. Nous nous arrêterons plutôt sur les nouveautés qu’offrent ce Dead Island GOTY pour voir ce qu’apporte cette nouvelle édition.

 

La campagne solo: Ryder White

Commençons par le DLC au contenu le plus conséquent : la campagne de Ryder White. Sorti le 1er février 2012, ce DLC avait divisé les fans du premier opus. Il faut dire que le jeu de base est si varié et propose un tel contenu qu’un DLC occultant une bonne partie du gameplay d’origine ne pouvait que surprendre.
Pour rappel, le personnage éponyme n’est autre que le méchant du jeu de base. Aussi cynique qu’autoritaire, le bougre nous avait donné beaucoup de fil à retordre. Il s’agit désormais de sauver sa peau, ou plutôt il est question de le maintenir en vie pour qu’il puisse rencontrer par la suite nos quatre héros. Bien sûr, nous pourrions le laisser mourir dans d’atroces souffrances et par là même nous éviter bien des désagréments dans la campagne de base, mais outre les paradoxes temporels que cela entraînerait (Docteur Who dirait qu’il s’agit d’un point fixe de l’espace temps…) cela vous priverait d’une confrontation finale des plus savoureuses, ce serait dommage non ? Alors retroussez vos manche, ce soir nous alors sauver du badass !
Si Ryder était présent dans la campagne principale, il faut avouer que ce personnage de l’ombre n’était que peu exploité. Il n’apparaît en pleine lumière qu’à la fin du jeu et ses intentions restent tout aussi longtemps un mystère. Afin de rendre à César ce qui lui appartient, cette campagne a pour mission de compléter le portrait de ce personnage qui est, mine de rien, l’un des piliers du scénario de Dead Island.

 

La campagne de Ryder White... tout un poème.

 

Si l’action commence un peu avant le jeu original, il ne s’agit pas pour autant d’une préquelle. Lorsque nous prendrons le contrôle de Ryder, un peu de temps aura passé et le véritable début du jeu est simultané avec l’incident de l’hôtel qui signe l’introduction de Dead Island. Sans trop en dire sur les évènements qui nous amènent sur l’île, sachez que Ryder verra son destin lié à celui d’Émilie, sa femme. Ainsi, nous verrons comment ce mari aimant épuisera chaque opportunité jusqu’à devoir se radicaliser et s’opposer aux quatre protagonistes. 
Ryder un rambo romantique ? Sur le papier, oui. Hélas le scénario est trop vite éclipsé. Si l’idée était intéressante, une fois le militaire lâché en pleine ville nous nous rendons compte que cet épisode annexe laisse la psychologie de côté pour mettre en avant l’action. Omniprésente, elle sera au cœur même du gameplay et prendra ses distances avec les éléments qui avaient forgé la personnalité de Dead Island. Ainsi, Ryder en bon militaire tirera sur tout ce qui bouge. Exit les combats improvisés aux tubes en métal ou à la pagaie ! Si trois nouveaux mods de personnalisation pour les armes blanches sont ajoutés, vous n’aurez malheureusement d’autre choix que de les laisser dans vos poches. En effet, très vite le joueur aura accès à des armes à feu ainsi qu’a de très nombreuses munitions. De plus, les ennemis sont si nombreux que vous n’aurez d’autre choix que d’en faire usage et cela de façon quasi permanente. La customisation des armes est donc présente mais anecdotique vu la puissance des armes à feu qui vous dissuaderont d’investir dans des modifications d’armes blanches coûteuses et peu durables. La peur, si présente auparavant s’éclipsera à chaque cartouche tirée… Et ce n’est pas le seul désaveu par rapport à l’épisode original ! L’aspect jeu de rôle est totalement refoulé. En effet le système de niveau a disparu tout comme l’arbre de compétences. Il reste à Ryder sa capacité spéciale, mais point d’inédit ici puisqu’il se contente d’utiliser celle de Purna, elle aussi experte en armes à feu. Dommage.
Autre grande différence avec la campagne originale : l’absence d’un mode multijoueur, alors que ce dernier avait fait la gloire du titre. 

 

L'éventreur est l'une des bonnes surprises de cette édition.

 

Si l’on prend en compte le fait qu’il n’y a pas de missions secondaires, le tout n’offre qu’une durée de vie de quatre à cinq heures pour un résultat en demie teinte. Offrir une campagne orientée action au détriment du jeu de rôle, où les armes à feu sont prédominantes et sans possibilités de coopération, cela peut surprendre. Pourquoi une telle rétractation de la part de Deep Silver ? Cette campagne nous laisse un étrange sensation et un gout amer. Cependant, elle n’est pas dénuée de qualités et vous ne verrez pas passer ces quatre heures de pur chaos. L’action est frénétique et a au moins le mérite de proposer une autre manière de jouer à Dead Island qui à défaut de nous stresser, sera un véritable exutoire pour le joueur. Nul doute que les développeurs partaient d’une bonne intention et se sont dit qu’il fallait adapter le gameplay à la personnalité du principal protagoniste. Cependant, jouer un militaire surarmé en pleine apocalypse zombie est beaucoup moins original. Ce contenu supplémentaire n’est pas mauvais, loin de là. Il nous offre la possibilité de parcourir de nouveaux environnements, de nouveaux mods sont accessibles – bien que trop peu exploités – et l’histoire réserve son lot de révélations. C’est surtout par manque d’ambition et une erreur d’orientation que ce chapitre supplémentaire pêche. Néanmoins il offrira à ceux qui veulent se défouler un challenge de taille et des gunfights de qualité.

 

Bloodbath Arena

Qu’est-ce que Bloodbath Arena ? Il s’agit du premier DLC qui fut proposé aux possesseurs de Dead Island. Ce dernier était offert à ceux qui avaient commandé l’édition collector du jeu. Ce mode de jeu est un classique du jeu vidéo : la survie en arène !

 

Cette affiche n'est pas sans rappeler Left 4 Dead.

 

Petit détail technique : pour tenter l’aventure il vous faut lancer une de vos sauvegardes de Dead Island. En effet, impossible d’y accéder via le menu, il faut pour cela charger une partie puis se rendre aux cartes de déplacements rapides. Ces cartes sont disponibles dans les diverses bases du jeu comme le poste de secours de Sinamoï, le phare, etc. Une fois la carte de voyage rapide ralliée, sélectionnez “lobby de l’arène” afin de téléporter votre groupe dans ce Colisée des temps modernes. En effet, contrairement à la campagne de Ryder White, ces parties peuvent se jouer (et doivent se jouer) en multijoueurs

Une fois le lobby de l’arène sélectionné, le joueur assiste à une petite cinématique pour se mettre dans le bain (haha… hum… décidément, cette blague n’est jamais drôle).
Nous apprenons ainsi que l’épreuve se déroule un peu après la campagne principale et qu’elle est supervisée par un certain Ryder White. Toujours les mêmes qui se font remarquer. Pour faire simple, il s’agit d’une épreuve qui vise à tester vos aptitudes de soldat et de prouver que vous avez le droit de survivre. Un autre niveau de lecture serait de comprendre qu’il s’agit de divertir les troupes avides de sang de Ryder White et d’éliminer les témoins gênants. Au choix…

 

Cela a beau être anecdotique, DeepSilver a au moins fait l'effort de scénariser son mode.

 

Une fois la cinématique terminée vous atterrissez dans un complexe où il vous faudra choisir l’une des quatre portes. Chaque porte correspond à un niveau de difficulté et à une arène bien précise.  Les décors sont assez inégaux et si certaines arènes sont un peu sombres, il faut aussi reconnaitre qu’elles sont assez ingénieuses d’un point de vue tactique. L’une d’entre elles tire magnifiquement son épingle du jeu, la très très belle cascade, qui nous offre un panorama de troglodyte absolument stupéfiant.
Du point de vue du déroulement de l’épreuve, c’est assez classique. Vous affronterez des groupes de zombies qui vous attaquerons par vagues successives. Chaque vague étant un peu plus redoutable que la précédente, jusqu’à ce que les zombies les plus puissants du jeu fassent leur apparition. Entre chaque vague, vous bénéficierez d’un petit temps de pause, bien utile pour vous soigner, vous réorganiser entre amis et surtout utiliser l’atelier pour réparer vos armes.

Le tout est encore une fois très classique, mais contrairement aux poncifs du genre qui laissent à la porte le réalisme, ici 4 zombies peuvent tuer un survivant isolé. Lorsque l’on sait que les vagues comptent au moins une trentaine de morts… la difficulté est donc très, très, mais alors, TRÈS conséquente. Classique oui, mais efficace et chronophage si vous aimez le challenge. Ce Bloodbath Arena est aussi plus accessible lorsque vous jouez avec des amis, car le “teamplay” est l’une des clefs de voûte de la survie. Un groupe désorganisé ne fera pas long feu. Nous regretterons tout de même qu’il n’y ait que quatre arènes et que chacune d’elles soient liées à un niveau de difficulté. Avis au fans de scoring !

 

En bref

Dur dur de s’atteler au test de cette édition Jeu de l’Année. En effet, nous avions posé nos griffes sur le jeu dès sa sortie et avons eu le temps de le finir en solo, en coop, et s’essayant avec gourmandise aux différents styles des quatre personnages. Nos critiques étaient dithyrambiques et il n’y a aucune raison que cela change. Dead Island est un jeu excellent, pas exempt de défauts, mais diablement efficace et certainement l’expérience de survie la plus aboutie sur console actuellement. Il mêle avec brio action, jeu de rôle et fantastique pour offrir aux joueurs et joueuses l’une des rares expériences videoludiques avec un véritable challenge. Vous renouez avec la peur dès que vous entendrez le moindre râle de mort-vivants, sentiment qui avait disparu depuis Resident Evil 3 ! De plus cette édition est loin d’être paresseuse. En effet, elle ne se contente pas de compiler simplement le jeu de base et ses DLC. Nous avons pu observer que de nombreux petits soucis techniques présents à l’époque (affichage de textures et cliping) ont été réglés dans le jeu de base. Paradoxalement, ce n’est pas le cas pour les DLC inclus dans l’édition qui souffrent d’un manque de finition (ces mêmes soucis d’affichages de texture sont très présents dans la campagne de Ryder White, ce qui est étonnant puisque le jeu de base a subi les corrections nécessaires). En tant que DLC payants, la campagne de Ryder White et le mod Bloodbath Arena étaient des investissements discutables, mais il faut bien avouer qu’en tant que suppléments gratuits leur place est beaucoup plus appréciable. En effet, si ces DLC s’éloignent un peu trop du concept original de Dead Island, ils permettent aux joueurs de renouveler un peu l’expérience et de prolonger la durée de vie. Si les possesseurs du jeu d’origine n’y trouveront pas forcément leur compte, nous recommandons très vivement ce Dead Island Game of The Year Edition à tous les néophytes qui pourront, pour une trentaine d’euros, s’offrir ce qui se fait de mieux en matière de jeux de zombies sur consoles HD. De plus, voilà un excellent moyen de se préparer à la sortie de Dead Island Riptide, en espérant que l’orientation action prise par Ryder White et Bloodbath ne soit que la manifestation d’errements temporaires ne reflétant en rien le contenu de Riptide.

 

note8

Auteur

Baltorg

Chroniqueur Jeux vidéo

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