Films Vidéos — 06 avril 2012
Frayeurs (La Paura – City of the Living Dead)

Réalisation : Lucio Fulci

Format et nationalité : Long métrage italien (interdit – 16 ans)
Scénario : Lucio Fulci et Dardano Sachetti
Musique  Fabio Frizzi
Année : sorti en France en décembre 1980
Durée : 1 h30
Acteurs : Catriona MacColl (dans le rôle de Mary Woodhouse), Christopher George (Peter Bell), Fabrizio Jovine (le Père Thomas), Carlo de Mejo (Gerry), Antonella Interlenghi (Emily Robbins), Giovanni Lombardo Radice (Bob), Daniela Doria (Rose), Michele Soavi (Tommy), Luci Fulci (Docteur Thomson).

 

 

L’histoire

Le Père Thomas se supprime en se pendant dans le cimetière de Dunwitch. Son suicide, blasphème terrible, réveille les morts du cimetière et ouvre alors une porte de l’Enfer. Le mal s’apprête à envahir le monde. Le fantôme du prêtre et des apparitions de morts-vivants viennent hanter et tourmenter les vivants. Mais un journaliste accompagné d’une médium va tout faire pour refermer la porte de l’Enfer et sauver l’humanité.

Après l’Enfer des Zombies en 1979 et avant L’Au-Delà en 1981, Lucio Fulci donne au genre du zombie spaghetti une tournure particulière : l’Enfer ouvre ses portes et les forces surnaturelles se déversent sur le monde pour venir terroriser les vivants. La frontière entre la vie et la mort est dépassée. C’est la transgression absolue.

Mais les premières manifestations inquiétantes sont finalement de petits indices essentiellement destinés au spectateur et les protagonistes dans l’histoire ne mesurent pas encore la gravité de la menace qui plane : une femme meurt de peur, un miroir se brise, un mur se fendille et laisse échapper une fumée étrange. Fulci joue lui-même le médecin légiste qui s’occupe du cadavre de la femme morte de peur. Ce qui permet au réalisateur-acteur d’énoncer lui-même, dans le dialogue, le projet principal de son film.

Le film choisit toutefois au départ un traitement plutôt allusif, car les effets inquiétant montent crescendo.
Et même lorsque les fantômes apparaissent (et particulièrement celui du prêtre, au visage éclairé par en-dessous pour que les ombres portées soient terrifiantes), le film ne bascule pas encore dans le gore.

L’horreur visuelle arrive plus tard, dans des scènes parfois gratuites, comme celle où un père inquiet élimine celui qu’il pense être le prétendant de sa fille en lui transperçant la tête avec une perceuse !

Le scénario laisse d’ailleurs plutôt à désirer : tout comme L’Au-Delà l’année suivante, le film est souvent plus onirique et surréaliste que vraiment narratif. Mais ce qui se révèle un vrai poème visuel dans L’Au-Delà n’est encore ici qu’un catalogue un peu trop démonstratif à mon sens.

Et surtout un vrai prétexte pour étaler des scènes écœurantes destinées à retourner les tripes du spectateur, comme celle où une femme sous l’emprise du fantôme du prêtre commence par pleurer des larmes de sang avant de vomir littéralement toutes les entrailles de son pauvre corps en souffrance.

Voilà donc le projet du sieur Fulci : l’humanité torturée par le Mal, pénétrée par les démons qui viennent sur le territoire des vivants, la torture et la souffrance physique et morale.

Chez Fulci il n’y a pas d’échappatoire.
Notre époque contemporaine nous montre parfois des films d’horreur qui deviennent en même temps des comédies noires et décalées (du superbe et déjanté Shaun of the Dead au grotesque [REC]3), tandis qu’au contraire dans ce cinéma italien du début des années 80 et particulièrement chez Fulci, il n’y a pas de porte de sortie par l’humour. C’est un cinéma qui se prend très au sérieux dans le déroulement des malheurs de l’humanité et de ses folies symboliques.

Frayeurs est à regarder dans cette optique : avec sérieux et gravité. En ce sens il est un film intéressant car le projet y est radica l: le règne du Mal et notre jugement dernier.

Grand Prix du public au festival du film fantastique de PARIS en 1980.

 

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note7

 

Auteur

salut à tous je suis enseignant, j'ai 42 ans - marié, 2 enfants passionné de films fantastiques et d'horreur depuis que j'ai vu Shining qui a agi comme un révélateur puis la série des Freddy, puis les Romero, Argento... par ailleurs passionné de peinture (cf mon site)

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1 Commentaire

  1. M’a vraiment marqué celui-là, pas d’humour ici ha ha ha :lol:

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