News Survie Tests Produits — 30 août 2013
Guide de survie : Rues Barbares, la critique !

rues barbares survivre en ville vol west piero san giorgioAuteurs : Piero San Giorgio, Vol West

Edition :  Le Retour aux Sources

Nombre de pages : 416

Sortie : 10 Décembre 2012

Synopsis

Comment survivre en ville ? Le monde va mal. Nous entrons dans une période d’accélération et de convergence de problèmes considérables : surpopulation, pénurie de pétrole et de matières premières, dérèglements climatiques, mondialisation débridée, dettes colossales, crises économiques, politiques, sociales, alimentaires, sanitaires… Il est à craindre que tout effondrement de vie « normale », temporaire ou de longue durée, prendra le plus grand nombre d’entre nous au dépourvu et nous plongera, nos familles et nos amis avec, dans un monde sans pitié, entre famines et violences, entre révoltes et guerres. Et pour la majorité de la population qui vit en ville, dans de véritables rues barbares, ces crises n’en seront que plus grandes, que plus dures. Pour Piero San Giorgio, auteur du best seller « Survivre à l effondrement économique », et pour Vol West, auteur du blog « Le Survivaliste » la survie est une préoccupation quotidienne. Dans ce livre, ils partagent leurs expériences et leur savoir-faire. Eau, nourriture, hygiène, défense, lien social… en conditions de crises économiques, sociales et sanitaires majeures… vous saurez tout sur la mise en place d’une véritable Base Autonome Durable urbaine ! Si vous ne lisez pas ce livre, nous ne donnons pas cher de votre peau d’habitant urbain ! Etes-vous prêt ? Attachez vos ceintures, enfilez votre gilet pare-balles, c’est parti !

 

Préambule

Je prend pour la première fois ma plume, pour faire la chronique d’un manuel de survie. Mon expérience ? Ma culture sur le sujet me demanderez-vous à juste titre ? Quelques lectures papier (Wiseman, Maniguet, …), énormément de lectures web (je ne compte plus le nombre d’heures passées sur divers forums de survie) et tous les sujets annexes de résilience, d’autonomie etc. Commençant donc a bien être informée sur les différents sujets de la survie (principes de base, vie sauvage, etc), j’ai voulu m’orienter sur un aspect plus “matériel” propre à la survie urbaine. En effet, le guide de Wiseman ou les conseils de David Manise vous enseignent le coeur même de la survie : comment vous sortir d’un très mauvais pas sans aucun matériel (ou très peu) et surtout comment acquérir suffisamment de bons réflexes et de connaissances (naturelles et sur vous même pour la plupart) pour éviter un stress, une inattention ou une ignorance qui provoquerait ce “mauvais pas”. Nous parlons donc d’une virée camping qui tourne mal, d’un accident ou tout autre évènement qui vous livrerait à vous même en zone inhabitée (et donc hostile).

La survie urbaine (selon une déduction logique) part des mêmes principes mais les adapte au milieu urbain : nous ne sommes plus nu comme un ver au milieu d’une forêt tropicale mais dans un environnement 100% artificiel (ou presque) qui comprend des milliers de produits, de matériaux, d’infrastructures à notre disposition, qui pourraient, s’ils sont identifiés au bon moment, nous sauver la vie.

Identifier les opportunités que nous offre notre environnement est un principe de base de la survie. L’appliquer au milieu de la ville peut paraître plus naturel et évident (et cela l’est à mon sens) mais pas aussi aisé que l’on peut penser. La survie urbaine ne peut être à mon sens qu’une extension de la “vie sauvage” ou la “survie sauvage”  à 100% pratique qui vous apprend à maîtriser les centres urbains et à en tirer profit. Et éventuellement, vous livrer quelques éléments de préparation indispensables (stockage) comme la “survie sauvage” révèle quelques exemples de kit de de survie.

Et Rues Barbares là dedans ? Pas grand chose à voir à vrai dire… Mais j’y viens. Maintenant que vous connaissez mon point de vue sur la survie urbaine (et si vous êtes en phase avec moi), vous pourrez mieux cerner la chronique de cet ouvrage.

 

Avis

Rues Barbares - Survivre en ville est diponible en boutique pour la somme de 21 euros avec environ 400 pages. Attention cependant, nous ne parlons pas d’un réel pavet à la Xavier Maniguet, puisque nous somme sur un format plus petit avec une taille de police importante (à vue de pif, taille 13/14 avec environ 25 lignes par page). Couverture épaisse, glacée et clinquante avec un design apocalyptique irréprochable ! Agréable en soi, bien qu’à l’antipode des valeurs dudit ouvrage. un marketing bien “mensonger” lorsqu’on découvre finalement le contenu du livre : Aucune couleur, aucun schéma, aucune photographie, rien à l’intérieur. Un peu inquiétant tout de même… voir carrément flippant pour un guide de survie !  La couverture est donc le seul investissement d’impression réalisé et le papier dont la qualité est irréprochable.

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Le livre est basé sur un principe simple : A chaque début de chapitre des citations d’écrivains, hommes politiques, philosophes ou autres figures et en guise de clôture des témoignages fictifs appuyant le contenu tout juste présenté. Les citations sont pertinentes, amènent à la réflexion et présentent le fil conducteur du chapitre. Même si cela est une pratique classique, elle reste très appréciable. En revanche, les témoignages fictifs n’apportent absolument aucune plus-value. Incomplets et calqués outrageusement sur les propos théoriques et exemples présentés en amont, ils dévoilent à tour de rôle en quelques lignes l’échec d’un rescapé qui ne s’est pas préparé, ou le succès d’un survivant “survivaliste”. Un excercice raté, dont on ne comprend pas vraiment la finalité si ce n’est forcer sans aucune subtilité l’adhésion du lecteur aux dires des auteurs : “Oulala, tu as vu, ils ont raison, il ne faut pas faire comme Paul qui n’a rien foutu, mais comme Jacques qui a tout fait !“. Un côté moralisateur, d’ailleurs parfaitement introduit dans la première citation de l’ouvrage, sous forme d’une fable : la cigale et la fourmi. La fourmi s’est préparée tout l’été alors que la cigale, inconsciente a vaqué à ses occupations. Si la cigale meurt, c’est entièrement de son fait et de sa faute. Elle est l’unique responsable de sa situation et par conséquent, la fourmi ne lui doit absolument rien. L’auteur d’ailleurs résume ceci très bien : “Enfin, il sera toujours plus simple d’accuser ceux qui auront été prévoyants, d’homicide volontaire ou de non assistance à personne en danger, que de réaliser que si nous étions tous prêts au minimum, à gérer certaines tensions inhérentes à notre environnement, nous serions tous à même de ne pas en devenir les victimes impuissantes“. Même si la deuxième partie de la phrase appelle à la prévoyance (et je n’ai rien à redire là dessus), la première en revanche me gêne profondément, et m’agace même ! C’est clair, cet ouvrage est une psalmodie doctrinienne sans fin : Préparez vous, préparez vous, PREPAREZ VOUS !!! Sinon bien fait pour vous ! Une éthique selon moi très limite… qui tente de pousser par la peur les non-initiés en se déresponsabilisant trop facilement de l’assistance à personne en danger. Un beau message ! Mais passons…

Parlons du contenu, car au final, l’éthique morale et les opinions politico-économiques de l’auteur, n’influencera pas les connaissances que nous pouvons acquérir dans un ouvrage. L’important en survie outre la préparation psychologique et physique est la connaissance, vous le savez (Pyramide de Wiseman). C’est elle qui peut vous donner suffisamment confiance pour ne pas paniquer et faire les bons gestes au bon moment. Alors, Rues Barbares est-il une mine d’or pratique à caser bien en chaud dans la bibliothèque en vu du jour J ? Et bien, clairement… Non !  Niveau contenu… la seule partie réellement instructive est… l’introduction ! (non non je ne déconne pas !). Même si celle-ci est plus sur l’économie / la logistique des villes, elle fait prendre conscience de la fragilité de l’écosystème urbain, notamment en introduisant le concept de “just in time” : Les infrastructures telles que les supermarchés, les hôpitaux n’ont de stocks que pour 2 ou 3 jours. Si un quelconque évènement vient à troubler les livraisons pendant plus de quarante-huit heures (catastrophes naturelles, etc) cumulé à l’inquiétude générée face à cette situation, ils se retrouveront vidés en quelques heures de leur précieux contenu. L’auteur résume à raison : le “just in time” devient “juste trop tard“.   Concepts qui ne sont pas forcément assimilés consciemment dans nos têtes de citadins enmitouflés et ballotés dans notre routine quotidienne “Métro Boulot Courses dodo”.

Ok, mais le reste ? Le reste est clairement à laisser de côté. A croire que la conclusion de l’introduction : “Quittez la ville, c’est pour votre bien. Allez, ouste !” aurait presque pu faire office de conclusion officielle. Vous me trouvez sans doute dur, mais c’est hélas la réalité.

La table des matières de l’ouvrage est simple : Eau, Nourriture, Hygiène et Santé, Energie, Connaissance, Défense, Lien Social. Rien d’innovant. Parmi tous ces chapitres seul celui de l’eau peut être éventuellement utile, avec quelques conseils de stockage et de traitement (rien d’introuvable sur la toile du net ou sur mon dossier complet sur l’eau et la survie, qui sont gratuits). Sinon ce sont des tonnes et des tonnes de phrases littéraires, la plupart du temps redondantes, qui ne vous donnent aucun conseil pratique. Et quand je dis AUCUN c’est AUCUN ! On effleure des concepts, on évoque des idées, on nous parle d’histoire… mais rien de concret. Rien de suffisamment détaillé pour vous permettre ou espérer de les mettre en pratique. On nous conseille de “fabriquer notre propre savon”, de “faire l’acquisition d’un autoclave”, de chasser le pigeon avec de la .22LR pour se nourrir et on nous donne des listes. Des listes qui n’en finissent pas, de noms de plantes comestibles (sans visuel l’utilité est égale à 0), des listes d’essentiels et leurs quantités (27Kg par aliment environ donc irréalisable en appartement), des listes interminables de livres (quoi qu’un chouilla utile pour développer un point en particulier),etc, etc, etc… Je pense que ce qui m’a fait définitivement “abandonner” l’espoir que j’avais fondé en ce live est la liste interminable des maladies et des molécules associées (heureuse de savoir que l’aminoglycoside soigne la conjonctivite…). Quelle utilité ?

Les non-dits philosophiques et répétitifs en deviennent tellement ridicules, qu’au bout de 150 pages (et oui j’ai tenu jusque là avant de commencer à craquer…), j’ai noté tous les WTF (What The Fuck != les aberrations) qui passaient sous mon chemin. Et je ne parle même pas des phrases sans AUCUN intéret telles que : “Une des conséquences naturelles de toute vie sur terre est la mort” qui garnissent péniblement les 400 pages de cet ouvrage.

Quelques exemples, de WTF :
– “Quand un dangereux virus semble se répandre dans la population, tâchez de ne pas vous y exposer” – WTF ?!? (je vous jure c’est écrit noir sur blanc… page 167)
  – “S’il fait chaud, enlever des couches de vêtements. S’il fait froid, ajoutez-en. Simple. Efficace” (page 196)… Heu ils se foutent de notre gueule ?
- Dans le kit léger de secours (donc l’indispensable de l’indispensable), on voit quand même : “- masque de protection bouche-à-bouche” – WTF ?!?

 Des acronymes abracadabrantesques :
– FOMEC-BOT pour Forme, Ombre, Mouvement, Eclat, Bruit, Couleur, Odeur, moyen mémotechnique, soi-disant pour le camouflage et la discrétion.

Et un humour très moyen :
-Section hygiène : “Pas de sous-vêtements, pas de T-shirt, ni de chaussettes propres pendant des mois, cela vous laisse de la marge pour inventer et fabriquer une douche solaire !”

En fin d’ouvrage, un plan sur 30 jours pour commencer votre BAD, peu réaliste, mal optimisé qui conseille de vendre le surpeflu de votre appartement (vendre les DVD, etc) pour investir dans du matériel de survie (8 bâches en plastique, 3 armes à feu différentes, etc). Conseils qui parfois finissent dans un extrémisme affligeant : “Eteignez votre télévision définitivement et vendez là”.

En conclusion, si vous cherchez un bouquin pratique de survie urbaine, qui vous explique comment récupérer la flotte de votre ballon à eau, ou comment optimiser votre appartement ou m2 de potager urbain en vue d’une situation difficile… Un mot : FUYEZ !  Ce n’est clairement pas le bon livre ! Quelques rares bons points, comme des références de livres, de matériel ou quelques débuts de réflexions plausibles ne suffisent pas à masquer le vide sidéral du fond. Beaucoup de parlottes inutiles et d’effleurements. Un ouvrage qui ne vous servira strictement à rien le jour J… à moins de l’utiliser comme combustible pour improviser un feu.

 

note3

Auteur

Admin

.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

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19 Commentaires

  1. Super article :)

  2. Bon article malgré ma déception pour cette ouvrage :-( .
    Suivant l’auteur ( VOl West ) depuis longtemps j’aurais penser que cette ouvrage aurait été mieux …

  3. Ouvrage purement théorique, qui fait le pari d’un effondrement économique total hypothétique, animé par toute l’imagerie survivaliste classique d’un courant qui monte, qui monte et dont une part importante des adeptes est banquable et prête à débourser sans compter pour se mettre à l’abri de l’effondrement prophétisé.
    Le but de ce énième ouvrage, aussi inutile que le premier, de San Giorgio semble être, tout comme le premier, de populariser les thèses survivalistes auprès du grand public et des adeptes francophones du survivalisme et d’imposer ces deux auteurs comme références du mouvement survivaliste en langue française.

    Pour ceux qui seraient tentés de se préparer à encaisser les effets des crises émergentes et de se replier à la campagne, optez plutôt pour “revivre à la campagne” de John, Seymour.

    • Effectivement, j’avais “Revivre à la campagne” dans ma ligne de mire !
      Mais merci de l’info !

  4. Bankable et non banquable, pardon.

  5. Je suis d’accord. L’ayant lu récemment, il m’a pas mal déçu également, ils prennent les lecteurs pour des cons.. tout simplement.

    Après je trouve que l’effondrement économique est tout aussi plausible qu’une éventuelle pandémie virale.

    • “Ils prennent les lecteurs pour des cons”. Oui c’est un peu cela ! Même tout à fait !

  6. Je suis déçue. En commençant à lire l’article, je me suis dit que j’allais tomber sur le cul, que ça avait l’air super sympa… Du coup, je ne sais pas si je dois le tenter quand même.

  7. Merci àà Nek pour le conseil bien fournit. Je vais plutôt m’orienter de ce coté la.

  8. mieux vaut acheter le guide de survie en territoire zombie

  9. Au vu de vos réactions, et vu que je compte développer une section survie urbaine, qu’est ce qui est pour vous indispensable ? Qu’aimerez vous avoir comme infos ?

    A très bientôt !

  10. Peut être différents moyens de collecter de l’eau en ville, même si on peut faire marcher notre imagination. Pour un article comme ça ce serait bien. Différents moyens également pour ce procurer de l’énergie. S’il y a des spécialistes du social, comment faire des négociations ou de la diplomatie avec des personnes potentiellement dangereuses. Ou aussi des trucs et astuces pour faire pousser des légumes ou fruits sur un balcon ou petit jardin.

  11. Pourquoi pas faire un article l’autonomie de nos central électrique, des pompes dans les châteaux d’eau. En cas de pandémie style z au bout de combien de temps ces privilèges finiraient par tomber. Bien que notre réseau soit entièrement automatisé depuis la seconde guerre mondial , à défaut de maintenance ,je serais curieux de vérifier ma théorie à ce sujet là.

  12. Je tiendrais compte de toutes vos remarques lors de l’élaboration de mon dossier ! Je suis entièrement d’accord.
    Merci à vous :)

  13. on me l’a offert a noël, personnellement je me suis arrêté a hygiène. un peu apres les trucs dans le genre tu prends des chiens tu les élève dans ton appartement et tu les bouffes……..

    je n’ai rien trouver de nouveau comme le souligne l’article et je suis tout a fait d’accord pour le cote liste inutiles, survol des choses sauf si c’est du matos a acheter. et je rajouterais conseils dangereux. dans certaines clim ce n’est pas de l’eau….. par exemple…….. ou trop de choses qui dépendent d’un matériel très cher a acheter, acheter,acheter………..
    j’ai a peu près fait les mêmes remarques sur mon avis, comme quoi!

  14. Juste une petite remarque pour l’admin du site, qui a écrit aussi cet article si je ne m’abuse.

    L’acronyme FFOMECBLOT (je ne sais pas si c’est vous ou PSG mais il ne faut pas oublier le F etle L, pour fond et lumière), ce n’est pas abracadabrant, mais militaire :) . C’est un terme officiel que l’on apprend lors de toute formation même succincte comme les préparations militaires.

    :)

  15. Idem j’ajouterais que l’auteur principal possède aussi des liens avec des groupes extrémistes qui pour ma part me dérange.
    Perso pour se préparer autant commencer par faire du camping!

  16. Conseils qui parfois finissent dans un extrémisme affligeant : “Eteignez votre télévision définitivement et vendez là”.

    Confondre bon sens et extrémisme…
    Le critique du bouquin demeure intéressante.

  17. un peu déçu aussi car sur le point d’en faire l’acquisition. Sinon qu’auriez vous à me conseiller comme livres autrement plus pratiques que théoriques. Merci d’avance

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