BD Papiers — 20 septembre 2012
HAVRE 3 : Les Illuminés et les Obscurs

Dessin et couleurs : Anne-Catherine Ott
Scénario : Isabelle Bauthian 

Genre : Post-apocalyptique, Fantastique
Sortie : 30 août  2012
Édition : Ankama
Nombre de tomes : 3 (série terminée)
Nombre de pages : 112 pages
Prix : 14,15€

 

Synopsis

 La Sorcière et le Nécromancien ont réussi à constituer une communauté qui sait se défendre. Ils vont faire la rencontre d’autres personnages. Difficile de se comprendre quand on a pas la même vision de la vie, la même philosophie et les mêmes croyances. Chacun a ses souvenirs et ses secrets mais il faut vivre ensemble. Comment va se passer l’entente dans ce nouveau groupe ? Surtout, vont-ils trouver la raison de ce cataclysme ?

 

Avis

Le premier tome s’ouvrait sur un nécromancien qui s’entourait de mort-vivants pour combler sa solitude. Le deuxième tome avait laissé de côté l’aspect zombie pour insister sur la vision post-apocalyptique. Dans ce troisième et dernier album, les mort-vivants reviennent, même si leur place reste mineure. Le récit de ce monde après le cataclysme insiste sur la survie, la confiance, la communauté. Les monstres qui terrifient les gens sont des bêtes féroces qui sont loin de l’image du zombie, cependant le nécromancien réanime les morts à des moments intéressants.

Nous allons procéder différemment car nous allons commencer par évoquer le graphisme. Pour ce troisième tome, nous souhaitons faire une mention spéciale au dessin. Le récit commence par un flashback réalisé avec talent. Il allie le noir, le blanc et le rouge de manière très esthétique. Avec ce procédé, les pouvoirs de la sorcière et du nécromancien sont mis en avant par le vert et le rouge ce qui donne un effet des plus réussis. Mais ce n’est pas le seul moment où la couleur procure une expérience intéressante. L’apparition d’un peuple de l’obscurité permet un traitement des ombres et du noir qui est effectué avec beaucoup de talent. À l’inverse la lumière apparaît avec des couleurs éclatantes voire éblouissantes. Les contrastes entre les deux sont incroyables et méritent qu’on s’y arrête.

Les zombies font donc l’objet d’un flashback où les survivants deviennent un instant des sortes de zombies-guerriers à leur tour, sous l’influence de la sorcière. Il ne faut pas oublier le chien-zombie qui accompagne le nécromancien partout où il va. Malgré le monde qui l’entoure, l’animal lui rappelle son passé et ce qu’il est vraiment.

La quête de la vérité et la découverte d’une nouvelle communauté sont les thèmes principaux.

La sorcière est le pivot de cette histoire, inspirant méfiance et confiance à la fois en un mélange ambigu, elle ne sait plus sur quel pied danser. Son pouvoir suscite des conflits car elle peut interagir sur l’âme humaine, ce qui n’est pas du goût de tout le monde.

En ce qui concerne le chef blondinet, plusieurs flashbacks le concernent : il a des souvenirs de ses retrouvailles avec la belle brunette. Cette nostalgie du passé le met en retrait, il n’est plus le petit chef désinvolte et autoritaire ; il semble se réfugier dans des souvenirs qui le hantent et qu’il refuse d’oublier. Il n’y a pas de véritable explication à ceci, peut-être que ces digressions sont des doutes. Était-ce de l’amour ? Ou était-il sous l’influence de la sorcière ?  Y a-t-il une véritable explication, la question est ouverte. Chacun réagit à sa façon face au cataclysme. La communauté n’empêche pas la solitude de l’âme, ce qui explique l’importance du chien-zombie pour le nécromancien. Tout le monde essaie de combler ses peurs comme il le peut. Être ensemble et seul. Ce tome met en tension les contradictions, ce qui le rend riche et intéressant.

Peut-être pourrait-on regretter que la fin se termine un peu brusquement ; on aurait aimé quelques pages de plus pour savourer ce dernier album.

Mais vous vous consolerez avec un bel hommage à la série. Une galerie de dessins offerte par divers auteurs clôt l’histoire de manière élégante. Les différentes illustrations comportent des styles différents ce qui est agréable.

 

En bref

Il y a de jolies trouvailles. Même si Havre est au final plus un récit post-apocalyptique qu’un album zombie, il possède de nombreuses qualités graphiques et narratives. Nous pouvons justement regretter que le nécromancien ne soit pas plus présent et qu’il n’utilise pas davantage ses pouvoirs. L’histoire se termine un peu rapidement, on aurait aimé connaître un peu plus leur nouvelle communauté.

Havre est une belle découverte qu’il faut lire en urgence. Cela permet de découvrir une histoire originale qui change des récits de zombies habituels.

 

note7

 

 

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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