BD Papiers — 20 juin 2012
Havre tome 1 La sorcière et le nécromancien

Scénario : Bauthian
Dessin : Ott

Éditeur : Ankama Editions
Genre : Horreur
Date de parution : 11 février 2011
Nombre de Pages : 90 pages
Nombre de volumes : 2
Statut : Série en cours
Prix conseillé : 14,90€

 

Synopsis

Le monde connaît un fléau qui éradique les hommes, il s’agit de monstres venus après une apocalypse. Nous suivons un nécromancien qui réanime des morts pour pallier à sa solitude. Mais une sorcière arrive et bouleverse son quotidien. Les deux personnages vont partir à la recherche d’autres survivants. Ensemble ils vont comprendre que tous les hommes n’ont pas la même vision de la survie qu’eux.

 

Avis

C’est une histoire étonnante, car les zombies n’apparaissent pas comme le fléau. Ce ne sont pas des êtres assoiffés de chair fraîche qui se ruent sur la moindre parcelle de vie. En effet, ils sont le produit d’un nécromancien solitaire qui cherche un peu de compagnie. Ces morts-vivants ne parlent pas, ils servent aussi de défense contre ces créatures qui rôdent.

Havre est un véritable coup de cœur car le récit aborde une vision du zombie différente et originale. Ce ne sont pas les méchants de la fiction. Ils sont issus d’une création humaine. De plus, les bêtes sont plus menaçantes que ces êtres réanimés par le nécromancien.

Les personnages ne possèdent pas de nom ; il s’agit d’un nécromancien et d’une sorcière. Ces deux qualificatifs font penser à l’univers de l’heroic fantasy où les personnages possèdent des classes telles que la sorcière, le magicien, le nécromancien, le guerrier, le voleur etc. Le qualificatif de ces personnages donne une touche de fantaisie alors qu’ils évoluent dans un monde à l’aspect réaliste, dans un univers urbain.

Cette ambiance apocalyptique est présente par le biais des villes désertes et détruites, des survivants repliés sur eux-mêmes et méfiants envers les autres humains. Il y a un climat lourd et violent qui pèse sur ces hommes. Quand les deux héros trouvent une petite cité de survivants, ils sont très vite déçus, car ils comprennent le dessein qui leur est désigné. Les hommes réagissent de manière instinctive lorsqu’ils sont menacés, les femmes représentent uniquement des génitrices pour conserver la race humaine. Le nécromancien et la sorcière possèdent une spécificité qui leur permet de survivre et de comprendre les situations. Ils sont donc supérieurs aux autres, grâce à cette qualité. En effet, les habitants du village où ils sont recueillis ne semblent pas posséder de talents magiques. Ils pourraient être comparés à un village de PNJ.

Les deux personnages se détachent par leur talent magique mais aussi par leur personnalité. Le nécromancien est prétexte à aborder la question de la solitude mais aussi de sa relation avec les zombies. En effet, au début nous le voyons inviter une jeune femme zombie au restaurant. Cette scène est émouvante car il fait la conversation seul. Il a en face de lui une coquille vide mais cela lui suffit à pallier sa solitude. Le héros n’est donc pas présenté comme une personne forte, sûre d’elle, mais comme quelqu’un d’humain avec ses faiblesses, ses angoisses et ses peurs. Ce n’est pas un grand aventurier, il aime sa routine dans cette ville de morts-vivants. À l’inverse la sorcière a pris l’habitude d’être seule et a du mal à s’intégrer avec d’autres personnes. Elle forme donc avec lui un duo étonnant car leurs personnalités s’opposent. Cette différence fait leur richesse car ils essaient de cohabiter alors que l’on sent que ce n’est pas chose facile.

Pour l’apocalypse, on ne connaît pas l’élément déclencheur. On ne connaît pas plus l’identité de ces monstres qui traumatisent et dépeuplent le monde. Ces bêtes représentent une menace qui crée une tension dans le récit. L’histoire est entourée d’un certain nombre de mystères. Ils seront probablement l’objet du prochain tome.

En ce qui concerne la réalisation graphique, il y a un joli travail de nuancier sur les couleurs, notamment dans le traitement de la nuit. La palette de gris et de bleu foncé varie selon les environnements. Par exemple dans la ville, le gris est plus pâle à cause des lumières urbaines et dans le désert, le noir est très sombre car il n’y a aucune source lumineuse. Les nuances donc sont très détaillées ; il y a une grande précision dans les détails. À la différence de la nuit, en plein jour les couleurs sont très vives. Ces détails montrent une grande rigueur dans le dessin. Les plus belles pages étant sûrement les pages 34 et 35 car le graphisme et les couleurs donnent une grande sensualité à ce moment. Le trait est concis, les décors sont désertiques et cela finit par mettre en valeur les visages et leurs expressions qui sont très nombreux dans l’album.

 

En bref

Ce récit est un véritable coup de cœur, car il est très différent des histoires habituelles avec des morts vivants. Il y a une véritable recherche dans l’intrigue et dans le traitement, ce qui est très agréable. Le mélange des genres est une bonne idée car il apporte une vraie richesse à l’album. Havre est une belle découverte qu’il est indispensable de posséder dans sa bibliothèque de zombiphile ouvert d’esprit.

 

note8

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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1 Commentaire

  1. Très bonne BD, très bonne critique ;)
    A quand la 2? (le tome 3 est aussi pour bientot il me semble)

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