Mort et Vif Papiers Projets — 02 août 2013
Mort et Vif – Tome I – Chapitre 16

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Le parking est étrangement calme comparé à l’agitation des étages supérieurs. J’enfile rapidement les vêtements que j’ai récupérés dans mon casier lorsque j’entends au loin des voix résonner. Difficile de savoir d’où elles proviennent. L’écho est trop important et les voix trop bourdonnantes. En tout cas, jusqu’à présent, car dorénavant, elles se rapprochent. Je me cache derrière l’un des pilonnes et j’essaie d’apercevoir qui vient. De deux choses l’une : si ce sont des soldats, ils me tueront, si ce sont des malades, ils me mangeront. Dans tous les cas, si je me montre, je suis perdue. Mais dans cette affaire, ce ne sont que deux des gardiens du parking. Comme quoi, il ne faut pas être fataliste. Ils avancent avec leur lampe torche, mais très honnêtement, j’hésite toujours à me montrer. Puis-je leur faire confiance ? Je les observe, toujours cachée derrière mon pilonne, avant de leur faire éventuellement part de ma présence. Ils sont dorénavant à ma hauteur et viennent pour constater l’état de la porte des escaliers par laquelle je suis arrivée.

- Regarde ! Les objets ont bougé. Quelqu’un a dû passer par là.

- Passer ? Ca m’étonnerait, le passage est bien trop étroit. Même une petite nénette comme Suzie ne serait pas assez fine pour s’y faufiler. Allez, viens m’aider à repousser ce foutoir.

Les voir forcer me rassure ; ils ont tout autant de mal que moi, si ce n’est plus, à remettre en ordre ce que j’ai déplacé.

- Il y a quelque chose qui doit gêner. Je ne sais pas ce que tu en penses, mais on devrait tous les enlever puis les replacer un à un, non ?

- Pouh ! Ca va nous prendre une plombe ! Attend, ne bouge pas. Laisse-moi regarder à travers l’ouverture de la porte. Je vois un truc qui… Ahhhhhhhh !

- Stenson ! Stenson, qu’est ce qu’il se passe ?

- Tire-moi de là, je suis en train de me faire bouffer le bras ! On me bouffe le bras ! Aide-moi, je te dis !

Les deux hommes tirent de toute leur force, et finissent par dégager le bras du gardien. Enfin, pas vraiment, juste une partie du bras a pu être sauvée, l’autre partie est restée de l’autre côté de la porte. J’hésite à intervenir, à lui porter les premiers secours, c’est mon métier après tout. Et je m’en veux, terriblement. Je savais bien qui bloquait la fermeture de la porte. J’aurais dû les prévenir. Mais m’auraient-ils seulement crue ?

- Ahhh ! Une saloperie m’a arraché le bras !

- Viens avec moi, on ne reste pas là, je te ramène dehors. Les médecins de l’armée te guériront. Ils sauront quoi faire, eux. Allez, accroche-toi.

Alors que le premier gardien relève son collègue, des soldats, très certainement alertés par les cris, arrivent instantanément à bord d’un véhicule tout terrain.

- Vous tombez bien ! Mon collègue s’est fait mordre et ça lui a arraché le bras. On s’apprêtait à remonter et…

Bam, bam ! Sans dire un bruit, ils ont appuyé froidement sur la gâchette.

- Allez, on évacue et on reprend la position ! L’ordre de mise à feu a été donné.

Je suis prise au piège. Il m’est impossible de sortir du parking. Les militaires sont très certainement postés à l’extérieur du bâtiment. Si je tente une sortie avec ma voiture, jamais ils ne me laisseront m’échapper. Quelle galère. Je n’ai jamais vécu pareille mésaventure. J’entends marcher à nouveau, ça vient de l’étage inférieur. Un homme seul, de petite taille boitant de la patte gauche. Je reconnais cette silhouette. Je connais très bien cet homme. C’est le vieux Gordon, le plus ancien des gardiens de l’hôpital. A se demander s’il n’était pas là avant même qu’ils ne construisent l’édifice. Je l’observe quelques instants de peur qu’il ne soit malade lui aussi, mais alors qu’il passe juste devant moi, il me parait être tout ce qu’il y a de plus sain.

- Gordon ?

- Qu’est ce c’est ? Mademoiselle Marlène ? C’est vous ?

Je me montre alors. Il fait un pas en arrière et me menace de sa lampe torche.

- Ne vous approchez pas ! Vous ne vous êtes pas faite mordre au moins ?

- Non, non, Gordon. Je suis saine.

- Oh, excusez-moi, mademoiselle Marlène, mais avec tout ce qu’on voit par ici… Vous savez, il est peut-être infirme, mais il n’est pas fou le vieux Gordon.

- Vous avez raison de prendre vos précautions, mais je vous rassure, je n’ai rien, croyez-moi. Mais que faites-vous ici ?

- J’ai entendu des coups de feu, alors je suis venu voir. Vous savez, habituellement, je ne travaille pas les jeudis, mais j’ai accepté de récupérer l’astreinte d’un collègue pour qu’il se rende à l’enterrement d’un vieil ami. Alors, ces coups de feu ? Vous les avez vus ?

- Oui, mais il y a bien plus grave : ils vont mettre le feu à l’immeuble. Ils ont aspergé le rez-de-chaussée d’essence, tout va bientôt s’embraser. On ne peut plus rester là. Ce sera bientôt une vraie fournaise ici. Seulement, dès qu’on sortira, ils nous tireront comme des lapins.

- Ah oui, c’est embêtant… Quand vous parlez d’eux, vous parlez des militaires, n’est ce pas ? Très bien, suivez-moi, descendons dans mon local, j’ai de quoi les surprendre.

Il reprend la direction de l’étage inférieur, d’un pas tout aussi sûr que boiteux tandis que je le suis comme son ombre. Nous atteignons bientôt le second sous-sol, où se trouve le cagibi des gardiens. En y entrant, je découvre que Gordon semble en avoir fait son antre, et au vu des innombrables objets qui envahissent la pièce, ce repaire est certainement sien depuis de nombreuses années. Sans perdre un instant, il sort des vêtements d’une armoire en acier. Mais pas n’importe quels vêtements : une tenue militaire vert-kaki, comme en portent les soldats qui ont assiégés les lieux.

- Aidez moi un instant si vous le voulez bien. Ma vieille jambe estropiée ne me permet plus de m’habiller en vitesse. Vous savez, nous les gardiens, nous sommes souvent d’anciens militaires qui travaillons pour compléter une retraite bien miséreuse.

- Vous étiez soldat ? Et c’est à la guerre que vous avez perdu votre jambe ?

- Rien d’aussi glorieux malheureusement. Si ça avait été le cas, j’aurais au moins pu être reconnu comme victime de guerre. On m’aurait même décoré. Mais à la vérité, je me suis arraché la jambe en coupant du bois avec ma tronçonneuse… C’est moins héroïque, vous l’admettrez.

Il sort alors une arme comme celle que portent les soldats qui m’ont tiré dessus.

- Que faites-vous ? Vous partez en guerre ? Ils sont… nombreux, vous savez ! Gordon… Arrêtez de déconner s’il vous plait, nous n’avons que peu de temps. Il nous faut y aller… Vraiment. Enfin… Moi j’y vais. Je vous remercie pour tout.

- Oui, je sais, je sais. Vous les jeunes, vous êtes toujours pressés. Mais je vais tout de même vous offrir encore deux minutes de mon temps qui pourront vous sauver la vie. Qui sait ? Ceci est un Famas, et ce n’est avec ça que j’ai fait la guerre. Si j’avais volé un fusil à l’armée, je serais peut-être encore sous les barreaux à l’heure qui l’est. En plus, cette arme équipe les soldats français, pas les nôtres. Je l’ai eue par un ami qui en vendait et… Mais qu’importe. Je ne vous demande qu’une minute de votre attention. Me l’accorderez-vous ?

- Gordon, soyez raisonnable ! Je ne sais pas si…

- Si vous avez le temps ? C’est cela ? Eh bien, nous dirons que pour une fois, vous le prendrez, ce fameux temps. Car c’est un vieillard qui vous le demande. Ca ne se refuse pas tout de même ? N’est-ce pas ?

Sa voix calme et rassurante me fait sourire et m’apaise. Bien évidemment, je veux partir au plus vite, mais sa présence me réconforte. Être seule dans pareille situation est trop difficile. En fait, je préfèrerais partir avec lui, car seule, je m’en sens incapable. Alors je vais lui donner son précieux temps. Ou devrais-je dire, mon précieux temps. Je lui souris.

- Très bien, Gordon, je vous écoute.

- Là, c’est le chargeur, il contient les balles. Là c’est le levier d’armement : vous le tirez pour charger le fusil. Là enfin, c’est la détente : vous appuyez, ça part. Attention, ici se trouve le sélecteur à trois positions : coup par coup, rafale ou sécurité. Eh oui, la fameuse sécurité des films à la télé ! Utilisez le mode rafale avec parcimonie, ou bien vous viderez le chargeur très vite, trop vite. N’oubliez pas que sans munitions, cette arme ne sert à rien. C’est une arme légère et peu encombrante, parfaite pour un petit gabarit comme vous. Je la poserai sur le siège passager, vous saurez où la trouver si nécessaire.

- Sur le siège passager ? Et moi, je m’installe où alors ?

- Vous ? Vous n’existez pas. Je vous fais disparaitre mademoiselle Marlène.

- Vous me faites peur quand vous parlez comme ça…

- Et prenez ceci ! C’est un sac de munitions. Seules ici, elles ne servent à rien.

On ressort de la petite pièce puis Gordon prend la direction de sa voiture et en ouvre le coffre lorsqu’un grognement rugit dans le parking tout entier. Au sommet de la rampe, deux personnes semblent se rapprocher, l’un trainant la patte, et l’autre avançant d’une démarche beaucoup plus énergique.

- Regardez bien mademoiselle Marlène.

Il épaule son arme, prend appui sur sa jambe valide et vise l’agité. Puis il lui décoche une balle en pleine tête le faisant chuter sur le coup. Malgré sa jambe handicapante, il a fait tout ceci avec la grâce d’un athlète, reproduisant un mouvement par cœur, maintes et maintes fois pratiqué.

- Vous voyez ? C’est comme ça qu’on s’en sert. S’ils avaient visé la tête quand ils les ont abattus, ils ne se seraient pas relevés. Bah… On n’apprend plus rien à l’armée de nos jours. C’est à vous maintenant. Le second est plus lent, vous avez tout le temps de vous le faire.

Il me tend l’arme. Elle est lourde, bien plus qu’on ne l’imaginerait. Une odeur de souffre s’en échappe, pas désagréable, un peu comme si l’on venait de craquer une allumette. Il m’aide à positionner l’arme sur mon épaule, à l’orienter et il m’invite à actionner la queue de détente.

Bam, à côté. A par la chance du débutant, rien ne peut faire réussir sur un premier jet. Et puis, je suis stressée. Ce n’est pas l’endroit, je n’ai pas envie d’apprendre maintenant. Je n’ai qu’une envie, celle de fuir.

- Vous ne croyez pas qu’on devrait y aller, Gordon ?

- Vous savez ma petite, si j’avais été moins pressé ce jour là, je l’aurais encore, ma deuxième jambe. Seulement, j’ai voulu me précipiter car j’avais peur que l’arbre ne me tombe dessus. Je voulais à tout prix l’abattre rapidement pour être bien sûr qu’il tomberait de l’autre côté, du côté sauf. Et c’est ainsi que je me suis coupé moi-même la jambe. Vous connaissez le comique de la situation ? L’arbre est tout de même tombé du bon côté, sans que je ne le touche d’avantage. Je n’avais aucune raison de me presser. Alors, faites moi confiance, si ça brule à l’étage, nous aurons encore le temps de sortir avant que les plafonds du parking ne s’effondrent. Et plus il y aura de flammes, plus les soldats s’écarteront à l’extérieur. Alors, si nous prenions le temps d’apprendre à tirer ? Qu’en dites-vous ?

- Oui, chef !

Il me fait sourire, définitivement. Et cela faisait longtemps que je n’avais souri.

J’épaule, je vise et je tire. Touché au ventre ! N’importe quel être humain serait tombé. Une balle dans le ventre, c’est bien souvent radical, ne serait-ce que psychologiquement. Le fait de prendre une balle dans l’abdomen vous met mentalement à terre. C’est la première raison qui fait tomber les gens touchés de la sorte. Ca ne tue pas sur le coup, mais ça le fait croire.

- La tête ma fille, la tête.

J’épaule, je vise et j’appuie de nouveau sur la gâchette. Touché à l’épaule ! Il s’acharne. J’ai beau l’avoir atteint de deux balles, il continue d’avancer. Il n’est plus très loin, et malgré sa démarche lancinante, il semble plus que jamais destiné à nous rejoindre. Ses bras se sont tendus devant lui : il me vise à son tour.

- Très bien, tu veux jouer à ça ?

Bam, bam, en pleine tête ! Il s’effondre d’un coup net.

Boum ! Ce n’est plus moi qui tire, mais sûrement le bâtiment qui a pris feu.

- Montez ma petite. Cette fois-ci, il est temps.

Gordon me montre le coffre de la voiture.

- Vous voulez que je monte dans le coffre ? Non mais ça ne va pas ? Je vais mourir étouffer là dedans !

- Grimpez vite. Je vous ouvrirai quand nous serons sortis d’ici. Faites-moi confiance mademoiselle Marlène.

J’hésite peu car j’ai confiance en cet homme. Il parle d’un ton posé, sait trouver les mots justes, aux moments pertinents. Et il ne s’affole jamais. Avant qu’il ne referme le coffre, je le remercie sincèrement.

- Gordon, rappelez-moi ce que je vous dois une fois sortis d’ici. Merci du fond du cœur pour tout ce que vous faites.

Le problème des coffres de voiture, ce n’est finalement pas le manque d’air, contre toute attente, ni même le manque de confort, mais c’est l’obscurité. C’est extrêmement frustrant de ne rien voir. On est obligé de tout imaginer. Je compte les coups de volant à gauche et les passages sur les boudins et les rampes. Ainsi, je devine plus ou moins l’endroit où l’on se trouve. Il s’est arrêté. Je reconnais au petit son électronique typique qu’il vient de lever la barrière du parking avec sa carte. Puis il redémarre. L’écho disparait petit à petit, nous sommes en train de grimper la dernière rampe, nous arrivons à l’extérieur. Il va très certainement ralentir, être arrêté par les soldats qui vont vouloir inspecter le véhicule. Ils ne sont pas si naïfs, ils me découvriront et…

Bam, bam, bam ! On nous tire dessus. La voiture accélère. Bam ! Encore et encore. Je sens la voiture chavirer de tous les côtés. Je me tiens comme je peux aux parois de la malle. Le bruit des éclats de vers sonne au rythme des coups de feu. On va y passer. Je ne vois ni comment, ni pourquoi on n’y passerait pas.

- Aïe !

J’ai hurlé car on a heurté quelque chose et je me suis faite mal. Je passe ma main sur mon arcade sourcilière, ouverte, qui commence à saigner. Je sais que ca ne saignera que trois minutes, peut-être quatre tout au plus. Le son strident du klaxon ne se stoppe plus. Gordon a dû s’effondrer sur le volant. A moins que ce ne soit qu’un problème technique suite à l’accident. Ne pas être fataliste, j’espère qu’il n’a rien. Des bruits de pas accourent dans notre direction. Ils sont deux, peut-être plus, difficile à dire. En tout cas ils sont tous proches maintenant, et ils avancent méthodiquement, l’un après l’autre. A chaque fois, ils s’arrêtent quelques secondes puis un autre au loin se rapproche à son tour. Il encercle la voiture ! Je les devine à leurs bruits tout autour de nous. Je retiens ma respiration, j’ai peur qu’ils ne m’entendent. Je prie pour qu’ils n’ouvrent pas le coffre. Pourvu qu’ils n’y pensent pas. J’y suis mal placée dans ce coffre. Ma jambe est ankylosée. Je voudrais la bouger, l’allonger. En appui sur ma hanche depuis plusieurs minutes maintenant, elle commence à me faire souffrir. Je me sens mal, très mal. Et j’étouffe. Je savais que ca viendrait. Le manque d’air est probant. J’ai d’ailleurs du mal à atténuer ma respiration. Pourvu qu’ils s’en aillent. Pitié. Qu’ils partent vite.

La porte s’est ouverte côté conducteur puis le son de klaxon s’est coupé.

- Cible abattue, je répète, cible abattue. On se replie.

« Cible abattue », je l’ai clairement entendue. Ca en est fini pour Gordon, je dois bien me faire une raison. Je me remets à pleurer. Des larmes de tristesse à son égard, des larmes de douleurs pour mon corps endolori, et des larmes de fatigue et de désespoir à cause d’une situation désastreuse.

Toute seule enfermée dans le coffre d’une voiture accidentée, mitraillée, immobilisée et au conducteur tué par balle. Quelle galère ! Je n’en peux plus. J’en ai marre, plus qu’assez ! Peut-être devrais-je me rendre ? C’est trop difficile. Le petit comprendra. Sa mère n’était pas un super-héros. Il pourra dire plus tard qu’elle a été tuée dans l’incendie de l’hôpital. Et il me vengera. Il fera des recherches pour connaitre la vérité, et il la fera éclater au grand jour : sa mère a été tuée par l’armée de son propre pays ! Je n’arrive plus à retenir mes pleures. Et qu’importe s’ils m’entendent : j’ai besoin de pleurer, seule dans le noir.

Auteur

Michael Chevalier

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5 Commentaires

  1. Toujours excellent à lire !!!

    Courage Marlène ^^

  2. Superbe article :)

  3. heu la suite ?? lol je veux savoir ce qui lui arrive mooooooooooa !! :) bien écrit je me croyais à sa place , dans son coffre de voiture à retenir ma respiration pour pas qu’on m’entende , je veux la suite !!

  4. Ben alors? J’ai commencé a lire hier soir, je termine ce matin… et je vois avec éffroi que ce chapitre date d’août 2013… C’est pas bien beau d’appâter ainsi le chaland et de le laisser sur sa faim ;-p

    • Bonjour à tous,

      Cela fait quelques mois que pour des raisons techniques (?), la suite de Mort et Vif n’apparait plus sur Zombiesworld à mon grand regret. En attendant que les choses rentrent dans l’ordre, je vous invite à suivre les aventures de Rodrick et Marlène à l’adresse suivante :

      http://mortetvif.canalblog.com/

      Bonne lecture et à bientôt sur Zombiesworld,
      Michael Chevalier

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