Mangas Papiers — 17 mai 2012
I AM A HERO tome 2

Scénario et dessins : Kengo Hanazawa
Éditeur : Kana (Dargaud)

Genre : Horreur, seinen, survival, fantastique, drame, action
Date de publication : 27 avril 2012
Édition :  Noir & blanc
Nombre de volumes :
2 en France, 8 au Japon (depuis 2009)
Statut : Série en cours
Prix conseillé : 7,5 euros

 

 

Synopsis

Hideo Suzuki, 35 ans, est un assistant de mangaka en manque de succès. Sa petite amie, Tetsuko, ne cesse de parler de son ex, un talentueux mangaka très en vue. Hideo est un homme craintif et souffre d’hallucinations : il parle avec un ami imaginaire… Cet homme est ce qu’on appelle un LOSER ! Tellement absorbé par sa médiocre vie, il ne remarque pas qu’il se passe des choses suspectes autour de lui… Tokyo va soudainement sombrer dans le chaos et être envahi d’humains qui n’en sont plus vraiment… Hideo va devoir se faire violence et se reprendre en main. Il en va de sa survie !!!

Avis

Note, intérieur de couverture :

“Il pourrait avoir une vie normale, il va basculer dans l’horreur.”

Ce 2e tome débute sur 4 pages colorisées étranges dans la façon pastel d’illustrer des éléments naturels dénaturés comme des veines…

Hideo ne semble toujours percuter dans cette suite que la créature qui se trouve de l’autre côté de la porte de l’appartement de Tekko n’est plus sa petite amie. Les détails sont terriblement cruels et insoutenables, à grand renfort de détails que le dessin de Hanazawa, toujours aussi réaliste rendent très précis. Dents tombées, morsure/pincement avec les gencives, la sueur, le rouge aux joues causé par l’effort… jusqu’aux mouches qui volent !

Et puis ce déclic. Très sobre, très en retenue au milieu d’une scène d’action en suspens, en suspense, ne nécessitant pas d’artifices supplémentaires. Dans un silence de pratiquement dix pages – je serais tentée de dire, de façon très japonaise – le basculement de réalité a enfin lieu pour Hideo. Sans verser dans le grotesque, le surjoué, il se dégage une certaine impression de noblesse modeste. Et c’est tout le talent de l’auteur. Cette retenue, cet arc de suspension du temps… Pour mieux nous plonger dans l’horreur la plus incroyable.

Alors que le quidam moyen en serait paralysé, le mangaka de I AM A HERO puise finalement dans ses monologues et hallucinations quotidiennes les ressources pour construire ses réflexions et ses prochaines actions. Il est quelque part protégé des vicissitudes de ce monde extérieur agressif, mais pas beaucoup plus qu’à l’accoutumée.

Penser au manga, à son travail, en bon petit stakhanoviste du dessin. Jusqu’à ce que l’horreur le ressorte de son monde. Combat gore suivi de cérémonies funéraires improvisées dignes : cet oscillement est un écho du va-et-vient entre la réalité d’Hideo et son monde intérieur où il converse avec des amis imaginaires, notamment Yajima, bienveillants, qui permettent à l’homme d’apparence immature d’invoquer indirectement sa conscience.

Si le 1er tome prenait le temps nécessaire à poser et développer l’environnement quotidien d’Hideo, c’est bien évidemment pour mieux le dynamiter ici. La 1ère moitié du 2e tome le place face à la transformation irrémédiable de son univers le plus intime basculé dans une totale horreur qu’il ne semble pas facilement intégrer. La 2nde moitié ne lui laisse pas le temps d’avoir des états d’âme puisque de façon générale, ce n’est pas que son monde qui s’effondre. Rien ni personne n’est épargné. Et les visions d’horreur de s’enchaîner à une rythme infernal, contraignant le jeune homme à une fuite à travers l’apocalypse.

Comme je vous le disais précédemment, j’ai particulièrement aimé la lecture de I AM A HERO. Avec un 2e tome, plus tourné vers l’horreur et l’action, le public avide va peut-être pouvoir dépasser le cadre de la simple satyre de cette société où les jeunes qui rêvent de vivre de leur passion ont vieilli après avoir dû abandonner leurs rêves. Car Hideo est soit déconnecté car il ne veut pas abandonner, soit l’inverse.

Ce 2e volet se termine sur une belle mise en abîme, un retournement de situation où c’est Hideo qui devient l’Éveillé, le conscient, pendant que les personnages qui l’entourent ne discernent pas encore les contours d’un monde en changement radical.

Et où il faudra, pour survivre, devenir un HÉROS.

Un must-have à mes yeux !

 

 

 

note8

Auteur

Bonne proto-geekette mais piètre survivante, j'ai néanmoins fait mien l'adage : "Un bon zombie est un zombie mort. Deux fois."

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