Culture Z Livres Papiers — 21 juillet 2013
Invasion Zombie d’Antonio Dominguez Leiva, la critique!

 Titre: Invasion Zombie

 Auteur: Antonio Dominguez Leiva

 Éditeur: le murmure collection Borderline

 Nb de pages: 57

 Prix: 7 euros

 

Synopsis: Un essai sur le Z, ça vous branche? Envie de marier pour le meilleur et pour le pire, réflexions de hauts vols et références Badass? C’est ce que propose Antonio, professeur à l’UQAM de Montréal (excusez du peu) déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l’histoire culturelle de la cruauté et de l’érotisme. Il est également romancier et scénariste.

“Il est peu d’images aussi marquantes, dans le cadre de l’esthétique contemporaine de l’extrême, que la surenchère transmédiatique et véritablement planétaire des morts vivants. Après une décennie (85/95) qui avait connu la “fin du zombie” dans le média qui lui avait jusque là le plus propice -le cinéma- la créature, fidèle à elle-même renaît de plus belle au tournant du nouveau millénaire, envahissant les plus divers recoins de l’iconosphère globale. Face à une telle invasion, et en syntonie avec la prolifération du “zombie studies”, le temps est venu de s’attaquer de front aux morts-vivants, et de rendre compte des mythèmes et de motifs essentiels qui configurent leur esthétique.”

Avis:

Nous voilà face à un ouvrage fort intéressant. J’ai d’ailleurs, pour rédiger cette critique en étant dans le ton, sortie ma pipe et mes lunettes de prof.  Comme vous avez pu vous en apercevoir en lisant le synopsis, on est pas là pour rigoler mais bien pour utiliser des mots que l’on ne peut placer qu’une fois dans une vie comme “mythèmes” ou encore “iconosphère globale”.  Alors si vous arrivez à les sortir en soirée, c’est banco! Je paie ma tournée de cahuètes!

L’intention de l’auteur est de nous faire un cours magistral sur l’historique du Z de 1697 à nos jours. Plutôt ambitieux surtout en moins de 60 pages.  Cela commence avec le poète galérien Pierre-Corneille de Blessois (et oui même les bourges de la haute font dans le Z à l’époque), auteur du roman colonial et libertin “Le Zombie du Grand Pérou”. On suit ensuite l’utilisation de la poudre de zombification dans la culture noire et dans le vaudou. Cette partie est pour moi la plus intéressante car il est question du lien entre esclavage et zombie, le tout étant assez bien étayé. On apprend notamment que la poudre à zombie était utiliser par les propriétaires terriens et les esclavagistes pour rendre leurs “gens” plus dociles et que ce procédé a perduré assez longtemps avant d’être soumis à une loi.  Le GHB avant l’heure en somme….

On explore ensuite les premiers pas du Z dans le cinéma en commençant par “White Zombie” de Halperin en 1932 qui fait “référence aux angoisses d’une nation marquée par l’esclavage”.

Puis c’est le virage intronisé par Romero qui fait de cette figure, un vrai cadavre mangeur de chair appelé alors “goules” dans le scénario de “Night of the Living Dead”. Il s’inspire d’un comic book de l’Empire E.C. dédié au zombies et de feu Richard Matheson en puisant dans des ouvrages qui font encore référence aujourd’hui comme “Je suis une légende”.

Le monstre se fait alors écho de la guerre froide et prend un tour plus post apocalyptique. Les raisons des transformations deviennent modernes et chimiques. Passant par divers mouvances, trouvant un renouveau avec le chef d’œuvre de Danny Boyle “28 jours plus tard“, le genre zomblard retrouve ses lettres de noblesse et conquiert un public de plus en plus large avec des comics de qualité comme ” Walking Dead” et des comédies horrifiques dans le genre “Shaun of the dead” qui réussit à séduire même les plus réticents au genre. Ce que l’on peut reprocher à l’auteur dans cette partie, c’est de puiser dans des sources assez pauvres et les plus connues. On ne sent pas une recherche approfondie, ni une multiplication des références qui auraient pu changer son point de vue sur quelques petites choses.

Antonio Dominguez Leiva vous dit tout, tout, tout sur le Z….L’ouvrage se lit presque d’une traite mais n’est pas forcément accessible pour autant. C’est une mine d’infos très interessantes mais il faut s’accrocher pour ne pas …décrocher justement. Ca souffre d’un côté très taiseux qui ne sert pas le livre, voir même provoque l’inverse du but rechercher.

Petit morceau choisi: “…le zombie filmique témoigne de la fascination mesmérique pour le nouveau médium hypnotique et spectral qu’est le cinéma….” Voilà, voilà!

A ne pas lire donc quand vous avez une gueule de bois carabinée….je vous jure j’ai essayé! Mais à potasser si vous voulez connaître à fond les méandres sociétales du monstre qui nous fascine tant.

note5

Auteur

july

Mère de famille nombreuse, experte en technique de combat de rues, maniement du sabre et vannes pourries, se dressant contre la futur menace zombie....parce que sans déconner ça finira bien par nous tomber dessus...hein?!

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3 Commentaires

  1. Super article, le livre et un peut fluo je trouve x)

  2. prochain achat en vue…

  3. Le livre pique un peu les yeux et fait un peu mal à la tête mais on apprend plein de choses pour un petit tarif aux oignons!

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