Survie — 06 février 2016
J-77 de Ben H. Winters, la chronique !

C’est donc avec plaisir que nous retrouvons Hank Palace dans ce second opus de la trilogie sorti jeudi. Après une brusque restructuration des services de police sous l’autorité fédérale du département de la Justice consécutive à la collision prochaine avec Maia, Hank, comme tous ses collègues, à été mis prématurément à la retraite. Mais son ancienne nounou lui demande son aide afin de retrouver son mari qui n’est pas revenu des courses. Et la raison de vivre d’Hank, c’est enquêter. Voilà donc le prétexte qu’il lui faut pour se lancer jusqu’à la mort dans la recherche de la vérité et de la justice. 

Dans ce second tome, le rythme s’accélère et l’enquête, de rebondissements en rebondissements, nous emmène sans temps mort jusqu’à la chute. L’urgence que Stretch met dans cette enquête colle avec l’urgence de l’atmosphère : on est à 77 jours de l’impact et le monde sombre de plus en plus vite dans le chaos. Jusqu’à l’incendie final de Concord et au départ des forces de police… L’ambiance pré-apocalyptique est décrite de façon magistrale,  au travers de la fuite en avant d’Hank. Et dans ce second volume, notre héros se dévoile un peu plus. Le bloc compact de force tranquille commence à s’effriter, la glace commence à fondre et Hank serait à deux doigts de laisser transparaître ses sentiments jusque là soigneusement enfouis. Le style est toujours aussi classique et agréable, toujours aussi strictement descriptif, comme si Hank n’énonçait que des faits, comme s’il n’était qu’un simple observateur et non l’acteur principal de ce roman. Mais le roman est émaillé de quelques aveux qui ressemblent à s’y méprendre à une expression de sentiments. Comme lorsqu’il avoue mine de rien que la femme qu’il aimait lui avait été enlevée d’un coup, faisant référence à Naomi dans le tome premier. Comme quand il se laisse aller à chercher un sabre laser en plein milieu de l’apocalypse pour un petit garçon pris sous son aile avec sa sœur.  Comme quand il va épier sa sœur Nico chaque soir juste pour l’apercevoir. Notre héros va devoir se rendre compte qu’il a un cœur et arrêter de prendre ça comme une faiblesse, ce qui ne va pas être chose aisée pour le personnage qui se raccroche à son enquête comme si rien d’autre n’existait, comme un déni de l’inévitable… Pire, il va finir par se poser des questions, par douter…

Nous retrouvons Nico la marginale avec plaisir, toujours aussi attachante dans son personnage décalé et déluré, au milieu de sa bande de hippies à des millions d’années lumière d’Hank. Et pourtant… C’est cette bande de loufoques aux théories plus que fantaisistes qui va lui sauver la vie quand il se vide de son sang… Et s’ils n’étaient pas aussi fous ? Mais Hank, trop rationnel, refuse de l’envisager… A qui le dernier tome de cette remarquable trilogie donnera-t-il raison ?

Au travers de ce périple, ce n’est au final pas l’enquête qui domine, mais son contexte, une pré-apocalypse décrite de façon réaliste et sans concession, sans non plus d’effet dramatique soigneusement évités, comme si se laisser aller à être autre chose que descriptif terrifiait Hank. Pas d’émotions. Surtout pas d’émotions. Et c’est justement cela qui rend le style de l’auteur si incisif, si percutant. L’angoisse est là, poignante, au fil des pages, et comme Hank le lecteur s’applique à la contenir. Un chef d’oeuvre de maîtrise qui impacte le lecteur bien plus que n’importe quelle tragédie, le plongeant au cœur d’une situation qui nous terrifie tous : la fin du monde…

note9

 

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

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