Films Vidéos — 19 septembre 2011
La Nuit des Morts Vivants de George A. Romero (1968)

Titre original : Night of the Living Dead

Année : 1968

Nationalité : Américaine

Réalisé par : George A. Romero

Scénario de : John A. Russo et George A. Romero

Genre : épouvante, horreur

Durée : 96 mn

Budget : 114000 $

Date de sortie cinéma : 21 janvier 1970 en France

Film disponible en DVD depuis le : 18 juin 2008

Film disponible en Blu-ray depuis le : 23 novembre 2010

 

Synopsis :

Comme chaque année, Barbara et Johnny viennent fleurir la tombe de leur défunt père. Le cimetière, en pleine campagne, est désert. Peu enclin à prier, Johnny se souvient du temps où, enfant, il s’amusait à effrayer sa sœur en répétant d’une voix grave : “ils arrivent pour te chercher, Barbara”. La nuit tombe. Soudain, un homme étrange apparaît. Il s’approche de Barbara, puis attaque Johnny et lui brise le crâne à coups de pierre. Terrorisée, Barbara s’enfuit et se réfugie dans une maison de campagne. D’abord seule, elle est ensuite rejointe par Ben, fuyant lui aussi des hommes étranges… C’est plus tard que la radio leur apprend la terrible nouvelle : les morts reviennent à la vie et s’attaquent aux vivants.

 

 

Petit précis sur les années 60, en particulier sur le cinéma :

Le cinéma d’époque ne mise que sur les valeurs sûres, les placements garantis. Les cinéastes n’osent donc plus innover. La télévision continue d’envahir progressivement les foyers, ce qui condamne de plus en plus les salles obscures à une obscurité définitive soit la fermeture.

La situation financière de l’industrie du cinéma est telle que que les coûts de production comme les promotions sont longuement calculés dans le but d’économiser le moindre cent.

C’est dans ce contexte que le cinéma indépendant devient le rival des grandes compagnies. Pour survivre, certaines salles de cinéma se tournent vers le cinéma indépendant, les films à sensations et les films racoleurs en exploitant trois thèmes de prédilection : la violence, l’horreur et la pornographie.

 

 

Critique :

Faire la critique de ce film est chose délicate. On peut effectivement lire tout et n’importe quoi sur cette œuvre, en particulier sur le net… où on trouve surtout n’importe quoi ! Toutes ces critiques s’accordent cependant sur une chose : il y a un avant et un après La Nuit des Morts Vivants. On peut même aller plus loin en disant que 1968 est l’Année Zéro du cinéma zombiesque.

La Nuit des Morts Vivants trouve ses origines dans le roman “Je suis une légende” de Richard Mathesson. George Romero s’en inspire d’abord pour écrire une nouvelle, puis un scénario. Quant à John Rosso, il rédige le script et, plus tard, le roman.

Réalisé avec peu de budget, le premier film de George Romero est filmé en noir et blanc pour limiter les coûts de tournage. Cessons de débattre sur le sujet, George Romero le dit lui-même : « le choix d’un tournage en noir et blanc est lié à des contraintes budgétaires ». Autrement dit, ce choix n’implique en rien des effets de style…

Il en va de même dans le choix des comédiens recrutés. Le casting a été fait uniquement dans l’entourage et les connaissances professionnelles de George Romero et de John Russo. Certains étaient des professionnels, d’autres de simples amateurs.

Ne dissertons pas non plus sur le choix d’un acteur noir pour le rôle principal : si Duane Jones incarne le personnage de Ben, sa couleur de peau n’entre pas en compte. Comme le déclare Romero : « nous avons recruté un Noir, non à cause de la couleur de sa peau, mais simplement parce que Duane nous avait semblé meilleur que les autres ». La Nuit des Morts Vivants est sans doute le premier film mettant en scène des Blancs avec un Noir pour rôle principal, alors que les États Unis commencent seulement à sortir de la ségrégation.

En matière d’horreur, ce film va plus loin que toutes les réalisations précédentes. Voir des zombies lacérer, déchirer, dévorer des êtres humains pour finalement leur ronger les os n’avait jamais été porté à l’écran avant. La violence des scènes n’était  pas clairement montrée jusqu’ici : on la cachait des yeux du public par divers effets de style (ombres, bruitages explicites…), mais Romero choisit délibérément de placer sa caméra de façon frontale, en prise directe sur l’horreur. Il signe ainsi un huis clos prenant et angoissant, où la tension monte crescendo.

Les premières projections se font essentiellement dans des drive-in, où La Nuit de Morts Vivants bat rapidement des records de fréquentation. Malheureusement, le distributeur The Walter Reade Organization, habitué à des films d’art et d’essai, ne parvient pas à implanter le film dans le pays. Par chance, le film ressort à New York durant l’été 1969 avec la réussite que nous lui connaissons. Le succès est immédiat, fulgurant, implacable… le film est même projeté au Museum of Modern Art en juin 1970, une première !

Les critiques qui suivent se contentent pourtant seulement de descendre le film,  qualifié – entre autre – de « violence pornographique ».

La Nuit des Morts Vivants est l’un des films les plus rentable des années 1969 et 1970,  avec entre 4 et 5 millions de dollars de recette. Si cette recette est aujourd’hui estimée à plus de 35 millions de dollars, elle n’a pourtant pas rapporté autant à George Romero et John Russo. En effet, juste avant sa sortie dans les salles américaines, le distributeur The Walter Reade Organization change le titre premier du film (qui était originairement Night of the Flesh Eaters)… et oublie d’insérer la mention du copyright. Le film tombe alors dans le domaine public sur le territoire américain dès sa sortie en salle (avec les conséquences que cela entraînent).

Le succès du film vient peut-être du fait que George Romero a délibérément bousculé les conventions alors en usage. En effet, nous avons là un film où il n’y a ni romance, ni personnage héroïque (juste un regroupement d’individus comme vous et moi), ni happy end…

Nombreux sont ceux qui ont vu ce film, mais quels sont ceux qui ont reconnu George A. Romero et John A. Russo ? Le premier joue le rôle du reporter de Washington tandis que le second endosse le rôle du reporter militaire de Washington… À vos DVD !

Je sais par expérience que certains se disent que ce film n’est pas si génial que ça, ou encore qu’il a beaucoup vieilli… soit. Et bien imaginez-vous dans une maison de campagne sans réseau pour vos téléphones portables et sans accès internet, avec juste une vieille télévision cathodique comme on peut encore en trouver chez nos grands-parents… D’un coup le film vous parait beaucoup moins vieux hein ?

Et puis sans La Nuit des Morts Vivants nous n’aurions pas eu le bonheur de connaître les autres films de zombies de Romero, ni les jeux vidéo lui rendant hommage tels que Resident Evil, ni les comics comme The Walking Dead, et, d’une manière plus générale, nous n’aurions peut-être pas encore eu de film gore.

Conclusion : ce film est CULTE, et puis c’est tout !

Bande annonce :

 Image de prévisualisation YouTube

 


note10

 

Auteur

Quartz14

Pigiste touche-à-tout ! Ouais, pigiste ! Rédacteur, c'est bien beau, mais j'ai pas l'temps, c'est qu'y a du zombie à tuer... Petit, petit, petit...

Articles relatifs

3 Commentaires

  1. Tout est dit !!!!! ^^
    CULTE !!

  2. Petite correction sur l’article, lors du passage sur les années 60 et le cinéma.
    L’industrie du cinéma est menacée par la télévision qui envahit de plus en plus de foyer américain, c’est un fait.
    Je vous parlais ensuite d’un autre ennemi du cinéma : la K7 vidéo… Après la remarque d’un confrère, j’ai creusé un peu le sujet. Et en effet, cette fameuse K7 n’a été inventée qu’en 1976…
    Une mauvaise traduction et interprétation d’un texte en anglais et voilà : une bêtise.

  3. Un pionnier. Une référence trop souvent copiée, mais jamais égalée. Je conseil aussi le roman. Les bds sont sympa aussi.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*