L’apogée du Zombie-Movie : L’Italie

Attention : Je ne suis pas l’auteur de cet article. L’auteur de cette article est Lestat. Il l’a rédigé le 02/01/2005 sur ce lien Krinein. Il est dans son état original et n’a pas été modifié. Je voulais vous faire profiter de ses articles qui sont vraiment exceptionnels et très enrichissants!

Zombie

Avec les films de Romero, le Mort Vivant prend une bonne part de ses caractéristiques finales. Cannibale, il en devient également plus véloce comparé aux prémices du genre, où les créatures se mouvaient avec une lenteur désespérante. Toutefois, aucun encore ne court le 100 mètres -point qui sera abordé plus après-. Reste que niveau physique, il manque quelque chose.

Qu’ils soient, hormis leur démarches, sans signes distinctifs dans la Nuit des Morts Vivants, couleur schtroumpf dans Zombie -Dawn of the Dead ou jaunâtre et ridé dans le Jour des Morts Vivants, le Zombie n’a pas l’air fraîchement sortie de la tombe. Pour cela, malgré quelques sursauts de-ci de-là, il faudra attendre que le genre s’exile, de gré ou de force, chez les artisans italiens qui à force de putréfaction, de vermines et de brûlures, donneront aux monstres un air déterré bien peu ragoûtant. C’est aussi en Italie que le Zombie Movie passera par des innovations incroyables, des audaces insensées qui n’auront pour limites que la propre folie des réalisateurs.

Hercules in the haunted world

L’Italie et le Mort Vivant, c’est une histoire qui ne date pas d’hier. Aux grandes heures du Péplum sortait déjà d’étranges hybrides tels qu’Hercule contre les Vampires (Mario Bava) ou Maciste contre le Fantôme (Giacomo Gentillomo). Nous sommes ici au début des années 60. Quand la Nuit des Morts Vivants passe par là, l’impact ne se fait pas tellement sentir, les réalisateurs s’occupant plutôt dans la fin du western, le début du giallo, la comédie ou le fantastique gothique. Le Raz de Marée débutera en 1978, avec Zombie-Dawn of the Dead. Premier à mettre les pieds dans le plat de viande putréfiée, Lucio Fulci sort L’Enfer des Zombies en 1979. Déjà, les caractéristiques du Zombie Italien sont là : cannibale bien entendu, gore car c’est bien mieux et bien pourri, c’est tellement plus joli. Les Zombies de Fulci sont enterrés depuis pas mal de temps, aussi quand ils sortent de terre, c’est dans un état plus que défraîchis. Jusqu’au-boutiste, Fulci mettra en scène dans l’Au Delà (1981) des cadavres se réveillant directement à la morgue et c’est peu dire qu’ils sont abîmés.

Un style qui fera école, en Italie, puis partout ailleurs. Zombie 3, de Fulci/Mattei (1988) reprend également le principe en rajoutant une touche d’acné purulente. Mattei toujours, dont les films sont aussi gores que mauvais, avait déjà pour sa part en 1981 mixé les aspects brûlures/boutons dans le très ringard Virus Cannibale. De textures “imitation brûlure”, il en est également question chez le prolifique Umberto Lenzi, toujours en 1981 décidément, dans L’Avion de l’Apocalypse. Plus Z que B, L’Avion de l’Apocalypse a pour lui de présenter les premiers spécimens de Morts Vivants qui courent ! Sorte de précurseur du 28 jours plus tard de Danny Boyle, le film aurait eu de quoi devenir un classique, mais ce sera sans compter l’économie de moyens. Du fait, pas de chance pour Lenzi, en fait de grands brûlés ses Zombies semblent plutôt être tombés dans la gadoue…En 1985, Lamberto Bava lâche sa réponse à Evil Dead : Démons. Film au sous genre un peu incertain, Démons nous montre des choses assez cradingues n’ayant plus beaucoup de rapports avec l’humain. 1994, Michele Soavi sort ce qui restera le chant du cygne du film de Zombie italien : le superbe et envoûtant Dellamorte Dellamore. Soavi emprunte ici autant à l’école Romero qu’à celle de Fulci, avec un design plutôt sobre où malgré quelques insectes nécrophages, les dégâts ne sont pas post mortem mais vestiges d’une vie passée.

Mais les innovations ne s’arrêtent pas là. Avec l’Italie, c’est le début des versus déjantés et des mélanges plus ou moins barbares de thèmes. Dans l’Enfer des Zombies, Fulci nous mixe du Mort Vivant avec un soupçon de Jaws, lors de la célèbre séquence où une créature se trouve confrontée avec un Grand Blanc. Les logiques commerciales étant ce qu’elles sont, l’érotisme ou le sexe fait son apparition dans le genre, de manière plus ou moins importante selon les partis-pris des réalisateurs. Dans les films de Zombies portés sur la bagatelle, nous pouvons citer Exotic Love, de, quel grand hasard, Joe d’Amato. Mais la fusion la plus folle restera sans doute ce Zombie Holocaust, alias la Terreur des Zombies, mis en boite par Marino Girolami (planqué sous le pseudo de Franck Martin) et motivé par le producteur de l’époque, Frederico de Angelis. Nous sommes en 1980, un an plutôt sortait successivement Cannibal Holocaust de Deodato et l’Enfer des Zombies, tandis qu’en 78, c’était le film de Romero. Autant dire que Frederico de Angelis n’aura pas eu à chercher son sujet bien loin. Mêlant cannibales, zombies et stock-shots de l’Enfer des Zombies, Zombie Holocaust reste un gros Z bien gore, symptomatique des extravagances de cette époque de doux-dingues. Plus poétique qu’effrayant, Dellamorte Dellamore quand à lui oublie le gore qui caractérisait ses ancêtres et renoue avec la tradition de l’amour maudit, une forme de comique, mais aussi de drame mélancolique. Dellamorte Dellamore n’est pas tant une variation du Zombie Movie qu’un film profondément fantastique et féerique, parfois très gothique, où un personnage désabusé cherche sa place dans son microcosme. Un cas véritablement à part, au point qu’on ne peut en parler entièrement comme d’un film de Mort Vivant en tant que tel.

On peut clairement dire que le passage du Mort Vivant en terre italienne aura achever son intronisation dans la légende, malgré, il faut bien le dire, un paquet de nanars. Dans ce dossier, il est souvent question de productions américaines et italiennes. Ce sont un peu les deux mamelles du Zombie-Movie. Mais il convient à présent de voir d’autres contrées qui chacune à leur manière auront apporté et apportent toujours leur pierre à l’édifice.

Auteur

Admin

.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

Articles relatifs

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*