Comics Culture Z Interviews Papiers — 06 avril 2013
Larry Castillo, auteur de Lust for Life l’interview !

Interrogatoire de Larry Castillo, Dissident capturé près de la zone de quarantaine

Rapport Lust/4/lif3 – Avril 2013

L’opération VARROA a été un franc succès. La plus grande partie de la population a été éradiquée, le reste est en voie de nettoyage.

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Chronique de Lust For Life Tome 1

 

 

 Agent spécial July : Vous faites partie des quelques civils qui n’ont pas encore mutés. Que faisiez-vous durant le début des….événements ?

 Larry Castillo : Je ne faisais que mon boulot, jusqu’au moment où je me suis dit qu’il fallait que je fasse mon devoir. Et mon devoir, c’est de faire de la BD, de la vraie, avec des flingues, des zombies, des nanas aux capacités pulmonaires sur développées, des punch-lines lamentables et tout le toutim !

J’adore la BD de genre, parce que le genre est un cadre. Et dans ce cadre, on y met ce que l’on veut.

De là même manière qu’on peut mettre une peinture baroque dans un cadre en aluminium brossé, on peut utiliser la genre « zombie » pour raconter n’importe quoi d’autre. C’est là que réside la force de la littérature de genre, c’est qu’elle sert de support, de fil rouge à une autre histoire, tapie dans l’ombre. Donc, avant l’épidémie, c’est ce que je faisais….

 

 ASJ: Votre publication dissidente « Lust for Life » est une atteinte au Nouvel Ordre parfait. Votre but est-il de dévoiler des projets gouvernementaux top secret ?

 LC : Oui et non… C’est plus une satire qu’une critique, on est dans la parodie, sauf que cette dernière est faite au premier degré. On est dans un univers typiquement zombie mais je n’ai pas eu l’envie de l’explorer en tant que tel. En gros, c’est comme si vous regardiez un film post-nuke italien du début des 80’s mais sous acide.

Mon réel projet, outre contrecarrer les plans de Varroa, était de jouer avec les codes du sous-genre du film de zombie qu’est le film d’infectés. Jouer avec ces codes pour en faire ressortir quelque chose d’inédit. Je n’aime pas rester dans le cadre sauf si je peux jouer avec ce qu’il y a dans ce cadre et y faire intervenir des choses qui n’y sont pas d’habitude… Brouiller les cartes, en somme…

 

 ASJ: Avez-vous eu un contact récent avec l’agent Smiley ? Que connaissez-vous de son passé ?

 LC : Ach ! Smiley !! Un sacré salopard, celui-là… Smiley vient de loin. De l’enfer ou un truc du même acabit. En fait, pour moi, « Lust for Life » consiste à prendre les bases du films d’infectés (des gens créent un virus zombie, qui leur échappe et finit par contaminer le monde entier) mais de changer le point de vue habituel (celui des survivants) par un autre (celui des commanditaires dudit virus) Et Smiley, en tant qu’homme de main était ma porte d’entrée dans ce monde.

Il a tous les défauts moraux qu’on puisse imaginer mais c’est un super soldat, une vraie machine à tuer, à détruire, à faire mal, et il aime ça en plus ! Un salopard dans la pure tradition du genre.

 Je ne connais que très peu de choses sur son compte, tout simplement parce que personne ne sait rien sur lui, du moins pas qui soit encore en vie. Je sais juste que c’est un mercenaire, et qu’il a connu bien des prisons dans de nombreux endroits, qu’il est froid, impitoyable et rancunier…

Très rancunier… A noter d’ailleurs qu’il apparaît aussi dans un autre titre que je dessine : « Welcome in Amnesia », un croisement étrange entre les films de prison et « Rollerball » de Norman Jewison…

(Welcome in Amnesia Chez DEADmEATcOMIx)

ASJ:Pourquoi tant de couleurs violentes dans votre publication ? Est-ce pour exciter l’agressivité des survivants ?

LC : A la base, je dessine en noir et blanc. Mais pour Lust for Life, je voulais changer de style, aborder la couleur, m’en servir presque comme un personnage. Les couleurs sont sursaturées parce que l’histoire est assez épileptique et psychédélique. Il y aussi l’influence de cinéastes comme Dario Argento et de dessinateurs comme Richard Corben, qui utilisent la couleur comme vecteur d’irréel, de pont entre réalité et perception. Et puis tant qu’à faire, j’ai horreur des BD aux couleurs « sages », je voulais avoir un ensemble assez violent, limite hardcore mais compenser par une approche « pop » de la chose, histoire d’adoucir quand même un peu les angles…

 

 ASJ: Quel est ce personnage d’Attia ? Avez-vous des penchants zoophile ou des problèmes relationnels avec la stroumphette ?

 LC : Attia… en fait, elle et Smiley ne forment qu’un… L’inspiration pour ces personnages est la carte de tarot « le Mat », à savoir un homme généralement accompagné d’un animal, souvent un chien. Mais je voulais aussi qu’on comprenne que Smiley est un être inachevé, qui se cherche une sorte de complément, une forme de conscience, un Gemini Cricket à lui, en somme…

 Alors, Attia existe-t-elle ? Est-ce un chien ? Une hallucination errant dans un cerveau malade ou a-t-elle une réelle présence dans l’inconscient de Smiley ? Je ne sais pas… Elle est là, elle le guide et le protège… Je pense sincèrement que nous n’en serons jamais plus sur la nature quelque peu étrange de leur relation.

 

 ASJ: Pourquoi avoir intitulé votre ouvrage « Lust for life » ? En hommage à Iggy Pop ou aviez-vous connaissance d’une manière ou d’une autre de nos projets ?

 LC  :P our la chanson d’Iggy oui bien sur mais aussi parce qu’il y a « Life » et pas « Death », je voulais paradoxalement en titre qui donne la pèche et qui sorte du traditionnel « Dead machin » ou « quelque chose of the Death »

 

 ASJ: Quoi qu’il se passe par la suite, nous vous empêcherons de dévoiler que la nicotine est le remède. D’ailleurs fumez-vous Monsieur Castillo ?

 LC :Et pas qu’un peu ! J’ai horreur de cette vague de bonne conscience où pour être un citoyen respectable il faut être non-fumeur, ne quasi jamais boire (sauf un verre de vin par jour parce que c’est bon pour le cœur) et devenir végétarien… Bref, sur ce coup là je me suis un peu lâché, parce que ça fait du bien d’entendre un autre son de cloche…

 

 ASJ: Si ce n’est le froid, la faim, ou les groupes armés ; les infectés vont détruire pour nous les dernières poches de résistance….à moins que Smiley ne se montre à la hauteur. Si on vous laissait le choix, vous prendriez quel options pour votre mort ?

 LC :L’option la plus tardive et la plus facile à repousser, je ne suis pas de nature pressée…

 

 ASJ: Si nous choisissons de vous laissez en liberté, vous continuerez les comics ? Quels sont vos projets en cours ? Nous avons les moyens de vous faire parler…ne résistez pas !

 LC :J’ai plusieurs projets sur le feu dont je ne peux pas encore trop parler parce que rien n’est signé mais je peux déjà vous dire qu’en septembre 2013 sortira « Welcome in Amnesia », une Bd en noir et blanc qui se passe en prison, mais qui n’aura rien à voir avec les histoires traditionnelles de zonzon, je pense que c’est assez violent, pas trop sexy (quoique) et bourré d’humour noir, avec plein de clins d’œil de ci, de là et une fin assez inattendue, je pense…

 

 ASJ: Vous ne prévoyez tout de même pas une suite à « Lust for life » ? Nous ne vous laisserions pas faire.

 LC :Il y a une suite de prévue, voire même trois, en fait… L’histoire se déroule sur 4 tomes, plus peut-être (on verra la réaction des lecteurs) un épisode supplémentaire, une sorte de récit parallèle à celui que vous pouvez déjà lire….

 

 ASJ: Pourquoi vouloir faire carrière entant qu’auteur et dessinateur alors que vous pourriez faire une belle carrière de fonctionnaire dans nos rangs ?

LC :Que voulez-vous ? Je manque sans doute d’ambition ^^

 

 ASJ: Avec qui auriez-vous souhaitez travailler ? (Histoire qu’on ne leur laisse aucune chance..)

 LC : Sans hésiter : John Carpenter !

 

 ASJ: Assistante, nous allons tester ses capacités cérébrales. Monsieur Castillo, quelle est votre blague préférée ?

 LC : Deux explorateurs se font attraper par une tribu de sauvage dans la jungle.  Le chef de la tribu au premier d’entre eux : ‘tu choisis : soit c’est Tchi-Tchi, soit c’est la mort !’
L’explorateur choisit Tchi-Tchi.
On l’attache entre deux arbres et là toute la tribu passe derrière lui pour, hum  comment dire, le sodomiser. Ils se prend 100 des plus gros membres d’Afrique, 15  minutes chacun. Son anus ne ressemble plus à rien et ses hurlements sont  inhumains. Mais après ce calvaire, on le laisse partir.
Le chef de la tribu au deuxième explorateur : ‘tu choisis : soit c’est Tchi-Tchi, soit c’est la mort !’
Le choix est évident : ‘je préfère la mort !’
Le chef : ‘d’accord… Mais d’abord : TCHI-TCHI !’

(Bon les interrogatoires, c’est plus ce que c’était…..)

ASJ: Bien soldats, emmenez notre « invité » dans le secteur expérimentation. On verra si il fait toujours son malin…


Un grand merci à Larry Castillo de s’être prêter au jeu de notre vrai-fausse rencontre et merci pour ces superbes dessins!!!!


 

 

Auteur

july

Mère de famille nombreuse, experte en technique de combat de rues, maniement du sabre et vannes pourries, se dressant contre la futur menace zombie....parce que sans déconner ça finira bien par nous tomber dessus...hein?!

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6 Commentaires

  1. Exellent cet interview ! rappelons pour les fans que “lust for life” est disponible dans notre boutique ! alors, n’hésitez plus !

    • Pelletier, si vous êtes intéressez par un partenariat entre nos deux enseignes c’est tout à fait envisageable. N’hésitez pas à me contacter sur mon adresse : postmaster@zombiesworld.ocm

      Bonne journée !

  2. Merci, ça a été très plaisant et drôle à faire! bientôt d’autres à venir!!

  3. 0o Oh bah là je veux !!!

  4. L’interview est très complète, c’est une mine d’or ! Le tout enrobé d’humour, j’adore !

  5. ça a été un réel plaisir de travailler avec cet auteur qui est très sympathique et disponible, je vous invite aussi à regarder sur sa page facebook toutes les nouvelles parutions qui ne contiennent pas toutes du Z mais qui sont assurément d’aussi bonne qualité:)

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