Films Vidéos — 27 mars 2012
L’Au-Delà

L’AU-DELÀ (L’ALDILA)

Réalisation : Lucio Fulci
Scénario :
Lucio Fulci – Dardano Sacchetti – Giorgio Mariuzzo
Musique :
Fabio Frizzi
Chef Opérateur : Sergio Salvati
Maquilleur : Giannetto De Rossi

Format et nationalité : Long métrage italien (interdit – de 16 ans)

Durée : 1h28

Genre : horreur, épouvante

Année de production : 1981

Acteurs : Catriona Mac Coll (Liza) – David Warbeck (Doc Mac Cabe) – Cinzia Monreale (Emily) – Antoine St John (Schweick) – Giovanni De Nava (le plombier) – Veronica Lazar (Martha) – Anthony Flees ( Larry)

L’histoire
Le film commence dans les années 20 par le lynchage d’un peintre dans un hôtel de Louisiane, parce qu’il a osé représenter une vision de l’enfer dans une de ses toiles. Il est alors pourchassé par des habitants ivres de haine qui le fouettent sauvagement avec des chaînes, le brûlent à la chaux vive, le crucifient et l’emmurent vivant.
50 ans plus tard, une jeune femme hérite de cet hôtel maudit. Elle lance des travaux de rénovation, mais des accidents successifs la confrontent à une malédiction qui fait de ce lieu une des sept portes d’entrée de l’Enfer.

La première séquence de l’exécution sadique du peintre, perturbante mais plutôt esthétique, montre d’emblée les deux pôles opposés qui animeront le film : une violence souvent radicale face à une évidente poésie.

 Tout a été dit sur ce film de Fulci. L’expression qui revient le plus souvent est celle de « poème macabre » : expression intéressante car elle rend bien compte des choix  à priori inconciliables, cette dualité esthétique qu’on voit dès l’introduction : un choix qui fonctionne toujours sans jamais être ridicule.

Le film est en effet par certains aspects un métrage d’épouvante brute car on y trouve de nombreux moments de violence et d’horreur crue sadique : les chairs attaquées par la chaux vive, l’acide destructeur, ou les chairs mordues par des animaux agressifs (la séquence des araignées velues qui arrachent la chair tendre du visage, celle du chien qui saute à la gorge de sa maitresse), la souffrance des corps agonisants, les cris étouffés des victimes. Des scènes qui peuvent parfois sembler excessives et complaisantes, à l’image de cette flaque de sang et de liquides corporels, mousseux et visqueux, qui avance sur le sol de la morgue en répandant une menace quasi épidémique.

 

Emily la jeune aveugle rencontrée sur une route étrange et isolée.

Cette crudité dans la cruauté pourrait être insupportable si elle n’était contrebalancée par des moments de poésie réelle. Une poésie d’autant plus efficace qu’elle arrive dans des instants souvent plus oniriques que narratifs, des séquences qui ne donnent pas toujours les réponses attendues (comme la rencontre improbable avec la jeune femme aveugle sur une route déserte).

Et c’est peut-être ce qui peut gêner le spectateur : une histoire parfois allusive et décousue, souvent surréaliste, des personnages quelquefois plus symboliques que réalistes (comme celui de la jeune femme aveugle). Et des scènes d’horreur qui parfois privilégient les résultats visuels perturbants et oublient un peu leur justification. Mais comment accompagner le spectateur en Enfer (au sens propre) si on ne conjugue pas la rêverie symbolique à l’épouvante crue, ces deux tensions extrêmes vers la même dégringolade des âmes maudites ?   
 

Ce film en devient alors visuellement et émotionnellement riche et absolument fascinant. Ses aspects les plus horribles lui ont valu à l’époque de sa sortie en France (en 1981) une interdiction au moins de 18 ans, parce que l’ambition artistique d’un réalisateur esthète et poète ne pouvait justifier la cruauté et les images crues.

Le film cradingue et dérangeant il y a 30 ans est devenu depuis un monument du cinéma de genre. Certains en font même un des meilleurs films de Fulci avec Frayeurs. Sans oublier cette belle affiche montrant le peintre en croix et les deux personnages principaux foulant le sol d’un Enfer jonché de cadavres, une image renvoyant à la puissante fin du film, (l’Enfer sur la photo ci-contre) qui elle-même renvoie à la peinture du début.

Un film pour lequel les superlatifs manquent. C’est sans aucun doute  une vraie gourmandise cinématographique de grande qualité pour tout amateur de cinéma de genre.

À garder dans sa vidéothèque pour toute l’éternité.

 

 Voir le trailer de 1981

Image de prévisualisation YouTube

 

 

note9

 

Auteur

salut à tous je suis enseignant, j'ai 42 ans - marié, 2 enfants passionné de films fantastiques et d'horreur depuis que j'ai vu Shining qui a agi comme un révélateur puis la série des Freddy, puis les Romero, Argento... par ailleurs passionné de peinture (cf mon site)

Articles relatifs

1 Commentaire

  1. Rien à redire, c’est un très très bon film même si j’ai une préférence pour Frayeurs et la Maison près du cimetière…

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*