Films Vidéos — 25 janvier 2012
Le Jour des morts-vivants (Day of the dead)

affiche originale

Sorties :  USA en juillet 1985France en août 1986

Durée : 1h 38

Genre : horreur

Réalisateur, Scénariste : George Romero

Directeur Photo : Mickael Gornick

 

Effets spéciaux et maquillage : Tom Savini

Musique : John Harrison

Acteurs : Lori Cardille: Sarah – Terry Alexander: John – Joseph Pilato: le capitaine Rhodes – Richard Liberty: Logan – Sherman Howard: Bub le zombie domestiqué – Antone Dileo Junior: Miguel

À noter que Greg Nicotero, le spécialiste des effets spéciaux de maquillage joue le soldat Johnson.

 

 

affiche française

L’histoire

Dans un monde dominé par les zombies, des militaires et des scientifiques survivants vivent dans un bunker sous-terrain, tandis qu’à la surface les croqueurs de chair fraîche rôdent pour trouver leur repas. Mais entre les deux groupes de survivants, la cohabitation est tendue : Sous le contrôle du capitaine Rhodes, véritable caricature despotique de l’officier borné et violent, les militaires mettent la pression aux scientifiques pour qu’ils trouvent enfin le remède miraculeux qui domestiquera les zombies et les rendra inoffensifs. L’enfermement, la claustrophobie, la promiscuité, la froideur des lieux souterrains, la peur de ce qui se passe à l’extérieur, la nécessité de se procurer des “spécimens” de zombies pour faire avancer les expériences, ainsi que la violence non contenue des militaires, et leur machisme, leur sexisme, leurs certitudes obsolètes dans un monde à l’agonie, tous ces paramètres additionnés vont échauffer les esprits, conduisant les deux groupes à un affrontement à mort. (C’est le 3ème film de la première trilogie de Romero sur les zombies).

 

 

 

Le cauchemar : derrière le mur, partout, ils sont là et nous guettent...

Le film commence avec un cauchemar du personnage féminin, qui regarde le calendrier du mois en cours, avec les jours cochés d’une croix. Puis elle s’approche du calendrier fixé au mur, le regarde, et se trouve alors  assaillie par des mains grises et noires de zombies sortant du mur. Le ton est donné : comme dans le film précédent de la trilogie (ZombieDawn of the Dead) le film s’ouvre sur le personnage féminin et sur le cauchemar de l’humanité tout entière livrée à ses questions sur son devenir et sa survie. De quoi demain sera fait dans ce monde de la menace perpétuelle ? Les morts-vivants sont à la surface et les survivants bloqués en dessous…

Puis un survol d’une ville en hélicoptère (comme dans Zombie, le moyen de locomotion privilégié pour découvrir l’ampleur des dégâts dans le monde ), une ville fantôme, dans laquelle les monstres sortent bientôt de leur cachette attirés par la chair fraîche. Pas de survivants en vue : l’hélicoptère retourne à la base. L’animalité primale découverte dans les rues va se retrouver schématisée dans le bunker, par la bestialité du capitaine et de ses hommes. Qui des zombies carnivores ou de ces militaires obtus, racistes, sexistes, sont les plus repoussants ? Alors que les deux groupes, militaires et scientifiques, devraient tout faire pour reconstruire une micro-société équilibrée et civilisée qui leur redonnerait humanité et dignité, la hargne bestiale et fasciste des militaires campés sur leur position dominante va déséquilibrer l’ensemble.

 

Et là où le groupe humain s’autodétruit, c’est au zombie que Romero donne sa chance : le film met en scène un zombie domestiqué par le professeur Logan, le scientifique utopiste et halluciné. Le zombie Bud redécouvre ce que les humains semblent avoir oublié : la beauté passée du monde des hommes, le souvenir des temps anciens de la civilisation. Le professeur fait tout pour réactiver la mémoire du mort-vivant. Bud est-il plus vivant que mort ? Bud écoute de la musique, tourne un livre entre ses mains, et l’on sent dans son regard que quelque chose se met en place : souvenir, réflexion ? Ce personnage de Bud est extrêmement important dans le film, tout simplement parce qu’il est un personnage à part entière, et non un pantin désarticulé et titubant à la recherche de viande fraîche.Ce personnage sera montré dans son apprentissage au quotidien, pour retrouver des gestes simples avec des objets banals, et les scènes qui montrent ses instants de réflexion sont étonnantes tant Shermann Howard, le comédien qui joue Bud, fait passer d’émotions simples ( scène avec le rasoir que Bud fait glisser machinalement sur sa peau de monstre, avec le livre, la brosse à dent, le salut militaire, le pistolet qu’il braque sur le capitaine Rhodes). Grâce à ce personnage fort, les scènes gores du film sont ambiguës : elles ne provoquent pas seulement le dégoût face à la mort théâtralisée et esthétisée, mais aussi une certaine empathie pour ces créatures de zombies qui nous ressemblent encore un peu à travers lui. Bud est bien le zombie qui dérange (le spectateur du film et les militaires), et il sera vite pris en grippe par le capitaine facho, qu’il retrouvera dans un face à face final digne d’un duel de western, avec une petite note d’humour franchement noir.

Le zombie vidé de son intériorité intime continue à chercher sa voie vers l'humanité...

 

Scènes gratinées et efficaces, les passages gores nous proposent de nombreuses morsures, bras coupés, corps ouverts, viscères qui dégoulinent, têtes arrachées, explosées… Un festival d’effets gores crus et directs. Des scènes d’un réalisme froid et chirurgical: les corps découpés, éventrés, sont absolument réussis par un Tom Savini en grande forme, assisté par Gregory Nicotero. Il aurait passé des heures dans des morgues pour travailler le réalisme de ses cadavres…

Le film est une œuvre étonnante par cette froideur de style et de propos, ce radicalisme effrayant. La première partie, extrêmement angoissante, qui prend le temps de mettre en place la psychologie des personnages, les enjeux dramatiques et les oppositions de clan, contraste avec une deuxième partie saignante et déroutante de réalisme cru. Ce film dérouta donc les spectateurs en son temps, et fut un échec commercial. Il est aujourd’hui à mon sens, dans notre ère numérique, un des meilleurs morceaux de cinéma intelligent aux trucages à l’ancienne, avec la force de maquillages et prothèses diverses.

 

Bande Annonce

      note8

 

 

 

Auteur

salut à tous je suis enseignant, j'ai 42 ans - marié, 2 enfants passionné de films fantastiques et d'horreur depuis que j'ai vu Shining qui a agi comme un révélateur puis la série des Freddy, puis les Romero, Argento... par ailleurs passionné de peinture (cf mon site)

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4 Commentaires

  1. Ce jour des morts pas vivants est une bonne mouture bien apocalyptique, Bud est un bon zombie prélude d’ une excellente réflexion de Roméro qu’il aurait dû poursuivre à défaut de sombrer dans les décevants Diary of the dead et Survival.. à mon sens

  2. Oui, cette logique d’apprentissage est retenue pour land of the dead mais tombe dans l’oubli par la suite.

    si diary avait l’avantage de proposer un angle novateur ( enfin, pour roméro ), survival n’a vraiment servi à rien même pas à faire plaisirs.

    Day of the dead reste encore, à mon goût, le meilleur film réalisé sur le thème ( la bande son, l’ambiance apocalyptique, les acteurs, le gore, tout est bon ).

  3. Oui je crois aussi que le cinéma de Roméro est ensuite plus consensuel, plus proche des demandes du public général, moins personnel, moins radical.

  4. Le dernier grand film de Romero. Personnellement il m’a beaucoup marqué et j’ai dû le voir des dizaines de fois.

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