Le Zombie cannibal

Attention : Je ne suis pas l’auteur de cet article. L’auteur de cette article est Lestat. Il l’a rédigé le 02/01/2005 sur ce lien Krinein. Il est dans son état original et n’a pas été modifié.Je voulais vous faire profiter de ses articles qui sont vraiment exceptionnels et très enrichissants!

Day of the Dead
L’image est devenue cliché. Un être décharné tend les bras vers sa victime terrorisée pour d’un coup de dent lui ouvrir le crâne et lui dévorer le cerveau. Nous avons vu qu’il n’en a pas toujours été ainsi. Quand en 1968 George Romero sort La Nuit des Morts Vivants, il fait bien plus que relancer le genre, il le révolutionne en profondeur.

Si sur grand écran le cannibalisme est déjà connu, y associer le mythe du Mort Vivant relève pour le coup de l’inédit et s’avère tout à fait cohérent avec l’ambiance quasi-mystique du Zombie vaudou.

Car si Romero avait comme idée de symboliser une nouvelle société dévorant littéralement l’ancienne, le cannibalisme en soit est également un immense moteur de fascination et de dégoût. Que peut on dire sur l’acte de manger de l’humain, de se manger finalement soi-même ? Cette pratique permis à une équipe de rugby d’échapper à la mort, lors d’un célèbre et sordide fait-divers durant les années 70. Le cannibalisme aura souvent été la solution désespérée mais efficace à quelques famines en France, durant les années noires du Moyen Âge. “C’est dégueulasse”, serait-on tentés de crier. Même pas, dit-on : selon les témoignages, il paraîtrait que la chair humaine cuite est plus tendre que celle du porc. Pas de doutes, le cannibalisme est comme tout les tabous, entouré de quelques histoires et d’une bonne part d’attirance perverse. En outre, se faire dévorer par ses semblable représente un stade de menace incomparable, un acte interdit et insensé. Le cannibale se place ainsi hors des normes et en cela entretient une part d’attirance par sa liberté de toute lois et de toute morales. Le Mort Vivant, en devenant cannibale, franchis ainsi un nouvel échelon dans la peur qu’il inspire, mais aussi dans sa part de magnétisme. De simple victime quasi-inoffensive, il devient une sorte de prédateur froid dont le danger n’est plus explicite mais devint petit à petit implicite. Qu’il court ou se traîne, le seul but que l’on lui reconnaisse désormais, avant même qu’il ne passe à l’acte, est de déchirer la chair fraîche pour s’en sustenter. Il a désormais un objectif. Il agit de lui même, poussé par une faim que lui seul peut comprendre. Le spectateur quand à lui est partagé entre craindre et comprendre cette faim et en cela, le Zombie n’a jamais été manichéen. Il représente le danger, le mal parfois, mais n’EST pas le mal car quelque soit le degré d’évolution du Mort Vivant, il n’est jamais et ne sortira jamais complètement de sa place de victime. Auparavant victime d’un être supérieur, il est à présent victime de sa propre nature, de sa propre faim. “Manger le cerveau apaise la douleur de la mort”, dit une femme-zombie dans le Retour des Morts Vivants. “Il me mange, il ne fait rien de mal”, proteste une infortunée jeune fille dans Dellamorte Dellamore pendant que son petit ami revenu d’entre les morts s’offre quelques morceaux de choix.

Si Romero aura recours à l’artifice du cannibalisme pour les besoins de ses thématiques, il va créer une nouvelle tendance qui convient fort bien aux critères commerciaux. Car avec le cannibalisme arrive aussi la notion de gore dans le Zombie-Movie, permettant des excès visuels sans précédents. Ne reste plus qu’aux Morts Vivants de voyager un peu…

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.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

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1 Commentaire

  1. :twisted:

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