Films Vidéos — 30 décembre 2011
L’enfer des zombies (Zombi 2)

Réalisation : Lucio Fulci

Format et nationalité : Long métrage italien
Scénario : Elisa Briganti et Dardano Sachetti

Année de production : 1979
Durée : 1 heure et 31 minutes
Acteurs : Ian Mc Cullogh:  Peter West, Tisa Farrow: Anne Bowles, Ugo Bologna: le père d’Anne, Richard Johnson: le Docteur Ménard, Al Cliver:  Brian Hull, Auretta Gay: Susan Barret, Olga Karlatos: Paola Ménard, Franco Fantasia: Mathias, Lucio Fulci: le rédacteur en chef du journal, Captain Haggerty: le gros zombie du début dans le voilier

 

 

Synopsis

Un voilier dérive dans le port de New York, alertant les autorités portuaires qui bientôt montent à bord.  Le bateau semble abandonné, un désordre innommable règne à bord. Un policier se fait alors attaquer par un mort-vivant caché dans le voilier. Les autorités sont en alerte et un journaliste, accompagné de la fille du propriétaire du bateau, va mener l’enquête pour tenter de retrouver la trace du père de la jeune femme, parti dans une île perdue des Antilles.  Ils y découvriront un univers envahi par des morts vivants et une population sous l’emprise d’une malédiction vaudou.

Même si le titre Zombi 2 fait évidemment  référence au Zombie devenu culte de Romero , ce long-métrage de Lucio Fulci n’a rien à voir. Tout au plus exploite-t-il, un an après, avec ce titre opportuniste, le succès du film de son compatriote italien. Donc pas de véritable suite ici, mais une œuvre personnelle, singulière, bien distincte de celle de Romero, et attachante par de nombreux aspects.

Le début du film montre le voilier arriver dans le port de New-York:  le gros zombie qui y est caché est abattu par la police et tombe dans l’eau. La caméra, qui filme en plongée cette eau dans laquelle disparait le monstre, remonte ensuite en panotant lentement pour cadrer la rive et nous faire découvrir la ville. On peut penser alors que le film va se poursuivre dans cette ville . Nous y verrons en effet quelques scènes en suivant le journaliste qui va mener l’enquête, mais l’histoire va rapidement nous conduire dans un tout autre univers : une île perdue des Antilles. Culture vaudou, végétation luxuriante, tambours sonnant dans le lointain: nous serons bien loin du Zombie de Romero et ses morts consommateurs frénétiques envahissant le centre commercial qu’ils fréquentaient de leur vivant.

L’Enfer des zombies est donc un film d’aventure autant qu’un film d’horreur : la malédiction vient d’un ailleurs mystérieux qu’il faut aller découvrir. Même si les rapports humains ne sont pas approfondis dans cette histoire, c’est aussi une aventure humaine teintée de mysticisme: une communauté mixte (des Blancs et des Indigènes) face à une  histoire de malédiction, de foi, de destin, de punition. Car c’est bien l’enfer qui vient déverser sur Terre ses monstres avides de chair fraîche. Il manquerait l’amour, pour sauver les âmes des vivants, et l’humour, pour sauver le film d’une certaine sécheresse. Mais le choix semble assumé. Le film conduit ses protagonistes vers une horreur radicale et inévitable : point de salut pour cette humanité.

Le décor d’île paradisiaque qui sert de cadre au film pourrait promettre une aventure exceptionnelle aux personnages qui y débarquent. Mais c’est raté : faute de paradis, c’est un enfer vert qu’ils trouveront. Le lieu est maudit, depuis quelques mois les morts sortent de terre pour tourmenter les vivants, sous le regard impuissant du médecin local. La malédiction se propage comme une maladie, comme une épidémie : c’est le plus souvent à l’hôpital qu’on voit les agonisants souffrir et mourir sous le regard du docteur.

 

 Les trucages du film concernant les attaques de zombies restent intéressants et savoureux, même 30 ans après. Teintée d’un certain sadisme – comme dans cette scène où un zombie tire une femme par les cheveux pour venir la planter dans un éclat de bois pointu – la mise en scène tient parfois du Giallo, jouant de très gros plans expressifs sur des regards horrifiés, d’un érotisme décalé et donc souvent discutable, d’une musique expressionniste forte, de nombreuses caméras subjectives dans des champs-contre champs qui nous mettent à la fois dans la peau de la victime horrifiée et dans celle du zombie tueur qui guette, ou qui cherche à entrer, ou qui sort de terre, ou qui grogne en bavant…

 

Le film réserve de belles scènes qui satisferont le fan d’horreur crue et sanguinolente, telle celle de l’arrivée du groupe à la maison du docteur : les aventuriers découvrent dans cette maison silencieuse le corps de la femme de leur hôte ; les zombies plongent lentement leur main maladroite dans les entrailles chaudes sorties du ventre déchiré. La caméra filme en plans assez serrés pour dévoiler l’horreur par petites touches naturalistes, puis un plan plus large montre le corps en entier et les zombies assis autour. Ou bien encore cette scène surréaliste du combat sous l’eau entre un zombie très à l’aise, qui ne peut se noyer puisqu’il est déjà mort, et un requin qui va lui déchirer un bras… Ou de jolies scènes de zombies sortant de leur tombe dans un vieux cimetière espagnol caché dans la végétation luxuriante. Le film exploite ainsi autant que possible la thématique de la nature environnante pour bien nous éloigner du New-York du début, et pour mieux y revenir ensuite.

  La fin du film nous montrera notre équipe d’aventuriers maudits réfugiés dans une maison, tentant de résister à l’assaut des zombies qui frappent aux portes et aux fenêtres: on peut se dire que c’est du déjà vu, mais ça fonctionne car le tout est bien monté, avec une alternance efficace entre plans rapprochés et plans plus larges, qui donne un vrai rythme soutenu entre plans de présentation générale et plans plus serrés sur les morsures, arrachages, découpages de têtes… Et  les monstres sont convaincants, errant et titubant dans les rues de ce qui est devenue une petite ville fantôme. On se dit alors que pour un film réputé plutôt fauché, L’Enfer des zombies se révèle finalement une œuvre agréable, bien rythmée, à la musique aujourd’hui kitsch à souhait (les morceaux aux synthétiseurs qui font ouin ouin, c’est tout un souvenir).

 Le film d’aventure zombiesque se terminera donc dans un New-York apocalyptique, pour boucler la boucle avec la séquence d’ouverture. Ce qui aurait pu ne rester qu’une malédiction vaudou localisée se révèle finalement une contamination à grande échelle. Et les monstres marchent sur le pont de Brooklyn en direction de la ville, une scène que reprendra en hommage 25 ans plus tard le maître Roméro dans son Land of the dead.

À noter qu’un Zombi 3 est sorti en 1988, co-réalisé par Lucio Fulci et Bruno Mattéi.

 

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Auteur

salut à tous je suis enseignant, j'ai 42 ans - marié, 2 enfants passionné de films fantastiques et d'horreur depuis que j'ai vu Shining qui a agi comme un révélateur puis la série des Freddy, puis les Romero, Argento... par ailleurs passionné de peinture (cf mon site)

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2 Commentaires

  1. Trés bon film !!! :smile:

  2. Encore du Z ” Fulci è un dio”

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