Culture Z Films Vidéos — 25 septembre 2013
Question existentielle : le réalisme des films de Zombies

Inspirée / Basée / Citations de la news Slate du 22 Septembre 2013 : Quel est le film de zombie le plus réaliste ?

Les médias se battent actuellement pour savoir quel est le film de Zombies le plus réaliste, question existentielle s’il en est…

Lors de sa sortie le 3 juillet dernier, le plus gros succès de l’été World War Z avait été présenté comme un film très réaliste. Lors d’une interview la productrice Dede Gardner expliquait «En tant que lectrice, ce qui m’a marqué dans le livre, c’est son réalisme. Mais aussi l’effroi qu’il provoquait. Et son côté mondial, global. Réalisme, peur et enjeu mondial: voilà les trois axes du film.». Et c’est également ainsi que l’un des acteurs, James Badge Dale, présentait le film «Un tas de films d’horreur ne sont pas réalistes. La chose terrifiante avec ce film, c’est ce que vous le regardez et vous pensez: “Attends, ça pourrait arriver.”»

Les mathématiciens et en particulier Robert Smith ont estimé que «Les zombies modernes suivent un standard édicté par La Nuit des morts-vivants. Les “goules” sont présentées comme des monstres sans âme, qui ne ressentent pas la douleur et font preuve d’un grand appétit pour la chair humaine. Leur but est de tuer, manger ou infecter les gens. Le “mort-vivant” se déplace en petits pas irréguliers et montre des signes de décomposition physique: chair pourrissante, yeux décolorés et plaies ouvertes.».

Ils ont donc tenté de modéliser le déroulement d’une épidémie zombie à partir de plusieurs hypothèses: un déclenchement d’épidémie d’assez courte durée, un temps d’infection assez long et des zombies qui se déplacent lentement. A la fin, une seule certitude: à moins de réponses armées rapides, violentes et répétées des humains, une invasion zombie éradiquera tout ou partie de la population, comme nous l’avions expliqué dans un article précédent.

http://www.zombiesworld.com/les-scientifiques-nous-promettent-lapocalypse-zombie/

A partir du film 28 jours plus tard de Danny Boyle en 2003, on a commencé à voir apparaître des zombies qui pouvaient courir. Quel impact ce changement serait-il susceptible d’avoir sur la propagation de l’épidémie ?

Robert Smith explique que la propagation de l’épidémie serait paradoxalement fortement réduite. «Nous avons d’abord envisagé des zombies rapides, mais nous voulions utiliser des zombies lents pour refléter la nature discrète des virus tels que le VIH. L’idée des zombies rapides est attirante pour un film, mais ils sont en réalité moins réalistes: avec un temps de transformation de quelques minutes, il est peu probable qu’une telle épidémie zombie réussirait à toucher le monde entier. Du point de vue d’un virus, plus il se déplace de manière lente et discrète, plus il est difficile à contenir. C’est pourquoi nous avons une pandémie mondiale de VIH et pas d’Ebola.»

En effet, le foyer d’infection serait très vite repéré et isolé. Non seulement les zombies seraient plus visibles, mais les infectés se transformeraient aussi très vite, ne leur laissant pas le temps de voyager discrètement. Il convient toutefois de ne pas confondre la vitesse de déplacement des zombies et la vitesse de la transformation après la morsure.

World War Z ne serait donc pas un film très réaliste. L’œuvre originale de Max Brooks met en scène des zombies lents, avec un temps d’infection lui aussi beaucoup plus lent, qui peut prendre des jours, voire des semaines. L’adaptation cinématographique, elle, en fait des sprinteurs qui ne devraient donc pas, selon la logique scientifique, se répandre de manière mondiale.

La plupart des chercheurs interrogés sur le film de zombies qu’ils jugeaient le plus réaliste ont, eux, souvent cité un classique du genre, comme les films de Georges Romero, La Nuit des morts-vivants (Night of the Living Dead, 1968) et Zombie – Le Crépuscule des morts-vivants (Dawn of the Dead, 1978). En appliquant le modèle mathématique de Robert Smith et de ses confrères à Zombie, l’invasion du monde entier est plausible, tant les zombies y sont lents. La propagation mondiale est suggérée au travers des journaux télévisés et la fin du film suggère une cohabitation entre les zombies et un petit nombre de survivants humains (les autorités sont débordées, comme le suggèrent les images télévisées), ce qui rend l’ensemble crédible d’un point de vue épidémiologique. Par ailleurs, le film offre un panel de comportements humains suffisamment large pour paraître réaliste, alors que la seule scène de pillage de World War Z se déroule franchement au pays des Bisounours quand on sait de quoi la nature humaine est capable.

Cependant 28 jours plus tard, le film de Danny Boyle, qui utilise pourtant zombies et virus de type rapide semble également très réaliste. Il existe une origine au virus et celle-ci est connue du spectateur. Les zombies et  le virus sont rapides : la transformation ne tarde jamais et les infectés sont extrêmement dangereux.  Le virus est donc immédiatement repérable… et repéré.
Jim, coursier, se réveille dans un hôpital dévasté. Un groupe militant pour la cause animale a infiltré un labo 28 jours plus tôt et se retrouve infecté par une sorte de virus. Quatre semaines plus tard, Londres est une ville morte, et tout le pays avec. Jim rencontre d’autres survivants. A la fin, on comprend que le virus a très vite été mis en quarantaine, et l’île britannique avec…

Bref, quand zombies et mathématiques se rencontrent, tout n’est pas possible et les scientifiques seront bientôt sollicités pour les futurs scénarios, et ce n’est pas une plaisanterie. Plus de fantaisie ni de délire, une infection virale est une infection virale et elle doit rentrer dans les standards épidémiologiques de la modélisation d’une infection virale et de la pandémie qui en découle, que diable ! Réaliste ou pas, le virus zombie doit rentrer dans le rang et sa propagation, elle doit l’être !!!

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

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2 Commentaires

  1. Oh bientôt ça serras pas du film (humour) ^^

  2. Il y à tellement à dire après lecture de cet article, que je ferais aussi un article à moi tout seul. Alors je vais vais être concis.
    World war z, Max Brooks, perdu dans ses méandres littéraires, à vendu son âme au démoniaque Brad pitt sauveur de l’espece humaine.
    28 jours plus tard est à part mais est excellent par son intensité dans le scénario et jeu des acteurs.
    Le top du top coté réaliste reste selon moi une partie de l’œuvre de Romero, walking dead, l’armée des morts et the dead..
    Si tout comme moi , vous êtes friand de réalisme, vous conviendrez que l’on cherche toujours quelque chose d’irréprochable à se mettre sous la dent. C’est pour dire, si on est si peu servis. En attendant,
    le pire est à venir.
    ;-)

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