Les morts vivants traditionnel

Attention : Je ne suis pas l’auteur de cet article. L’auteur de cette article est Lestat. Il l’a rédigé le 02/01/2005 sur ce lien Krinein. Il est dans son état original et n’a pas été modifié.Je voulais vous faire profiter de ses articles qui sont vraiment exceptionnels et très enrichissants!

White Zombie

Il fallait bien un petit exposé sur le Vaudou pour aborder le vif du sujet. Car les premiers films de Morts Vivants s’intéressent précisément à ce type de culte, allant jusqu’à en reprendre méticuleusement les constantes.

Le premier Zombie-Movie de l’histoire reste sans doute White Zombie, réalisé en 1932 par Victor Halperin. Parfois appelé Fright Night ou encore Les Morts Vivants chez nous, White Zombie prend place à Haïti où une jeune femme se fait envoûter par un homme mystérieux (Bela Lugosi, au sommet de son art), afin de satisfaire un planteur, tombé éperdument amoureux. D’une approche très théâtral, White Zombie en impose toujours par son ambiance étrange, sa musique de choeurs africains et les audaces qu’il développe pour son époque. Nous sommes ici moins dans un pur film d’épouvante que dans un drame, avec ses personnages travaillés et son sujet fataliste. Dans un sens, le film renvoie aux prémices du film gothique tel qu’Universal l’a développé, avec ses créatures davantage pathétiques qu’effrayantes. Reste que White Zombie développe toujours une aura inquiétante, montrant des ouvriers zombifiés, oeuvrant mécaniquement dans une usine de sucre. Les Zombies d’Halperin sont lents, muets, totalement dévoués à leur créateur et maître dont ils remplissent les basses besognes. Nous sommes ici dans la grande tradition du Vaudou, où des hommes se retrouvent à l’état d’avilissement après avoir inhalé une mystérieuse poudre. A cela, le film rajoute d’autres éléments paranormaux, tels l’hypnose, mêlant ainsi deux cultures de la possession. White Zombie malgré quelques longueurs inhérentes à ses partis-pris reste toujours un film superbe et le chef de file d’un genre cinématographiquement en pleine naissance. Et ses rejetons ne se feront pas attendre.

De Vaudou et d’amours maudits, il en sera également question dans Ouanga (George Terwilliger, 1935), dans I Walked with a Zombie (aka Vaudou, Jacques Tourneur, 1943) ou encore dans Voodoo Man en 1944. Autant de films à la trame quasi-similaire, où le Mort Vivant prend sa source dans la profonde mythologie haïtienne. Depuis, le genre n’a cessé de faire des allez et venues entre la tradition et le modernisme. En parallèle des différents courants qui le traversa, il y a toujours un ou deux films qui mettent un point d’honneur à revenir aux racines. Comédie plutôt lourde, Zombie on Brodaway (1944) envoie deux énergumènes aux Caraïbes, à la recherche d’un véritable Zombie afin d’assurer la promo d’un Night Club. Des Caraïbes, historiquement un des principal foyer de la Macumba, il en est également question en 1979 dans l’Enfer des Zombies. Faisant fi du contexte urbain cher à Romero, Lucio Fulci exile ainsi ses morts vivants sur l’île de Matool. Durant les années 50, en pleine vague de ce que nous appellerons le “Zombie Spatial” (où la métamorphose est d’origine extraterrestre), propice à une petite montagne de films dont le terrible Plan 9 From Outer Space d’Ed Wood (1956), on revient aux sources avec Voodoo Island ou The Curse of Doll People. Plus proche de nous, Wes Craven réalise en 1988 ce qui deviendra son meilleur film et l’une des meilleures incursions dans le genre, à savoir l’Emprise des Ténèbres.

Dans tous ces films, il faut reconnaître que ce n’est pas le Mort Vivant la véritable menace de l’histoire, mais bien la folie des hommes. De Bela Lugosi, impérial en grand Maître vaudou, au fanatique policier de l’Emprise des Ténèbres, les Zombies prennent davantage un statut de victimes tragiques, endoctrinées contre leur gré par des têtes pensantes aux lourds projets. Or le Mort Vivant par définition se doit de représenter la peur ultime, celle de la mort qui marche, immortelle et inexorable. Une entité sans pensées, sans réflexions, sans âmes, une machine à tuer qui passe de l’un à l’autre, sans s’arrêter ni se fatiguer. La tuer représente un acte d’exorcisme face à ses propres peurs, s’affranchir physiquement de la Mort en la combattant. Pour que le Zombie devienne un monstre à part entière, réceptacle des cauchemars des spectateurs, il lui fallait sortir lui même de sa condition, devenir autonome, acquérir de nouvelles facultés. En cela, la mode du Zombie Spatial aura fait un pas en avant. Mais la grande révolution arrivera par Romero, avec l’apparition du Zombie cannibale.

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.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

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1 Commentaire

  1. excellent exposé

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