BD Culture Z Interviews Papiers — 23 mai 2014
L’interview déjantée de Nicolas Petrimaux, illustrateur de Néchronologies Tomes 1, Les misérables!!!!

Le spin off de Zombies d’Olivier Peru et Sophian Cholet, intitulé Néchronologies, Les Misérables va bientôt débarquer! Haut les cœurs! Il sera illustré par Nicolas Petrimaux, un gars plutôt sympa dont nous vous avions parlé. Il a accepté de se prêter au jeu des interviews déjantées, cette aventure fait suite à celle où j’avais été sauvée par Olivier et Sophian, nous vous livrons le fruit de notre délire putréfié! N’joy!

Après avoir laissé Olivier et Sophian dériver en mer, j’avais retrouvé la terre ferme et continué ma route. Voler une voiture et siphonner de l’essence étant mon sport préféré, je traçais la route depuis un moment quand j’aperçus un homme grand, brun , les cheveux longs, qui lève les bras dans ma direction. Comme je n’ai rien contre un peu de compagnie, je ralentis et me stoppe à sa hauteur, le flingue calé entre les jambes.

July- Alors, on est perdu ? Y’a une horde qui s’avance par ici, vaut mieux pas traîner….

Nicolas- C’est bien aimable à vous. Dieu vous le rendra.

July- Dieu est mort, mec! Installe toi confortablement. Tu veux une sèche ? Par contre je te préviens, pas de gestes brusques ou de plans tordus sinon tu risques d’avoir une discussion peu amicale avec mon ami Smith & Wesson….T’es qui ? Tu viens d’où ?

Nicolas- Hein? Ton ami Will Smith et qui? Mais vous avez de l’eau dans l’crâne ma parole, nous ne sommes que deux dans cette voiture enfin! bref …
Moi c’est Nico. Mais comme des Nicos, on en a tous eu 3 ou 4 (voir 5 des fois) dans son répertoire téléphonique, les gens de Soleil ont eu la bonne idée de marquer mon nom de famille sur la couv de ma première BD «Zombies Nechronologies tome 1». Incroyable n’est ce pas! «Nico Petrimaux» qu’ça donne. AAaahhh… J’entends encore la voix délicate de mon scénariste me glisser des mots doux en m’appelant «Nico Petrimaux». Paix à son âme.
Alors sinon, moi je viens de là-bas, de derrière la ferme. Un endroit magnifique qu’on appelle la Normandie. Mais quand tout ce merdier a commencé, j’étais en train de boire un verre d’eau à Lyon.

July- Moi c’est July, enchantée, enfin…..Avant j’étais chroniqueuse sur un site spécialisé zombie…Si c’est pas de l’ironie ça ! Et tu bossais dans quelle branche ?

Nicolas- Ben à l’époque j’essayais de faire de la bande dessinée, comme bon nombre de mes copains. Pas facile de vendre ses histoires ! En parallèle je travaillais avec des développeurs de jeux à différent niveaux. Pour certains je réalisais des vidéos, des interviews, des making-of, des trailers, et pour d’autres du concept design ou du storyboard. Parfois, l’hiver, je donnais des cours sur Paris. Aussi, je mangeais énormément de sushi en bas de chez moi. Mais ça hélas… ça ne me rapportait pas trop d’argent. ça m’en enlevait même…

July- Et déjà à l’époque tu parlais trop, je me trompe…..Tu bossais sur la série Zombies d’Olivier Peru ? Ma parole , toute sa Team a survécu ! Sophian et lui m’ont sauvée la mise y’a pas si longtemps,
je leur dois une fière chandelle ! Et comment as-tu été intronisé dans la bande ?

Nicolas-Alors Sophian je sais pas, mais t’as pas pu voir le vrai Olivier Peru, ça c’est pas possible vu que je me souviens bien l’avoir achevé à coups de pelle dans les toilettes publiques Rue Oberkampf. Je crois qu’il voulait me refaire dessiner une case avec des zombies. Mais j’étais moyen chaud.

July- Il est bien en vie, et toi t’as pas intérêt à le croiser….

Nicolas- Au début par contre, c’était différent ! Je connaissais bien la série, je me souviens d’un jour où Sophian avait posté une annonce sur facebook, pour trouver un dessinateur potentiel. Dans ma tête je m’étais dit «haha… bonne chance à celui qui se lancera là-dedans». Je crois bien que le soir même, Olivier m’avait appelé pour savoir si j’étais partant pour faire un essai d’une page sur une nouvelle série autour de l’univers déjà mis en place sur Zombies. J’avoue avoir été surpris par sa proposition, car mon style de narration était plutôt orienté «comics». Mais après quelques échanges de mails avec Jean-Luc Istin (le directeur de la collection) et Sophian, j’étais prêt pour relever le défis!

July-  Et c’était un bien beau défi! De toi à moi, le spin off c’est juste un one-shot ou y’a matière à aller plus loin ?P’tain, je suis dégoutée de pas l’avoir lu avant la fin de tout….

Nicolas- De moi à toi, et VRAIMENT parce que tu es une parfaite inconnue, et que je peux te faire 100% confiance, et que je sais que personne ne nous lit actuellement, ben… j’vais te dire…
j’vais même être honnête J’en sais rien. Olivier serait plus apte à bien répondre à ça. Je pense qu’il sait exactement où il veut aller, c’est d’ailleurs une grande qualité chez lui! Il a son plan de conquête du monde en tête, il sait exactement quand dévoiler certaines choses et quand faire planer le mystère. Là pour les spin off, je pense pas qu’il spoile quoi que ce soit ou qu’il gâche la lecture du 1er cycle. J’aime me dire que certains des personnages que j’ai développé avec lui seront amenés à rencontrer les personnages des prochains albums de Sophian. Après le concept des spin off, c’est justement de faire un truc unique à chaque album. Je vois mal un Spin off du spin off, ou une suite du spin off en cycle de 3 tomes avec des interventions occasionnels des Avengers et Batman. Mais… qui sais…

July- Sur Néchronologie, tu as eu des scènes que tu as préféré dessiner ? ou certaines étaient vraiment prises de tête ?

Nicolas- J’ai vraiment adoré dessiner les scènes où les personnages discutent en contre jour dans l’hôtel à Genève. La scène du pont au milieu de l’album était assez intense. Tout comme la séquence de fin. On va dire que dès le moment où je lisais dans le scénario d’Olivier «… une meute de zombies blablabla…», ma tête faisait un salto sur elle même. En même temps, Je vois mal le premier tome de zombies Néchronologies sans zombies. Ridley Scott à bien réussi à nous faire un film sur un passager clandestin que l’on ne voit finalement que très peu… Que nous réserve monsieur Peru pour la suite ! ;)
Je dois avouer que le changement d’ambiance entre Doggybags et Zombies à été un peu radical. Je passais d’une île déserte avec 3 rescapés à des villes ravagées, des foules, des zombies qui cavalent et des salles de réunions remplies de militaires :)


July- Ha si on t’avait dit à l’époque que les zomblards gagneraient le partie…En plus on a pas de bol, dans certains films ils parlent, réfléchissent, on aurait peut-être eu une chance…T’aurais aimé avoir à faire à quel type de zombie si tu avais eu le choix ?

Nicolas- Des zombies mignons, qui ne mangeraient que leurs propres membres.

July- C’est ça, on peut toujours rêver! Je me rappelle avoir vu mon premier zombie à 5 ans dans le clip Thriller de Jackson. Toi c’était comment ta première rencontre avec le
monstre ?

Nicolas- Oula ! Je dois reconnecter mes neurones un instant. Je crois que j’aurais du mal à te répondre. Cela vient du fait que le concept «zombie» n’a sans doute pas éveillé chez moi un intérêt énorme lorsque je l’ai assimilé. Je ne peux pas être passé à côté des clips de Jackson, j’ai sans doute vu des bandes annonces, des pubs, des illustrations en rapport avec l’univers… mais je me souviens être vraiment rentré dans le délire avec les Resident Evil, ou lorsque j’ai vu Evil Dead, ou Dawn of the dead (de Snyder).

July- Et ton niveau de connaissance sur le sujet, c’était genre zéro ou t’étais mordu…pardon blague pas drôle….

Nicolas- Mordu ! Ahah oui! Très bon ça ! J’aime l’humour.

Mes connaissances sur le sujet sont assez basiques. Je ne suis pas LE super fan qui connait tout sur tout aux Zombies, mais j’aime assez le genre pour avoir accepté l’aventure du one-shot. Le truc amusant c’est qu’en 2005, je voulais tourner un court métrage avec des potes. Il nous fallait un sujet rigolo qui se prête bien à nos moyens, et l’idée des zombies avait été posée sur la table. Du coup j’ai dis OK, et 2 ans plus tard, j’achevais «ALLO ZOMBIES». Ce qui n’était au début qu’une envie de faire un petit film marrant entre potes est devenu pour moi un vrai défi à relever. Faire comme à Hollywood, mais avec les moyens du bord : une caméra dv, des spots de jardin et une planche à roulette. Est ce que j’ai réussi ? Non ! Certainement pas, mais ça m’a appris tellement de choses…
Tout ça pour dire que les Zombies semblent venir naturellement vers moi sans que je les sollicite plus que ça.

Quoi? pourquoi tu me regardes comme ça? Tu vas pas me laisser sur le bord de la route? Si?

July- Je commence sérieusement à me poser la question, mais bon on est pas des bêtes…..Et puis t’as pas l’air très apte à te défendre alors….T’as une arme au moins? Je te préviens je te prête pas mon katana, j’ai galéré pour l’avoir et c’est mon meilleur ami!

Nicolas- Moi j’ai attaché une tondeuse à ma pelle. Ça demande une certaine organisation, tant bien dans la façon de manier l’engin, que dans le fait de se déplacer avec. Je l’ai appelé Bridou. En hommage à Didier Gustin.

July- Pffff, et ben on est pas sortie de l’auberge! Si j’avais eu un peu de talent pour faire de la BD, j’aurais adoré bosser avec Powell ou Maudoux…ou encore Run…Toi, ça aurait été qui ?

Nicolas- Je crois comme beaucoup beaucoup d’artistes, que le contact avec Maestro Jean Giraud aurait provoqué chez moi une certaine euphorie. Je suis tellement admiratif de son travail… mais c’est aussi l’attitude générale du personnage qui me fascinait.


Pour aller plus loin, et pour répondre à ta question, je pense qu’au delà de ce qu’on aime voir chez certains artistes, c’est aussi et surtout le contact humain qu’on peut avoir avec eux qui me motive à envisager une collaboration. Oliv ne s’est pas présenté à moi avec un projet sous le bras. Le hasard a fait que nous nous sommes d’abord rencontrés, puis appréciés. Nous sommes devenus amis, on se tenait régulièrement au courant de nos divers plans boulots / projets, puis l’opportunité des Zombies a pointé son nez. En soi, ce n’est pas non plus une règle chez moi «devenons potes et bossons ensemble ensuite», j’ai d’ailleurs rencontré El diablo via Ankama pour dessiner son histoire dans Doggybags, et c’était un vrai plaisir de collaborer avec lui.
Aujourd’hui je vais essayer de proposer des projets qui m’impliquent à la fois dans le dessin mais aussi dans l’écriture. Cela ne m’empêche pas d’imaginer l’avenir, et de penser que j’aurais peut être l’honneur un jour de travailler avec des personnes comme Xavier Dorison, ou Wilfrid Lupano, deux auteurs dont j’aime particulièrement le travail.

July- Connait pas. Ce qui me manque le plus, c’est le cinéma. J’étais fan de cinéma. On y trouvait tout…l’écriture, la photo, le dessin, la musique. T’étais plutôt quoi quand la culture existait encore ?

Nicolas- Écoute, j’ai gardé dans mon sac un vieux magnétoscope ! Il marche encore. Le seul problème c’est que je n’ai qu’une cassette, c’est le spectacle de Laurent Géra. Et il est nul. Si j’avais eu le temps j’aurais pris l’intégrale des films de Tony Scott, Dobermann, et quelques Michael Mann. Ah oui si… la trilogie des «Retour vers le Futur» évidemment. Mais…… ben j’ai pas eu l’temps.
Monde de merde.

July- Comme tu dis, Mec! Hell Yeah! En tout cas, dommage que le monde n’ait pas eu le temps de te découvrir plus avant de s’éteindre. Tu avais beaucoup de projets ?

Nicolas- PLEIN. Des projets, on va pas se mentir, j’avais que ça !! Cette satané épidémie a privé le monde entier de mes histoires! Ça c’est moche ! Quelle grande tristesse… Il y avait pourtant du matos. Bahhh, tant pis. Si quelqu’un trouve une solution, à ce foutoir, j’irai récupérer mes scripts enterrés au pied d’un cactus sur la route 66.

July- Bon ta compagnie est très agréable mais je vais pas te balader comme ça Ad Vitam. Ça te va si je te dépose dans un petit bled pas loin que je connais ? Des gens sympas tu verras ! Moi je dois repartir en mission de ravitaillement….Bon vent ! Et merci pour la conversation, ça fait du bien de parler à quelqu’un de vivant !

Nicolas- C’est bien gentil à toi de me laisser là ! J’vais juste devoir rentrer à pied du coup.

Moi qui pensais qu’on allait vivre un road trip de malade, zigouiller du zombie avec Bridou la tronçopelle, tel Hercule Poirot et Miss Marple!! Mais je comprends, tu as tes priorités. Laisse moi ici, je vais noyer mon chagrin dans un bassine d’hémoglobine.
Adios Moustache Gracias.

July- Adios Compadre!

Merci à Nicolas pour sa gentillesse, son humour et ses magnifiques dessins!

 

 

 

Auteur

july

Mère de famille nombreuse, experte en technique de combat de rues, maniement du sabre et vannes pourries, se dressant contre la futur menace zombie....parce que sans déconner ça finira bien par nous tomber dessus...hein?!

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