Culture Z Interviews Livres — 28 mai 2014
L’interview exclusive de Denis Labbé, auteur de la série Les Errants

Denis Labbé est né le 4 mai 1965 à Lunéville (54) entre Vosges et Alsace, mais s’avoue Nordiste d’adoption depuis plus de vingt ans, tout en ayant conservé cet amour du fantastique propre à ses forêts natales. Docteur ès Lettres, il est professeur de lettres modernes dans un lycée à Jessé-de-Forest à Avesnes-sur-Helpe depuis 1999. Écrivain, poète, traducteur et critique, il a publié plus d’une quarantaine de nouvelles (en France, en Belgique, au Québec et en Espagne), plusieurs d’entre elles sont parues dans des anthologies telles De sang et d’encre (Naturellement), Ainsi soit l’ange (Oxymore), Identités (éd. Glyphe), mais également dans des revues aussi différentes que Phénix, Rétroviseur, Poésie Première, Hauteurs, Faeries ou encore Elegy, quatre recueils de poèmes : Traces (concours le courrier de l’Orénoque, 7 poèmes publiés, 1994), Au pas des oiseaux (Editinter 1998), Entrevoix (Editinter 2001), Entretoises (éd. Froissart, 2001), un roman jeunesse Le Pavillon Maudit (éd. Syros), et un roman biographique Promenades avec Claude Seignolle (éd. ODS). Comme critique, il est l’auteur de plus d’une centaine d’articles, co-auteur de onze essais dont Le Fantastique (éd. Ellipse) ou encore Harry Potter à l’école des sorciers (éd. Ellipse), Shining de Stephen King, le Seigneur des Anneaux, Da Vinci Code, et travaille sur une encyclopédie du fantastique toujours chez Ellipse. On lui doit aussi des traductions de Brian Lumley (Necroscope, Vamphyri), Graham Masterton, Kim Newman, et Poppy Z. Brite. Son premier recueil de nouvelles, Marelle d’ombres, est sorti en 2010 chez ARGEMMIOS.  Puis ce fut Miroirs d’Ambre en 2012 chez LOKOMODO, avec le premier tome de sa série SF La Geste de Wolveric : Les Ombres de Nemain chez MIDGARD. Suivit en 2013 le tome 2 de La Geste de Wolveric : Les larmes de Llyr et le tome 1 de notre fameuse trilogie les Errants.

Grâce à la gentillesse et à la disponibilité de Denis, voici une interview qu’il vient de nous accorder pour vous afin de répondre à quelques une de nos interrogations concernant cette trilogie zombie intrigante :

- Denis, vous disiez que cette série avait été adaptée d’une série originellement pour adultes. Ce travail de départ verra-t-il le jour ou l’avez-vous définitivement adaptée à l’adolescence ?
 
- J’ai déjà écrit deux tomes de la version adulte qui devait paraître chez l’un de mes anciens éditeurs avec lequel j’ai eu quelques mots… Pour l’instant, la série est en lecture chez d’autres éditeurs et j’ai bon espoir de la voir paraître un de ces jours. La version est assez différente car l’ambiance est plus sombre et les références à l’Histoire plus nombreuses.
 
- Votre choix d’adaptation à de jeunes adultes est-il seulement dû au fait que Cécile Guillot, du Chat noir, cherchait des romans dans ce registre ou cache-t-il d’autres motivations ?
 
- Je ne sais pas. Un peu des deux, sans doute. J’avais déjà commis un livre jeunesse, Le Pavillon maudit, et je ne pensais pas vraiment m’y remettre. Cependant, beaucoup de mes nouvelles mettent déjà en scène des adolescents et des enfants, et ce n’est donc pas un hasard de les voir investir mes romans.
 
- La fréquentation, en tant qu’enseignant, de ces jeunes adultes, vous a-t-elle conforté dans ce choix ?
 
- J’allais justement en parler. En tant qu’enseignant de lycée, je suis confronté tous les jours et ce depuis une quinzaine d’années à des jeunes de cet âge. Il est évident que cela ne peut que m’influencer. Le comportement de certains, leurs expressions, les relations qu’ils entretiennent avec les autres adolescents ou avec les adultes, leur manière d’appréhender le monde ou l’avenir, tout cela m’influence. Je ne cache pas d’ailleurs avoir puisé parmi certains de mes élèves et anciens élèves une bonne partie de mes personnages. Comme parmi mes collègues également dans les parties qui mettent en scène des enseignants. C’est assez jouissif de pouvoir faire cela et d’avoir, ensuite, des retombées de la part de ceux qui ont retrouvé leur avatar dans mon roman. Mes personnages sont rapidement apparus et notamment, Marion, la narratrice, ainsi que Jean-Mich’, Nelly ou encore Thibaut.
 
- Pensez-vous que dans une situation apocalyptique de quelque nature que ce soit, les adolescents seraient moins enclins que les adultes à un individualisme forcené, moins susceptibles de retrouver un instinct primitif de pure survie qui les pousserait à s’entretuer pour de la nourriture ?
 
- Sans doute que oui, parce qu’ils ont l’habitude de vivre en bande, en groupe, voire en communauté, obéissant à des règles qu’ils sont parfois seuls à connaître. Je ne dis pas qu’ils pourraient mieux s’en sortir, que les individualités ne feraient pas surface, mais je pense qu’ils trouveraient assez rapidement des moyens de s’organiser, de mettre en place un chef, même de manière implicite. Quant à savoir s’ils pourraient mieux échapper à l’enfer, je ne crois pas pouvoir l’affirmer, tout simplement parce que cela dépendrait de leurs capacités, de leurs apprentissages et de leur volonté de survivre. 
 
- Seraient-ils plus que les adultes capables d’une solidarité qui ferait leur force ? Et si oui, pourquoi ?
 
- De ce que je vois des adolescents que je côtoie, ils n’ont pas tous la solidarité chevillée au corps. Néanmoins, dans un groupe, entre amis, voire même en classe, cela ne les dérange pas de se passer une bouteille d’eau, de prêter de l’argent à l’un ou à l’autre, de partager un paquet de biscuits ou de bonbons. Je ne perçois pas cela chez mes collègues. Partager un café, c’est acheter chacun le sien. Aller au restaurant conduit à des comptes d’apothicaire. Je ne dis pas que le monde des adolescents est merveilleux, ce ne sont pas des Bisounours, mais en période de crise, une solidarité pourrait s’installer assez rapidement. Malheureusement, dans le temps, il n’est pas certain que tout cela ne s’effondre pas. Dès que des tensions apparaissent dans un groupe d’adolescents, les réponses sont assez violentes et les explosions fréquentes. Est-ce que c’est susceptible d’aider des rescapés à survivre longtemps dans un monde apocalyptique ? Je ne pense pas.
 
- Le tome 2 se tiendra-t-il en milieu urbain puisque vous aviez annoncé que cela arriverait ?
 
- Totalement, à part les deux premiers chapitres. Les adolescents rescapés arrivent enfin à Lunéville, là d’où sont partis les bus et là où habitent certains d’entre eux. Cet environnement va les changer de ce qu’ils ont pu vivre auparavant.
 
- Pour des adolescents, ce milieu sera sans doute plus facile pour survivre mais sera-t-il également plus dangereux ?
 
- Plus facile ? Absolument pas. Autant, dans la campagne, il est facile d’échapper aux Errants, autant dans un environnement urbain, ils peuvent se dissimuler, tendre des embuscades, coincer leurs proies dans des cul-de-sac ou leur tomber dessus par hasard. En même temps, il semble plus aisé de trouver de la nourriture, surtout quelques semaines après le début de l’épidémie et surtout s’il reste des rescapés en ville ou que celle-ci n’a pas été atteinte. Mon univers est un peu différent de ce que l’on peut voir dans les premiers épisodes de Walking Dead ou dans les films de Romero comme Zombie ou Land of the Dead. Le lieu de l’action est une petite ville française, touchée par la crise, qui semble survivre sur les vestiges de son glorieux passé. On n’y trouve pas d’armes à tous les coins de rue et la dernière garnison présente ne peut avoir qu’un impact bien mince face à ce qui peut arriver.

Merci à vous, Denis, pour ce moment privilégié et merci aussi de nous avoir dévoilé que la série pour adulte sortirait probablement sous peu sous le titre “Les marcheurs”, ce qui enchante notre communauté zombiesworldienne.

Promis, je guette à la fois le tome 2 des Errants et le tome 1 des marcheurs…

En attendant, vous aurez la chronique du tome 1 bientôt et pour les fans, Denis sort ce mois-ci Interstices, aux Editions Elenya…

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

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