Consoles / PC Jeux Jeux-Vidéos — 29 juin 2012
Lone Survivor : le test

Nouvelle création du talentueux et indé Jasper Byrne, Lone Survivor est à l’honneur dans le tout dernier Humble Indie Bundle (regroupant notamment  les cultissimes Bred, Limbo, Amnesia, Bastion ou encore Super Meat Boy). Voilà une bonne occasion de rappeler qu’il n’y a pas besoin de beaucoup de moyen pour se faire plaisir et frissonner sur ordinateur. 

Plateforme : PC/MAC
Éditeur/Développeur : SuperflatGame
Type : Survival-horror (puisqu’on vous dit que le genre n’est pas mort !)
   

Depuis quelques temps, l’univers du jeu indépendant gagne de plus en plus d’adeptes.
Plusieurs raisons sont facilement identifiables. La première résultant du prix abusif de certains jeux sur console “next-gen”, la seconde étant en relation directe avec la première : le joueur-acheteur en a plus qu’assez de débourser entre 50 et 70 euros pour un contenu ne lui résistant pas plus d’une dizaine d’heures, parfois moins.

Une autre raison encore, l’incroyable succès médiatique et critique du monumental Minecraft créé (presque) de toute pièce par Marcus Person alias Notch. Face à cette immense pub pour la scène indépendante qui existe pourtant depuis les débuts du jeux vidéo, les éditeurs classiques n’ont pas tardé à financer eux-mêmes des projets soit-disant “indépendants”. Cette exposition permet donc aux joueurs les moins obtus de tester de petites créations qui se révèlent parfois de grands jeux.
Il faut néanmoins souvent passer outre des graphismes d’un autre âge, les petits studios n’ayant pas les moyens de financer un unreal engine ou un moteur Frostbyte.
Là survient une nouvelle donnée : le très à la mode Retro Gaming ! Réconciliant les joueurs avec la 2D et les graphismes 16 bits, cette mode permet au grand public de s’immerger dans l’univers du jeu indépendant qui est souvent un hommage aux anciennes grandes productions de notre jeunesse.
C’est là qu’intervient Lone Survivor.

 

La chambre permet de sauvegarder votre partie.

 

Sorti le 27 mars 2007, Lone Survivor renoue avec cette tradition du jeu sortant de l’esprit et des mains d’une seule personne. À l’image de Notch, Alexey Pazhitnov (le papa de Tetris) ou encore le très médiatique Michel Ancel (Rayman), Jasper Byrne a donné naissance seul à ce petit bijou horrifique. Si l’on voit rapidement la ficelle commerciale du “Je l’ai fait tout seul !”, il n’empêche que le titre force le respect, nous verrons en quoi par la suite.

Lone Survivor a donc débarqué cette année sur PC et un peu plus tard sur MAC. À cette occasion il s’est vu inclus dans le “Humble Indie Bundle V” (bien connu des fans de jeux indépendants puisque c’est à l’acheteur de choisir combien il souhaite payer ce pack de jeu, la limite étant 1 dollar minimum. Cette belle alternative au piratage permet d’engranger des bénéfices reversés à diverses associations.) C’est à cette occasion que votre humble (jeu de mot !) serviteur s’est collé au test de ce jeu.
Avant de nous atteler à ce test, rappelons que Lone Survivor n’est pas un concept sorti de nulle part. Comme nous l’avons dit plus haut, il fait partie de cette catégorie de jeux indépendants qui souhaitent rendre hommage aux jeux d’antan… Ainsi, Jasper Byrne nous livre une réécriture de Silent Hill 2… en 2D et en pixel art!

 

L'homme à la boite... ami ou ennemi ?

 

Le jeu débute par une petite séquence d’introduction que nous ne commenterons pas (spoil, menaces de mort… vous connaissez la chanson). Une fois la première partie lancée, le jeu à proprement parler débute par un plan fixe. Nous distinguons un jeune homme, le regard perdu, un masque médical sur la bouche. Il sera notre avatar, son nom ? Cela n’a plus d’importance… L’apocalypse est déjà là, il ne reste plus qu’à survivre, se nourrir et tenter de trouver d’autres survivants. Bref, tout est fait pour que le personnage ne soit pas identifiable. Le ton est donné, il n’est pas un héros ! Après cette petite introduction, nous pénétrons dans une étrange pièce obscure. Au fond se tient un homme avec un grand carton sur la tête…Peu importe, nous nous dirigeons vers le thermos de café, poussé par une soif inexplicable. Tout se brouille, nos yeux ne distinguent plus rien, des flash lumineux accompagnés de bruits immondes, puis… le noir, le noir total. Peu à peu l’obscurité se dissipe, face à nous une créature, sans peau, désarticulée… elle vient… elle arrive… elle veut vous dévorer !
Ce qui frappe tout de suite, c’est cet aspect 16 bits (Super Nintendo). Loin d’être une concession technique, les animations sont extrêmement bien rendues. Le personnage principal a de nombreux petits mouvements qui lui permettent d’être très communicatif visuellement, même si l’on ne distingue pas son visage (mention spécial pour le haussement d’épaules). Visuellement accrocheur, le monde est rempli de petites trouvailles, et presque tous les objets permettent une interaction ou un commentaire. Les teintes sont sombres, angoissantes, mais toujours lisibles (néanmoins le gamma nécessite d’être poussé un peu, ce qui est prévu par le jeu. Les écrans rétina apprécieront!). Cette atmosphère est accompagnée d’une brillante bande son qui s’adapte constamment à votre situation. Musique lancinante, amusante, discrète ou crachant des décibels, Lone Survivor exploite constamment sa bande-son pour vous surprendre. Les bruitages sont aussi de qualité. Les armes ont un rendu sonore très correct, tout comme l’ensemble des actions. Signalons que les dialogues sont muets ; il convenait donc d’occuper l’espace sonore. Certains bruitages ont attiré notre attention : les larsens de la radio, les bruitages de l’inventaire et des monstres, tous proviennent purement et simplement de Silent Hill 2 ! Mais l’hommage ne s’arrête pas là.

L'inventaire est pratique et intuitif.

 

C’est ouvertement que Lone Survivor s’inspire donc de Silent Hill, du temps où il s’agissait d’une grande saga horrifique. Tout d’abord, le jeu alterne des phases de recherche, à travers de longs couloirs aux portes très souvent fermées (souvenez-vous du fameux “cette porte est coincée”) et des phases où il faudra contourner, parfois affronter, ces monstres avides de chair fraiche. Pour vous aider dans cette tache, vous aurez pour vous épauler une lampe torche, une petite radio de poche qui grésille lorsque les monstres sont à portée, des morceaux de viande rouge pour détourner leur attention et bien sûr quelques armes. Tout ces éléments sont évidemment repris de Silent Hill. Mais ce n’est pas tout. Votre personnage oscillera entre réalité et folie, ses cauchemars prenants régulièrement le dessus sur lui. S’en suivent des scènes très réussies avec “l’homme à la boite en carton sur la tête”. Il faut donc braver le danger pour trouver de la nourriture, économiser ses piles de lampes (un épuisement de lumière revient à vous laisser sombrer dans la folie… et croyez moi, vous ne voulez PAS ça!) et bien évidemment ses munitions. Autant vous le dire tout de suite : la tâche est ardue ! Il y a d’autres clins d’œil à la saga de Konami, notamment ce moment où vous sortez de l’appartement par une étrange faille dans votre mur (comme dans Silent Hill : The Room) ou les miroirs permettant de se téléporter.

Pour ce qui est des commandes, elles sont assez intuitives. La touche “x” sera la principale touche d’action et les flèches permettent de se mouvoir. Si le gameplay parait simpliste, de nombreuses petites trouvailles permettent de l’approfondir (plusieurs niveaux dans la 2D permettent de longer les murs, objets à combiner etc). Il vous faudra exploiter avec minutie toutes ces capacités afin de ne pas mourir de faim et pouvoir passer le plus de temps en vie. Et bien sur il faudra résoudre des énigmes pour comprendre le fin mot de cette histoire…

Dites : "Cheeeese" !

En bref 

Très bonne trouvaille que ce Lone Survivor ! Angoissant, prenant, un scénario bien ficelé, des animations au top, une bande sonore somptueuse… Décidément nous ne voyons pas comment vous le déconseiller. Soyons honnête, deux défauts subsistent néanmoins : le premier n’en n’est (presque) pas un : la difficulté du jeu qui parfois vous fera quitter votre partie et vous éloignera du soft un bon moment (rage quit : ON). Mais c’est là l’intention du concepteur voulant nous rappeler au bon souvenir de la difficulté des anciens jeux, ce doux temps où le soleil était plus doux, l’herbe plus verte et où l’on balançait sa manette contre le mur… Décidément, c’était mieux avant !). Le second point négatif est l’absence d’une traduction française. Un bon niveau est requis car si le jeu en lui même est assez accessible, le scénario promet quelques petites subtilités qui pourrons rapidement vous échapper, ce qui est dommage vu le gros travail scénaristique. Mais avec un peu de courage et un dictionnaire en ligne à disposition, ce jeu vous procurera des heures d’un angoissant plaisir (a jouer la nuit avec un casque sur les oreilles !).

Sans hésiter, le coup de cœur du moment!

note7

N’hésitez pas, pour retrouver ce jeu et les autres à aller faire un tour sur le site de l’éditeur indépendant Humble Indie Bundle !

 

Auteur

Baltorg

Chroniqueur Jeux vidéo

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1 Commentaire

  1. J’ai fait l’acquisition du jeu avant qu’il soit avec l’humble Bundle V .Je ne regrette en rien d’y avoir mis 10€ dedans =)

    C’est une merveille du monde Indé et je le conseille à tout fan de Survival .Est-il fou ? Es-ce la réalité ? Il faudra le finir pour le savoir .De plus ,à ce que j’ai lue , il possède plusieurs fins disponible donc niveau rejouabilité ,y a de quoi faire !

    Je crois même qu’il a fait un “remake ” de Silent Hill 2 gratuit .Je me trompe peut-étre mais c’est pas mal à voir :top: !

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