Actu Survie Culture Z News Survie — 15 septembre 2013
L’origine du zombie, virus ou parasite, un étudiant en biologie s’interroge…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Et quand les étudiants en biologie commencent à s’interroger, ça dérape… surtout quand ils sont amateurs de films d’horreur…

ver (Schistocephalus solidus)+ poisson ( Gasterosteus aculeatus) = poisson zombie !

Dans les laboratoires de l’Institut de biologie intégrative et des systèmes (IBIS), François Olivier Hébert amorce un projet transdisciplinaire novateur. Faisant appel aux dernières avancées de la biologie moléculaire, de la biochimie et de la génomique, entre autres, il étudie comment certains parasites arrivent à manipuler leur hôte.

«Ce que j’essaye de comprendre, c’est comment le changement de comportement est modulé par l’activité biochimique et métabolique du parasite. En d’autres mots, comment le parasite fait pour contourner les défenses de son hôte et changer sa personnalité grâce aux molécules qu’il exprime», explique-t-il.

Pas d’inquiétude, il ne s’agit pas d’une bête capable de prendre le contrôle d’un humain! À l’étude simplement (en tout cas pour l’instant) la relation entre un petit ver plat qui s’apparente au ver solitaire, le Schistocephalus solidus et un poisson victime de son appétit, l’épinoche à trois épines ou Gasterosteus aculeatus.

Le ver ressemble au départ à une minuscule pelote couverte de cils. Avalé tout rond par un crustacé appelé copépode, il s’en sert pour attirer sa proie: un poisson : l’épinoche à trois épines qui avale le crustacé. Tel est pris qui croyait prendre. En quelques heures à peine, le ver traverse la paroi intestinale de son hôte. Son abdomen fera un parfait incubateur. Là, le parasite poursuit tranquillement sa métamorphose, s’abreuvant à même les vaisseaux sanguins de sa victime. Il croît de façon exponentielle. Dans des cas exceptionnels, il pourrait même atteindre un poids supérieur à celui de son hôte.

«Ce parasite est une version presque intime du vampire, décrit François Olivier Hébert avec fascination. Il plante ses crochets dans la paroi intestinale pour se goinfrer du sang qui vient d’être enrichi en éléments nutritifs… Comme quoi les idées du cinéma ne viennent pas de si loin!»

Petit à petit, l’épinoche semble envahie d’une étrange torpeur. Elle devient de moins en moins énergique et vigilante. Elle semble ne plus vraiment savoir ce qu’elle fait. Comme une vraie morte-vivante, elle change d’allure. Les pigments de sa peau se détériorent. Sa robe vert argenté, olive ou verdâtre ou encore la couleur nuptiale rougeoyante  perd de son éclat. Son abdomen se distend à mesure qu’augmente la masse parasitaire.

De l’intérieur, ce n’est guère plus réjouissant. Une seule épinoche infectée peut héberger des dizaines voire des centaines de parasites ! On peut imaginer les dégâts. Déplacement des viscères, constriction de l’estomac… Le cœur et le foie sont parfois même arrachés aux tissus qui les maintenaient en place.

L’épinoche en vient à se déplacer lentement, avec peine. «Ça rappelle l’idée du zombie véhiculée par le cinéma hollywoodien autour de 1970: une infection profonde et viscérale qui change la personnalité de l’hôte, dont les comportements deviennent machinaux et mécaniques, sans rapport à leur utilité immédiate», déclare l’étudiant-chercheur aussi amateur de films d’horreur.

D’abord, les épinoches infectées échappent moins facilement aux prédateurs. Plus téméraires, elles quittent la sécurité apparente du banc de poissons pour aller s’alimenter ailleurs. Lorsqu’un prédateur les attaque, elles le fuient plus lentement, s’éloignent moins et se cachent moins bien. Ensuite, elles modifient leurs migrations journalières: elles se tiennent davantage à proximité de la surface durant le jour, ce qui augmente leur visibilité. «Les poissons lourdement infectés en viennent à errer en surface de l’eau en tournant en rond sans trop savoir pourquoi.» Et, comme pour couronner le tout, ils semblent préférer les eaux qui sont à une température optimale pour la croissance du parasite.

«Ils sont encore des poissons, mais complètement dénaturés: ils nagent sans but précis, ils ne se reproduisent plus, ils perdent la plupart de leurs fonctions physiologiques normales, bref, ils deviennent une enveloppe corporelle asservie aux besoins du parasite», résume François Oliver Hébert.

Une fois zombifiée, l’épinoche finit souvent dans le bec d’un oiseau piscivore. Le parasite a alors atteint une taille suffisante pour passer à la phase finale de son cycle de vie. Il s’est reproduit (avec un autre ver ou avec lui-même), il a pondu ses œufs et il est mort. Les œufs se dispersent dans la nature par les fientes de l’oiseau.

François Olivier Hébert tente de comprendre par quels moyens le parasite manipule le système endocrinien de son hôte, et ultimement son cerveau. Il compte injecter à des individus sains du sang d’épinoches infectées afin de documenter les effets que cela pourrait avoir sur leurs comportements.
«Ce projet permettra d’identifier certains mécanismes de manipulation du comportement par un parasite non cérébral chez les vertébrés, ce qui n’a encore jamais été réalisé, conclut le jeune chercheur»

Et nous qui pensions que si infection il devait y avoir, ce serait viral, voilà qu’on nous dit que ça pourrait être parasitaire !  Mince c’est plus du tout pareil, c’est encore pire, va falloir adapter nos guides de survie, plus de contamination aérienne mais par ingestion ou baignade (et oui ces petites choses peuvent entrer par ou vous pensez!). Donc pour survivre, ne plus manger et ne plus boire, ne plus se laver, on mourra de faim et de soif dans une puanteur atroce mais au moins, on ne sera pas zombifié !

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

Articles relatifs

11 Commentaires

  1. Qui veut manger un bon plat de poissons ?

  2. Ça risque d’être pas pratique si on doit faire attention à ce qu’on boit!

  3. J’AVAIS RAISON YOUHOOOOOUUUUUUUUU

    C’est pas le seul exemple. Y’a aussi la petite douve du foie qui prend le contrôle des fourmis et les poussent à se suicider en se faisant bouffer par des moutons. En fait, y’a beaucoup de parasites qui sont fichus d’influencer sur le comportement de leur hôte. On injecte un peu de cellules photovoltaïques de frelons orientaux là dedans, et on a un virus zombie fonctionnel.

    Superbe article!

  4. Faut pas oublier certains champignons :D

    • Yeah! Énorme the last of us!

    • Yeah! Énorme the last of us!

      • Ha ouai pas mal nath je n’avais même pas remarquer la jolie pirouette des crocs bien vu à vous deux

  5. Interessant

  6. Voici une nouvelle démonstration du tout est possible en ce bas-monde. je suis certain que nous sommes très très loin d’avoir fait le tour des étranges surprises que nous réserve dame nature. Si rien n’est impossible, je conseil donc de rester alerte et de consulter régulièrement la section survie, ils arrivent!!!!

  7. Ont approche chaque mois de plus en plus d’une invasion zombie

  8. Bouark, j’aime pas le poison, mes ses intriguant effectivement x)

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*