BD Papiers — 05 juillet 2012
Loving Dead

Dessin et scénario : Stefano Raffaele

Édition : Les Humanoïdes Associés

Nombre de Pages : 174 pages
Nombre de Tomes : One shot
Date de sortie : 10 juin 2009
Prix conseillé : 14,20€

Synopsis

Dans un New York quasiment contemporain, un savant joue avec le feu et crée un virus qui infecte 95 % de la population. Seule issue : la mort, mais dans une sorte de longue errance où la conscience ne disparaît que lentement. L’espoir d’un vaccin soulève ces morts-vivants contre les derniers survivants, tandis qu’une histoire d’amour par delà la mort naît entre une ex-mannequin et un jeune homme “fraîchement” amputé de la main.
Pari de marier deux genres plutôt éloignés : l’univers des zombies et le road movie romantique.

Avis

Loving Dead est une réédition de la trilogie Fragile, déjà chez les Humanos. Oui car il s’agit d’une bande dessinée française ! Et oui, il ne faut pas s’y tromper avec son format à l’américaine ! Le dessin est marqué par l’influence américaine. L’édition originale était en couleur mais ici l’auteur et l’éditeur ont opté pour un noir blanc avec des ombres grisées. Cette réédition se rapproche encore plus du graphisme américain par ce nouvel aspect qui rappelle fortement Walking dead, notamment avec la typographie (ou le logotype ?) du titre qui est très proche.  Format, couleur, on a un peu l’impression que cette réédition tente un pied sur le terrain du célèbre comics en effet.

C’est une bande dessinée très atypique, qui demande un effort d’immersion. On peut retrouver un peu de l’esprit de Romero. Il y a de bonnes innovations comme le traitement du zombie.  Le personnage principal est infesté par le virus. Le lecteur suit une histoire d’amour zombiesque qui est très attendrissante. Les zombies parlent, sont toujours dotés d’une intelligence et peuvent avoir des sentiments. Cependant après la mort, il y a une vie qui n’est pas éternelle, car même si les zombies peuvent vivre sans battements de cœur, leur chair se désagrège et ils finissent par disparaître à cause de leur décomposition. Les zombies veulent survivre. La menace est l’humain, contrairement au poncif du genre, les rôles sont inversés. Ce n’est pas l’homme qui traque le zombie mais bel et bien le contraire. Non, non vous ne rêvez pas. Face aux « bons » zombies, il y a les « mauvais » et les désinfecteurs qui sont les esclaves zombies des humains (ça va, vous suivez ?). Cette vision des morts-vivants est intéressante car elle essaie d’inclure une vision réaliste sur le sujet.

Le personnage principal est attachant, il se rend compte depuis sa transformation en mort-vivant que les valeurs changent. Sa nouvelle amoureuse a connu des évènements difficiles qui expliquent la perte de son bras et de son œil. Ce changement apparaît comme une étape importante dans sa non-vie, car cela l’a fait gagner en maturité. Elle passe de mannequin insupportable à jeune femme émouvante et sympathique. Le troisième larron de ce petit groupe est une humaine qui cache de nombreuses ressources. Ce personnage est surement le plus fouillé et le plus émouvant. Il a une psychologie très intéressante qui est atypique dans les bandes dessinées de ce genre. Il y a donc de belles découvertes à faire sur les personnages au fil du récit.

L’histoire d’amour entre deux morts-vivants est touchante car c’est un amour atypique.  Malgré l’histoire amoureuse, il y a aussi de nombreux moments d’action. La dernière partie de Loving Dead comporte plusieurs scènes de combats dynamiques et violentes. Il y en aura vraiment pour tous les goûts.

Qui a dit qu’il n’existait pas d’amateurs de zombies romantiques ? Pour une fois profitez-en vous pourrez allègrement déguster une histoire romantiquement gore. Que demander de plus ?

Malheureusement, il y a aussi des petites imperfections. L’intrigue n’est pas toujours très claire, nous passons d’un lieu à un autre sans toujours comprendre la cohérence. Les sauts entre l’histoire principale, le laboratoire d’un professeur foldingue et les désinfecteurs sont parfois un peu abrupts ; il faut parfois plusieurs cases pour comprendre où l’on en est dans l’histoire. Il est d’ailleurs un peu frustrant de ne pas connaître la véritable origine des désinfecteurs et pourquoi ils ont cette forme.

L’autre bémol pour moi, ce sont les insultes qui ne me semblent pas toujours justifiées ; beaucoup de « putain » dont on pourrait largement se passer.

En bref

Un récit en demi-teinte qui possède des qualités, avec une image de l’homme comme menace pour les zombies. Mais il possède des défauts comme les quelques moments qui passent trop rapidement sur des éléments importants de l’histoire.
Le graphisme et la mise en page proche de Walking Dead raviront les fans de la série.

Pour se faire une idée, les Humanoïdes Associés ont mis en ligne quelques pages

 

note6

 

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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1 Commentaire

  1. J’ai beaucoup aimé cette histoire qui nous fait entrer dans la peau d’un zombie qui a peur, paradoxalement, pour sa survie et celle de sa compagne.
    Parfois maladroite dans sa mise en scène, cette love story zombie arrive tout de même à prendre toute l’attention de son lecteur !

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