BD Papiers — 06 février 2012
Ma vie de zombie

Dessin : B. Raphaël
Scénario : S. Viozat

Édition : Ankama
Genre : Humour noir, drame et horreur
Date de parution : 4 septembre 2008
Nombre de pages : 96 pages
Nombre de tomes : One shot
Prix conseillé : 12,90€

Synopsis

Le héros Léon Malneau est le gardien du cimetière Saint-Antoine. Au hasard d’une promenade nocturne, il fait une mauvaise rencontre. A partir de ce moment son corps va muter lentement. Ma vie de Zombie relate la lente évolution physique et mentale du passage de l’homme au zombie.

Tous à vos pioches, il va falloir tuer du zombie pour survivre (ou pas) à cette épidémie !

Avis

Un coup de cœur pour ce tome unique qui mérite que l’on affûte ses couteaux et que l’on aiguise son râteau. Les éditions Ankama proposent un produit de qualité qui change des histoires de zombies traditionnelles. Ici, pas de fin du monde, pas d’affolements, pas de cris d’horreurs ; il ne s’agit que des morts du cimetière Saint-Antoine qui désirent se dégourdir les jambes.
Le cimetière est un paysage zombiesque connu cependant il est remis à neuf grâce à l’inventivité du scénariste. En effet, seul le gardien du cimetière est mordu et sa transformation sera longue. Le lecteur partage les sensations de sa métamorphose.
Les morts-vivants ont un côté débonnaire et sympathique. Ce ne sont pas des monstres sans cervelle qui agissent par instinct. Ne vous inquiétez pas, il y aura un festival de déballage d’intestins et de jugulaire arraché mais ce n’est qu’une trame de fond. Ce sont avant tout des morts-vivants qui désirent voir autre chose que les grilles du cimetière et Léon malgré sa transformation agit comme un père refusant de faire sortir ses enfants. Cette conception du cimetière comme parc de jeu pour zombies est présenté avec un humour subtile et léger.

Léon le gentil zombie

Dés le début on se prend d’amitié pour ce héros touchant qui ne comprend pas tout de suite ce qui lui arrive. On découvre les sensations et les pensées intimes d’un zombie. Léon n’est pas seulement un banal infecté, sa personnalité est extrêmement fouillée. L’ouvrage souhaite montrer à la manière d’une enquête de terrain : que ressent-on quand on se zombifie ? Les étapes sont progressives mais à aucun moment il ne perd totalement le contrôle de lui-même. C’est un zombie intelligent et modéré qui veut agir selon le bien. Ma vie de zombie présente un héros marginal qui connaît les morts puisqu’il vit avec en permanence, il n’en a pas peur et peut donc agir en conséquence.
Avant de dévorer des gens, le virus va dévorer son humanité peu à peu. Le héros est un personnage en demi-teinte qui reste jusqu’à la fin bon. Cependant sa gentillesse fait place peu à peu à une cruauté sans merci.

Du côté des autres personnages

Le héros est très intéressant car son caractère est développé ce qui donne une profondeur et une psychologie au personnage. Cette richesse concernant le héros vaut aussi pour tous les personnages secondaires. Que se soit la mère, le frère où la copine de Léon, ils ont tous un comportement et un caractère particulier. Chacun à sa manière enrichit l’histoire. Le récit vit grâce à ses personnalités différentes et pourtant tellement complémentaires. Il faut noter que pour un tome de 96 pages une psychologie aussi poussée traduit la rigueur et la finesse avec lesquelles ont travaillé S. Viozat et B. Raphaël. À tout point de vue, cette bd au format atypique est bien pensée et bien exécutée. Les personnages permettent des petits rebondissements qui dynamisent le récit et qui rendent la lecture très plaisante.

Nous pouvons aussi parlé des zombies qui dialoguent et ont donc aussi une vraie personnalité. En effet, il crée une véritable communauté, qui cherche à se défendre lorsque Léon tue l’un des leur. L’invasion par les zombies vise d ‘abord à créer une grande famille où tout le monde sera identique et immortel plutôt qu’une volonté de manger de la chair fraîche.

Du côté du graphisme

Le dessin est relativement simple et épuré. Il cherche à épouser les émotions du héros. On constate une cohérence entre lui et l’histoire. La palette de couleurs est restreinte, elle reste dans des couleurs sombres oscillant du vert au marron et du violet au noir. Chaque teinte possède une étendue assez large car le dessin cherche à reproduire toutes les nuances nocturnes pour un souci de réalité. L’histoire se passe en grande partie la nuit dans un cimetière, d’où les coloris sombres. Le seul moment où nous pouvons trouver des couleurs vives est lors de la fête étudiante. La lumière artificielle de l’appartement et la blancheur de la cuisine s’opposent à l’obscurité de la viande sanglante. Encore une fois tout est pensé pour accompagner le héros dans sa métamorphose.

Plus qu’une histoire de zombie

Un dernier point important pour prouver que les histoires zombiesques ne sont pas que des histoires sanglantes et gores. Le zombie n’est pas qu’un personnage violent qui se nourrit de chair fraîche et qui pousse des grognements morbides. Ma vie de zombie prouve que par le biais des morts-vivants, il est possible d’aborder des sujets sérieux comme la question de l’euthanasie et de la mort en général. Cette histoire propose une réflexion sur des sujets de société qui peuvent intéresser un grand nombre de personnes.

Il est donc à recommander à tous ses sceptiques qui prennent les zombies pour des êtres violents assoiffés de sang.

En bref : Une grande découverte à recommander à tous. Il permet de réconcilier tout le monde avec l’univers zombiesque et d’affirmer que non nous ne sommes pas des sadiques qui n’aiment que le sang. De plus les amateurs du genre, trouveront dans ce livre, une histoire extrêmement bien pensé et bien ficelé qui possède une originalité et une marque indépendante, on pourrait le comparer à un bon jeu indépendant. En bref une histoire pour tout le monde qui mérite d’être connu car elle possède toutes les qualités d’un bon récit.

note8

Avis de Psychowpatte

Bien que bâclée, l’histoire en reste néanmoins profonde et touchante… si on se permet d’imaginer quelque pages supplémentaires à la fin de l’ouvrage…. J’avoue qu’à la lecture j’ai été déçu… Le dessin n’est pas extraordinaire… Les textes sont presque inexistants et le scénario de base est plus que bateau. De plus, on note de totales incohérences lors de certains passages que je ne peux me permettre de vous citer sans tout révéler de l’histoire.

Le fait que le récit soit raconté par un zombie lui ajoute une pointe d’originalité, seul attrait de “Ma vie de zombie“. On aurait aimé quelque chose de plus travaillé et étiré sur plusieurs tomes mais l’idée de base est là .

On est face à un personnage tourmenté qui voit sa raison et son jugement changer de jour en jour et son attirance pour la chair humaine grandir aux fils des pages.

Conclusion: Cette BD vaut le coup d’œil pour son originalité mais ne méritera certainement pas une standing ovation.

note5

Auteur

Psykowpattes

Rôle : Rédacteur de la section web séries / séries, court métrages, web vidéos, petits pains, pâtisserie,et nettoyage des locaux un jeudi sur deux de 8h à 8h02

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2 Commentaires

  1. Ce “Dellamore Dellamorte like” est une des premières bd éditées par Ankama. Leurs débuts étaient honnêtes et j’ai trouvé que la bd n’était certes pas originale mais allait jusqu’au bout de son côté “nouvelle”.
    Il est à noter que les auteurs ont commis une sorte de 2e volet, “Avec les morts”, chez le même éditeur.
    J’ai trouvé ça moins indigent que DEAD LIFE, pour rester dans la bd zombie francophone ;)

  2. Je l’ai lu hier, et heureusement que je ne l’ai que loué à la médiathèque…
    Ca se lit en 5 minutes, les dessins sont moches, l’histoire tend à être originale mais retombe comme un soufflet. Y’a pas vraiment de surprise dans le mini-scenar…
    Nota Bene, ne pas se fier par le “Ankama” en bas de couv’

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