BD Culture Z Papiers — 25 juin 2013
Ma vie posthume Tome 1 la critique !

Auteurs : Hubert et Zanzim

Genre : Zombie, humour

Édition : Glénat

Date de sortie : 18 avril 2012

Nombre de tomes : 2

Nombre de pages : 48 pages

Prix conseillé : 12,25€

 

 

 Synopsis :

Un événement extraordinaire va bousculer la vie d’Emma, une vielle dame à la retraite. Tout va basculer le jour où elle comprend que rien n’arrive par hasard et que la mort ne ressemble pas à ce qu’elle imaginait. Quel est ce mystère qu’Emma réussit à découvrir ? Comment va t-elle s’en sortir ? Sa vie est-elle en danger ? Si vous avez envie de suivre les péripéties de cette femme au caractère bien trempé, ouvrez ce livre et dévorez cette histoire tout en finesse. Un peu de délicatesse dans ce monde de brute zombifiée c’est agréable de temps en temps.

 

Avis :

Ma vie posthume est une belle découverte pleine de poésie et de subtilité. Non, vous ne verrez pas de sang dans tous les sens. Non, il n’y aura pas des milliers de morts-vivants et des millions victimes. Personne ne sera dévoré. Je vous attends déjà dire : « Pffff c’est nul, c’est pas une histoire de zombies. » Chut, ne dites rien et ouvrez ce livre surprenant qui mérite que l’on s’y arrête. Vous allez me dire mais qu’est-ce qu’Emma a de s’y extraordinaire ?  Je vais vous le dire. Je vous défie après votre lecture de ne pas être touché par cette histoire mignonne et hors du commun.

L’album se concentre sur la vie d’une vielle femme ordinaire qui a pour seul passe-temps : se disputer avec sa femme de ménage, son unique compagnie. C’est un petit bout de femme énergique et avec beaucoup de caractère malgré son grand âge. Elle fume comme un pompier et a la critique facile. Cette mamie est charismatique est très amusante. Elle a des airs de Tati Danielle, elles doivent être cousines. Jamais contente, toujours en train de se moquer de ses copines, une vraie commère. Dés les premières pages, on se prend de sympathie pour ce personnage à l’apparence fragile mais qui est en réalité très coriace. Le contraste entre son apparence physique et son caractère étonne et devient touchant.

Le pitch peut sembler simple en apparence, une vieille décharnée tombe d’un escabeau voulant aller chercher ses cigarettes, elle perd connaissance et se réveille zombifiée. Il lui faut plusieurs jours pour comprendre cette nouvelle situation qu’elle tente de dissimuler à sa femme de ménage. La différence avec d’autres histoires de zombies, c’est d’abord qu’elle n’attaque pas, et ne mange pas de chair fraîche. C’est un zombie végétarien. Ensuite, ses changements sont décrits au fur et à mesure : elle perd le sommeil, la sensation de faim et sa mémoire des évènements immédiats se brouille. Perdre la tête chez les personnes âgées c’est monnaie courante, du coup ça passe quasiment inaperçu. La bande dessinée joue avec les stéréotypes que l’on attache aux octogénaires et les caractéristiques du zombie, le parallèle entre les deux est très bien amené et est très drôle. La question qui vous brûle les lèvres est probablement : « Pourquoi est-elle devenue une zombie ? Et est-ce la seule ? » Je le savais vous commencez à vous intéresser à cette histoire. Pour le savoir, jetez vos pâtes griffues sur ce livre et vous le saurez … peut-être.

 Si le personnage mérite que l’on s’y arrête, ce n’est pas la seule qualité de cette bande dessinée. L’histoire est sympathique. Au fur et à mesure, vous entrez dans le mystère de ce quartier d’apparence tranquille et le récit se transforme en enquête, avec un mystère à découvrir. Tous les phénomènes fantastiques ont toujours une explication rationnelle. Vous suivrez avec impatience les différentes péripéties. Ma vie posthume se compose de deux tomes, à la fin du premier, on a vraiment envie de connaître le fin mot de l’histoire, ce qui est une preuve indéniable de la qualité de ce titre. La finesse de la narration tient aussi sur l’alternance entre la vie actuelle d’Emma et sa vie d’avant. Certaines facettes de son caractère sont justifiées par des évènements de son passé. On apprend donc à la connaître par bribe. Le maître mot de ce récit est : dérision et second degrés.

 

Le dessin a une facture franco-belge bien reconnaissable, mais il y a aussi une petite touche originale. Le découpage des cases est classique mais la narration externe, à la manière d’un journal permet de contrebalancer l’aspect un peu rigide. Les amateurs de bande dessinée française seront bercés par son charme, pour les autres vous trouverez aussi de quoi passer un bon moment. Pour ma part, je vous avoue préférer le comics et le manga, pourtant cette petite vieille m’a émue, touchée, et fait rire. Les couleurs alternent entre deux palettes les jaunes, orange pour la journée et les violets et gris pour la nuit. Cette opposition est commune, on la retrouve dans Havre par exemple mais elle fonctionne assez bien.

 

En Bref : Une jolie trouvaille qui ne paie pas de mine. Elle est passée quasiment inaperçue à sa sortie dans l’univers zombie et pourtant l’album mérite que l’on s’y attarde. Il a une vraie personnalité originale et humoristique. S’il nous est passé entre les mains, il a été remarqué par d’autres car il a eu le prix du meilleur album au Festival Darnetal en septembre 2012 et a aussi été repairé par RTL qui en a fait son album du mois.

note8

 

Auteur

sherane

Chroniqueuse bande-dessinée, comics, manga, livre ... et plus généralement tout ce qui se dévore.

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7 Commentaires

  1. Merci pour cette article :)

  2. Je vais me faire taper dessus mais tant pis : /

    Dans le synopsis il y a 2 hics sur la conjugaison ^^ “ouvrait ce livre et dévorait cette histoire tout en finesse.”
    Désolé lol si ça ne plait pas, je ne suis pa

  3. *s prof de français mais là fallait que je le signal : / (ne m’en voulez pas)

    • Merci, c’est corrigé :)

      • De rien et sans rancune j’espère lol

  4. ça à l’air sympa.

  5. Pingback: Le blog de Caro

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