Culture Z Livres Papiers — 28 novembre 2011
Midnight Movie de Tobe Hooper

Titre : Midnight Movie
Auteurs : Tobe Hooper (réalisateur de Massacre à la tronçonneuse, Poltergeist, Lifeforce, Toolbox Murders, Mortuary) et Alan Goldsher (auteur de Paul is Undead)

Genre : Horreur, thriller, polar fantastique
Date de sortie française :
26 mai 2011
Éditeur :
Michel Lafon

Nombre de pages : 264

 

 

 4e de couverture

“Ce serait pas mal de retourner à Austin et de faire un tour au festival, même si je me rappelais pas de quoi parlais mon film – sûrement de zombies et de sexe. Et j’avais pas du tout envie de me retrouver devant une salle remplie de geeks fans de films gore. Mais j’avais besoin de fric.”

 Un réalisateur de films d’horreur, Tobe Hooper, assiste à la projection de son premier film lors d’un festival de seconde zone. Ce film oublié, écrit par Tobe lorsqu’il avait quinze ans, n’a jamais été projeté en public.

Très vite, les spectateurs sont victimes de phénomènes étranges, effrayants, à la limite de l’inconcevable. Leurs amis sont également touchés. Et les amis de leurs amis… Le phénomène se propage à toute vitesse, et les cadavres s’accumulent dans l’Amérique entière.

Tobe Hooper comprend alors que, pour arrêter cette épidémie, il devra remonter aux origines de ce film maudit,ce film qu’on n’aurait jamais dû projeter à minuit.

Mon avis

Drôle de surprise que ce bonbon au goût texan. Petit polar où Tobe Hooper se met en scène, vieux roublard, “gentleman du Sud” rocailleux, la main sur la gâchette.

Du prologue à la dernière page, ce bouquin prend le parti du documenteur : il multiplie les sources d’information, permettant de vivre une scène du point de vue de tous les protagonistes, un peu à la manière dont son confrère Romero a tourné son Diary of the Dead. On peut être surpris de prime abord par la façon dont se suivent les parties : on enchaîne des articles de journaux, de blog, des twitts, des mails, les comptes rendus d’un agent du renseignement infiltré dans une cellule de terroristes, les pensées des acteurs. On pourrait s’y perdre mais bien heureusement chaque extrait est précédé du nom de l’auteur, en un script de cinéma protéiforme.

Et une fois qu’on a tourné quelques pages, qu’on a accepté le concept, on partage des ressentis superficiels où sont disséminés des indices de l’état de la situation. Oui car pourquoi ce livre traité ici dans le Zombies World ? Parce qu’il s’agit d’un poly-récit d’une vague d’épidémie dont on va suivre la propagation, en focus via les états d’âme poisseux d’une jeune femme qui perd le contrôle de sa sexualité et de façon plus large avec le relai des journaux, en passant par les rumeurs internet. Ce livre est brut, plein d’aspérités, on sent que Tobe Hooper s’est fait plaisir en mettant encore en scène des personnages moites, ne nous épargnant aucun détail olfactif. Épidémie zombie, pas évidente car il n’y a pas clairement de cadavre ressuscité cannibale, mais un virus qui provoque une déchéance totale : pour un son corps devient le siège d’une purulence nucléaire, pour une autre une boulimie de sexe douloureuse et d’autant plus étrange qu’elle est accompagnée de sécrétions intimes bleues. Oui bleues ! Ça rebuterait n’importe qui de conventionnellement constitué mais ici vous verrez, les protagonistes ont la réaction assez blasée du coureur de jupons abonné à la chtouille…

Mais toutes ces victimes ont en commun de subir une faim insatiable, de chair, de sang, de mort, de sexe ; on y croise de tout. Et parce que Tobe Hooper n’est pas un réalisateur – et maintenant un auteur, grâce à Goldsher – conventionnel, on appréciera tout particulièrement l’argot texan, le mal parlé, retranscris habilement en français en écorchant les négations (“Il était pas du tout chiant.”).

Voilà un livre avec lequel vous ne brillerez pas en société, mais on s’en fout ! Si le cinéma du monsieur vous a plu, vous fait jubiler (surtout la vulgarité) et que le principe de la caméra embarquée ne vous rebute pas (encore que ça donne moins mal au cœur à lire qu’à voir, remember  Death Valley, alors allez-y foncez !

 

note7

 

 

Auteur

Bonne proto-geekette mais piètre survivante, j'ai néanmoins fait mien l'adage : "Un bon zombie est un zombie mort. Deux fois."

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