Nostalgic Z gagnant du PIFFF, interview et photographies !

carl bouteillerComme vous avez pu le voir sur l’article du palmarès du PIFFF 2012, Nostalgic Z a remporté les trois prix existants concernant les courts métrages français du PIFFF. Ils ont juste TOUT raflé, un succès grandement mérité !

Quelques photographies de leurs victoires parsèmeront l’interview…. Cependant, il faut savoir que cette interview (ou plutôt papotage autour d’une bière) s’est déroulée quelques jours AVANT les résultats. Carl Bouteiller, jusqu’alors inconnu au bataillon dans le monde du fantastique, rafle les prix des différents festivals, du Crystal Palace à Londres en passant par San Sebastian ou encore ceux du PIFFF, et même un méliès d’argent (au Abertoir Horror Fest – Pays de Galles), qui lui permet de concourir  au mélies d’or à SITGES. Mais d’où viens cet homme à l’allure cool et décontracte ? Tout dans cet interview !

 
 

 

Interview de Carl Bouteiller le 2 novembre 2012, accompagné de Francis Decker… et de (quelques) bières…

Après avoir commandé dans un petit bar à proximité du Gaumont quelques 16, nous voila  bien évidemment entrain de parler de Nostalgic Z, de ce qui avait été fait et ce qui restait à accomplir.

 

Mel : Carl, c’est ton premier court du genre. Comment en es-tu arrivé là ?

Carl : C’est une longue histoire. Au début des années 90, j’ai frappé à la porte d’un constructeur automobile, qui avait un gros service de prod à ce moment-là. Ils sortaient environ 150 films par an, entre les pubs, les vidéos pour les salons, etc. Ils cherchaient des mecs pro, qui faisaient bien leurs jobs. Et je suis devenu réalisateur dans “le film de commande”, spécialité : Automobile ! Après, j’ai bossé pour d’autres constructeurs. C’était plutôt bien payé. Et surtout ce qui était super, c’est que je bénéficiais de jouets fabuleux. J’avais à disposition tous les bijoux technologiques high tech. Et je tournais dans les plus beaux coins de la planète. C’était génial. Et de fil en aiguille, 20 ans se sont passés. Jusqu’à mon cinquantième anniversaire où je me suis rappelé que c’est pas pour ça que j’avais voulu faire ce métier.

 

equipe nostalgic z pifff 2012

Attente des résultats…

 

 

Mel : Donc un matin, tu t’es réveillé et tu t’es dit “et si je me faisais un court de zomblards” ?

Carl : C’est un peu ça oui. J’avais fait une très belle année. J’avais de l’oseille plein les poches. Enfin j’exagère, mais je m’en était bien sorti. Donc je me suis dit : ” Je vais pouvoir consacrer du temps à un vrai court “. J’ai eu le nez creux au final, car c’est à ce moment là que la crise a explosé ! …. Le secteur du Corporate a sérieusement ralenti… Et j’ai eu tout le temps nécessaire pour bosser sur Nostalgic Z ! Bien plus que j’espérais, en fait :) En tout, au final, ça m’a pris 1 an. Sans la crise, bizarrement,  j’aurais jamais fait ce film là ! 

 

Mel : Bon… Carl…. THE question… Pourquoi le zombie ?

Carl : Facile. C’est le genre politique par excellence dans le cinéma Bis. C’est vraiment la dimension sociale et politique qui m’attirait alors que la plupart des films de genre n’ont pas cet aspect là. En général ils sont dans la transgression, le sexuel, la violence… mais la politique, rarement. Moi je m’inscris dans cette lignée-là, de Romero dans son “Land of the dead“.  À mon niveau bien sûr. Je ré-éclaire la mythologie zombie en disant : ” Les zombies sont un peu ce qu’ils étaient avant “. Avec d’un côté les anciens pauvres et de l’autre les anciens riches. Les victimes et les prédateurs. D’ailleurs on voit très bien dans le court que le zombie banquier relève plus de “l’infecté” de 28 Jours Plus Tard, que du zombie old school. 

 

car -bouteiller prix pifff 2012

Carl et son 2e “petit bout de papier” !

 

Mel : J’ai particulièrement aimé la succession des scènes humoristiques et dramatiques, où tu nous balades un peu à ton rythme. Notamment avec le laveur de vitres. Que peux-tu me dire dessus ?

Carl : Dans certaines scènes, le côté humoristique est apparu assez tardivement, quasiment au montage. Mais il y à les deux (en parlant des scènes humoristique vs. dramatiques), c’est pas uniquement une farce comme Zombieland. Dans cette séquence, il y a le côté grotesque, avec le sergent qui nous explique des conneries et à la fin il le flingue. Il l’exécute comme pour le soulager de ses souffrances. Cela a un côté très dur. Il n’y aura pas le même ressenti quand il flinguera le zombie banquier. D’un côté, il exécute un mec comme lui, un mec de sa classe. De l’autre, le zombie banquier reste l’ennemi. Ce qui me faisait vraiment tripper, c’était le côté exutoire avec le zombie banquier. La réalité c’est que ce sont eux (les financiers) qui tirent les ficelles de notre monde. On ne les voit pas, on se demande même si ce sont des gens. On parle “des marchés”. Mais c’est qui ? Ben oui, c’est des mecs. Une poignée de mecs invisibles. Moi, je les ai incarnés. Et les spectateurs ont compris cela et y trouvent leur plaisir.

Francis: Comme tu le sais, Nostalgic Z parle de la crise, qui est un sujet malheureusement porteur. J’ai une anecdote à ce sujet… J’ai rencontré il y a environ 5 mois une fleuriste, sa boutique est quasiment en face de chez moi. Elle fait mon bouquet, et je vois à sa tête qu’il y a un problème. Et là, sans crier gare, elle me parle de son banquier. Son commerce n’est apparemment pas assez rentable et son banquier le lui fait comprendre en lui interdisant son découvert de 15000 euros. Alors panique, elle veut prendre rdv pour discuter, trouver un compromis.  Elle essaie de prendre rdv, aucune réponse de l’intéressé durant 15 jours. Ce qui est évidemment très correct de la part de ce dernier. Enfin une réponse (tardive) du dit banquier qui la reçoit… dans un couloir.  Et là, il lui dit : “Pour palier à ce problème de découvert [prénom de la fleuriste], il faut vendre votre boutique.” Evidemment, notre fleuriste reste abasourdie et très en colère. Alors, je lui parle de Nostalgic Z, je lui parle du personnage de banquier présent dans le film. L’intéressée prend note aussitôt du film, du site, etc… Et elle avait vraiment hâte de voir ce film..!

 

prix nostalgic z pifff 2012

Petit discours… Sexy, l’hôtesse du PIFFF !

 

Mel : Sinon, les festivals, sur toutes vos demandes, vous avez eu beaucoup de refus ?

Carl : Depuis octobre, on a tenté partout, jusqu’en Colombie ! L’idée c’est d’essayer dans le plus de pays possible voir comment les spectateurs réagissent, même dans les lieux les plus exotiques. Sinon on n’a eu que deux refus pour l’instant le Fantastic Fest à Austin-Texas (qu’on a tenté avec une version pas assez aboutie) et la Samain Fantastique de Nice.

Mel : La Samain Fantastique de Nice ? Vous avez quand même eu un Méliès d’argent, et concourez pour le Mélies d’or cette année…. La Samain Fantastique de Nice vs. Austin, c’est pas le même niveau là !

[Rires]

 

Mel : Bon et la suite ? L’avenir, les ambitions ?

Carl : Le problème principal c’est que je n’ai plus les poches pleines d’oseille. Période compliquée. Mais mon projet reste le long-métrage. À l’origine, j’avais écrit plusieurs projets de long.  Et un des longs s’est transformé en court et à donné Nostalgic Z.. Ce long, qui reste d’actualité,  est dans le même univers post apo, avec un vétéran du Vietnam associé à un tueur à gages. Cela se passe aux USA. Je suis un grand fan des westerns Italiens et de Siergo Leone en particulier. L’idée, c’est d’utiliser l’Espagne, en guise de nouveau Mexique. Un univers américain fait en Europe  Comme dans les 70′s. J’aime bien ce concept. Pour résumer, ce long est un film de zombies post apo westernien avec des influences leoniennes.  Par contre comment on va passer du court présenté au PIFFF au long en Espagne. Ça, c’est méchamment flou !!!

 

equipe nostalgic z palmares pifff 2012

Et 1, et 2, et 3 pour Nostalgic Z !

 

 

Mel : Oui, tu t’es un peu retrouvé d’un coup sous les projecteurs, sans t’y attendre. Tu accumules les récompenses sur tes étagères, mais tu ne sais pas exactement comment faire.

Carl : Oui tout à fait. Vue la nature du projet, ça risque de ne pas être simple. C’est aussi pour cela que j’ai voulu tourné Nostalgic Z en anglais. Pour ouvrir le maximum de portes. Nous savons tous que la France et le genre… Mais bon, les choses évoluent…

 

 

Auteur

Admin

.................................... Fondatrice de Zombies World .................................. Armes préférées : la tronçonneuse qui tâche et la cuvette des toilettes !

Articles relatifs

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*