Culture Z Livres Papiers — 16 juillet 2012
RAGE, un petit roman à ne pas lire dans la foule

rage david moodyTitre original : Hater
Auteur :
David Moody
(page Facebook)

Date de sortie originale en Angleterre : février 2009
Date de sortie en France :
5 juin 2009 (traduit par Sébastien Baert)
Genre : Science-Fiction, Épouvante/Horreur, Action
Éditeur : Bragelonne ; Collection : Milady (label)
Nombre de pages : 352
Prix conseillé : Moins de 7€ (c’est un poche)
Édition : 1er tome de la trilogie Haters (et hélas seul traduit pour le moment)

 

4e de couverture

Vous êtes peut-être le prochain.  Tout à coup, sans raison, vous assassinez vos voisins, vos amis, votre famille, de manière brutale, vicieuse et sans pitié. Est-ce un virus, une attaque terroriste, ou quelque chose de plus primaire, tapi depuis toujours au fond de vous ?  Mais ne paniquez pas.  Mettez-vous à l’abri.  Nous maîtrisons la situation.  Attendez de nouvelles instructions. Ou nous vous maîtriserons, vous.

 

Présentation

La vie quotidienne de Danny ressemble à n’importe quelle autre : sur un modèle métro-boulot-dodo (qui n’est pas sans rappeler l’archétype de l’anti-héros chez Chuck Palahniuk – l’auteur de Fight Club) dans lequel il y a sa famille en haut, son travail en bas. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que sa vision du bonheur, c’est quand il n’y a pas de malheur. Quand ce n’est pas sa responsable tyrannique qui s’acharne sur lui au bureau, c’est son beau-père qui le méprise avec condescendance. Et comme il quitte l’une pour retrouver l’autre qui garde ses enfants jusqu’à son retour… Il aimerait parfois s’évader avec sa femme, fuir leurs responsabilités qui les ont obligés à faire le deuil de leur jeunesse et de leur liberté.

Tout à ce train-train, alors qu’ils arrivent à s’échapper une soirée à l’occasion du concert de leur groupe favori, ils sont surpris au milieu de la foule alors que le chanteur s’arrête d’un seul coup de chanter et reste bras ballants sur la scène. Surpris oui, comme tous les autres, musiciens y compris, car la super star va se saisir de sa guitare et la brandir telle une hache pour l’abattre sur un de ses camarades. Sous les yeux médusés de ses fans, il va réduire en bouillie ce qui était son ami. Sans attendre de savoir si ce dernier respire encore ou pas, branle-bas de combat pour fuir par la porte de sortie.

Remis de leurs émotions, dans les jours qui vont suivre, Danny et sa femme vont être témoins de nombreux faits-divers analogues, rivalisant tous de violence et de brutalité. Même s’ils tentent de se convaincre du contraire, les médias leur renvoient l’image d’une épidémie de Rage. Et ces manifestations semblent se rapprocher de plus en plus de leur petit foyer.

Qui sont ces Enragés ? D’où viennent-ils ? Quand peuvent-ils surgir ? Sont-ils déjà tout près, derrière le visage souriant d’un être aimé ?

Avis

La première impression qu’on a en listant Rage, c’est que ça fait penser à beaucoup de films et de livres, trop peut-être. Il invoque Un horizon de cendres (un livre zombie français, une fois n’est pas coutume !), l’anti-héros à la Chuck Palahniuk (Fight Club, Survivant), le film The Crazies de Romero (oui, oui, l’original hein, pas le remake tout pourri), l’excellent petit film anglais The Signal de Pascal Bruckner (je recommande !), un soupçon de 28 jours plus tard (pris à l’envers). Ça fait beaucoup ! 

Rage est le premier volet d’une trilogie qui n’est hélas pas sortie chez nous. En effet, David Moody, le colosse britannique qui en est l’auteur a écrit Hater (titre original de Rage), Dog Blood et Them or us. Si vous lisez dans la langue de Shakespeare, tant mieux pour vous car si Milady a traduit ce premier tome, nous n’avons pour le moment aucune information relative à la sortie de la suite. Néanmoins nous sommes susceptibles de voir arriver avant le film qui va en être tiré car Moody en a vendu les droits à Guillermo del Toro (Le Labyrinthe de Pan, Hellboy‘s) et à Mark Johnson (Les Chroniques de Narnia, moins rock’n roll).

En effet David Moody, employé de banque, aurait bien voulu être réalisateur, mais n’en ayant pas les moyens, il a décidé d’écrire les histoires qu’il avait dans la tête. Il a d’abord publié comme notre Marcus Donnam sur un blog, de façon gratuite, avant d’être repéré par un éditeur. Il a rencontré un véritable succès d’édition et s’est fait connaître avec sa trilogie enragée. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il a un sacré physique ! (C’est lui sur la couv’ de Milady)

 

Un autre de ses romans a été porté en film, par pour le meilleur certes. Il s’agit là de zombies : c’est Autumn.

Rage est un court roman, qui se lit facilement. La violence relatée monte peu à peu, jour après jour, égrainés par des tranches de vie qui explosent dans la violence lors de mises à mort brutales et frontales. Économie de mots, on n’est plus dans l’action que dans du gore franc, mais je vous avoue que je l’ai lu noyée dans la foule du métro parisien en rentrant le soir de la Fête de la Musique et j’ai ressenti suffisamment de malaise dans l’oppression de la foule pour ranger momentanément le livre dans mon sac.

Dans ce tome, n’attendez pas d’explication quant à l’origine et la propagation du virus. Tout comme Danny et sa famille, vous ne serez que témoins, parfois au contact direct avec cette étrange pandémie qui semble inextinguible. L’originalité et là je frôle le spoil, c’est que pour une fois on nous fait passer de l’autre côté. Celui des infectés. Et c’est là que la frustration se fait quand on sait qu’il y a une suite inaccessible aux francophones…

 

En bref

D’une lecture accessible, plié en quelques heures, on accède aux prémisses d’une pandémie qui se déroulent sur quinze jours. Efficace, pensé de façon cinématographique, Rage accroche le/a lecteur/trice et l’emmène à la suite de la “normalité” d’un Danny ordinaire, très proche de nous. Ce n’est pas un super héros, il ne fait pas preuve d’un héroïsme à l’américaine et c’est peut-être ça la touche british. On suit ses pensées qui deviennent les nôtres et nous sommes amenés comme lui à prendre le parti de ces autres qui nous fascinent et nous effraient en même temps. C’est, avec les scènes d’éclosion de cette rage, tout l’attrait de ce livre.

Je lui mets 6,5 mais comme nous aimons les comptes ronds, j’arrondis donc à la note supérieure.

 

note7

 

 

Auteur

Bonne proto-geekette mais piètre survivante, j'ai néanmoins fait mien l'adage : "Un bon zombie est un zombie mort. Deux fois."

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