Rapport n°10 – Une longue route

 

Chapitre 1.0

 

Rapport n°10 – Une longue route

 

Plus d’une semaine maintenant, mais pas énormément de bornes au compteur. Nous sommes pourtant toujours aussi motivés pour quitter cette enfer, il n’y a plus rien pour nous ici. Mais à ce rythme il va nous falloir plusieurs semaines pour atteindre la campagne. Il faut dire que l’avancée dans cette ville remplie de carcasses de voitures et de zombies n’est pas des plus simple. Il faut souvent attendre quelques minutes, voire quelques heures, cachés pour laisser passer un groupe de bouffeurs, pour enfin ressortir et s’attaquer à une longue marche lente et physique. Et je dois avouer que la chaleur de ces derniers jours ne simplifie pas les choses.

Le commencement de notre périple s’est relativement bien passé. Les rues étaient particulièrement calmes, peut-être que les types de la guilde ont sans le vouloir fait diversion. Si c’est le cas, je les en remercie. Bon, bien sûr comme d’habitude nous avons dû nous débarrasser de quelques bouffeurs un peu trop collant mais dans l’ensemble rien de trop effrayant. Et puis maintenant qu’on a pris le coup, le défonçage de gueule de zombies commence à nous plaire, du moins quand il n’y en a que quelques-uns. Nous avons donc profité du calme avant la tempête pour prendre un maximum d’avance sur notre itinéraire. Puis de toute manière nous n’avons croisé que des immeubles sans doute plein de zombies, donc inutile de perdre notre temps à fouiller des bâtiments pleins de bouffeurs.

Nous faisons en sorte de trouver un abri dès qu’on approche des 17h, histoire de ne pas se retrouver comme des cons au milieu de la nuit. En guise d’abris, nous nous sommes installés dans une remorque de camion de livraison de colis, dans une cuisine qui était barricadée ou encore dans une cage d’escalier. Bien sûr il ne faut pas oublier d’être silencieux et de faire attention avec la lumière que les bouffeurs ne nous repèrent pas. Ce qui n’est pas simple quand on est un gros ronfleur…

Hélas la tranquillité des premiers jours a été de courte durée. Nous marchions lentement, accroupis derrière les embouteillages de voitures pour nous cacher des zombies qui se baladaient dans la rue. Tout roulait jusqu’à ce que l’on tombe nez à nez avec deux survivants. Nous nous sommes tous les quatre figés, nous observant, chacun se demandant ce que l’autre allait faire. Nous avons vite compris qu’ils ne faisaient pas parties de la guilde vue leur dégaine. Nous avons fait le premier pas et quand ils ont compris qu’ils ne craignaient rien, ils ont, eux aussi, avancés.

C’est un couple de quinquagénaires, ils se nomment Thérèse et Michel. Plutôt sympathiques au premier abord. Nous sommes bien évidemment restés ensemble et avons cherché un abri pour la nuit. Une fois installés, nous avons parlé pendant plusieurs heures, enfin quand je dis nous, je veux dire eux. En effet ils ont l’air difficilement supportables : ils se prennent beaucoup la tête et à se plaignent en permanence de leur sort avec leur accent bourgeois qui rajoute au coté tête-à-claques. Un peu de compagnie aurait été avec plaisir mais avec ces deux trous du cul, je nous souhaite bien du plaisir…

Quand nous reprenons la route nous faisons en sorte de marcher quelques mètres devant avec Eliator. D’ailleurs ils le prennent pour un gros débile à cause de sa façon d’être et du coup il fait exprès d’en rajouter pour les emmerder.

Au bout de quelques tempss nous sommes arrivés dans la grande rue commerciale. Les vitrines éclatées, les boutiques brûlées, le bordel partout, les engins militaires et de police à l’abandon et bien sûr des cadavres partout. Voilà qui devrait vous aider à vous monter le décor. Le seul endroit vraiment intéressant, c’est un magasin de sport où, après avoir descendu deux bouffeurs, nous avons trouvé des tentes de rando ultra légères et un peu de matos de camping. Vue l’heure, nous avons choisi de nous planquer pour la nuit dans une minuscule boutique de philatélie. Le lendemain fut la pire journée. C’était calme depuis le matin, nous avions croisé très peu de zombies quand les vieux n’ont rien trouvé de mieux que de s’engueuler une fois de plus. Mais à peine ai-je eu le temps de leur dire de la fermer qu’une rafale de coups de feu nous a frôlés. Un tireur isolé de la guilde squattait le toit d’un restaurant. Nous nous sommes vite mis à l’abri dans une petite ruelle. Mais hélas la rafale n’avait pas fait que frôler Michel car il pissait le sang. Visiblement la balle avait traversé son ventre. Avec le calme qui régnait ces derniers temps, nous les avions presque oubliés et ils ont profité de notre faiblesse. La guilde est vraiment un danger qu’il ne faut pas exclure.

Michel a tenu mais son état ne faisait qu’empirer, ce qui ne l’empêchait pas de se friter avec la vieille. Voyant qu’il arrivait à son dernier souffle, nous avons préféré les laisser tranquilles. Et peu de temps avant le lever du soleil hier matin, il était crevé. Nous l’avons couvert d’un drap et sommes partis en entraînant difficilement Thérèse qui voulait rester au près de lui. Je crois que nous allons regretter notre geste, elle n’a pas fini de nous faire chier.

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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