Rapport n°11 – Lot de consolation

 

Chapitre 1.0

 

Rapport n°11 – Lot de consolation

 

Les jours qui ont suivi la mort de Michel ont été plutôt calmes en jérémiades. C’est sûr, ça nous change. Nous n’avons pas voulu brusquer Thérèse après ce qu’elle vient de vivre. Même une casse-bonbons comme elle ne mérite pas de vivre ça.

Nous avons parcouru les rues lentement, mais silencieusement, contrairement aux jours qui ont suivi notre rencontre d’infortune avec nos “amis” quinquagénaires. Bien évidemment depuis le meurtre de Mimich, nous surveillons attentivement les toits alentour. Quelles surprises nous réservaient encore ces salopards de la guilde ?

Suite à ce triste événement, nous avons entamé une lente marche dans les ruelles étroites adjacentes aux axes principaux. C’est ici que nous avons jugé être les moins exposés à d’éventuelles attaques, humaines ou mort-vivantes. Au bout de quelques heures, comme pour nous consoler, le destin a mis sur notre route un petit cadeau. En effet, nous nous sommes arrêtés dans une petite boutique de jeux de société. Bien entendu, elle n’avait pas été pillée. En même temps, à part pour des gars comme nous, il n’y a pas grand chose d’utile ici. Lorsque nous y sommes entrés, Eli et moi avions les yeux qui brillaient. Nous étions comme deux gosses, déballant, lisant et jouant sous le regard indulgent mais exaspéré de Thérèse. Après être redescendus sur terre nous n’avons choisis que pour seul et unique butin un livre de jeu de rôle et les accessoires qui vont avec. Ça prend pas trop de place et ça nous occupera bien lors de nos longues nuits d’hiver. En rangeant ce livre dans mon sac, je suis tombé sur celui parlant des techniques de chasse que j’avais pris chez mon ancien voisin. Je l’ai tout de suite offert à Eliator qui en fera un meilleur usage que moi. C’est à ce moment qu’un zombie est sorti de l’arrière-boutique. C’était un gros bonhomme aux cheveux longs et à la grosse barbe portant un T-shirt Magic, le jeu de cartes bien sûr. Le cliché de base, du geek quoi ! J’ai à peine eu le temps de réagir que Thérèse était déjà en train de lui poutrer la tronche à grands coups de tabouret. Énervée, la vieille ! Suite à cela, le soleil descendait déjà. Nous avons donc préféré passer la nuit barricadés dans l’arrière-boutique après avoir vérifié que la voie était libre.

La suite des événements fut plutôt inattendue. Pour cause, au bout de quelques heures nous nous sommes retrouvés devant un centre commercial. Habituellement, nous aurions sans plus tarder rebroussé chemin mais nous commencions cruellement à manquer de vivres. De plus, seuls trois bouffeurs rôdaient dans la rue. Et puis les vitrines explosées nous offraient une vue dégagée sur l’intérieur qui était plutôt rassurant. Nous avons donc choisi de prendre le risque. En traversant silencieusement, dans le dos des zombies, nous avons pus atteindre l’entrée sans encombre. Devant nous s’étendaient des dizaines de rayons d’étagères, pour la plupart complètement vides. Après avoir contrôlés l’absence de danger, nous nous sommes séparés pour tenter de trouver le moindre aliment encore comestible. Une fois le tour fait, nous avons fait l’inventaire de nos trouvailles. Nous avons trouvé deux conserves d’épinards et une de tomates confites. Un paquet de gâteaux, des pâtes qu’Eliator a ramassées en vrac sur le sol et pour finir une boîte de pansements. Rien de bien extraordinaire mais pas si mal par les temps qui courent.

Nous avions pris la direction de la sortie quand un bruit retentit dans le couloir menant dans les locaux du personnel. Nous nous sommes discrètement approchés et au coin d’un mur j’ai vu quelqu’un appuyé face à une vitrine. J’ai d’abord cru que c’était un zombie mais en regardant bien, je me suis rendu compte que c’était un gars d’une vingtaine d’années, un peu rondouillard, qui pissait contre la vitre. Vus ses fringues et le fusil qui était appuyé à coté de lui, j’ai vite compris qu’il s’agissait d’un type de la guilde. J’ai regardé Eliator et j’ai su à son regard que l’occasion était trop belle pour la laisser passer. J’ai saisi mon arme, me suis discrètement glissé derrière lui et ai collé mon pistolet sur la tempe. Heureusement le gars n’était pas très téméraire. À peine l’ai-je menacé qu’il était déjà à genoux les mains en l’air, limite à pleurer. Eli a sorti de la corde et un foulard puis l’a attaché et bâillonné. Il lui glissa à l’oreille :

- Tu es à présent prisonnier de notre humble communauté !

Nous avons désormais un moyen de pression sur eux, en espérant qu’ils accordent un peu de valeur à la vie de leurs hommes. Résultat, nous trimballons maintenant un gars en laisse. Pas banal comme animal de compagnie. Nous avons bien sûr récupéré son arme, du coup nous possédons maintenant un joli fusil avec une vingtaines de munitions. Nous allons prendre le temps de nous poser pour pouvoir poser quelques questions à notre invité. Quelque chose me dit que Thérèse sera enchantée de passer ses nerfs sur un des gars du gang qui a assassiné son mari.

Il va passer un sale quart d’heure.

 

Jérémy

 

Ma page Facebook

 

Auteur

jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

Articles relatifs

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*