Rapport n°16 – Pourquoi tant de haine?

journal d un geek en territoire zombie 

 

Chapitre 2.0

 

Rapport n°16 – Pourquoi tant de haine?

 

Dans le précédent rapport je pensais que nous allions pouvoir oublier nos soucis le temps d’une nuit mais je ne crois pas m’être jamais autant trompé. En effet cette nuit-là était loin d’être celle que nous attendions. Voilà ce qui s’est passé.

Nous étions prêts à laisser le sommeil nous rattraper. Micka était dans une petite chambre isolée tout au bout du couloir de l’étage, Eliator dans celle collée à la mienne. Il avait bricolé son habituelle cabane par-dessus le lit et s’était installé en tailleur près de la fenêtre pour fumer sa pipe. Quant à moi je n’avais pas trainé à me blottir sous la couette, mes paupières commençaient déjà à se fermer malgré la tapisserie venue d’un autre temps qui me piquait sérieusement les yeux.

Je dormais paisiblement lorsque j’ai été réveillé au beau milieu de la nuit par un bruit sourd provenant du pallier. Après quelques secondes d’attention je suis retombé dans les bras de Morphée jusqu’à ce que j’en sois à nouveau tiré par un étrange vacarme provenant du rez-de-chaussée. Ça ressemblait à des hurlements étouffés mais ma paranoïa me jouait probablement encore un tour. Ma curiosité était attisée et je préférais vérifier ce qui se passait pour plus de sûreté. Je suis donc sorti voir pour finalement tomber nez à nez avec la belle Nadia qui allait jusqu’à sa chambre. Elle était vêtue d’une petite nuisette sexy et légèrement transparente qui réveilla chez moi des envies que les mortes-vivantes avaient fait disparaitre. Elle m’a rassuré, de son bel accent, en m’expliquant que Micka avait trébuché en voulant aller aux toilettes, mais heureusement, plus de peur que de mal. Ensuite ne réussissant pas à me rendormir je suis resté à l’écoute des craquements de plancher, du vent contre les barricades et autres grincements de vieilles bâtisses. J’attendais par la même occasion le retour de Micka qui commençait à se faire désirer. Mais soudain j’ai vu une ombre apparaître sous la porte suivis du cliquetis significatif d’un verrou qui se ferme, puis celui de la porte voisine. J’en ai immédiatement déduis que nous étions enfermés dans nos chambres respectifs et que la seule autre issue possible était la fenêtre solidement barricadée. Ce n’était quand même pas une porte qui allait me tenir tête, j’ai reculé pour prendre de l’élan puis j’ai foncé. Le souci c’est que j’avais omis un détail, elle s’ouvrait vers l’intérieur, résultat je me suis fracassé l’épaule sans aucune réaction de la porte. Écroulé sur le sol, me tenant fermement l’épaule je me suis mis à hurler :

- Qu’est-ce que vous nous voulez bande de tarés ? Laissez-nous partir !

De l’autre côté Edmond a rétorqué :

- Rêves toujours mon couillon !

Après avoir gueulé quelques instants et tambouriné sur la porte, j’ai tout d’un coup été frappé par le calme d’Eliator. Il était étrangement silencieux. Puis dans la seconde qui suivit, j’ai entendu un corps s’écrouler puis le verrou de ma porte s’ouvrir. Devant moi se tenait Eli un chandelier à la main, Edmond, étalé à ses pieds, inconscient. D’après son air, Eliator ne comprenait pas grand-chose à la situation. Puis il m’a dit, comme s’il s’excusait :

- J’étais parti chier !

Après ce moment de poésie, Eliator m’a expliqué que les autres étaient en bas et qu’il avait cru entendre, en sortant des toilettes, du bruit venant de la cave. Après avoir planqué le vieux complètement KO dans ma chambre il nous fallait trouver un plan rapide et discret. Sachant qu’ils étaient armés et nous non, nous avions intérêt à nous la jouer à la Solid Snake, même si on n’avait pas de carton pour se camoufler. Soudain les râles d’un groupe de Zombies sont venus rompre le silence ambiant. Daniel est sorti en trombe du salon suivis par Nadia. Il a jeté un coup d’œil à l’extérieur en regardant par une petite ouverture dans les barricades et a dit :

- Il va vraiment falloir s’occuper de ce trou, la lumière a encore attiré les dégénérés. Edmond, allez me chercher le vieux moisi !

N’ayant aucune réponse il en a déduit qu’Edmond était retenu ailleurs, après tout, à son âge les intestins déconnent. Il a donc envoyé Nadia, le remplacer. Celle-ci s’est rendue à la cave en passant par une petite porte située sous l’escalier et a saisi au passage une batte de Baseball. Au bout de quelques minutes elle est enfin remontée tenant au bout d’une chaine un vieil homme, bâillonné. Il était très amaigrit et les marques partout sur son corps laissaient deviner le traitement qu’il recevait. Elle l’a trainé jusqu’à la porte de derrière en appelant au passage Daniel, qui n’a pas tardé pas à la rejoindre. Nous savions désormais où était retenu Mickaël et nous devions agir sans tarder, il serait peut être le prochain sur la liste.

Une fois en bas des marches, armés de bibelots, nous nous sommes dirigés vers la cave mais Idelga, qui sortait d’une pièce adjacente, nous a surpris. Elle a tentée de hurler mais j’ai eu le réflexe de lui coller un marron sur le coin de la tronche. Celui-ci l’a décalqué au sol et lui a fait fermer sa gueule par la même occasion. Au fond de la pièce derrière elle, se trouvait nos affaires ainsi qu’une partie de nos armes. Pendant ce temps le pauvre homme hurlait tout ce qu’il pouvait alors que ses bourreaux le forçaient à sortir. Cela nous faisait mal au cœur, mais nous ne pouvions hélas rien pour lui.

Après nous être équipés, nous sommes descendus par le sombre escalier menant à la cave. La pièce était encombrée de toutes sortes de vieilleries et au fond derrière une vieille machine à laver, se cachait, recroquevillé sur lui-même, Micka, enchainé au mur, qui s’est réjoui en nous voyant. Une fois détaché il a pointé l’opposé de la pièce en disant :

- Aidez-la !

C’était une jeune fille de dix-sept ou dix-huit ans, un peu garçon manqué mais très jolie. Elle était effrayée et avait le visage et les bras couverts d’écorchures. Une fois libre Mickaël lui a tendu la main et lui a proposé de nous suivre ce qu’elle a approuvé d’un signe de tête. A ce moment Edmond qui venait de se réveiller a hurlé depuis l’étage :

- Les deux cons se sont fait la malle !

Nous n’avions pas de temps à perdre. Nous avons remontés les escaliers quatre à quatre, et nous sommes tous dirigés vers la porte d’entrée alors que nous avions poussé les meubles bloquant la porte. C’est alors qu’Edmond est apparu en haut des escaliers armé d’un fusil et a tiré sans sommation à deux reprises. L’une des balles est venue toucher le bras d’Eli par chance, sans gravité. Micka a immédiatement riposté et a tué le vieux d’une balle dans la tête. En voyant ça, Nadia, qui venait de sortir de la cuisine, a hurlé et s’est précipitée sur Mickaël comme une démente mais a été arrêtée par Daniel, qui la suivait de près, nous menaçant avec un fusil à pompe et nous sommant de poser nos armes. Pendant ce temps Idelga, qui avait repris ses esprits, est arrivée dans le couloir, elle aussi armée d’un de nos fusils.

La situation était des plus tendues lorsque la porte de derrière s’est ouverte avec fracas laissant entré le vieil homme amaigrit un bras arraché suivis par de nombreux zombies. Daniel et Idelga se mirent à tirer dans tous les sens, mais ont très vite été submergés par le nombre. Nous avons profité de la confusion pour fuir la maison et courir comme des dératés à travers la campagne éclairée par la lumière de la lune. Notre départ fut rapidement suivi par les cris de souffrance de Nadia, il faut croire que les zombies aussi aiment les jolies filles. Puis les coups de feu ont cessé dans les hurlements du reste de la famille qui ne ferait désormais plus de mal à personne, du moins pas de leur vivant.

La course a été longue mais nous avons finalement trouvés refuge dans une petite cabane de pêcheur alors que le soleil commençait tout juste à se lever.

 

Cela fait maintenant deux jours que nous sommes ici. Après avoir soigné Eli, nous avons pris beaucoup de repos et avons essayés de parler avec la jeune fille ce qui ne fut pas facile. Je pense que le choc de l’épidémie ou le traitement lors de sa captivité l’a rendu muette. Elle nous a quand même donné son prénom en l’écrivant. Elle s’appelle Nina et après mure réflexion elle a finalement acceptée de nous accompagner dans notre aventure.

Nous sommes désormais quatre, c’est un bon début pour ce qui est de nos nouveaux objectifs encore que ça aurait pu beaucoup mieux se passer.

 

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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9 Commentaires

  1. Très sympa à lire … Comme d’hab
    J’me doutais un peu que c’était une maison de taré ;)
    Vivement la suite !
    Mawwwww

    • Que serait une histoire de Zombies sans tarés?^^

  2. J’attendais la suite avec impatience et je n’ai pas été déçue !
    Toujours aussi bien écrit et drôle !Comme dit Mat Maw sa sentait la maison bizarre !

    Vivement la suite c’est clair.

  3. Je viens de découvrir aujourd’hui “Le Journal d’un Geek en Territoire Zombie”, j’ai lu tous les rapports d’affilés, Jérémy tu fais un super travail sur cette histoire, c’est vraiment bien ficelé,continu comme ça!

    • C’est très gentil merci!

  4. Encore un superbe récit, merci JEREMY

  5. Je viens de découvrir ” le journal d’un geek en territoire zombie “, j’ai lu tous les rapports à la suite ( au travail ça fait passer le temps ) et franchement tu assure Jérémy.

    Je suis impatient pour la suite !

    • Merci beaucoup, ça vrai très plaisir de voir de nouveaux lecteurs. Amuses-toi bien!

  6. Yes ! Je vais attendre la suite de leurs aventures. Une nana dans le groupe ça plaisir :)

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