Rapport n°20 – Pouvoir d’achat

journal d un geek en territoire zombie 

 

Chapitre 2.0

 

Rapport n°20 - Pouvoir d’achat

 

Comme je le pensais, le voyage serré comme des sardines dans le PVP n’était vraiment pas agréable. Ah oui, PVP signifie Petit Véhicule Protégé, c’est bon à savoir car dans ma culture Geek ça veut dire Player Versus Player. Chacun apprend petit à petit à se connaître, il faut dire qu’à être collé comme ça les uns aux autres, des liens se créént. L’ambiance était détendue, nous étions heureux de rencontrer de nouvelles personnes et certains retrouvaient même un peu d’espoir. Les petites étaient les plus effrayées, c’est bien normal, mais la compagnie de Han leur changeait les idées. Ces conditions ont aussi permis à Mickaël de se rapprocher de Nina et je devine dans le regard de la belle que le charme commence à opérer. Comme quoi ! Après avoir examiné la carte nous avons décidé de continuer vers le centre du pays, là-bas la population est moins dense et nous y serons sans doute en sécurité dans ces zones boisées et montagneuses.

Nous avons roulé tant que le carburant et les routes, peu encombrées jusqu’ici, nous le permettaient. Chaque jour nous étions impatients de sortir nous dégourdir les jambes pour installer le campement. Passer tout ce temps enfermés dans un véhicule est très vite devenu oppressant et n’ayant pas pris de douche depuis un bon moment l’intérieur du PVP commençait à attaquer le museau sévère. C’est en milieu d’après-midi que nous nous sommes arrêtés pour nous préparer à passer la nuit, et puis il faut prendre soin du PVP, qui veut aller loin ménage sa monture comme on dit. S’arrêter tôt nous permet de bien s’installer et nous avons même quelques fois la chance de chasser notre dîner.

Les enfants sont beaucoup amusés par Eliator et son accoutrement d’un autre temps (les adultes sont perplexes mais ne le montre pas), les pauvres ne comprennent pas tout ce qu’il leur raconte mais elles sont fascinées par ses histoires de chevaliers et de princesses. Il leur fait oublier, l’espace d’un instant, la triste réalité. J’avoue sans honte que j’écoute avec passion ce qu’il raconte, il est tellement doué pour raconter. Nous avons initié Nina et Micka au jeu de rôle, et je crois qu’ils ont vraiment adhéré surtout elle qui y met vraiment de la passion. La vie est plus simple lorsque le Dé du Destin dirige nos vies. Quant à nos deux militaires, ils entretiennent l’armement et nous apprennent à faire de même. Eric lit beaucoup, des polars il me semble, il en a plusieurs dans son sac. Damien, lui, à l’habitude de s’entraîner physiquement et finit complètement claqué avant l’heure. Enfin, Catherine et Erwan restent plutôt calmes. Ils discutent, jouent avec les petites ou parlent du passé. Ce sont de brave gens, qui nous ramènent les pieds sur terre en conservant des liens familiaux, ce qui n’est pas chose aisée par les temps qui courent.

Nous gérions très bien la situation jusqu’à ce que l’inévitable se produise, nous devions faire le plein. Malheureusement les véhicules se faisaient rare, surtout ceux n’ayant pas déjà été siphonnés, et nous n’avions pas croisés une seule station depuis des jours. La jauge commençait sérieusement à descendre lorsque, par chance, comme dans les films ou tout s’arrange au dernier moment, une pancarte nous a indiqué un centre commercial à quelques kilomètres. La chance était avec nous. Nous avons immédiatement suivis les indications, espérant ne pas tomber en rade avant.

Illustration © mat (cliquez sur l’image pour voir en plus grand)

Le parking était désert, parsemé de cadis abandonnés et recouvert de marchandises laissées dans le pillage qui avait visiblement eu lieu. Il restait très peu de voiture de garées ici, en revanche la station-service en était remplie. Impossible d’approcher en roulant, nous avons donc choisis de commencer par la visite du magasin à la recherche de ce qui aurait été laissé et en souhaitant trouver quelques Jerricans ou autres bidons pour faire le plein.

Étrangement la population de bouffeurs ou de gloutons, comme les appellent les gamines, était très réduite, probablement attirée ailleurs. Il n’en restait qu’une dizaine éparpillée dans les rayonnages. Nous avons déambulés derrière nos chariots, Mégane et Chloé dans les sièges bébé, à travers les allées comme des cons de base faisant leurs courses. Ce qui nous a très vite frappé c’est l’idiotie des gens lors du pillage. En effet les premiers rayons à avoir été dévalisés proposaient l’alcool, les télés, les ordinateurs, enfin tout ce qui a de la valeur dans un monde normal. Ces trous du cul avaient tout pris sauf les trucs vraiment utiles désormais. Bon la bouffe avait quand même pris cher, il ne restait pas grand-chose hormis quelques conserves, soupe en poudre ou nouilles chinoises qui nous permettrons quand même de tenir quelques semaines. Nous avons aussi fait la razzia sur l’outillage et le jardinage, enfin tout ce qui pourra servir à notre communauté. Certains ont même trouvés de l’armement avec des hachettes ou masses. Ce sont les chariots débordant d’articles que nous nous sommes machinalement dirigés vers les caisses. Mais là aucune caissières, aucun bip de scanner, seul le silence nous rappelant la chance que nous avons d’être encore en vie.

De retour au PVP nous nous sommes soudain rendu compte que toutes ces marchandises ne rentreraient pas. De toute évidence il nous fallait un second véhicule. Nous avons donc pris tout le carburant que nous trouvions afin de savoir si nous pouvions nourrir une deuxième bagnole et par chance c’était le cas. Pour ce qui est du choix de l’engin nous avons tapés dans le luxe. Un magnifique Pick-up, Chevrolet Avalanche, nous attendait gentiment sur le parking d’une concession. Il propose suffisamment de place pour cinq personnes et beaucoup de matériel, c’est vraiment le pied. Les militaires et la petite famille ont choisis de resté dans le PVP pendant que notre groupe initial s’installait à bord de l’Avalanche. Nous sommes à présent très bien équipés, et avons ce qu’il faut pour protéger notre communauté et peut être même s’installer.

 

Nous sommes de nouveau sur la route avec la joie de retrouver un peu d’espace. Ce bolide est un véritable monstre, je l’imagine déjà avec un chasse-neige fixé à l’avant pour défoncer du zombie en masse.

 

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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3 Commentaires

  1. Que dire de plus.. terrible comme d’habitude, vivement la suite ;)

  2. Trop bieeeeeen *o*

  3. sa sent le sang a plein nez dans les prochain rapport

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