Rapport n°27 – Hécatombe

journal d un geek en territoire zombie 

 

Chapitre 2.0

 

Rapport n°27 – Hécatombe

 

Cette fameuse nuit a été la pire que nous aillons passé jusqu’ici. Tout le monde était à cran, nous avions peur d’avoir été suivi et de subir une nouvelle attaque à tout moment. Pendant ce temps l’état d’Erwan ne cessait d’empirer. Il souffrait de spasmes, la fièvre le faisait délirer, il convulsait et avait même des accès de violence irrépressibles. Nous avions d’ailleurs dû éloigner les petites pour qu’elles n’aient pas à voir leur père dans un tel état.

L’inquiétude était à son comble et Eliator ne dérogeait pas à la règle. En effet, quand la pression est enfin redescendue nous nous sommes aperçus que Han manquait à l’appel. Après réflexion il s’est avéré que le chien n’était pas présent lorsque nous sommes revenus d’expédition. D’après les dires de nos amis étant restés à la ferme, Han n’avait pas donné signe de vie après que le feu ait embrasé la maison. Où était-il et pourvu qu’il ne lui soit rien arrivé. Eliator était tellement inquiet qu’il a passé toute la nuit à scruter l’horizon, espérant voir apparaitre son compagnon.

Quand le soleil est sorti de derrière les collines, le silence était enfin revenu sur le camp. Mais ce n’était pas bon signe, bien au contraire, il nous a d’ailleurs fallut un certain temps avant de le comprendre. Mais lorsque les pleurs de Catherine ont raisonné dans la clairière nous avons très vite été rappelés à la triste réalité. Pendant que Nina et Micka retenait Chloé et Mégane en tentant de les divertir, nous nous sommes approché du corps inerte d’Erwan.

Il était si calme. Sa pâleur donnait l’impression d’un masque de cire. Puis, après quelques minutes, des soubresauts ont agités ses doigts et ses paupières. Nous savions ce que cela impliquait, les souffrances d’Erwan allaient bientôt devoir être abrégées. Ses yeux laiteux, injectés de sang regardaient dans le vide et sa mâchoire claquait à s’en casser les dents. Catherine hurlait :

- Non, Erwan ! Reviens !

Mais il était déjà loin. L’homme que nous avions connu avait quitté ce corps laissant place à un monstre sans âme, un parasite.

Il était de plus en plus difficile de contrôler le zombie et rapidement il a essayé de nous mordre. Eric s’est alors approché du corps, son Beretta à la main, mais Catherine s’est jetée sur lui pour l’empêcher de commettre l’inévitable.

- Il le faut, tu le sais ! a insisté Eric.

- C’est à moi de le faire, il aurait voulu que je le fasse, lui a rétorqué Catherine.

Elle a ensuite pris l’arme, l’a plaqué sur le front d’Erwan. Elle l’a regardé, les larmes coulant sur ses joues, puis lui a susurré:

- Attend nous là haut. Je t’aime mon chéri !

Et PAN! Elle a appuyé sur la détente avant de s’évanouir à côté de celui qui était, quelques heures plutôt, son époux et le père de ses enfants.

A son réveil nous avions creusé un trou, au sommet d’une colline proche, près à accueillir la dépouille de notre ami. Nous l’avions enroulé d’un vieux drap, taché d’huile, trainant à l’arrière du pick-up, c’était hélas le mieux que nous puissions trouver comme linceul.

Quand l’heure est venue, toute la communauté s’est réunie pour dire un dernier mot à notre compagnon. Nous avons aussi profité de ce moment solennel pour rendre hommage à Damien qui n’aura pas eu la chance d’avoir une sépulture, aussi précaire qu’elle soit. Nous avons ensuite laissé Catherine et ses filles seules pour se recueillir.

Après l’enterrement nous sommes retournés au camp et alors que je m’apprêtais à jeter un coup d’œil à nos réserves de vivre, j’ai surpris Eliator qui préparait son barda et ses armes. Je l’ai immédiatement interpelé pour savoir ce qu’il tramait.

- Tu compte aller où comme ça? lui ai-je demandé alors qu’il mettait son sac sur son dos.

- Je m’en vais à la recherche de mon chien, il est hors de question que j’abandonne ce fidèle compagnon à son triste sort.

- Mais on a besoin de toi ici, ai-je insisté.

- Han a encore plus besoin de moi et nous avons besoin de lui.

- Laisse-moi au moins t’accompagner.

- Non, comme tu l’as dit toi-même, le groupe a besoin de nous. Je te promets de revenir dès que je l’ai retrouvé.

- Fait attention à toi Eli.

- Ne t’en fais pas, on ne vient pas aussi aisément à bout du guetteur des sept terres, a t’il conclu.

Puis il s’est éloigné la pipe au bec, chantonnant une histoire de guerrier ou je ne sais quoi. Il m’a ensuite fallut expliquer l’absence d’Eli au reste du groupe mais, heureusement, tout le monde s’est montré compréhensif. Après tout Han était l’un des nôtres. A la suite du départ d’Eliator nous avons dû réorganiser les taches quotidiennes, épargnant, au passage, les plus dures à Catherine qui avait bien assez à penser avec la disparition de son mari.

Les jours suivants nous n’avons pas cessé de nous déplacer, installant chaque jour notre campement à un endroit différent, si possible dissimulé par des bois. Mais en veillant toujours à rester dans un périmètre défini afin qu’Eliator puisse nous retrouver facilement. Mais bon, je ne me fais pas trop de soucis à ce sujet, avec ses talent de pistage et le flaire de Han, en espérant qu’il le retrouve, ce ne sera pas trop compliqué.

Le moral de Catherine est toujours au plus bas avec les jours qui passent. Je ne peux imaginer ce qu’elle doit endurer en ce moment, et c’est certain qu’il lui faudra du temps pour faire son deuil et oublier la mort, injuste, d’Erwan. De leur côté ses filles se portent un peu mieux. Elles sont sans doute encore trop jeune pour se rendre compte de ce qui est arrivé à leur père, en particulier Chloé qui, du haut de ses cinq ans, ne comprend pas bien ce qui ce passe. Chacun essai de faire son possible pour leur changer les idées et Mickaël s’en sort pas trop mal, il faut dire qu’avec sa jambe qui l’empêche de trop marcher il n’a pas grand chose d’autre à faire.

Nous n’oublions pas non plus Eric qui a vraiment beaucoup de mal à encaisser la mort de Damien qui a lâchement été assassiné par cette traitresse de Sarah. Nous l’avions accueilli à bras ouverts et commencions à la considérer comme l’une des nôtres mais lorsqu’elle dû s’en prendre à nous de sang froid, elle n’a pas hésité une seconde. Touts les jours Eric grave une marque dans la crosse de son fusil pour compter le temps qui le sépare de sa vengeance. Il m’a expliqué que chaque marque contera pour une blessure qu’il infligera à cette “salope” et je dois avouer qu’il est limite flippant quand il raconte ça.

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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