Rapport n°33 – Shopping

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°33 – Shopping

 

Ça y est, nous prenons vraiment les choses en mains et on peut le dire, le camp commence à avoir de la gueule. Notre binôme de chasseurs nous ramène un peu de gibier mais pas suffisamment pour offrir un vrai repas à un groupe de cette taille. Pour remédier à ce problème, Eliator a lancé la fabrication de pièges et de nasses qui permettront peut-être d’améliorer leurs résultats. Pour le moment le peu de nourriture que nous réussissons à accumuler est, pour ainsi dire, engloutie dans la journée. Les réserves sont donc inexistantes et, en cas de pépin, ce manque pourrait nous coûter très cher. Nous examinons donc toutes les possibilités. Les soucis de conservation des denrées périssables, par exemple, ont trouvé un début de solution. Mickaël a proposé de construire un fumoir, ainsi certaines viandes pourront être séchées. Pour avoir une autre source d’alimentation, nous prévoyons aussi de ramener de la terre cultivable dans l’enceinte du château afin d’essayer de faire pousser quelques fruits et légumes. Cependant, ceci ne servira que sur le long terme.

L’évidence était là, pour rendre tout ça possible nous n’avions plus qu’à faire une chose, sortir. Et le moment était bien choisi. Nous avions cessé toutes les activités les plus bruyantes pour tenter de calmer le jeu avec les zombies et ça a porté ses fruits. Un matin, au lever du soleil, les guetteurs ont trouvé la rue calme et presque déserte en comparaison à l’agitation de ces derniers jours. Le siège de la grande porte avait été levé et nous laissait le champ libre. C’était l’opportunité que nous attendions impatiemment, d’explorer et fouiller le village de Puiniac.

Sans perdre de temps, nous avons formé deux binômes chargé de cette tâche dangereuse mais indispensable pour sécuriser et amélioré les conditions de vie du château. Le premier groupe, constitué d’Eric et de Bastian, s’occupera de la partie Est et Eliator et moi-même de la partie Ouest.

Nous nous sommes armés des équipements avec lesquels chacun était familiarisé mais aussi d’une arme à feu à n’utiliser qu’en cas d’extrême urgence. Un sac à dos et de quoi faire l’inventaire de ce qui pourrait être ramené ultérieurement complétait notre paquetage. L’angoisse se mêlait à l’excitation de sortir, il faut dire que l’ombre des murailles devenait pesante. C’est donc impatients, que nous nous sommes dirigés vers le van, avons desserré le frein à main pour libérer le passage et nous sommes enfin entrés dans l’arène. Pendant que nos amis remettaient l’engin en place tout en nous souhaitant bonne chance, nous nous préparions à accueillir les premiers zombies qui étaient déjà en approche. Et c’est en éclatant quelques crânes que chaque binôme s’est lancé vers son objectif.

Les premières maisons n’étaient qu’à quelques pas seulement des remparts mais il nous fallut nous démener face à toutes ces saloperies qui sortaient ici et là. Nous ne pouvions pas tous les descendre et nous avons dû nous précipiter vers la première porte pour ne plus les attirer dans la rue principale. Nous entendions leur gémissements se rapprocher et les coups contre la porte n’ont pas tardé à suivre mais heureusement pendant peu de temps. Nous ne pouvions plus faire demi-tour et ce qui s’annonçait à l’intérieur n’était guère réconfortant. Les craquements de planché et l’odeur de décomposition qui hantaient la vielle bâtisse ne souffrait aucun ambiguïté quant à la présence de locataires non désirés. Devant nous le couloir donnait sur un escalier en pierre montant en angle vers l’étage plus que sombre. La seule pièce située au rez-de-chaussée était fermée par une solide porte en bois qui ne bronchait même pas lorsque nous tentions de la forcer. Là-haut, la seule lumière qui entrait provenait des croix taillées dans les volets qui barraient les fenêtres, c’est à ce moment que nous avons compris que nous avions oublié une chose indispensable, une lampe. Nous allions donc devoir faire sans.

L’ambiance était des plus angoissante, nous distinguions très nettement des gémissements sans pouvoir en localiser la provenance. Nous étions côte à côte, avançant à tâtons, dans la pénombre, jusqu’aux volets pour essayer d’y voir un peu plus clair. Je me suis donc approché pendant qu’Eli restait en retrait pour protéger mes arrières mais au moment de lever le loquet, la main cloquée d’un zombie m’a attrapé le bras. J’ai hurlé, me suis débattu et en voulant lui échappé, j’ai trébuché sur une tablette derrière moi. Je n’arrivai pas à m’en débarrasser et Eli, qui se prenait les pieds dans les meubles n’arrivait pas à me trouver. Le visage du monstre était au-dessus du mien, je sentais son horrible haleine de beaucoup trop près. Je luttai et j’ai finalement réussi à retourner le bouffeur sur le dos en le maintenant au sol de toutes mes forces. Je bloquai ses bras avec mes jambes et attrapai son crâne, en priant de ne pas tomber sur sa bouche, pour le frapper contre le planché, encore et encore jusqu’à ce qu’il parte en morceaux entre mes doigts. Je me suis relevé, m’essuyant les mains sur ses fringues puis j’ai lancé à Eli d’un ton ironique:

- T’en fais pas, je vais me démerder !

J’ai ouvert les volets, sans encombre ce coup-ci, et je trouvai Eliator vautré sous un tas de bouquins tombés d’une étagère qu’il venait de se prendre. J’ai souri et l’adrénaline est redescendue, nous pouvions reprendre l’exploration plus sereinement.

Nous étions dans un appartement un peu plus grand que celui où je vivais avant notre exile forcé. Nous découvrions deux autres corps étendus sur le tapis du salon, ils étaient démembrés et avaient dû servir d’amuse-gueules au zombie qui m’avait attaqué. Il y avait encore deux pièces, une chambre et ce qui servait vraisemblablement d’atelier de peinture au vue des croûtes entassées dans tous les coins. Nous avons donc entrepris la fouille et avons fait quelques découvertes intéressantes, notamment quelques conserves, des gâteaux secs et un pack d’eau. Des ustensiles de cuisine et de toilette et une caisse à outils bonne pour les bricoleurs du dimanche et même des vêtements, féminin et masculin qui remplissait l’armoire de la chambre. Nous les avons fourrés au fond d’un sac poubelle de peur de manquer de place. A noter pour plus tard la gazinière et sa bombonne qui pourrons nous être d’un grand secoure.

Après avoir examiné avec minutie le moindre fond de tiroir, nous sommes redescendus pour tenter encore une fois de forcer la porte du bas. Après avoir insisté quelques minutes sur le pied-de-biche nous y sommes enfin parvenus. Elle desservait la réserve d’une boutique de bibelots attrape touristes. Autour de nous s’élevaient des piles de cartons remplis de presse-papiers, pots à crayons, et autres arnaques estampillées Made in China. Autant dire qu’il n’y avait rien de bien utile à notre survie ici, mais en y réfléchissant les quelques bacs en plastiques contenant des outils d’étiquetage ou des rouleaux de papier bulles pourraient très bien faire l’affaire pour mettre un peu d’ordre dans le camp. Nous avons tout de même poursuivie les recherches et c’est alors qu’Eli s’approchait d’une grande étagère métallique qu’il a aperçu quelque chose remuer. Il s’est approché et a remarqué une trainée de sang qui menait à un bouffeur avec les jambes en charpie. Il se démenait pour ramper jusqu’à Eliator qui restait immobile, une expression de dépit sur le visage. Il s’accroupit pour l’attendre et lorsque le zombie a été à portée de main, Eli lui a planté sa dague dans le crâne, en me lançant:

- Et un de moins !

Il l’a ensuite fouillé et a trouvé, clipper à sa ceinture, un talkie-walkie toujours en état de marche qu’il a immédiatement fourré dans son sac.

Après cette petite élimination nous avons emprunté la porte menant à la boutique en elle-même. Tout était sans dessus dessous. Les vitrines étaient brisées, les présentoirs renversés et trois nouveaux bouffeurs déambulaient entre les rayons. Nous les avons immédiatement neutralisé et sommes rapidement passé à la suite. Là encore le butin était maigre hors-mis le second Talkie qui était posé près de la caisse enregistreuse.

Lorsque nous sommes sortis dans la rue une idée m’est venue en voyant une camionnette garé devant la boutique, clé sur le contact et un bouffeur somnolant sur la banquette arrière. Pourquoi ne pas se servir de ce véhicule pour bloquer l’une des ruelles adjacentes, nous n’aurions plus qu’à barricader les suivantes avec des meubles ou autre. En avançant de la sorte nous pourrions sécuriser des portions du pâté de maisons ce qui nous permettrait de fouiller plus librement les habitations en ayant toujours un point de fuite dans l’enceinte du château. J’ai immédiatement soumis cette proposition à Eli ainsi qu’au second binôme qui sortait par la porte d’une cave à vin en tranchant la tête d’un zombie. Ils ont tout de suite été séduits par l’idée qui avait déjà germé dans leurs esprits.

Seulement quelques minutes que nous avions émergé des bâtisses que déjà d’autres bouffeurs apparaissaient au coin de la rue, nous ne devions donc pas perdre de temps et emmener la camionnette à sa destination. Ensuite mes trois compères sont restés à accueillir les arrivants pendant que j’allai chercher un peu de main d’œuvre pour prendre tout ce qui servira aux barricades. Nous avons, avant tout, reculé notre van pour le garer en travers de la rue afin de réduire le passage au zombie et ainsi simplifier nos travaux.

Il nous a tout de même fallut deux bonnes heures pour enfin arriver à notre but et finalement la camionnette a trouvé une autre utilité. De grosses armoires, qui ont nécessité la force de quatre hommes, bloquent une grosse partie des petites rues, les trous bouchés avec divers mobilier. Quant à la camionnette, pour le coup, elle sert de “porte” à la barricade de la rue principale. Nous avons désormais un espace libre d’accès que nous devrons cependant surveiller contre d’éventuels débordements de l’activité zombie qui pourrait passer outre les barrages.

Quand nous avons enfin terminé notre petit bricolage, certains ont commencé déménager ce qui pourrait s’avérer utile au château tandis que d’autres surveillait les moindres faits et gestes des bouffeurs qui s’affairaient avec l’agitation. Quant à nous quatre nous mettions en commun nos trouvailles en se racontant les péripéties de nos visites respectives. Eric et Bastian n’ont pas été beaucoup plus chanceux que nous, coté découvertes et coté habitants surprises. Ils ont trouvé le même genre de nourriture que nous, quelques bouteilles d’alcool, une pharmacie, et encore du gaz.

Le soir venu, après avoir bouclé les remparts avec le van, nous nous sommes réunis pour débriefer des événements et des trouvailles de la journée. Cette première sortie s’est avérée plutôt positive et nous espérons qu’il en sera de même pour les prochaines. Il ne nous reste plus qu’à nous retrousser les manches et nous mettre au travail. A l’heure du couché tout le monde était excité, pris par les perspectives d’aménagements qui s’offraient à nous et c’est dans cet émoi général que je suis allé prendre la relève de la garde. C’est en demandant à Nina si son quart c’était bien passé qu’elle s’est approché et m’a chuchoté:

- C’était furtif mais je crois avoir vue des lumières bougées au loin, sans doute des phares. J’espère qu’ils ne nous ont pas retrouvés !

Je ne pouvais qu’approuver cette dernière phrase.

 

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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3 Commentaires

  1. Toujours aussi énorme

    • Merci beaucoup l’ami!

  2. Ça fait toujours plaisir de démarrer la journée avec une bonne histoire de Zombies ^^
    Ce vendredi s’annonce bien et devrait se terminer en beauté avec Carson City tome 4 pour ce soir :)
    :o

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