Rapport n°34 – Patrouilles

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°34 – Patrouilles

 

« J’espère qu’ils ne nous ont pas retrouvé ! » Cette phrase résonne toujours dans ma tête mais aussi dans les conversations de la communauté.

Dès le lendemain de cette fameuse annonce de Nina nous avons organisé une réunion afin de révéler à tout le monde la possibilité que nous ayons aperçu une patrouille du groupe de Sarah. Bien sûr, et comme l’ont soutenue certains membres, nous n’avons aucune certitude qu’il s’agissait bien d’eux, et même si c’était le cas rien ne prouve qu’ils nous aient repéré. En effet rien ne le prouvait hors mis un mauvais pressentiment ou simplement la peur de revivre ce que nous avions fui en venant ici. Le fait est que même si ce n’était qu’une hallucination de Nina dû à la fatigue ou bien d’autre survivants roulant à travers le pays, nous ne devions rien exclure et surtout pas le pire des scénarios. Que ce soit pour nos familles ou nos amis nous devions nous préparer et prendre des précautions. Pour ça, les avis qui étaient jusqu’ici partagés ont été unanimes : augmentation de la sécurité du camp, reprise des entraînements, couvre-feu et enfin, mise en place de patrouilles de guetteurs.

Dès le lendemain la cohue avait envahie Puignac. Nina apprenait le tir à l’arc, à ceux qui le souhaitait, en visant des cibles dessinées sur des planches de bois. Eric préparait l’équipement que chacun devra désormais avoir sur lui. Pour cela, il partageait les quelques armes à feux dont nous disposions, en privilégiant les équipes de garde ainsi que les patrouilles. En voyant l’ampleur de la pénurie d’armes, Eliator, aidé de son jeune apprenti, a entrepris la fabrication d’arc à partir du bois de Frêne se trouvant en contre bas des remparts. Il s’en voulait de ne pouvoir apporter à ces fabrications autant de soin qu’elles ne le mériteraient. Chaque adulte devait aussi être capable de se battre et de manier une arme de corps à corps. Pour se faire nous avons fait un inventaire de ce qui pouvait servir et tout un éventail de choix leur a été proposé. Ensuite Eric a proposé de nous donner des cours de défense, en tant qu’ancien militaire il est le plus apte à dispenser ce genre d’enseignement. Il y a des moments où l’on se croirait à l’école avec ces rangés d’élèves attentifs, reproduisant à la lettre les mouvements de leur professeurs. Bien évidement ces entraînements ne prennent pas tout notre temps car chacun doit continuer à accomplir ses tâches respectives.

Nous avons aussi planché sur l’amélioration de la sécurité du camp. En journée deux personnes devront surveiller les alentours depuis le haut des remparts, pendant qu’une troisième, muni de l’un des Talkies-walkies en cas de problèmes, devra régulièrement inspecter l’état de nos barricades. Celles-ci ont d’ailleurs été améliorées, pour plus d’efficacité, nous avons installé les pièges sonores que nous utilisions sur nos campements. Ainsi nous serons immédiatement avertis si, malgré notre vigilance, un zombie parvenait à passer. Un couvre-feu a donc été instauré, désormais dès le coucher du soleil il est formellement interdit d’utiliser de fortes sources de lumière en extérieur et de couvrir les fenêtres pour l’intérieur. Pour ce qui est de la nuit, nous préférons privilégier l’enceinte du château, les deux gardes sont donc conservés contrairement à la sentinelle extérieure qui ne reprend du service qu’au lever du jour. Rien n’a été laissé au hasard.

Après les premiers jours d’entrainement chacun adoptait petit à petit son arme propre, pas encore comme Eli, par exemple, qui voyait ses dagues comme un prolongement de ses bras, mais enfin, les progrès étaient visibles. Il s’avérait que personne ne regrettait son choix. C’est d’ailleurs assez marrant de voir chaque membre se balader à longueur de journée avec son arme et son équipement de base à la ceinture, comme si c’était le sabre que reçoit un Jedi après des années d’apprentissage. Avec tout ce que nous avons vécu je crois que nous avons pris conscience de l’importance d’être toujours prêt et ce, en toutes circonstances.

Les nuits passaient, calmes et sans surprises, aucun nouveau signe de vie « intelligente » à l’horizon. Certains commençaient même à se relâcher mais l’erreur à ne pas faire serait de baisser notre garde. Nous devions chercher plus loin. Il était donc temps d’envoyer notre première patrouille de guetteur afin d’élargir notre vision du terrain. Le choix de la composition de cette dernière était toute trouvée, Nina et Eli se portaient volontaire. Sans perdre de temps ils ont préparé leurs bardas, pris leurs armes et se sont retrouvés près de la tour en ruine. Leur mission était claire, ils devaient partir explorer les environs durant deux jours, ils passeraient donc une nuit dehors au grand dam de Mickaël qui, au-delà d’une petite pointe de jalousie, redoutait surtout les dangers potentiels qui attendaient sa dulcinée. Mais Eliator, sur un ton héroïque, lui a promis de la protéger au péril de sa vie, ce qui rassura un peu l’amoureux.

L’heure était venue. Nina a embrassé Micka, tandis qu’ Eli s’excusait auprès de George de ne pas pouvoir l’emmener dans cette aventure, avant de l’abandonner aux griffes de la horde de jeunes filles qui allaient s’occuper du pauvre enfant. Nous les avons aidé à se glisser le long de l’échelle de corde qui descendait jusqu’en bas du rempart puis dans un dernier signe de la main ils ont disparu dans l’épaisse forêt qui bordait Puiniac.

Après quelques heures, l’ambiance pesante qu’avait laissée leur départ à doucement disparu avec la reprise de nos tâches habituelles. Afin de penser à autre chose Micka à souhaiter participer un peu plus à la sécurité du château. Il a donc été affecté à la sécurité des barricades durant plusieurs heures. Nous avons aussi profité de cette journée d’exploration pour envoyer un groupe visité les deux nouvelles maisons qui suivaient nos barrages. Là encore, il a montré sa motivation et était prêt avant que son compagnon ne soit nommé. Bastian l’a suivi avec plaisir, « enfin une occasion de se dégourdir les jambes » a-t-il.

Quand j’y repense, se séparer d’autant de personnes au même moment n’était pas vraiment une bonne idée mais heureusement nous n’avons pas subie d’attaque ce jour-là. Pendant que nos amis se baladaient à l’extérieur, le reste des membres devaient gérer des problèmes causés par les enfants, particulièrement motivé pour mettre l’ambiance, comme si ils s’étaient passé le mot. Catherine consolait Chloé à qui le papa manquait, nous devions séparer Mégane et Emma qui se battaient pour une histoire de jouets, mais qui étaient redevenue les meilleurs amies du monde le soir venu. Et enfin il a fallu soigner Georges qui s’était écorché la jambe en faisant la bêtise d’escalader un muret. Bref pas le temps de nous ennuyer. Et les petits ennuis allaient bientôt continuer.

Environ deux heures après leur départ, c’est en panique que nous avons vu Micka et Bastian se précipiter vers la grand porte. Affolé, nous avons immédiatement libéré l’accès pour les laisser entrer. Mickaël était pal comme un linge et soutenait la lourde carcasse de son coéquipier qui boitait. Il saignait abondement du mollet. Après l’avoir confié aux bons soins de Claire, nous avons voulu en savoir plus sur la cause de cette vilaine blessure.

C’est en entrant dans la seconde maison inexplorée qu’ils ont été surpris, à l’angle d’un mur, par trois bouffeurs qui se sont immédiatement jetés sur eux. Une inattention qui aurait pu leur coûter cher. Ils lutaient difficilement contre les monstres, quand un quatrième est sorti de nulle part et a attrapé la jambe de Bastian. Déjà occupé par deux assaillants, il ne pouvait détournait son attention pour se libérer de l’emprise. Micka est alors intervenu, il a réussis à planter sa hachette dans le crâne du zombie avec lequel il se battait et a fait de même avec le dernier. C’est à ce moment, en portant le coup fatal, qu’il a entaillé la jambe de Bastian. Mieux valait ça que d’être mordu !

Après que l’adrénaline soit retombée, le grand blessé est ressorti de l’infirmerie, exposant fièrement sa blessure de guerre. Il a retrouvé son partenaire afin de le remercier de lui avoir, tout de même, sauvé la vie. La complicité qui est née suite à cet événement me fait dire que ces deux-là n’en resteront pas là et, qu’avant longtemps, ils se remettront en piste pour une nouvelle exploration qui devrait être faite avec plus de prudence ce coup-ci. 

Le lendemain, en me levant, je retrouvais Micka s’exerçant avec Claire et Catherine, au maniement de leurs armes. Ca faisait plaisir de voir autant d’enthousiasme, j’ai d’ailleurs fini mon jus de chaussette puis les ai rejoints avant d’aller inspecter les barricades. C’était une belle journée et nous attendions avec hâte le retour de Nina et Eli, en particulier Han a qui le maître manquait tellement qu’il n’a pas cessé de nous coller, moi et Georges. Pour patienter nous avons décidé de descendre à notre tour des remparts afin d’aller puiser un maximum d’eau à la rivière. Nous l’avons ensuite filtrée et fait bouillir afin de la purifier. Cela nous a permis de passer le temps et d’oublier un petit moment notre attente.

Nous trépignons d’impatience et ce n’est qu’au déclin du soleil que nous avons entendu un sifflement depuis le bas des remparts. Enfin ils étaient de retour et les bras chargés qui plus est. Nous leur avons lancé une corde pour remonter les sacs avant de les retrouver, impatient d’entendre les détails de leur aventure.

Ils ont commencé par nous exposer leurs trouvailles, beaucoup plus garnies que d’habitude. Ils portaient en bandoulière un peu de petits gibiers comme des lapins ou des oiseaux mais aussi et surtout un petit chevreuil que Micka allait se faire un plaisir de nous préparer. Ils ont ainsi repéré les zones propices à la chasse et à la pêche. Eliator a ensuite étendu sur une table un plan qu’ils avaient dessiné sur un bout de papier. Il schématisait les différents secteurs qu’ils avaient arpenté et notamment une clairière au milieu des bois où ils avaient trouvé les traces d’un campement qui dataient d’une semaine tout au plus. Nos amis ont difficilement suivis la piste que les anciens occupants avaient laissée derrière eux et celle-ci les a menés jusqu’à la route. Après cela plus aucunes traces. Impossible donc de savoir s’il s’agissait du groupe de Sarah ou d’une quelconque communauté de survivants qui aurait passé une nuit ici. Mais cela confirme que nous ne sommes pas seuls dans les parages et que nous devons rester sur nos gardes, continuer de patrouiller et de surveiller, pour garantir la sécurité de Puiniac.

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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5 Commentaires

  1. un super bon épisode; le suspense est bien présent. j’ai hâte de lire la suite.

    • Merci beaucoup et attend de voir la suite ^^

  2. Excellent, comme d’habitude quoi ;)

    Juste, j’ai repéré 2 petites coquilles :

    fin du paragraphe 7 : “« enfin une occasion de se dégourdir les jambes » a-t-il.” …. Il manque le “dit” à la fin apparemment, ou autre chose bien sur ^^…

    paragraphe 9 : “pal comme un linge” …. Pâle comme un linge

    Continue comme ça et vivement la suite

    • Merci beaucoup tout ces commentaires sont très motivants, et merci pour la correction, même après 2 relecture par deux personnes différentes ont laisse quand même passer des erreurs a cause de la mise en page pour les mots qui manquent, bien souvent, pour l’orthographe c’est autre chose.

      • Yeah, dans mon taff on passe notre temps à relire nos différents dossiers … Et y’a toujours une coquille qui traine par ci par là ;)
        Donc si je peux être utile ^^

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