Rapport n°36 – Attitude suspecte

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°36 – Attitude suspecte

 

Il l’avait promis et il l’a fait, Emeri est revenu nous voir, toujours aussi bougon mais un peu plus abordable qu’à notre première rencontre. A chaque fois, il passe un peu de temps avec la petite Chloé qui écoute attentivement ses histoires. Petit à petit les autres enfants se sont joints à eux. Visiblement Emeri supporte plus facilement la compagnie des enfants que celle des adultes. Ne sachant pas encore si on peut réellement lui faire confiance nous gardons un œil attentif sur ses venues, en particulier Catherine qui ne laisse jamais ses filles sans surveillance en sa présence. Personnellement je ne pense pas que nous ayons à craindre de ce vieil homme. C’est vrai que c’est un vrai ours mais au fond, je suis certain qu’il est sympathique, en plus il nous ramène régulièrement quelques fruits et légumes de son jardin. C’est vrai qu’il ne faut pas se fier aux apparences dans le monde actuel mais j’aime à croire que tout le monde n’est pas revenu à ses instincts primaires.

Malgré ça, il faut tout de même admettre qu’il y avait un mystère auquel nous n’avions pas encore répondu : Comment un petit vieux de 71 piges a pu survivre seul depuis tout ce temps et sans sortir de chez lui ou du moins sans laisser de traces ? N’étant pas le seul à se poser cette question, nous avons mené l’enquête en commençant par insinuer dans la tête des enfants des questions que leurs curiosités n’ont pu réprimer. Mais comme on dit « ce n’est pas aux vieux singes que l’on apprend à faire la grimace » (ola je me ringardise) et le papy ne s’est pas laissé avoir ne livrant que des bribes de réponses. Nous avons donc décidé de passer le cran au-dessus en choisissant de le faire suivre un soir où il rentrait chez lui. Comme d’habitude c’est Eliator qui s’y est collé avec talent puisqu’il a pu nous livrer une partie de la réponse.

Adroitement dissimulé dans l’ombre et évitant les quelques zombies qui rôdaient ce soir-là, Eliator n’a pas lâché Emeri qui évitait simplement les bouffeurs en pressant un peu le pas jusqu’à ce qu’il y en ait un qui se trouve sur son chemin. Là il a saisi sa pèle et lui en a envoyé un grand coup au travers du visage, lui fracassant la boite crânienne. Le papy ne se laissait pas faire c’est certain mais rien de bien exceptionnel dans le geste. Mais pourquoi n’avons-nous jamais trouvé un seul cadavre jonchant le sol avant notre arrivée ? La réponse était très simple. Après avoir dessoudé le Zombar, Emeri a poursuivi sa route jusqu’à chez lui. Eliator a à peine eu le temps de s’approcher de la porte que le papy est ressortit avec une brouette et y a fourré le cadavre avant de l’emmener chez lui. Notre compagnon a bien tenté d’en savoir plus mais les volets étant fermé il était impossible de voir à l’intérieur. Lorsqu’il nous a raconté ça en rentrant au camp, nous nous sommes tout de suite imaginé les pires choses au sujet d’Emeri. Que faisait-il des cadavres qu’il ramassait sur son chemin ? Certain on même évoqué la possibilité du premier Zombiephile que nous aurions rencontré.

Le lendemain tout le monde était sur les nerfs les enfants étaient cloîtrés à l’intérieur de Puiniac sans qu’ils ne sachent pourquoi. Nous attendions l’arrivé quotidienne d’Emeri bien décidé à en savoir plus. Nous étions impatients d’en découdre et ce n’est que sur les coups de onze heures qu’il est arrivé de son habituel pas nonchalant. Nous lui avons libéré l’accès à la cours puis il est entré, dévisagé par tous les membres du groupe. Il a fait quelques pas, puis s’est arrêter pour nous regarder à son tour en nous lançant :

- Z’en faites des gueules ! Vous voulez m’dézinguer ou quoi ?

C’est Eliator qui a alors pris la parole et lui a rétorqué :

- Tout dépendra des réponses que vous aurez à nous apporter.

- Des réponses à quoi gamin ? Je n’ai pas une tête à chapeau alors fais bien gaffe de quoi tu vas m’accuser.

- Pour l’instant on ne vous accuse de rien, mais nous avons des interrogations auxquelles nous aimerions quelques éclaircissements.

Emeri plissait les yeux se méfiant de ce que nous allions lui demander.

_ Bon tu la craches ta pastille ?

- Voilà nous vous avons suivis hier soir pour comprendre comment vous faisiez pour rentrer chez vous sans laisser la moindre trace sur votre route. Et c’est là que je vous ai vu emporter chez vous le cadavre du Zombie que vous veniez d’abattre. Alors la question est simple : Que faites-vous de ces cadavres ?

En entendant ça, le papy est parti dans un fou rire irrépressible. Outre le fait que c’était la première fois que nous l’entendions rire, nous étions surtout étonnés de sa réaction. Lorsqu’il s’est enfin calmé, il reprit son calme et dit :

- J’les empaille pour la déco de mon jardin, ça remplace les nains !

Nous faisions tous une tête de six pieds de long, ne sachant pas si nous devions le prendre au sérieux jusqu’à ce qu’il ne s’esclaffe :

- Vous verriez vos gueules bande de cons ! J’déconne bien sûr.

- Alors quoi ! Repris Eliator.

- J’récupère les cadavres pour en faire de l’engrais. J’les découpe en morceaux puis les fais cramer. Leurs cendres sont parfaites pour faire pousser mes légumes. Ca faisait longtemps que j’l’avais pas fait. Pas depuis qu’vous avez débarqué en tout cas.

Ceci expliquait pourquoi nous n’avions pas été alertés de sa présence par la fumée. Son explication nous rassurait un peu mais nous n’étions pas totalement détendu, Emeri l’a d’ailleurs remarqué et nous a proposé de le suivre pour nous prouver sa bonne fois. Je l’ai donc suivi, accompagné d’Eli pour en avoir le cœur net.

Nous avons retrouvé la porte que Bastian avec enfoncé, enfin réparé, puis nous sommes entrés dans la maison. Au delà du couloir que nous avions déjà vu, nous avons découvert un charmant salon richement décoré, probablement par la femme d’Emeri qui nous regardait depuis les nombreuses photos d’elle accroché au mur. Nous ne nous sommes pas attardés plus que ça ici et avons passé une petite cuisine légèrement bordélique, en contraste avec le salon, qui nous menait à l’arrière cours. Nous avons enfin pu constater la véracité des dires d’Emeri. Sur une souche était plantée un hachoir de boucher. Près d’elle Eliator retrouvait la brouette chargé du cadavre de la nuit précédente. Non loin, se trouvait une sorte de barbecue à cheminé à côté duquel était posé un seau ou il restait encore quelques cendres. Nous n’avions pu qu’à présenter nos plates excuses à notre voisin qui les a acceptés sans rechigner. Il nous a ensuite gentiment fait comprendre qu’il avait du pain sur la planche avant que le zombie ne pourrisse plus que ce qu’il ne l’était déjà.

De retour au camp, nous avons confirmé la bonne foi d’Emeri et les enfants on pu retrouver leur liberté sans savoir la raison pour laquelle ils l’avaient temporairement perdu. J’allais prendre la relève de la garde quand Eli m’a interpelé pour me parler. J’ai rapidement demandé à Eric de me remplacer  puis j’ai écouté ce qu’il avait à me dire.

- Excuse moi de t’ennuyer mon ami, mais je me devais de te prévenir que nous étions prêts à reprendre notre fonction de patrouilleur. J’en ai longuement parlé avec Nina et Micka, et nous sommes tombés d’accord. Nous devons accomplir cette mission même si pour cela nous devons parfois voir des choses terribles. Mais dorénavant c’est le monde qui est terrible.

Je ne pouvais pas les en empêcher et puis Eli avait raison il était nécessaire pour notre sécurité qu’il patrouille à nouveau. C’est donc sans plus tarder qu’il est allé chercher Nina pour qu’ils préparent leur nouvelle expédition. Ils prévoyaient de rentrer le lendemain et d’aller explorer une zone qu’ils n’avaient pour le moment pas abordée. Le temps d’un au revoir, et ils descendaient la muraille avant de disparaitre dans les bois.

Comme Mickaël ne pouvait plus rester inactif durant l’absence de son amour nous avons décidé de revoir un peu le planning des tâches, et avons choisis de nous pencher sur le problème de nourriture en organisant une récolte de masse. Que ce soit chasse, pêche ou cueillette nous ne voulions rien laisser passer. Catherine et Claire se sont portées volontaires pour veiller sur le camp et les enfants pendant que nous serions partis. Seul George a souhaité nous accompagner et connaissant l’enseignement qu’il reçoit d’Eli je ne me faisais pas trop de soucis. Nous nous sommes préparé au mieux, nous équipant des quelques arcs que nous avions fabriqué, de nos armes respectives et d’une partie de nos fusils. Je me suis dis qu’Emeri connaitrait sans doute le coin mieux que nous et qu’il pourrait peut être nous faire gagner du temps. Etonnement il était enchanté de cette proposition. Il a enfilé des vêtements de chasse, pris son fusil et une hache, et m’a suivi.

Nous étions tous heureux de sortir de l’enceinte du château et de prendre un peu l’air. Préoccupé, bien sûr par la sécurité des membres resté à Puiniac mais nous écoutions attentivement le Talkie-walkie au cas où les filles nous contacteraient. Nous nous sommes séparés en trois groupes. Le premier accompagné d’Emeri allant chasser le petit gibier à travers les champs, un second relevant les pièges à la rivière et tentant d’attraper quelque chose à la ligne et enfin le troisième recherchant des baies, des graines ou des plantes susceptibles de s’avérer utiles.

Le moins que l’on puisse dire c’est que l’organisation de cette journée récolte a été excellente. La nature était avec nous ce jour là et nous avons pu remplir les placards comme nous ne les avions pas remplis depuis longtemps. Plusieurs lapins, des oiseaux, du poisson, des fruits, quelques plantes comme de la menthe et même des tomates que nous avons déniché dans un jardin à l’abandon.

C’est donc le sourire aux lèvres et les bras chargés que nous sommes rentrés, retrouver nos amis qui allaient être surpris de voir autant de nourriture en une seule fois. C’était noël avant l’heure et c’est un véritable festin qui attendrait nos patrouilleurs à leur retour. 

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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3 Commentaires

  1. toujours aussi cool
    ;-)

  2. Enorme, comme d’habitude :D
    Bon courage pour la suite …

  3. Cool
    :o :o :o :o :o

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