Rapport n°37 – Une longue attente

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°37 – Une longue attente

 

Le lendemain du départ de nos amis patrouilleurs, notre réveil a été motivé par l’enthousiasme emmené par Emeri ce matin-là. Il s’est présenté de bonne heure au pied de la grand porte et c’est tout enfariné que Eric, de garde à ce moment-là, nous a fait signe de déplacer le camion. Emeri est entré dans Puiniac avec, comme à son habitude, une petite parole gentille :

_ Alors les feignasses, toujours au plumard ?

C’est avec un sourire forcé que Claire, qui allait chercher de l’eau, lui a répondu :

_ Contente de te voir aussi !

Ce à quoi il a rétorqué :

_ Attend un peu de voir ce que j’ramène et après tu m’diras si t’es contente, gamine.

 

Il a continué à avancer en nous faisant signe d’approcher. Là sur une table qui trônait dans la cours, il a déballé le contenu de son sac à dos. Celui-ci était rempli d’une multitude de petits sachets de graines. Il a fait le tour de la table d’un regard et nous a dit :

_ Voilà c’que j’vous propose les enfants. Bon, comme j’vois bien qu’vous galérez avec la bouffe j’me suis dit que ce n’serrait pas un mal de ramener de la bonne terre dans l’enceinte du château pour que vous puissiez cultiver en toute sécurité.

Cette proposition était inattendue, nous n’étions pas habitués à ce genre d’attitude de la part de l’ancien. Vu les regards interrogateurs autour de moi je devinais que je n’étais pas le seul à m’interroger sur cette soudaine gentillesse, du coup je me suis lancer pour tenter de trouver l’entourloupe :

_ Et tu souhaites quoi en échange de ton aide ?

_ C’est limite vexant comme question. En fait j’demande qu’une chose en échange, c’est que vous m’fassiez une petite place dans le château.

Cette demande nous a littéralement clouées sur place.

_ Ouai, je ne suis plus de toute première fraicheur et j’admets qu’un peu d’aide pour le quotidien ne serait pas de refus. Donc vous me trouvez une p’tite piaule pas trop toc, m’aidez à déménager et en échange je m’occupe des cultures et vous fournit en fruits et légumes. Je serais votre primeur en que‘que sorte !

Nous n’avions pas vraiment de raison de refuser et après une courte réunion c’est à l’unanimité que l’admission d’Emeri au sein du groupe a été votée.

Sans plus tarder un groupe est partie l’aider à apporter le principal de ses affaires. Son changement de comportement et les avantages que celui-ci apportait rendaient le groupe euphorique et impatient de pratiquer de nouvelles activités.

Son emménagement a permis d’améliorer la vie à Puiniac en y installant les quelques meubles qu’Emeri ne pourrait pas loger dans sa chambre. Etagères, tablettes, commodes, autant de choses qui venaient simplifier notre quotidien. Et si ce n’était que ça ! Mais il a aussi apporté de raisonnables réserves de nourriture sous forme de conserves maison, des outils pour le bricolage ou le jardin qui pourront aussi nous servir d’arme à l’occasion. Enfin ce qui a le plus marqué les membres du groupe c’est la quantité de vin qui a été déménagé de sa cave pour venir occuper celle du château. Emeri a d’ailleurs souhaité ouvrir quelques bouteilles pour fêter son intégration au groupe autour d’un bon ragout cuisiné par notre chef. Micka qui était le seul que la gaité général ne touchait pas. En effet avec tout ce remue-ménage nous avions omis que nos amis patrouilleurs auraient déjà dû faire le retour. Mais il n’en était rien.

Ce n’est que le lendemain que tout le monde a pris conscience de leur retard et que la joie à fait place à l’inquiétude. Un tel retard n’était pas dans leurs habitudes et au fond de nous, nous savions qu’il se passait quelque chose même si nous tentions de nous rassurer. Après nous être concerter nous avons décidé que nous leur laissions une journée de plus et que s’ils n’arrivaient pas au petit matin nous partirions à leur recherche. Micka souhaitait partir dans l’heure et ça n’a pas été facile de le raisonner.

Pour penser à autre chose nous avons décidé de continuer l’exploration du village, ça le calmerait peut être de se défouler sur des zombies. Le groupe s’est absenté toute la journée et c’est les sacs bien remplis et les lames bien rougies, que Micka a retrouvé son angoisse du matin en voyant que sa compagne n’était toujours pas rentrée. Il est directement allé aux cuisines s’isoler un peu préparant le repas du soir auquel il ne prendrait pas part. Cette nuit-là nous avons redoublé la garde pour surveiller tout signe de nos amis, empêchant tant bien que mal Micka de faire le pied de grue sur les remparts sans dormir.

La nuit est passée sans aucune nouvelles et sur les coups de dix heures Mickaël était déjà prêt à partir, accompagné de Claire et Eric. Avant qu’ils ne partent je leur demandais de surveiller notre ami, que la peur ne lui fasse pas faire de bêtise. Nous les avons regardés s’éloigner et très vite disparaître dans les bois, au pas de course. 

Nous n’avons pas eu besoin d’attendre bien longtemps avant d’avoir de leurs nouvelles. A peine deux heures après leur départ ils réapparaissaient déjà à l’orée de la forêt accompagné d’Eli et de Nina, boitant et se portant sur les épaules de son homme et celles d’Eric. Sans trainer nous les avons accueillis se demandant ce qui leur était encore arrivé. Nous avons allongé Nina, au soleil sur un banc de la cours pour que Claire soigne sa cheville qui était enflée pendant que Han sautait tout autour de son maitre, accompagné de George qui lui montrait la lance qu’il s’était fabriqué. Nous trépignions d’impatience de connaître toute l’histoire mais le duo a refusé de nous en dire plus avant que nous puissions tous nous retrouver autour d’une table pour parler de tout ça calmement.

Des bougies éclairaient nos visages impatients, nous attendions sagement l’arrivé d’Eli dans la grand salle de Puiniac. Nous avions beau essayer d’en savoir plus auprès de Nina, rien ne pouvait faire disparaître l’air grave qu’elle affichait. Même Micka ne parvenait pas à lui soutirer la moindre information. Heureusement l’attente n’a pas été longue. Elitor s’est assis près de moi, à prix une gorgé du verre qui l’attendait sur la table et à commencer son discours :

_ Tout d’abord je vous prie de nous excuser pour ce long retard et l’inquiétude que celui-ci vous a causée, mais nous avions une bonne raison à cela. Bien entendu comme vous avez pu le remarquer, Nina c’est foulé la cheville et je vais bientôt vous expliquer les circonstances de cette blessure.

Il cultivait le suspens ce qui avait le don d’en agacer certain autour de la table.

_ Je n’irais pas par quatre chemin, nous avons trouvé les coupables du terrible massacre sur lequel nous avions eu la malchance de tomber lors de notre dernière sortie. Nous avions passé notre première nuit au calme sur les branches d’un grand chêne quand nous avons été réveillés au petit matin par le bruit d’un moteur. Ni une ni deux nous avons foncé vers la source du bruit. Là venait d’arriver deux hommes et une femme à bord d’une voiture. Ils étaient garés sur le parking d’une station essence abandonné bien avant l’épidémie. Armés de fusils et de pistolet avec silencieux, ils ont abattu deux infectés d’une balle dans le crâne, puis sont entrés dans le bâtiment. Visiblement ils ne manquent pas de munition contrairement à nous. Nous nous sommes ensuite approché d’une fenêtre cassé pour pouvoir les espionner leur conversation.

Nous étions subjugués par son histoire et Nina ne pouvait qu’acquiescer ce qu’il racontait. Eli a repris une gorgé et a continué :

_ Ils discutaient de tout et de rien, en particulier de leurs trouvailles de la veille. Jusqu’à ce que la fille aborde un sujet intéressant. Elle parlait de leur camp et de leur armurerie et surtout du fait qu’elle avait eu du mal à prendre l’arme qu’elle voulait ce matin-là à cause de « la fliquette ». C’est là qu’elle a prononcé le nom de Sarah. Parmi tous les noms qu’ils avaient cité lors de leur discussion celui-ci a fait un effet choc. Je sais que ça peut très bien être une coïncidence mais dans ce monde je préfère ne rien laisser au hasard.

Je n’ai pas pu m’empêcher de lâcher :

_ Là, ça pue du cul ! On fait quoi maintenant ?

_ Je tiens à vous rassurez ils n’ont jamais parlé de quoi que ce soit au sujet de Puiniac et ils ne nous ont pas repéré. Nous avons réussi à nous enfuir sans nous faire repérer.

C’est à ce moment que Nina a choisi de prendre la parole :

_ Et c’est en courant dans les bois pour rejoindre le château que je me suis tordu la cheville sur une putain de souche. Mais en effet ils ne nous ont pas vus. Tout ce que je sais c’est qu’il va falloir vraiment nous préparer car ils ne vont pas ignorer notre présence à vitam aeternam.

Eli a ensuite repris :

_ Il y a une autre personne dont ils ont parlé à plusieurs reprises, celle de leur chef, ils l’appellent Millar. Vu la manière dont ils en parlaient ce type a vraiment l’air dangereux.

A l’autre bout de table, Emeri qui écoutait perplexe, a froncé les sourcils et a dit :

_ J’sais pas si ça a un rapport mais y a un politicard plutôt friqué dont ils parlaient souvent dans les journaux régionaux qui s’appelait Millar, Victor Millar j’crois. C’est peut être votre gars.

L’humeur de l’assemblé suite à cette nouvelle était entre l’effroi et la curiosité. En tout cas le thème de la prochaine réunion est tout trouvé, quelle attitude à adopter face à cette menace. 

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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2 Commentaires

  1. Ça fait toujours plaise de retrouver toute la bande !!!
    :o :)

  2. genial !

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