Rapport n°40 – Le trio

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°40 – Le trio

 

Bon reprenons !

Nous venions donc de nous abriter dans un hall d’immeuble plongé dans la pénombre. Nous apercevions de temps à autre le visage du gars nous menaçant avec son Beretta. Il ne nous lâchait pas du regard et continuait de blaguer d’un air détendu. Nous ne savions pas si nous devions vraiment le craindre ou si cette menace n’était que par mesure de précaution d’autant que nous serions bientôt rejoints par les tireurs embusqués que le type attendait avec impatience. En les attendant il a allumé une petite lanterne qu’il a déposé sur le sol et il s’est assis contre le mur en nous faisant signe de nous mettre à l’aise mais sans jamais baisser sa garde. Il a soupiré et a dit :

_ Bon comme on est parti pour passer un peu de temps ensemble je me présente, Je m’appelle Eon. Ouais je sais, pas banal comme prénom, mais nos parents nous ont donné à tous des noms bretons. Je dis « nous » car vous allez bientôt faire la connaissance de mes deux frères ainés.

Pendant qu’il continuait à parler de chose et d’autre j’en profitais pour l’examiner. La vingtaine, cheveux long, un arc dans le dos et un sac à dos plein de matériel à côté de lui, dessus était accrochée ou cousu des pochettes ou lanières de cuir probablement pour stocker un maximum d’équipements. Visiblement le gars était débrouillard.

Il avait arrêté de parler et le silence persistant commençait à devenir gênant quand nous avons entendu un claquement de porte suivis de bruits de pas dévalant un escalier et quelques instants plus tard ses frères apparaissaient.

_ Ha enfin vous voilà ! a lancé Eon. Je vous présente donc mes frangins. Avec la chemise de bucheron c’est Ael et le barbu derrière c’est Enor.

Ils nous ont fait un signe de tête et ont discuté à voix basse avec Eon, sans doute pour mettre les choses au point. En voyant le trio réunis nous avons tout de suite compris que nous avions à faire à des baroudeurs. Ils avaient le look du survivant que l’on voit dans les films. Entre Ael qui tenait une grande hache et Enor qui avait un fusil de sniper à l’épaule, on voyait qu’il savait se débrouiller dans le monde actuel, ils devraient bien s’entendre avec Eliator. Comme leurs plus jeune frère, ils avaient eux aussi des sacs agrémentés de toutes sortes de choses, ils avaient tout à portée de main.

Ils ont ensuite repris la parole pour nous questionner. Nous nous sommes donc présentés et leur avons expliqué les raisons de notre présence en ville. Après avoir entendu ce que nous avions à dire, l’histoire de notre camp et de ces membres, ils ont immédiatement baissé leur garde. Nous étions étonnés de leur manque de prudence mais en voyant notre air dubitatif, Ael nous a lancé avec un petit sourire :

_ Ne vous inquiétez pas, si vous tentez le moindre truc vous finirez avec une hache dans le crâne !

Nous étions avertis et puis ce n’était pas dans notre intention de nous en prendre à eux.

Ils ont ramassé leurs affaires puis nous ont demandé de les suivre à l’étage supérieur. Là se trouvait leur campement provisoire. Des sacs de couchage étaient étendus au sol au milieu de tout un bric-à-brac accumulé lors de leurs fouilles. Nous nous sommes installés, autour d’un petit réchaud qui cuisait une boite de cassoulet, un festin de roi, puis nous avons entamé la conversation.

_ On a sorti le grand jeu pour vous les gars, s’est exclamé Enor en riant.

Nous n’étions pas encore assez à l’aise pour avoir un rire franc, nous nous contentions donc d’un timide rictus.

_ Donc vous cherchez du matos pour votre camp ? A questionné Ael, ce à quoi j’ai répondu :

_ En effet on est dans une situation pas vraiment simple. Le groupe d’un taré appelé Millar nous mène la vie dure depuis un certain temps. Pour le moment ils n’ont pas encore repéré notre planque mais ce n’est qu’une question de temps.

Les frères m’écoutaient, attentifs, puis nous les avons questionné à notre tour :

_ Et vous comment en êtes-vous venu à vous installer ici ?

_ Bah en fait on squat ici depuis une semaine mais ce n’est que temporaire. On est ce qu’on pourrait appeler des vagabonds. On s’est lancé dans un périple avant que l’épidémie ne surgisse. Je vous laisse continuer les gars faut que j’aille pisser.

Ael a donc repris là où son frère s’était arrêté.

_ Ouais, donc on se trouvait au Canada depuis sept ou huit mois quand l’épidémie s’est déclarée en France. Elle contaminait le continent Américain quelques jours plus tard. Donc panique et tout le bordel qui s’en est suivi. Dès qu’on a senti le vent tourner, on s’est dit que ce serai pas mal de tenter de retourner au pays et par chance on a réussi à prendre un charter de l’armée canadienne qui partait. Bon, je vous épargne le bordel que ça a été par la suite.

Au moment où Ael finissait sa phrase Enor apparaissait à la porte sa hachette pleine de sang. Eon lui a demandé ce qui lui était arrivé et il a répondu :

_ Ho un zombar qui nous avait échappé et regardait ce qu’il portait, des Timberland, et pile ma pointure en plus, la classe non ?

Eon l’a félicité et a repris à son tour la discussion :

_ Donc, on était de retour dans un premier temps on a passé quelques jours dans un camp militaire, mais quand l’armée a été submergé on a compris qu’il était temps de plier les gaules et de reprendre la route, du coup on s’est dit « autant continuer notre tour du monde ». Voilà donc où nous en sommes, on va sans doute faire un petit tour en Italie avant de poursuivre vers les pays de l’est.

Notre première impression était donc la bonne, nous avions bien à faire à des survivants pur et dur. Pendant qu’Ael affutait sa hache et qu’Eliator discutait avec Eon de la fabrication de flèches, Enor me faisait faire le tour de ce qu’ils avaient pu trouver pour le moment. Ils avaient visiblement été plus chanceux que nous, un petit stock de boîtes de conserve, quelques armes et munitions et plein d’autres choses diverses et variées. Ils ont ensuite ouvert une bouteille de rhum posé parmi d’autre provision et nous avons repris de plus belle notre discussion jusqu’à ce qu’Enor aborde le sujet qui nous intéressait :

_ Donc vous avez besoin de bouffe, de médocs, d’armes, enfin tout ce qu’il faut pour faire tourner un campement. Je suis désolé mais vous comprendrez qu’on ne peut pas vous filez ce qu’on a trouvé jusqu’ici, on veut bien dépanner mais on refait nos stocks pour reprendre la route. Et puis sans vouloir vous vexer on ne sait pas encore si on peut vraiment vous faire confiance et vous non plus d’ailleurs. Ce n’est pas pour autant qu’on va vous laisser dans la merde les gars. Demain on comptait aborder la fouille d’un nouveau quartier donc vous n’avez qu’à nous accompagner et on se partagera nos trouvailles, et ça nous permettra peut-être de nous connaître un peu mieux.

Nous les avons remerciés puis je leur ai demandé :

_ Et vous, vous avez besoin de quoi avant de pouvoir repartir ?

Ael m’a répondu :

_ Bah, en fait pas grand-chose, il nous faut un peu de médocs en plus, notamment une pommade pour le vieux qui a un souci aux côtes. Enor souriait. Niveau bouffe et arme on est pas mal, mais on aimerait redonner un coup de jeune à notre matériel de camping du coup on va aussi visiter un magasin de sport qui se trouve sur la grande avenue. En gros pour le reste vous avez plus ou moins la voix libre.

Après ce petit réconfort nous avons été nous coucher dans un coin de la pièce, un peu à l’écart des frères. Eli, taillait un morceau de bois en pointe (bois qui lui sert pour le piégeage) pendant que Han dévorait une boite de pâté pour chien qu’Eon lui avait offert. J’en ai profité pour dormir un peu pendant que mes compagnons veillaient sur moi. Cette nuit a été paisible, même si chaque groupe a surveillé l’autre jusqu’au matin, mais après tout comme Enor l’avait rappelé, on ne savait pas encore si on pouvait se faire confiance.

Le lendemain nous avons été réveillés en fanfare par Ael qui préparait déjà le matériel à emporter pour cette nouvelle journée de recherche. A peine le temps de remballer et de s’enfiler un café, un vrai, et nous prenions la direction de la sortie. Sortie qui n’était pas tout à fait celle que nous pensions, au lieu de nous diriger vers le hall d’entrée, nous empruntions les escaliers jusqu’au dernier étage puis une échelle menant sur le toit. J’ai tout de suite demandé aux frères pourquoi nous étions ici. Ael m’a répondu d’un geste, il pointait la rue. Les zombies qui nous poursuivaient la veille, étaient toujours là, pas forcément nombreux mais autant ne pas tenter le diable. Nous allions donc passer par l’enchevêtrement de toiture qui s’étendait devant nous. Les frères avaient visiblement l’habitude de ce genre de chemin car ils esquivaient aisément les tuiles qui glissaient sous leurs pieds et venaient s’écraser quelques mètres plus bas. Je ne peux pas en dire autant pour Eli et moi et même Han qui restait coller à son maitre, attaché à lui par sa laisse qui ne semblait pas le déranger pour une fois.

Nous avons marché comme ça pendant une bonne heure, profitant des panoramas que nous offrait la hauteur du moins lorsque nous ne devions pas escalader un mur ou sauter entre deux bâtiments. Finalement nous sommes arrivés à destination et avons immédiatement entamé les recherches. Nous sommes redescendus sur la terre ferme pour commencer par une clinique vétérinaire. L’odeur était infecte, un mélange de cadavre en décomposition et de pisse. Les pauvre animaux qui se trouvaient dans les cages n’avaient eu aucune chance et étaient resté coincé là, condamnés à mourir de faim. Le pauvre Han était perturbé par toutes ces effluves qui le faisaient gémir. Nous ne voulions pas nous attarder ici c’est pourquoi nous avons dévalisé l’endroit au plus vite. Médicaments, seringues, perfusions, bandages, désinfectants, tout y est passé, de quoi remplir un sac à moitié. La récolte s’annonçait bien.

Nous avons ensuite vaqué ici et là dans les appartements, les boutiques ou encore les voitures abandonné au milieu de la route. Nous continuions d’amasser de maigres ressources qui nous permettraient tout de même de tenir quelques jours. En revanche ce quartier était plus propice à la découverte d’arme, rien d’exceptionnel non plus mais nous y avons trouvé plus de munitions et de pistolets que nous n’en avions trouvé jusqu’ici, et même un fusil d’assaut, un Famas d’après les frères. Celui-ci se trouvait sur le cadavre d’un soldat qui se trouvait dans une petite impasse, caché derrière un conteneur. Nous étions plutôt satisfait de nos trouvailles et nous marchions tout guilleret plaisantant avec nos nouveaux amis sur des sujets que nous n’avions pas abordé depuis bien longtemps. Mais bien entendu dans ce monde apocalyptique, toutes les bonnes choses ont une fin.

Nous nous trouvions en plein milieu de l’avenue, fouillant à droite à gauche ce qui pourrait avoir été laissé sur les cadavres quand soudain Han s’est figé. Il a reniflé, tendu l’oreille et a retroussé les babines. Nous avons regardé tout autour de nous ne voyant absolument rien, peut être sentait-il un zombie approcher mais au bout de quelques secondes il a cessé de grogner et a repris la route. Nous sommes repartie, silencieux et méfiant cette fois-ci et seulement quelques minutes après Han remettait ça de plus belle, nous n’étions pas seul. Les frères ont saisit leur armes, et se sont fait des signes qu’eux seul comprenaient. Ils se sont mis à l’abri sous des lucarnes ou derrière des murets nous les avons immédiatement imités. Eli a fait taire Han et nous sommes restés là, observant discrètement la rue jusqu’à ce qu’une silhouette se manifeste, puis deux. Les frères de leur côté, nous de l’autre, nous ne pouvions pas les rejoindre sans risqué d’être vu, d’autant que nous ne savions pas combien étaient nos poursuivants ni quelles étaient leurs intentions.

Nous observions le trio, chuchoter entre eux, dans l’attente d’un signe de leur part jusqu’à ce que Enor et Eon se faufile par la fenêtre du bâtiment derrière eux, sans doute pour avoir un meilleur point de vue de la situation. Ael nous a ensuite regardé et nous a fait comprendre qu’il fallait que nous nous tenions prêt, il a ensuite hurlé :

_ Salut les mecs ! Vous êtes en promenade ?

Mais aucune réponse ne s’est faite entendre, alors il reprit :

_ Pourquoi vous nous filez le train ? Vous nous voulez quoi ?

Cette fois-ci une voix féminine a répondu :

_ Il me semble que vous avez trouvé des choses qui pourraient nous intéresser, je suis certaine qu’il y a moyen de marchander un peu.

_ Désolé mais on ne vend rien !

_ C’est très ennuyeux parce qu’on est vraiment intéressé par ce que vous avez, ce serait dommage de se fâcher pour ça non ?

Ael a ricané et lui a répondu :

_ Il n’y a pas de raison de se fâcher, vous tailler la route et vous allez voir ailleurs si vous faites meilleur fortune.

Visiblement la réponse d’Ael n’avait pas plus à la demoiselle.

_ Bon écoute-moi bien mon con, vous allez déposer tout ce que vous avez au milieu de la route, bouffe, armes, médoc, et avec le sourire.

Visiblement Ael n’était pas décidé à coopérer :

_ T’es une marante toi, j’ai une autre proposition à te faire. On garde tout ce qu’on a et vous vous tirer avec le sourire.

Là une balle est venue ricocher sur le mur qui cachait Ael, puis la fille a repris :

_ Prend ça pour un avertissement, et si tu ne nous prends pas au sérieux demande à tes autres potes de quoi on est capable.

A ces mots j’ai immédiatement reconnu cette voix que l’on ne connaissait que trop bien. Sarah.

Je n’ai pas pu m’empêcher de prendre la parole :

_ Fous nous la paix Sarah. Tu ne crois pas que tu nous as causé assez d’ennuis comme ça ?

_ Bas disons que vous avez la manie de dénicher pas mal de choses intéressantes et pourquoi se fatiguer quand on a des larbins qui nous mâchent le boulot.

_ Tire-toi ! On ne te filera rien.

C’est bien dommage car je ne crois pas que vous soyez en position de force. Là une dizaine de gars sont apparus et se sont mis à tirer pour tenter de nous déloger de nos cachettes. Puis le feu a cessé.

_ Alors vous vous décidez ?

N’ayant aucune réponse les tirs ont repris de plus belle, nous avons alors vu Ael parler dans un Talkie-Walkie et la seconde qui a suivie des coups de feu ont été tirés depuis les étages. Nous les avons alors accompagnés, et ils ont réussi à en descendre un premier puis un second jusqu’à ce que ce soit moi qui prenne une balle dans le bras. Je ne m’étais encore jamais fait tirer dessus et je vous garantis que ce n’est pas la joie. Je pissais le sang, la douleur était intense, ça me brûlait. Je ne pouvais plus tirer et Eliator s’est immédiatement occupé de moi en pressant un chiffon sur la blessure.

L’échange de feu a continué jusqu’à ce qu’un troisième assaillant ne tombe raide mort. Là ils ont commencé à se replier et Sarah a hurlé, furieuse :

_ On se reverra bande de connards, votre petit groupe ne pourra pas s’en tirer éternellement ! Allez les gars on rentre !

Nous les avons observé s’éloigner puis disparaître à l’angle de la rue, quelques minutes plus tard nous entendions le bruit d’un moteur démarrer en trombe et s’éloigner. Les gars sont redescendus de leurs planques et nous nous sommes regroupé dans une boutique non loin pour m’instaurer les premiers soins. Eliator et moi étions sous le choc d’être tombé sur cette malade qui avait, par le passé, abattu l’un des nôtres. Les frères eux étaient vraiment énervés, en particulier Ael qui ne cessait de répéter :

_ J’y crois pas ces connards m’ont tiré dessus.

Quand Eli a enfin fini de me bander le bras, les frères avaient eu le temps de se concerter et ils se sont approchés, et nous ont annoncé :

_ Les gars vous venez de gagner notre aide, ces pourritures vont payer. 

 

Jérémy

 

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Auteur

jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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3 Commentaires

  1. Hate à la suite ^^

  2. hehehehehe!!! encore un épisode bien simpathique!! :) j’ais hate de lire la suite!! encore félicitation a toi Jérémy! a+++ bonne survie :)

  3. Ça faisait longtemps que j’avais pas lu !
    Ducoup j’ai lu toute la saison 3 à la suite ^^
    Vivement le prochain épisode :)

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