Rapport n°43 – Fusillade

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°43 – Fusillade

 

Nous pensions que retrouver nos lits nous permettrait de passer une bonne nuit de sommeil mais nos adversaires ne l’entendaient pas de cette oreille. Il était environ une heure du matin quand nous avons entendu des cris d’intimidation suivis de quelques coups de feu tirés en l’air. Visiblement Sarah comptait bien tenir sa parole en ne nous laissant aucun répit. Mais nous ne nous sommes pas tous laissé démonter, Enor en tête, leur a gentiment signifié qu’ils nous ennuyaient avec un poétique «Fermez vos gueules les glandus !» qui n’a, bien entendu, eu aucun effet. Ce n’est qu’une vingtaine de minutes plus tard que le calme de la nuit est retombé sur Puiniac. Dès le lendemain nous avons organisé une réunion au sommet afin de décider de la réponse à apporter à l’ultimatum de Sarah. Nous étions tous réunis dans la grande salle pendant que les enfants jouaient à l’étage. Chacun débattait de son côté jusqu’à ce qu’Emeri prenne la parole. Le calme est doucement revenu puis l’ancien a lancé le sujet :

_ J’ai jamais eu l’habitude de me laisser marcher sur les pieds, les enfants. L’Algérie, mai 68, la crise brève c’est pas les premières tuiles qui me tombent sur le coin de la gueule. Mais maintenant j’suis trop vieux pour défendre les gens avec qui j’suis actuellement, ce qui est sûr c’est que s’ils viennent nous cherchez des noises, ils prendront du plomb dans le cul avant de s’en prendre à moi.  

Là-dessus tout le monde était d’accord, il est hors de question que nous leur cédions ce que nous avions eu tant de mal à obtenir. Nous avons donc lancé un vote à mains levées et c’est à l’unanimité qu’il a été décidé que nous ne lâcherions rien à ces salopards.

C’est donc avec un regain d’énergie et de motivation que nous avons repris les préparations défensives qui étaient déjà bien avancées. L’idée du jour est venue des frères qui ont proposé d’aménager le fourgon blindé en véhicule d’évacuation. Même si nous y serons serrés nous pourrions tous nous y abriter en dernier recours. En y installant un kit minimum avec le matériel, les armes et la nourriture nécessaire le fourgon pourrait être la meilleure solution en cas d’urgence.

Nous nous sommes donc tous mis à l’œuvre et le soir venu les travaux avaient déjà bien avancé. Des systèmes d’alarme  comme ceux que nous utilisions lorsque nous campions ont été installé à tous les chemins d’accès à Puiniac. Au moindre bruit suspect les guetteurs seront immédiatement alerté et pourrons intervenir en fonction de la menace. D’un simple zombie récalcitrant, facilement éliminable,  à l’attaque nocturne des hommes de Millar où l’alerte serait immédiatement donnée, nous sommes prêts à toutes interventions. Des Talkies Walkies récupérés par les frères sont venus s’ajouter à ceux que nous possédions déjà, améliorant considérablement le système de communications des différents postes de sécurité.

Cette menace nous empêchant de sortir du château autant que par le passé nous privilégions encore plus notre autarcie. Le poulailler que nous avons installé dans la cour produit une bonne quantité d’œufs ce qui nous permet, entre autre, en les ajoutant simplement à la farine que nous possédons encore, de produire des galettes très nourrissantes et qui se conserves relativement bien. Nos jardiniers menés par l’expérience d’Emeri font eux aussi du très bon travail et commencent à fournir un nombre intéressant de légumes et fruits. Fraises, radis, salades, concombre et autre carottes viennent donc nourrir les rangs de Puiniac. La viande séchée que produit Eliator a aussi augmenté car, maintenant que notre position n’est plus un secret, plus besoin d’attendre la nuit pour alimenter le fumoir. Evidement tout cela ne suffit pas encore pour que nous soyons en total autosuffisance et il nous faut encore compter sur notre stock de conserves et autre denrée glanées ici et là. Le rationnement est donc plus que jamais de rigueur. Quant à l’eau cela n’est pas vraiment un problème car en notre absence un récupérateur d’eau a été ramené de chez Emeri et installé dans la cour. Et autant dire que les précipitations de ces derniers jours n’ont pas eu de difficultés à la remplir. Voilà je pense avoir fait le tour.

Nous passons donc la majeure partie de notre temps à attendre et à nous torturer les méninges sur la tournure que pourrait prendre les prochains jours. Mais un évènement est venu nous tirer de notre torpeur. Les Talkies Walkies se sont réveillés et à l’autre bout Claire signalait des coups de feu et des cris provenant de l’extérieur de Puiniac. Je l’ai immédiatement rejoint à son poste, perché au sommet d’une ancienne tour qui protégeait par le passé l’entrée du village. Nina et Micka m’accompagnaient. 

Nous sommes montés et Claire nous a montré d’où provenait l’attaque. Equipé de jumelles nous pouvions voir près d’un petit bois une voiture arrêté en plein milieu de la route. Nous distinguions deux adultes et un enfant qui s’abritaient derrière. L’un des adultes tirait de temps à autre un coup pour dissuader leurs attaquants de plus s’approcher. De l’autre côté se trouvait un fourgon, le même que celui emmenant Sarah à Puiniac quelques jours auparavant. De leur côté, quatre personnes tiraient sans soucis d’économie de munitions. La pauvre famille était donc dans une salle posture.

Nous ne pouvions pas laisser faire et il nous fallait intervenir sans plus attendre. J’ai donc demandé à Eric de nous rejoindre avec l’un des fusils de précision de notre armurerie. Il est arrivé deux minutes plus tard accompagné de Bastian. Nina et Claire sont restées au sommet de la tour pour couvrir notre retour pendant que j’accompagnais Micka, Eric et Bastian jusqu’à l’échange de feu.

Nous nous sommes discrètement approchés depuis un petit bois, prenant les assaillants à revers. Là Eric s’est mis en position et a ouvert le feu, atteignant l’un des hommes en pleine tête. C’était notre signal pour sortir du bois et tirer. Surpris par cette attaque inattendue, les trois hommes restants ne savaient plus où donner de la tête et nous avons réussi à en abattre un second avant qu’ils ne choisissent la retraite en aillant le temps de récupérer l’arme d’un de leur mort. Ils ont démarré le fourgon et nous ont foncés dessus. Pendant qu’Eric et Micka allaient fouiller les corps Bastian et moi sommes allés au secours de la famille. Lorsque nous sommes apparus derrière la voiture j’ai esquivé de peu un tir de détresse et l’homme qui venait de tirer s’est immédiatement confondu en excuses nous suppliant de les épargner. Nous les avons alors reconnus. Devant nous se trouvait le métallier qui nous avait fourni les matériaux pour la porte du château. Il était recroquevillé sur lui-même serrant dans ses bras sa femme qui perdait beaucoup de sang qui elle-même tenait leur petite fille. Il tenait fébrilement le pistolet que je lui avais donné en remerciement de son aide. Bastian a appelé nos compagnons en urgence pour que nous les mettions au plus vite en sécurité. L’homme était effondré, il tremblait comme une feuille et avait du mal à marcher. Sa femme était touchée à l’abdomen et il fallut que le grand gaillard de Bastian la porte sur son dos pour pouvoir la déplacer. La petite serrait son père elle était effrayée, toujours sous le choc de ce qu’elle venait de vivre. Vu la gravité de la blessure de la femme il fallait lui apporter des soins sans plus tarder. Tout en courant jusqu’au château, protégé par Eric et Micka en ligne arrière et moi soutenant l’homme pour l’empêcher de défaillir,  je repensais à notre première rencontre et dans mes souvenir nous avions vu un bébé dans les bras de sa mère mais ce n’était probablement pas le moment d’aborder le sujet.

Nous approchions de l’entrée du village quand des tirs ont ricochés à notre suite, visiblement les hommes de Millar ne supportaient pas l’échec. Les coups de feu ont cessé une fois à l’intérieur de Puiniac mais nos assaillants n’en resteraient sans doute pas là il fallait donc rester en état d’alerte.

La femme a tout de suite été prise en charge par Claire et Catherine qui allaient faire leur possible pour la soigner. Par chance la balle avait traversé mais elle avait déjà perdu beaucoup de sang. Nous avons eu du mal à calmer l’homme qui voulait accompagner sa femme. Bouleversé, il a finalement attendu avec sa fille, à l’extérieur, dans l’attente d’en savoir plus sur l’état de sa femme. Ce n’est qu’une demi-heure plus tard que Catherine est venue nous dire qu’elles avaient réussis à la maintenir en vie mais que la femme était inconsciente dans un état instable.

Nous avons laissé la famille tranquille et pendant toute la nuit les filles se sont relayées à son chevet pour prendre soin d’elle, lui changer les pansements et vérifier sa température. Au petit matin, alors que je parlais à Eli des évènements de la veille qu’il n’avait pas trop suivi, trop occupé par le fumoir, l’homme est apparu dans la cour. Il avait la mine déconfite et les yeux rougis. Nous nous sommes approché de lui et lui avons proposé notre aide, plus par politesse qu’autre chose. Il s’est assis au bas des escaliers menant à la porte du logis et nous a murmuré un timide merci. Nous avons ensuite discuté, tentant d’en savoir plus sur ce qui les avait mené jusqu’à la fusillade. Il a sorti de sa veste ensanglantée, son portefeuille qu’il a ouvert sur des photos de sa famille.  Ce n’est pas sans sanglots qu’il s’est lancé :

_ Peu de temps après votre passage chez nous nous avons tout perdu… Dorothée… notre petite puce… Une putain de fièvre nous l’a enlevé.

Le pauvre homme s’est immédiatement mis à pleurer, je ne peux pas imaginer la souffrance que ce doit être. Il a temporairement réussi à retrouver son calme puis a continué :

_ Nous ne pouvions plus rester là-bas… trop dur de voir chaque jour son petit lit ou sa tétine trainer sur la table. Nous avons donc repensé à vous et Laura m’a convaincu de vous rejoindre. Nous devions protéger Anaïs, le seul enfant qu’il nous restait désormais. Je pense que vous connaissez la suite… Encore merci d’être venu nous aider, merci, merci…merci. Au fait moi c’est Adrien.

Sur ces remerciements il s’est remis à pleurer, je lui ai mis une tape dans le dos, en signe de réconfort, puis nous l’avons laissé se remettre de ses émotions.

Si j’étais croyant je dirais que je prie pour que Laura s’en tire mais je me contenterai de croiser les doigts. Ce serait terrible que le sort s’acharne ainsi sur cette pauvre famille. Ce salaud de Millar et ses hommes sont donc capable de tout, même tirer sur des parents et leurs enfants. Je crains que nous n’ayons pas d’autre choix que de songer à une offensive. 

 

Jérémy

 

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Auteur

jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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4 Commentaires

  1. Enfin j’ai avait marre d’attendre et super chapitre ;)

    • Je sais qu’il y a beaucoup d’attente ces derniers temps mais j’ai très peu de temps pour le JGTZ en ce moment. Projet immo oblige. En tout cas merci pour les encouragements.

  2. encore une fois je me délecte de cette histoire ^^
    c’est trop bon!

    • C’est un plaisir

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