Rapport n°44 – De Charybde en Scylla

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°44 - De Charybde en Scylla

 

Ce n’est pas par plaisir que je vais rédiger ce rapport mais il est important de relater les évènements qui ont suivis l’arrivée de Laura, Adrien et leur fille.

La nuit c’était bien passé. Pas de nouveau tapage nocturne et rien à signalé du côté des postes de garde. Tout le monde dormait sur ses deux oreilles hors-mis Adrien qui veillait sur sa femme et sa fille.  Cette dernière dormait comme un loir, exténuée par les bouleversements dans sa vie. L’état de Laura s’était stabilisé, la fièvre chutant, ralentissant par la même les crises de spasme dont elle était victime. Malgré cela elle était toujours inconsciente.

Le réveille s’est avéré difficile pour certains qui avaient bien du mal à émerger de cette longue nuit de répits. Cependant d’autres étaient déjà au turbin comme les frères qui inspectaient leur matériel, Eliator qui corrigeait les tranchants de nos lames ou Eric qui vérifiait le stock d’arme. Les enfants s’agitaient autour d’Emeri occupé à cueillir notre première récolte de fraise. Bref la journée s’annonçait sous les meilleurs  auspices. Plus tard dans la matinée, lors de notre réunion hebdomadaire, Nina a proposé que nous organisions une nouvelle sortie. Première sortie depuis que nous savons que les hommes de Millar sont à nos portes. Des pisteurs discrets pourraient ainsi observer les vas et viens de nos adversaires, leurs changements de gardes, leur matériel ou le nombre d’homme. Il y a eu beaucoup de réticence face à ce projet mais Nina a su trouver les mots pour convaincre l’assemblée et quelques heure plus tard organisions le départ.

Bien choisir les membres de ce « commando » était primordial. Il nous fallait des personnes habiles en déplacement silencieux et heureusement cette caractéristique ne manque pas parmi les membres de notre groupe. Les trois frères se sont portés volontaires pour être le premier groupe à partir. Le second groupe serait composé de Nina donc, mais aussi Eliator, Han et moi. Il était temps pour chaque groupe de préparer son matériel afin d’être paré pour les missions à venir. Armes, vêtements sombre et même vivre au cas où la sortie devrais durer en longueur et enfin les moyens de communication pour prendre contact avec Puiniac lorsque nous serons à porter.

La nuit précédant la première sortie, celle des frères, a à nouveau été perturbée par le tapage causé par les hommes de Millar, de quoi énerver et motiver nos trois amis. A peine réveillé qu’ils étaient déjà sur le départ. Le soleil n’était pas encore tout à fait levé, la pénombre dissimulerait leur départ du château. Un petit nombre les a accompagné jusqu’à la grand porte et après leur avoir souhaité bonne chance nous les avons regardé s’éloigner. Bientôt ils avaient disparu dans le bois bordant le village.

Ils sont revenus le soir même alors que la nuit tombait. Hors mis le nombre de personne que comptait une patrouille qu’ils avaient réussis à trouver, ils ne ramenaient avec eux aucune autre information intéressante. Deux jours plus tard ça a été à notre tour de partir en repérage en essayant de faire mieux. Là encore nous avons été inefficaces.

Nous avons donc continué à alterné les sorties des deux groupes pendant plusieurs jours et notre persévérance a fini par porter ces fruits. Nous avons fini par mettre la main sur l’un des lieutenants de Millar. Nous avons pu déterminer ses allées et venues parmi la dizaine de personnes qui forment les différents groupes chargés de notre surveillance. En nous intéressant de plus près aux conversations qu’il avait avec ses hommes nous avons pu en apprendre plus sur leur communauté. Nous savons qu’ils sont installés dans un ancien lycée, mais nous ne savons pas où. Google Map serait tellement le bien venue car il n’y a rien d’indiqué sur nos carte. Et puis nous ne savons même pas à combien de kilomètres ils se situent exactement. Il nous est impossible de les suivre jusque là-bas sans nous faire repérer.

Nous avons aussi remarqué de la fumée s’échappant des bois, de ce qui doit probablement être leur camp de base. Toutes leurs patrouilles convergent vers ce point mais nous n’avons pas encore osé nous y aventurer.

Tout aussi important, à plusieurs reprises dans leurs conversations ils ont employé l’expression « les autres ». « Les autres ne sont pas au courant, les autres ne doivent pas savoir, les autres sont vraiment con ! » Mais qui sont-ils ? Probablement une partie de leur groupe qui n’est pas au courant de leurs agissements. Peut-être une opportunité pour nous.

Et une dernière chose positif vient se mettre notre côté. Ils commencent à être à court d’essence, nourriture ou encore munitions. Voilà l’une de leurs plus grosses erreurs, avoir laissé filtrer cette information, car nous avons désormais un temps d’avance sur eux. Nous avons la possibilité de les avoir à l’usure en les forçant à gaspiller leurs dernières ressources.

Pour se faire nous avons décidé de les mettre à cran en leur tendant des pièges, en les appâtant. Mais comment faire là est la véritable question. La seule idée que nous ayons eux pour le moment est d’attirer des zombies à un point précis pour forcer les hommes de Millar à se mettre en position de faiblesse. Et quel meilleur choix que leur campement dans les bois, nous pourrions en plus nous y infiltrer pour saboter leurs réserves.

Sur le papier tout cela était bien beau mais la réalité en a été tout autre.

Pendant plusieurs jours nous avons recherché le dit campement pour finalement le trouver en suivant une patrouille qui s’y rendait. Ils l’ont installé près d’une rivière passant en contrebas d’une falaise. En se mettant dos à celle-ci ils ont l’avantage de n’avoir qu’une seule direction à protéger des zombies. Cela n’arrange donc pas nos affaires car dans ces conditions il est bien difficile de les prendre par surprise. Mais nous n’avions pas d’autre choix nous avons donc attiré des bouffeurs à un kilomètre, environ, de leur position et nous avons réussis à les attacher à un arbre.

Héla tout ne va pas toujours comme on l’espère et quelque fois le sort s’acharne.

Nous nous afférions à la mise en place de notre plan quand l’état de la pauvre Laura s’est subitement aggravé. La fièvre est montée sans que nos infirmières ne puissent rien y faire. Elle était prise d’effrayants tremblements et convulsait. Claire à fait tout ce qu’elle pouvait, elle a utilisé toutes ses connaissance mais malgré tous ses efforts la pauvre Laura a fini par succomber à sa blessure. Nous étions effondrés et Adrien et Anaïs inconsolables. Leur vie n’était désormais qu’une suite de pertes tragiques.

Nous avons souhaité respecter leur deuil et avons choisis de rester à Puiniac pendant deux jours afin de les soutenir. Une cérémonie a été organisée et dirigée par Emeri qui a prêché le sermon. Nous avons enterré la dépouille dans la charmante petite cour fleurie d’une maisonnette proche du château.

Outre Adrien et Anaïs qui passe leur temps sur la tombe de Laura, une autre personne a été très affectée par cette tragique perte, Claire. Elle ne se pardonne pas d’avoir échoué, de n’avoir pas réussi à la maintenir en vie.

Alors que je passais près de l’infirmerie, un fracas m’a interpellé et lorsque je suis allé en voir la raison je trouvai Claire assise dans un coin de la pièce, en pleurs. Elle avait renversé les casiers de matériel médical. Je me suis approché et me suis assis près d’elle. Je ne pouvais pas la laisser dans cet état. J’ai repoussé ses long cheveux qui lui tombaient devant le visage, l’ai pris dans mes bras et je lui ai chuchoté :

_ C’est pas de ta faute, tu n’aurais pu faire mieux.

_ Si ! m’a-t ‘elle répondu brusquement. J’aurai dû être plus attentive.

Nous sommes restés quelques minutes immobiles à fixer le sol puis elle m’a dit :

_ Faut que je voie autre chose, j’en ai besoin. Je serai de l’opération contre Millar !

Son regard était sombre, elle avait pris sa décision et je ne voulais pas m’y opposer.

Le lendemain du deuxième jour de deuil nous avons maintenu notre plan, les deux groupes de pistage se sont donc préparer à partir. Cependant un changement a eu lieu, Claire s’est jointe à nous comme elle le souhaitait. Elle a pris la place de Nina qui n’a étonnement pas rechignée. Tout ce petit monde a donc pris son matériel et nous avons rejoint le point où nous avions rassemblé les zombies. Les bouffeurs étaient à leur place et nous n’avions plus qu’à attendre la tombée de la nuit pour prendre les hommes de Millar par surprise.

Les quelques heures d’attentes nous ont paru une éternité. Nous étions silencieux et la pression était à son paroxysme. Enfin le soleil a disparu derrière les arbres. L’heure était arrivée, il ne fallait plus hésiter.

Nous avons commencé à exciter les zombies et une fois détachés les avons prudemment menés à l’orée du campement.  C’est alors Han qui a pris la relève. Eliator l’a fait aboyer pour attirer l’attention des morts puis il a jeté une balle au loin en ordonnant au chien d’aller la chercher. Il immédiatement a filé vers sa destination, les zombies à ses trousses. Quelques secondes plus tard les morts-vivants débarquaient dans le campement causant la panique parmi ses occupants. Des coups de feu ont commencé à résonner et nous n’avons pas plus tardé à nous approcher pour saboter un maximum de ressource.

Les hommes de Millar courraient dans tous les sens surpris par cette attaque subite, et nous profitions de cette diversion pour nous approcher des véhicules les plus accessibles. L’un d’eux, un Pick-up était chargé de quelques caisses en plastique remplis de nourriture et vêtement. La quantité de nourriture n’avait rien d’exceptionnelles ce qui confirmait ce que nous avions rapporté de nos repérages. Nos deux groupes étaient séparer pour tenter de faire le plus de dégâts possible. Eliator installait une mèche en tissu dans le réservoir afin d’y mettre le feu. Pendant ce temps Claire et moi volions la nourriture que nous pouvions et souillions le reste. Ce n’était pas par gaité de cœur que nous gaspillions ces si précieuses denrées mais nous n’avions pas d’autre choix si nous voulions que notre plan ait de l’effet.

Tout allait très vite et bientôt le nombre de zombie était réduit à zéro. Nous n’avions pas d’autre choix que de fuir avant que l’on ne remarque notre présence mais hélas il était trop tard, les frères avaient été repérés et étaient déjà aux prises avec l’ennemi. Nous avons immédiatement porté main forte à nos amis. Les balles fusaient dans tous les sens nous ne savons plus où donner de la tête. Seulement un des leurs avait périe pendant l’attaque des zombies et nous étions en infériorité numérique.

Soudain d’autres bouffeurs sont sortis des bois, attiré par le bruit. Ils étaient des dizaines et ce coup-ci nous aussi étions leurs cibles. Il nous fallait donc lutter sur deux fronts à la fois tout en essayant d’économiser nos munitions ce que par chance les hommes de Millar ne se souciaient pas. Nous étions en très mauvaise posture et n’avions pas d’autre choix que de battre en retraite. Nous avons donc allumé les mèches des réservoirs et avons tenté de fuir tout en saccageant ce que nous pouvions. C’est alors qu’un aboiement a retenti et que Han est a surgie d’un fourré en se dirigeant vers son maître. Un tir, un seul a suffi. La pauvre bête a été stoppé net dans sa course et est venu s’écrasé au sol, au pied d’Eliator. Il s’est précipité sur son chien, ne se préoccupant plus des tirs. Il a enroulé l’animal dans sa cape. Han regardait Eli en haletant et gémissant, il souffrait le martyre et perdait énormément de sang. Eliator le suppliait de rester avec lui, les larmes coulaient sur ses joues.

Eliator a porté son chien dans ses bras, il ne pouvait pas l’abandonner là. Nous avons continué à fuir. Mais encore une fois rien n’est allé. Subitement Claire a remarqué un fusil au sol et s’est précipité dessus. Je lui ai hurlé de revenir mais trop tard. L’un des véhicules a explosé projetant Claire au sol. Le temps qu’elle se relève un homme surgissait et saisissait notre amie, encore étourdie par l’explosion. Nous n’avons rien pu faire car il l’a tenait devant elle, en bouclier humain et l’instant qui suivait, ils montaient dans l’une des voitures encore indemne et quittait le campement sur les chapeaux de roues. Les quelques hommes encore dans le camp nous tiraient toujours dessus et nous n’avons pas eu d’autre choix que de partir et d’abandonner Claire aux mains de l’ennemi.

Nous avons vite rattrapé Eliator qui avait pris de l’avance, mais les hommes de Millar nous suivaient en tirant. Je me suis alors retourné mais les frères avaient disparu. L’instant d’après ils sortaient de derrière les arbres où ils attendaient nos poursuivant. Ils ont réussis à en abattre deux grâce à l’effet de surprise mais les deux derniers leurs ont donné plus de fil à retordre.

J’ai hurlé à Eliator de continuer et suis allé aider mes compagnons. Sans grande utilité car lorsque je suis arrivé ils avaient planté une lame dans la nuque d’un des types et avaient maîtrisé le dernier des pour le forcer  à nous suivre. J’ai donc rattrapé Eliator et l’ai aidé à porter Han sur les derniers mètres qui nous séparaient de Puiniac.

Quand nous sommes enfin arrivés Eli et Catherine ont immédiatement pris Han en charge. Le pauvre avait perdu connaissance mais par miracle la balle avait traversé et n’avait touché aucun organe. Ce n’est pas bien de comparer un chien à un humain mais pourvu que son état ne s’aggrave pas comme celui de Laura.

Une demi-heure plus tard les frères arrivaient poussant devant eux notre otage qui qui ne cessait de se débattre. Nous l’avons enfermé et attaché dans la cave du château et l’avons laissé là, seul, ligoté, sans eau ni nourriture. Cette pourriture a du souci à se faire car nous avons beaucoup de choses à lui demander. Mais peu importe ce qu’il nous révèlera. Cette sortie était une erreur et le jeu n’en valait pas la chandelle.

 

Jérémy

 

Et n’oubliez pas que vous pouvez suivre la page Facebook du JGTZ en cliquant ici: 

Page Facebook du JGTZ

Auteur

jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

Articles relatifs

0 Commentaires

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*