Rapport n°45 – Humiliation

 

Chapitre 3.0

 

Rapport n°45 – Humiliation

 

Des hurlements et encore des hurlements, voilà ce qui a accompagné la première journée sans Claire. Nous étions au fond du gouffre. Que pouvions-nous faire pour sauver notre amie ? La pauvre devait vivre des moments terribles mais nous ne préférions pas penser au pire. Nous nous torturions les méninges en réfléchissants à tous les moyens que nous pouvions mettre en œuvre pour l’aider, mais hélas peu de solutions nous venaient à l’esprit.

Les hurlements étaient ceux de l’otage, au début ils étaient de son plein gré. Puis, à force de nous titiller en nous racontant ce qui pourrait arriver à Claire, nous avons pris les choses en main. Et l’homme a bientôt changé de discours en tentant de nous dissuader avec les représailles dont nous pourrions être victime. Nous avons commencé par un interrogatoire tout en douceur, que je me suis permis de mener accompagné d’Ael. Le gentil et le méchant flic.

On peut dire que ce type a le mérite d’être coriace mais son arrogance a fini par réveiller en nous une sévère envie de meurtre.

Nous avons déverrouillé le cadenas de sa cellule et avons pénétré en restant silencieux. En nous inspirant des bonnes vieilles scènes « clichés » d’interrogatoire nous avons commencé par nous assoir face à lui, à califourchon sur nos chaises, puis nous nous sommes lancés :

_ Alors dis-nous quelle est ton état d’esprit en ce moment même ? je préférais attaquer doucement avant qu’Ael ne lui mette la tête au carré.

_ Allez-vous faire foutre !

_ Je dois t’avouer que ce n’est pas vraiment la réponse que nous attendions. Alors peut être que tu es un peu dur d’oreille ou bien juste con donc je vais reformuler ma question. Combien de temps tu penses pouvoir tenir avant de te chier dessus et de tout balancer ?

Visiblement le type n’était pas vraiment décidé à coopérer car en guise de réponse il a reniflé un grand coup avant de cracher sur mes chaussures. Je sentais mon partenaire qui bouillonnait face aux réactions de notre détenu mais je voulais encore un peu le titiller avant de passer aux choses sérieuses.

_ Bon comme tu ne comprends pas, je vais te demander autre chose alors. Où tes connards de copains ont emmené notre amie ?

_ Visiblement c’est vous qui n’comprenez pas, je vous ai dit d’aller vous faire foutre, je crois que c’est clair, je ne dirais rien.

Ael n’a pas pu se retenir et lui a lancé d’un air menaçant :

_ Je te garantis que tu vas parler.

_ Et bah moi je te garantis que je fermerai ma gueule et ça ne sert à rien de faire les gros yeux mon gars. Et pour ce qui est de votre petite copine il vaudrait mieux pour vous que je ne sois pas trop abimé si vous voulez la revoir en vie.

Son argument a fait mouche et après que Ael lui est décoché une bonne droite nous sommes sortis de la cellule pour le laisser réfléchir. En partant je lui ai quand même rappelé que s’il voulait manger un morceau au lieu de crever de faim il pouvait toujours lâcher quelques infos.

J’ai ensuite rejoint Eliator qui était au chevet de son chien. Il avait allongé l’animal sur un matelas de paille recouvert d’un linge taché. La pauvre bête n’arrivait pas à garder les yeux ouverts, son bandage commençait à s’imbiber de sang. Il gémissait de temps en temps en luttant pour respirer. Dans un coin de la grange était assis Eli qui taillait des flèches, le regard perdu dans le vague.

_ Comment va-t-il ? lui ai-je demandé.

_ Je ne sais pas vraiment, je viens de changer son pansement et il commence déjà à rougir. Je lui donne des antibiotiques pour l’aider à lutter. Je fais ce que je peux mais sa blessure est vilaine et je ne sais vraiment pas si…

Il n’a pas pu terminer sa phrase s’obligeant à retenir ses larmes.

Je lui ai ensuite parlé de mon entrevue avec l’otage afin de lui changer les idées. Mais il ne m’écoutait que d’une oreille. Soudain Catherine est entrée dans la grange et s’est approché avec des bandages propres. Elle m’a fait un signe de tête puis je les ai laissé s’occuper de Han. Je ne serais pas d’une grande utilité.

Les bavardages allaient bon train mais il n’en était pas de même pour les propositions de sauvetage de Claire. Bien sûr il aurait été facile de torturer à mort notre otage afin qu’il nous révèle ce que nous voulions mais nous refusions d’en arriver à de telles extrémités. Et puis il ne fallait pas oublier qu’il pourrait nous servir de monnaie d’échange. Mais Millar lui-même a tranché pour nous.

Il était environ 19 heures et le soleil déclinait quand des phares se sont alignés à la sortie de Puiniac. Ni une ni deux, nous avons mis les enfants à l’abri, avons saisis nos armes et nous nous sommes précipités vers notre poste avancé. Cinq camionnettes s’étaient garées et une quinzaine de personnes armées en sont descendues. Nous nous regardions en chien de faïence, attendant un signe du camp d’en face. Quelques secondes, qui ont paru une éternité, se sont écoulées et finalement la portière arrière du véhicule du milieu s’est ouverte et un homme en est sorti. Il était de taille normale, plutôt sec avec une moustache entretenue, on aurait dit Gary Oldman en commissaire Gordon. Il s’est approché, sûr de lui, s’est aligné avec ses hommes et s’est allumé une cigarette avant de prendre la parole.

_ Bonsoir messieurs, dames. Comment s’est passé cette journée ?

Cette question n’attendait pas de réponse et il a repris aussitôt avec son léger accent britannique.

_ Notre brave ami Thomas que vous détenez, vous a peut-être parlé de moi. Je suis donc M. Victor Millar.

Personne ne mouftait et nous n’osions pas parler, du moins nous ne savions pas par quoi commencer. Il a donc continué en réponse à notre silence.

_ Vous n’êtes pas très bavards dites-moi, je vais donc continuer mon monologue. Un nouveau monde, s’offre à nous. Il est dur, dangereux, mais plein d’opportunités, et c’est à nous, survivants, de nous jeter sur ces opportunités.

Ses hommes surveillaient tout autour d’eux en souriant en entendant le discours de leur chef. Ils savaient probablement où celui-ci allait mener.

_ Tel que vous nous voyez, nous sommes bien organisés. Nous avons des armes, de la nourriture, des médicaments, bref tout ce qu’il nous faut. Mais pour que ce confort persiste et que notre communauté soit bien il faut travailler, et travailler dur. C’est pourquoi nous nous présentons à vous aujourd’hui. Vous êtes pour nous une opportunité. Nous vous en avons déjà parlé mais votre réponse n’avait pas été celle que nous espérions. Peut-être ne nous y sommes-nous pas pris avec assez de tact, je vous l’accorde. Puis il y a quelques jours vous avez agi idiotement et les choses n’ont pas très bien tourné et je le déplore.

Il a pris le temps de regarder nos réactions jusqu’à ce que Catherine ne demande :

_ Où est notre amie ?

Il a fait un petit geste de la main puis lui a répondu :

_ Laissez-moi finir. Où en étais-je ? Oui, nous vous proposons à votre tour une opportunité qui est plus que justifiée depuis les pertes que vous avez causé lors de votre attentat.

Nina qui n’avait pas sa langue dans sa poche lui a alors crié :

_ Vous avez cherché cette attaque !

_ Je n’ai pas fini ! a hurlé Millar avec fureur avant de retrouver son calme. Je vais vous posez une question simple à laquelle j’attends une réponse simple. Etes-vous prêt à nous donner tout ce que nous demandons en échange de l’opportunité que nous vous offrons de rester en vie ?

Nous nous sommes regardé du coin de l’œil cherchant la réponse que nous donnerions. Je bouillonnais, j’étais mort de peur pour Claire que nous mettions plus en danger chaque seconde qui s’écoulait. Mais en même temps nous ne pouvions leur donner ce que nous avions eu tant de mal à obtenir.

Nous avons finalement répondu « Non ! » d’une même voix et visiblement la réponse ne lui a pas plu. Il s’est pris la tête dans les mains et a fait un petit signe de la main. Là, un homme s’est dirigé vers l’une des voitures et a ouvert la portière arrière. Claire est alors sortie, poussée par une autre personne encore à l’intérieur. Notre amie avait du sang sous le nez et était poussiéreuse, elle avait visiblement été malmenée. Elle tremblait et pleurait en nous voyant.

Lorsque nous avons vue qui suivait dans la voiture nous avons tous ressenti du dégout. Sarah, cette ordure bousculait Claire en lui mettant la main aux fesses et en lançant un sourire narquois lorsque qu’elle a crié à l’oreille de notre camarade :

_ Aller avance ma p’tite chienne, montre leur comme tu es bien avec nous.

Millar leur a fait signe de le rejoindre et a repris :

_ Excusez Sarah vous connaissez son caractère quelque peu taquin. Donc reprenons, votre réponse ne m’a pas vraiment plus. Je pense que pendant la petite minute qui vient de s’écouler vous avez pu plus murement réfléchir.

Claire ne voulait pas céder et nous a hurlés :

_ Lâchez rien à ces enfoirés les gars !

_ Votre amie à raison, ne lâchez rien. Enfin nous allons tout de même essayer de vous convaincre. Sarah !

Cette dernière a attrapé Claire par les cheveux et l’a trainé jusque devant les hommes. Elle lui a demandé de se mettre debout et de la fixer, droit dans les yeux. Elles sont restées comme ça pendant une longue minute puis, sans crier gare, Sarah a frappé notre amie en plein visage. Elle s’est mise à saigner mais elle a gardé son sang-froid ce qui n’a pas plu à Sarah.

_ Donc tu veux jouer avec moi salope, c’est ça ?

Claire a craché au sol ce qui lui a valu une nouvelle claque.

_ On va faire un petit jeu ok ? Comme tu le vois il y a beaucoup d’homme ici et ils aiment bien les jolies filles t’es d’accord avec moi. Et ils sont plutôt sympa tous ce qu’ils sont. Donc on va leur faire plaisir. Les règles sont simples, celle qui reste le plus longtemps sans cligner des yeux gagne. C’est simple, tu as déjà dû jouer. Mais on va pimenter un peu la chose sinon c’est pas drôle. Donc ce qu’on va faire c’est que celle qui cligne des yeux devra montrer un petit bout de chair à tout ce petit public. Ça vous plairait les gars ?

Un hurlement d’enthousiasme des hommes de Millar à immédiatement retenti.

_ Ha, ça fait plaisir, bon et bien commençons ma cocotte.

Les deux filles se sont fixées et très vite Sarah a cligné.

_ Zut j’ai perdu, bon bah aller.

A ces mots Sarah a baissé son pantalon laissant apparaitre, aux yeux de tous, son string. Les hommes ont hurlé, vraisemblablement très heureux de ce qu’ils venaient de voir. Puis les filles ont repris. Claire pleurait, elle savait que le jeu allait forcement mal tourner. Hélas ce coup-ci Sarah n’a rien lâché et c’est au tour de Claire de défaillir. Sa tortionnaire a éclaté de rire et lui a ordonné :

_ Montre nous tes seins ! une lueur sordide brillait dans ses yeux.

Bien évidement Claire a refusé ce qui n’a pas plu à Sarah. Cette dernière a alors attrapé notre amie par les cheveux, l’a tiré au sol. Elle était désormais à genou devant nous, plus en pleure encore.

_ Tu veux pas obéir, hein ?

Elle a saisi le débardeur de Claire et a tiré de toute ses forces jusqu’à parvenir à le déchiré, puis ça a été au tour de son soutien-gorge. Bientôt Claire s’est retrouvée à demi-nu, se cachant la poitrine comme elle pouvait.

S’en était trop, nous avons tous empoigné nos armes et avons mis en jouc nos adversaires, leur ordonnant de cesser cette torture. Nos ennemis ont tout de suite réagis en faisant de même mais Millar a rapidement calmé le jeu en commençant par demander à Sarah de relever Claire, puis il a relancé la négociation :

_ Vous avez cherché ce qui vient de se passer. Il serait tellement facile d’arrêter tout cela, il vous suffit de nous donner ce que nous désirons.

Je n’ai pas pu m’empêcher de répondre :

_ Rendez-nous notre amie et nous vous rendrons le vôtre, ensuite nous discuterons.

Mais comme je le craignais, Millar n’accorde pas de grande importance à la vie de ses hommes.

_ Vous vous foutez de moi, vous pouvez garder ce trou du cul. C’est dommage, que vous soyez tant attaché à cette petite n’est-ce pas !

Il riait de bon cœur en regardant ses hommes qui le suivaient puis il a subitement repris son sérieux avant de nous demander si nous avions changé d’avis. Nous n’arrivions pas à prendre une décision, trop de choses défilaient dans nos têtes. Et en réponse à ce silence, il a signalé à Sarah de reprendre sa besogne.

Elle a tourné autour de Claire, lui caressant les épaules et respirant son odeur au creux de son cou. Puis elle s’est arrêtée face à elle et a baissé ses mains jusqu’à commencer à déboutonner le Jean de la pauvre victime. Elle commençait à le baisser quand j’ai hurlé  « Stop ! ». Comme mes compagnons, je ne pouvais plus supporter ce spectacle.

_ Plaît-il ? nous a interrogé Millar.

_ Arrêtez ! Nous ferons ce que vous voudrez.

_ Et bien vous voyez que l’on peut toujours trouver un terrain d’entente.

_ Laissez-la partir et nous vous donnerons ce que vous demandez.

_ Ha, hélas les licornes n’existent pas donc on va plutôt faire comme je le déciderai.

Il a pris quelques secondes de réflexion et nous a enfin annoncé :

_ Comme je suis d’humeur généreuse je vais vous faire une faveur. Je vous laisse deux jours pour rassembler l’ensemble de vos possessions à l’entrée du château. Pendant ce temps nous garderons votre amie bien au chaud et je vous promets que rien ne lui sera fait. En revanche si jamais à notre retour vous n’avez pas respectez le deal je serai obligé de sévir en offrant cette petite à mes hommes avant de l’exécuter.

Ses yeux brillaient d’une lueur malsaine. Ce type est vraiment effrayant.

_ Bon et bien je crois que j’ai fait le tour donc je vous dis à dans deux jours. Il nous a souri et a ordonné à ses hommes de reprendre la route.

Impuissant, nous avons regardé Claire, terrifiée, remonter dans la voiture suivie de Sarah qui nous a salués avant de refermer la portière. Nous étions stupéfait de ce qui venait de se passer et nous sommes restés plusieurs minutes, immobile, comprenant doucement que nous vivions un cauchemar éveillé. 

 

Jérémy

 

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jérémy

Maintenant que c'est l'apocalypse comment je vais faire sans mes consoles de jeux.

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