Consoles / PC Culture Z Jeux-Vidéos — 30 octobre 2012
Resident Evil 6 : Retour aux sources ?

 

Resident Evil est certainement l’une des séries qui ont le plus marqué les esprits des joueurs. Forte de son impact, il s’agit aussi d’une saga extrêmement fidélisante, ayant une communauté de fans qui n’a jamais manqué un rendez-vous malgré une exigence de plus en plus marquée. Ainsi malgré les mutations de la série et la grogne des fans de la première heure, les ventes furent toujours à la hauteur des espérances de Capcom. Petite ombre au tableau, Resident Evil 5 fut clairement décrié par la communauté de joueurs ainsi que par la presse. Après un opus plus que convaincant sur 3DS, Leon, Chris, Ada sont de retour.
Verdict ?

  

 Il était une fois le zombie…

Avant tout, la mauvaise renommée de l’épisode 5 vient d’un manque d’explication de Capcom. En effet, bien des joueurs n’ont pas pardonner le changement radical d’ambiance de son soft phare. Nous incarnions à l’époque Chris, plus musclé que jamais, aux prises avec des bio terroristes en Afrique centrale. Bye bye l’ambiance claustrophobe des premiers joueurs, nous voilà à ciel ouvert, surarmé face à des « zombies » intelligents et armés. Scandale dans les chaumières : « Nous voici face à un Call of evil ! » nous écrivait Kévin Tage à l’époque, dépité et désabus. « Pu jamais j’achète un produit pour kikou comme ça ! », terminait-il, plein de véhémence et de ressentiments.

Avait-il raison ? Pas vraiment. Là où Kévin et beaucoup d’autres se sont fourvoyés, c’est que ce tournant fut amorcé il y a bien longtemps par les développeurs. En effet, si les joueurs ont en tête les deux premiers Resident Evil et en font le pinacle de l’horreur, n’oublions pas que dès le début le scénario laissait présager ce changement d’ambiance. En effet, qu’est-ce que l’incident de Raccoon City ? Qu’est ce que le manoir ? Nous découvrions avec horreur un labo d’expérimentation où une entreprise appelée Umbrella finançait des recherches pour créer des armes biologiques. Ces armes se divisaient en deux catégories : les armes de destruction permettant de semer le chaos dans les rangs ennemis comme le Virus C et T. L’autre secteur de recherche est la création de supers soldats mis en avant par le virus G (rappelez vous, le Docteur Birkins et sa fifille), mais aussi les Tyrans, Lyckers, Hunters et autre Nemesis. Si nous tombions sur un labo de recherche dans le premier épisode, là où Umbrella ne s’attendait pas à notre rencontre, ce qui entraîna la catastrophe de Raccoon city, très vite la multinationale montre son véritable visage et envoie ses propres troupes (mais si, Carlos Olivera et l’autre Ruskof de Nikolaï), ses mutants et prend même l’initiative de détruire la ville à l’arme nucléaire (!!). Le goût de la démesure est donc clairement prononcé chez Umbrella Corporation.
La première trilogie racontait donc l’incident non maîtrisé d’Umbrella qui avait vu le virus C et T se répandre dans la ville de Raccoon City et ses environs, transformant ses habitants en zombies. Cependant, dès Resident Evil 4, la série prend un autre angle.
Leon Kennedy, rescapé de Raccoon, mène l’enquête dans un pays de l’Europe de l’est et découvre qu’une multinationale fait des recherches sur des Ganagos, sorte de larves permettant de prendre le contrôle d’êtres vivants. Le cinquième épisode est donc une suite très logique. Umbrella (qui ne se nomme plus ainsi) a créé des supers soldats puis leur à implanté le parasite pour les garder sous contrôle, les monstres conservant leurs facultés cognitives, même après la mort. Des supers soldats on vous dit ! En effet, les zombies étaient une menace à Raccoon puisque personne ne s’attendait à leur venue. Il s’agit maintenant de lutter contre l’entreprise mais surtout contre ses clients qui ont acheté les armes de type 1 (pour créer la panique) mais surtout de type 2 (les armes biologiques). Voilà pourquoi il n’y a pas ou peu de zombies lents et stupides dans Resident Evil 5 !

Ceci étant dit, qu’en est il du sixième opus ?

 

3 couples pour 3 gameplays ?

Face à la grogne, Capcom a bien compris ce qu’il devait faire : du fan service. En effet, les fans/acheteurs de la licence réclament envers et contre tout du zombie lent et stupide alors même que le scénario depuis des années (et en réalité depuis Resident Evil 2) tendait à rompre cette dynamique. C’est pourquoi le sixième opus est divisé très intelligemment en trois sections. Ainsi, seront jouables Leon et Helena, Chris et Piers et enfin Sherry et Jake.

Première scorie : la coopération est obligatoire. Si nous pouvons nous réjouir de voir un jeu jouable à deux en écran splitté (trop rare de nos jours), force est de constater que pour ceux qui jouent seul, l’expérience sera moins excitante. En effet, ce binôme contrôlé par l’IA ruine l’impression de solitude. De plus celle-ci est terriblement casse-pieds… Rien de plus frustrant qu’une porte nécessitant que les deux protagonistes soient présents et que le bot, sensé aider, préfère casser du mort vivant plutôt que de venir ouvrir, causant parfois un game over… Un conseil, jouez en ligne ou beaucoup mieux : jouez avec un ou une amie !!! Le test a donc été effectué avec Sherane, chroniqueuse Zombies World, comme co-pilote, ce qui fut salvateur.

Le premier couple vous propose donc d’incarner au choix Leon S. Kennedy ou Helena. Soyons franc : ce couple est taillé sur mesure pour les fans de la première heure. En effet, l’aventure commence aux États-Unis dans une université qui aura tôt fait de vous rappeler le vieux manoir de Raccoon. Les balles manquent et la population de l’université ainsi que de la ville à proximité ont été transformé en bons vieux zombies de la belle époque. Le tout à un air de déjà vu, clairement assumé, notamment cette scène où Leon et Helena retrouveront quelques survivants (dont un policier qui avoue qu’il s’agit de son premier jour de service… souvenirs souvenirs). Le petit groupe ira se défendre dans… une armurerie, avant d’aller nettoyer le cimetière de la ville. Eh oui, chapitre après chapitre, nous revivrons des scènes presque copiées-collées sur Resident Evil 1, 2 et 3. Pourtant, il faut bien admettre que le tout est extrêmement bien mis en scène et diablement efficace ! Mention spéciale à la fuite dans la petite ville universitaire qui marque un clin d’œil au début de Resident Evil 2, certainement une des scènes les plus marquantes du jeu.

 

Un virus C dans une petite ville sans défense… Eh oui, Leon nous propose un remake de Resident Evil 2.

 

Le second couple est formé par Chris fraîchement revenu d’Afrique qui sera épaulé par Piers. Changement radical d’ambiance, nous voilà transporté en Europe de l’est pour affronter les supers soldats de Neo Umbrella. Nous ferons ainsi face à un bestiaire vaste et notamment les « El Giganto » de l’épisode 4 dopés au virus C. Si le début de cette campagne est assez poussif, voire carrément rébarbative, il faut néanmoins avouer qu’une fois en Chine, le duo est beaucoup plus intéressant à jouer. Nous nous retrouverons d’ailleurs à lutter contre des monstres totalement inédits mais Chris devra aussi survivre à Ada Wong plus terrible que jamais ! La tension augmentera crescendo et l’ancien partenaire de Jill Valentine devra défendre son point de vue face à Léon au cours d’une séquence exceptionnelle. Fort d’une ironie et d’un second degré très subtil et inhabituel, ce deuxième segment finira par conquérir même les plus réfractaires et le tempo l’emporte sur la frustration d’un gameplay très orienté action.

 

Moment culte !

 

Enfin, le dernier binôme est le plus énigmatique et atypique. Il est composé de Sherry Birkins (souvenez-vous, la petite de Resident Evil 2, exposée au Virus G de papa, le professeur fou avec un œil dans l’épaule qui voulait s’accoupler avec elle… hors contexte c’est vraiment n’importe quoi… mais pour ceux qui y ont joué, ce monstre est l’un des plus terrifiants de la saga : NdA !) et de Jake qui n’est autre que le fils d’Albert Wesker, pourriture devant l’éternel et visage d’Umbrella jusqu’à Resident Evil 5. Ce couple atypique aura une mécanique de jeu bien particulière que Docteur Who aurait aimé et mu par un maître mot : COURS ! En effet, le couple sera constamment en fuite, traqué par les forces de Neo Umbrella et par un monstre qui fera office de Nemesis (en moins classe que son équivalent tiré de Resident Evil 3). Spécialisé au corps à corps, ce couple de surhumains (leurs parents respectifs n’étant pas n’importe qui) en baveront particulièrement face à l’horreur. Les scènes de gameplay sont très variées, allant du simple action-shooter, à l’infiltration sans arme (si si) en passant par la conduite de jet-ski. Si la tension n’est pas permanente, la faute à un pseudo-Nemesis trop peu présent, il faut reconnaître que ce segment est le plus surprenant des trois à défaut d’être le plus instructif d’un point de vue scénariste.

 

À l’époque de Resident Evil 3, ce genre de choses était synonyme de game over… et puis il pourrait se peigner aussi…

 

Nous vous conseillons de suivre cet ordre pour finir le jeu pour éviter quelques spoils assez désagréables. 

Du côté du gameplay, pas de gros changements. Prenez la recette du 4 et du 5, ajoutez-y quelques bonnes idées pour rendre le tout plus fluide et moins rigide et vous obtiendrez un excellent TPS. Il faut reconnaître que le tout est fluide et assez maniable, ce qui tord le cou à une tradition chez Capcom de nous flanquer des héros mous du genou. Ainsi les personnages pourront effectuer des glissades, ramper tout en tirant, se mettre à couvert, etc. De plus, ils pourront se servir de l’environnement pour effectuer des « finish moves » particulièrement sympathiques.

 

” Eh ouais mon pote, je suis mobile et je vise là où ça repousse pas ! “

 

Côté scénario il y a du bon et du moins bon. En clair, si certains segments vous en apprennent un peu, la plupart du temps le jeu se contente de poser plus de questions que de se pencher sur les réponses. À la fin du jeu, le joueur pourra être un peu frustré, cependant les quelques éléments révélés sont suffisamment intéressants pour entretenir la flamme. De plus, une fois les trois campagnes bouclées, le joueur sera invité à incarner la belle et dangereuse Ada Wong, comme dans Resident Evil 4, pour en apprendre toujours plus. Très classieuse et toujours aussi létale, l’héroïne de cet épisode croisée à de nombreuses reprises dans les trois segments offre un bonus qui est certainement l’un des plus jouissifs du soft.

 

Le segment de Jake réserve une phase d’infiltration sans arme vraiment excellente ! Metal Gear style !

 

En bref

Excellente pioche ! Votre humble serviteur était relativement méfiant vis-à-vis de cet opus, pourtant la recette fonctionne. Elle combine héritages et nouveautés, non sans quelques maladresses, mais force est de constater que le tout est efficace. La durée de vie est conséquente, renforcée par un multi bien fichu qui vous permettra même d’aller pourrir la partie des autres en mode « Agent Hunt ». Mais ce qui fait la force de ce Resident Evil, c’est sa diversité qui permet de lier avec brio des scènes d’horreur où le héros prendra la fuite face à quelques zombies pour économiser des balles, à de l’action frénétique et bien fichue et à de l’infiltration où l’épisode de Jake et Sherry dans le complexe de recherche  aseptisé en Chine fait figure d’exemple en la matière.

À déguster d’urgence la nuit avec un ou une pote !

 

note8

Auteur

Baltorg

Chroniqueur Jeux vidéo

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1 Commentaire

  1. super déçus des resident evil à partir du 4 étant fan passer du survival-horror à du zombie shooter désolé mais pour moi resident evil n’a plus que le nom, les ayant tous mes préféré seront et resteront resident evil 1,2,3 outbreak files 1 et 2,code veronica,

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