Risque NRBC, virus zombiesque, comment s’en protéger ?

contaminationLes Risques NRBC sont connus depuis longtemps, en particulier dans le domaine militaire mais aussi pour leur implication civile. Depuis plus de 10 ans sont parus des textes règlementaires régissant les risques NRBC quelle que soit leur nature. Ils sont très différents selon leur origine et leur cinétique, leur mode de détection et leur prise en charge médicale, cependant, ils ont des conséquences communes redoutables : un nombre important de victimes supposées et avérées, un impact sanitaire qui devra déclencher des actions “réflexes”, un impact médiatique et social et une totale désorganisation.

 

 

 

Si l’émergence du virus zombiesque n’est pas prévisible, on sait au moins qu’il émanera d’un risque NRBC (nucléaire, radiologique, biologique ou chimique). Selon son origine, la contagion se répandra selon des courbes différentes : contamination faible au départ si l’origine est biologique puis augmentant de façon exponentielle sans s’arrêter, gros pic de contamination au moment de l’évènement avec chute brutale puis réaugmentation exponentielle plus tardive si l’origine est radio-nucléaire.

courbes de contamination

1) L’infection pourrait naître d’une irradiation provenant d’une source radioactive égarée ou d’une bombe sale. La contamination peut-être externe au niveau cutané et vestimentaire par contact direct et interne par inhalation, ingestion des particules radioactives ou à partir d’une plaie. En cas de bombe sale, il y aura explosion donc projection de particules métalliques, dégagement de chaleur, destruction de l’environnement, entrainant des traumatismes et des brûlures. Les particules nucléaires entraineront une contamination interne et externe et une irradiation. Ce sont probablement ces particules qui pourraient initier la zombification.

2) L”infection pourrait naître d’un agent chimique, comme celle de l’ypérite (gaz moutarde) qui amorçait un processus comme celui de la zombification :

 

Chaque zone de défense est placée sous la responsabilité du préfet de zone, délégué des ministres chargés des administrations civiles et du délégué de zone de défense désigné par arrêté, représentant de son ministère auprès du préfet de zone.

La mission de la zone de défense est :carte

 

A) En situation normale

- Préparation et exécution des mesures non militaires de défense

- En matière de sécurité civile, préparation et mise en œuvre de l’ensemble des mesures de prévention, de protection et de secours

- Coordination de l’élaboration des plans départementaux

- Articulation entre le niveau national et les services déconcentrés de la zone

- Élaboration d ’un plan de formation zonal

- Coordination civilo-militaire

- Organisation d ’exercices

 

B) en situation d’épidémie

- Appliquer les plans zonaux de défense et de sécurité

- Coordonner l ’ensemble des opérations

- Mettre à disposition du ou des départements concernés de la zone :
* les moyens existant au sein de la zone
* les moyens projetés depuis l ’extérieur de la zone

- Assurer l ’interface entre le niveau national et les services déconcentrés

- Assurer la coordination civilo-militaire

- Transmettre des bilans de situation

 

2) Chaque zone de défense possèdera un hôpital référent avec mise en place du plan blanc hospitalier

L’activation du plan blanc est décidée par le directeur de l’établissement. Les mesures prises par l’établissement comprennent :

  • la mise en place d’une cellule de crise
  • le maintien sur place des équipes de personnels volontaires
  • le rappel gradué des personnels volontaires en repos
  • un transfert des patients des services impliqués vers des services moins impliqués, d’autres établissement,
  • une déprogrammation des activités non urgentes (consultations, interventions chirurgicales) ;
  • l’inventaire de moyens disponibles à l’instant par les services médico-techniques
  • renforcement des moyens de communication ; le standard est renforcé, les communications sont réservées au seul plan blanc ;
  • renfort si nécessaire par des postes sanitaires mobiles

plan blancCombinaison décontamination

 

 

 

 

 

 

  • En cas d’afflux massif aux urgences, l’organisation triage médical strict sous la responsabilité d’un médecin trieur, distincte de l’accueil classique des urgencesTriage ou décontamination
  • mise en place d’un point d’accueil aux familles et aux média
  • organisation de la circulation automobile sur le site
  • mise en place d’une signalétique et d’un fléchage supplémentaire pour faciliter la circulation en interne, recours à des mesures de surveillance et de gardiennage renforcées ;
  • éventuellement, le recours à des civils bénévoles

Le flux des nouveaux arrivants est maîtrisé afin de prévenir la contamination de tout l’établissement en cas d’accident nucléaire, radiologique, bactériologique ou chimique. En cas de virus zombiesque une présence militaire sera instaurée autour des laboratoires de recherche, des hôpitaux, des postes sanitaires mobiles, etc…

 

 

 

3) Vigipirate

A) Plan Biotox

Il répond au risque biologique. Il s’agit à la fois d’un plan de veille et d’un plan d’urgence. Il s’articule autour des points suivants :

  • veille et alerte sanitaire
    • surveillance des laboratoires susceptible de produire des agents infectieux ;
    • surveillance des épidémies par déclaration obligatoire des maladies contagieuses par les médecins
  • gestion de crise
    • formation des personnels non-médecins intervenant en amont: pompiers, militaires etc…
    • disponibilité en permanence de laboratoires (hospitaliers ou militaires) permettant d’analyser les prélèvements suspects ;
    • établissement d’une organisation de gestion de crise, basée sur les établissements hospitaliers (qui gèrent déjà en permanence des agents infectieux et sont rompus aux mesures d’hygiène et d’isolement) ;
    • disponibilité en permanence de produits d’urgence en nombre suffisant : vaccins médicaments

 

B) Plan Piratox

Il répond au risque chimique et s’articule autour de la décontamination :

  • mise en place d’un cordon militaire pour éviter que les victimes ne s’égarent ; ceci permet d’une part de les prendre en charge, et d’autre part d’éviter de propager la contamination, notamment aux urgences des hôpitaux où les victimes risqueraient d’être amenées ;
  • exploration par des équipes formées et équipées de tenues étanches dites NRBC (protection contre les risques nucléaires, radiologiques, bactériologiques, chimiques) ;

combinaisons

  • décontamination précoce des victimes, essentiellement par des douches mises en place à proximité du lieu de contamination ;
  • traitement des victimes au poste médical avancé ( près de la zone de contamination) après décontamination

Les zones de décontamination doivent être étanches, la pression de l’air doit augmenter lorsque l’on progresse vers la zone suivante (ventilation forcée des zones) afin que les vapeurs, poudres et gouttelettes contaminantes soient rejetées.

Les urgences vitales ne sont traitées qu’après décontamination. Les victimes sont évacuées, en théorie, vers un seul hôpital afin de limiter le risque de contamination.

 

C) Plan Piratome

C’est un plan de sécurité d’urgence concernant les risques radioactifs et notamment de bombe radiologique, c’est-à-dire une bombe classique qui servirait à disséminer des produits radioactifs.

Le plan présente de nombreux points communs avec le plan Biotox : en effet, si les effets sont différents, la contamination et la décontamination suivent les mêmes principes.

Les principales mesures sont :

  • la détection d’une bombe sale : les intervenants doivent pouvoir distinguer une bombe classique d’une bombe sale et faire une estimation réaliste des dangers encourus
  • la protection des populations, par des mesures de confinement : alerte aux populations, mesures à prendre, diffusées par les médias (s’enfermer, calfeutrer les ouvertures, couper les dispositifs de ventilation et de climatisation, ne pas consommer d’eau du robinet) ;
  • la protection des intervenants, par une combinaison NRBC
  • la création d’une chaîne de décontamination : découpage des vêtements, douche.

Dans tous les cas, et quel que soit le mode de contamination inter humaine, seuls les sujets malades symptomatiques sont contagieux, pas ceux en période d’incubation. La durée de la période d’incubation, aujourd’hui encore inconnue, peut aller de quelques heures à quelques semaines. Or, cette durée est fondamentale car c’est le temps que possède des chercheurs pour mettre en place une prophylaxie spécifique : antibiotiques, vaccin, anticorps, antidote, détection du type de rayonnement, du type de toxique chimique…

La détection se fera donc par prélèvements d’air, d’eau, portiques de détection de radioactivité, appareil de détection des agents chimiques dans l’air,analyses sur les malades

Il convient ensuite d’isoler les patients malades contagieux donc symptomatiques
– Chambre individuelle avec sas
– Signalisation sur la porte de l’isolement respiratoire
– Tenue complète d’isolement du personnel soignant, matériel à usage unique

- Circuit spécifique d’élimination des déchets à risque infectieux

 

Quelle conduite adopter en cas de contamination

Si vous êtes contaminés, merci de vous diriger vers l’hôpital de votre zone ou le poste médical avancé le plus rapidement possible. Si vous êtes en période d’incubation et que la cause de la zombification est connue, vous pouvez encore être sauvé. Dans le cas contraire, vous serez remis entre les mains des militaires.

L’ alerte aux populations se fera via le réseau national d’alerte (RNA). Il s’agit d’un réseau constitué d’environ 4 500 sirènes réparties sur le territoire ; il est hérité de la seconde guerre mondiale. Les signaux actuels ont été définis par l’arrêté du 23 mars 2007 relatif aux caractéristiques techniques du signal national d’alerte. Ce signal consiste en trois cycles successifs d’une durée de 1 minute et 41 secondes chacune et séparés par un intervalle de 5 secondes, d’un son modulé en fréquence.

Lorsque le signal d’alerte retentit, les personnes non contaminées doivent

  • se confiner dans l’endroit clos le plus proche (domicile, lieu public, entreprise, école…) en colmatant les ouvertures, en coupant les ventilations, climatiseurs et chauffages, et en restant loin des fenêtres ;
  • s’abstenir de faire des flammes, de fumer, d’ouvrir les fenêtres ;
  • s’abstenir de téléphoner (ni téléphone fixe, ni téléphone mobile) sauf détresse vitale, afin de laisser les lignes libres pour les secours ;
  • écouter la radio : France Inter sur grandes ondes (1 852 m, 162 kHz) : il s’agit de la radio du service public et en cas de destruction de l’émetteur FM le plus proche, l’émission en grandes ondes peut toujours être captée ; à défaut, écouter France Info ou toute radio locale. La radio fournira les consignes à suivre

Dans le cadre de la prévention de ce risque l’idéal serait de se construire un abris antiatomique. En tout état de cause vous devez absolument posséder un kit de survie.

 

Le kit de survie

- un papier d’identité et une photographie des proches

- penser à une monnaie d’échange (cigarettes)

- sac à dos imperméable

- carte de la région et une boussole

- jumelles

- masque à gaz

- couteau suisse

- grand couteau à lame mixte

- machette

- lampe (torche à manivelle ou solaire)

- radio (manivelle ou solaire)

- piles

- briquets

- miroir

- corde et mousquetons

- comprimés purificateur d’eau

- sac de couchage étanche

- gourdes (stock d’eau)

- kit de pêche

- quelques sous vêtements, et polaire / K-way, et porter gants, cagoule, chaussures de marche et vêtements épais type cuir

- nourriture non périssable (conserves, ration, barre énergétique…)

- boule quies

- trousse de premier secours

  • Couvertures de survie
  • Pince à écharde
  • Ciseaux
  • Désinfectant
  • Compresses / Pansements
  • Bandes compressives type Cohéban
  • Kit de suture
  • Comprimés d’iode (si apocalypse d’origine radio nucléaire)
  • Antibiotiques et antalgiques

J’espère ne rien avoir oublié. Bonne chance à tous…

 

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

Articles relatifs

10 Commentaires

  1. Passionnant ton article , pour l’abri anti-atomique je m’y mets avec ma pelle et ma pioche mais je vais devoir sacrifier le potager, damned!!

  2. Boule Quies pour le kit de survie? Mais comment faire, on ne va plus entendre les zombies alors! :twisted:

  3. le 21/12/12 une epidemie ? pourquoi pas , avec le terrorisme et tt ses labo qui teste tout et n’importe quoi , les prediction annonce un changement dans l’humanité et non la fin du monde

  4. Bonjour! J’ai une question qui me tracasse depuis que je me prépare…… enfin que je me préparais pour le 21/12/12, et puisque vous parlez du nucléaire ici (oui ça a un rapport) je vais pouvoir enfin la poser: si jamais 99% de la population se faisait bouffer par les zombies et deviendrait des leurs, que vont devenir les centrales nucléaires? Parce que franchement si on arrive à survivre, à dézinguer des rôdeurs, à monter un camp, à devenir auto-suffisants, A PAS DEVENIR FOU et tout ce qui s’en suit, ça serait quand même ironiquement triste de mourir à cause d’un Fukushima bis français et globalisé… bah oui, si les centrales nucléaires sont plus entretenues il se passe quoi? Fusion du coeur? Irradiation? Fuites? EXPLOSION NUCLEAIRE DE LA MORT QUI RASE TOUT?? Ou peut-être juste arrêt…
    Enfin bref si vous pouviez me répondre je pourrais voir si je part pour la jungle ou si je reste ^^

    • les centrales sont équipé d’un aret automatique. En cas d’urgence il serait mis en place manuellement sinon de manière automatique. C’est le cas actuellement lors d’accident.
      Le pb de fukushima c’est une destruction en partie de l’infrastructure due au séisme.

      Même si le réacteur est mis à l’arrêt, l’activité des produits de fission continue de produire de la chaleur. La puissance de cette chaleur résiduelle correspond environ à 6 % de la puissance thermique nominale à l’instant de l’arrêt de la réaction nucléaire en chaîne, elle diminue ensuite et disparait en l’espace de quelques jours.
      Pour pouvoir évacuer la chaleur résiduelle en cas d’urgence, les centrales nucléaires conservent en permanence un système de refroidissement. Si un tel système ne fonctionnait pas, l’augmentation de la température pourrait conduire à une fusion du cœur du réacteur nucléaire. Néanmoins, des procédures de conduite particulières visent à réduire autant que possible ce risque.
      Les accidents nucléaires les plus couramment travaillés sur simulateur, par les conducteurs de tranche, sont l’accident de criticité et la fusion du cœur ainsi que la perte totale du refroidissement.

      la ou c’est inquiétant c’est à la longue, l’état d batiment se degrader sur plusieurs années et il y aua des fuite. Mais c le cas pour plein d’usine et pas seulement le nucléaire!

      • Ah merci! C’est juste qu’on peut se demander si les autorités envisagent effectivement un apocalypse style zombie… Parce que si le CDC aux states fait des campagnes de “prévention” (pub plutôt) anti-zombies, en France je suis pas sûr que ce soit le cas…
        Et puis à Fukushima ils devaient faire aussi des simulations… comme quoi si on envisage pas TOUT c’est la catastrophe… d’autant que le risque c’est la réaction en chaîne en France, en plus du fait que la moyenne d’âge de nos centrales est pas reluisant si je ne m’abuse

  5. C’est vrai que c’est pas bête comme question ! Au pire les survivants finiront tous en mode “la colline à des yeux”, tous mal formés, à force de se taper des fuite ou pire.. des centrales.

    • En plus des infectés, des mutants? Non merci…
      En fait j’avais vu ça dans un docu sur l’apocalypse, où il y avait un mec qui disait que toutes les centrales nucléaires exploseraient (réaction en chaîne et tout ça) et qu’ainsi, tout l’hémisphère nord serait inhabitable… c’est pas jojo!
      D’un autre côté je me dis que quand même, ces centrales doivent être d’un système d’urgence qui “éteint” le coeur du réacteur si personne entre des codes ou quelque chose comme ça…

      • Pour éteindre le coeur d’une réacteur nucléaire, il te faudra des mois voir des années. Dans ton documentaire, ils ont oublié de dire que il ni aurait certainement pas que l’hémisphère nord, mais plutôt 75% du monde.
        Pour ce qui est des mutants, les mutants viennent après les monstres. Un exemple simple, fut l’expérience de l’URSS dans un village (ou simplement Tchernobyl qui s’en rapproche). Les enfants à naître, deviennent simplement des monstres (malformation et j’en passe) les deux premières décennie, mais il mettront au monde des mutants (qui seront mieux formé et résisteront à une plus grande valeurs de Rads (radioactivité)).

        Pour ce qui est de la moyenne d’age des centrales nucléaires, dit toi que je préfère encore nos centrales à ceux des amerlock… Elles sont plus neuves, certes… mais coté sécurité, je préfère les nôtres. Et notes que pour le moment, ce sont les français qui sont demandé dans la construction des centrales nucléaires pour leurs “expertise”. (finalement, on pas perdu certain savoir faire). Pour ce qui est le risque des fuites, c’est vrai que je me demande si l’on pourra éviter quelques chose comme ça, mais bon, la nature s’adapte toujours (ce que certain non pas encore compris). Et le nucléaire est naturel… je ne crois pas que se soit fabriqué en usine.

        Pour en revenir au mutant, d’un coté Molotov, nous somme des mutants (du moins, après 87), car nous avons eu le droit au radiation de Chernobyl. Dans toit les cas, on survit ou on meurt !!!

  6. Oui c’est sa, les survivants (s’il en reste) deviendront peu à peu des “mutants” ou auront en faite des avantages sur nous quand à leurs adaptation ou évolution . Et puis les radiations sa nous débarrassera peut être des zombies qui sait ?

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*