Culture Z Dossiers Survie — 21 mars 2014
Santé et survie : premiers secours

Sommaire

- Perte de connaissance

- Respiration et pouls

* Étouffement et obstruction

* Compression

* Fumée et gaz

* Manque d’oxygène

* Malaise et choc

- Hémorragies

* Compression manuelle

* Pansement compressif

* Compression à distance

* Pose d’un garrot

* Ligature d’une artère

* Suture d’une artère

* Hémorragie interne

- Plaies

* Sutures adhésives

* Sutures chirurgicales

- Amputation d’un membre

- Brûlures

- Fractures

- Entorses

- Luxations

 

Santé et survie : premiers secours

L’inexpérience ou la malchance peuvent occasionner des blessures même si vous êtes prudent et la connaissance des premiers secours et des conduites à tenir face à certaines blessures ou maladies est fondamentale pour les survivants. Ce chapitre est prévu pour des conditions de survie extrême, en l’absence de médecins et sans espoir de secours extérieur. Armez-vous de courage, certaines situations à affronter vont vous faire froid dans le dos. Mais quand on n’a plus le choix, on n’a plus le choix…

En cas de blessures multiples il est important de savoir lesquelles traiter en priorité par ordre de gravité :

-         Restaurer et maintenir la respiration et le rythme cardiaque

-         Arrêter les hémorragies

-         Traiter le choc

-         Protéger les plaies et les brûlures

-         Immobiliser les fractures

Perte de connaissance

Devant une victime inconsciente, s’assurer avant tout qu’elle respire et que son cœur bat (prendre son pouls en mettant votre pouce et le reste de votre main de part et d’autre de son cou). Si c’est le cas, vérifier qu’il n’y a pas d’obstacle dans sa bouche, traiter tout saignement important, vérifier qu’elle ne présente aucune lésion de la colonne vertébrale empêchant de la déplacer puis mettez-là en position latérale de sécurité. Pour cela, tourner doucement le blessé sur le côté en attrapant ses vêtements au niveau des hanches et des épaules. Cette position permet qu’il n’inhale aucun liquide provenant du nez ou de l’estomac (vomissements) et que sa langue n’obstrue pas ses voies respiratoires.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Si la victime n’a pas de fonctions vitales (arrêt cardiaque et respiratoire) commencez immédiatement la respiration artificielle et le massage cardiaque.

Respiration et pouls

L’arrêt respiratoire peut avoir différentes causes :

-         Étouffement ou étranglement par fausse route

-         Obstruction des voies aérienne supérieures par inhalation de corps étrangers ou blessures de la face

-         Compression de la poitrine par écrasement

-         Spasmes des voies aériennes dus à l’inhalation de fumée ou de gaz toxiques

-         Manque d’oxygène

-         Choc par noyade ou électrocution

Étouffement et obstruction

Avant tout, nettoyez au doigt le nez et la bouche de tout ce qui pourrait entraîner une obstruction : substance étrangère, vomissement, aliments. Vérifier que la langue n’obstrue pas les voies respiratoires en la tirant vers l’avant.

Si le blessé commence à tousser, ses efforts de toux seront suffisamment efficaces, vous pouvez juste l’aider avec des coups violents dans le dos entre les omoplates.

S’il ne peut toujours pas parler, mettez-le en position debout ou assise selon son état et mettez-vous debout ou à genoux derrière lui pour pratiquer la manœuvre de Heimlich. Entourez le bas de son thorax au-dessus de la taille avec vos deux bras, l’un poing fermé, l’autre avec main ouverte entourant le poing et exercez une pression brutale et violente vers le haut au minimum 4  fois de suite.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Réitérez la manœuvre autant de fois que nécessaire en alternant si nécessaire les coups dans le dos. Pour un enfant si vous êtes deux, prendre l’enfant par les pieds tête en bas pendant que la seconde personne donne 4 coups secs entre les épaules ou si nécessaire pratique la manœuvre de Heimlich avec les doigts au lieu du poing.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pour un bébé, courbez-le en deux sur votre avant-bras, tête en bas et donnez 4 coups au milieu du dos. Si nécessaire, mettez-le sur le dos, et à l’aide de l’extrémité de l’index et du majeur de chaque main, administrez 4 pressions rapide et ferme au niveau du thorax.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ne pas arrêter de renouveler la manœuvre tant que le corps étranger n’a pas été rejeté.

 

 

 

 

 

 

 

Se préparer à pratiquer une respiration artificielle si elle ne se rétablit pas d’elle-même après l’évacuation de l’obstruction.

Dans certains cas (blessures faciales importantes, échec des manœuvres répétées de Heimlich) et que le pronostic vital est engagé dans les minutes qui suivent, donc uniquement en cas de mort imminente vous n’avez d’autre choix que de pratiquer l’équivalent d’une trachéotomie.

Mettez le blessé sur le dos en surélevant ses épaules, tête en arrière en hyper extension. La tête le cou et le corps du blessé doivent être parfaitement alignées dans le même axe.

Il faut une lame aiguisée, bistouri, cutter préalablement stérilisée dans de l’eau bouillante, flambée à l’alcool ou simplement par le feu selon les moyens dont vous disposez. Il vous faut également un tube creux : tubulure de sac à dos, tuyau quelconque, stylo Bic sans mine voire petite seringue.

Repérez au doigt la pomme d’Adam plus grosse chez les hommes que chez les femmes et juste au-dessous une autre petite protubérance osseuse moins prononcée. Entre les deux se trouve une petite dépression dans laquelle vous devez pratiquer l’incision verticale de 1 à 2 cm strictement cutanée sur la ligne médiane du cou. Puis vous vous guidez au doigt lui aussi désinfecté ou protégé par un gant stérile si possible pour inciser les plans graisseux sous cutanés et arriver à la trachée. Incisez-la entre deux anneaux juste assez pour glisser le tube puis fixez-le solidement avec du sparadrap pour qu’il se maintienne bien en place.

Les voies aériennes sont alors dégagées. Si le sujet ne respire toujours pas, il faudra avoir recours comme précédemment à une respiration artificielle.

Compression 

Toute compression de quelque nature que ce soit peut entraîner une asphyxie : ne jamais enrouler une corde autour de la poitrine mais fabriquer un harnais pour descendre ou remonter un survivant.

Dégager le plus vite possible un survivant coincé sous des décombres, en se servant de leviers.

Fumée et gaz

Il est recommandé d’utiliser un masque à gaz dans les zones à risque. En effet les gaz, pas plus que les virus, ne sont visibles alors que les fumées, elles, le sont.

En l’absence de masque à gaz appliquer un tissu fin mouillé sur le nez et la bouche qui servira de filtre.

Manque d’oxygène

Assurez-vous que l’abri que vous occupez est suffisamment ventilé. Les foyers consomment de l’oxygène et dégagent de l’oxyde de carbone, gaz inodore et mortel. Allumez une bougie dans votre abri. Si la flamme s’allonge, il faut aérer de toute urgence.

Malaises et Choc

Le malaise vagal se manifeste par un état de faiblesse croissant, une pâleur extrême, une peau froide et moite un pouls faible mais rapide. Il peut être provoqué par des brulures, des blessures graves, une violente douleur, une perte de sang, une déshydratation due à des diarrhées et des vomissements. Il peut y avoir une brève perte de connaissance.

Etendez la victime à plat, desserrez ses vêtements, redressez lui les jambes et rassurez-là. Restez près d’elle et préparez-vous éventuellement à un choc.

Le choc : son origine peut être multiple, noyade, électrocution, choc allergique, hémorragie, crise cardiaque, mais la conséquence est toujours la même : arrêt cardio-respiratoire.

Il faut en urgence mettre le sujet allongé sur le dos sur une surface la plus dure possible et commencer la réanimation : respiration artificielle et massage cardiaque. Les sept premières minutes sont essentielles pour réanimer mais il ne faut jamais arrêter la réanimation avant une heure. Il est donc nécessaire que les survivants se relaient car c’est une technique épuisante.

Respiration artificielle

S’assurer avant tout que les voies respiratoires sont bien dégagées comme vu précédemment, au besoin pratiquer rapidement une manœuvre de Heimlich, les coups dans le dos entre les omoplates et nettoyer au doigt tout ce qui peut encombrer : herbe, aliment, sang, vomissement.

Bouche à bouche pour les adultes

 La victime étant allongée sur le dos, sur un plan dur :

  • Agenouillez-vous à côté de la victime, près de son visage.
  • Avec la main placée sur le front, obstruez le nez en le pinçant entre le pouce et l’index pour empêcher toute fuite d’air par le nez, tout en maintenant la tête en arrière.
  • Avec la main placée sous le menton de la victime, ouvrez légèrement sa bouche tout en maintenant son menton soulevé, en utilisant la “pince” constituée du pouce placé sur le menton, et des deux autres doigts placés immédiatement sous sa pointe.
  • Après avoir inspiré sans excès, appliquez votre bouche largement ouverte autour de la bouche de la victime en appuyant fortement pour éviter toute fuite.
  • Insufflez progressivement en deux secondes jusqu’à ce que la poitrine de la victime commence à se soulever.
  • Redressez-vous légèrement, reprenez votre souffle tout en regardant la poitrine de la victime s’affaisser (l’expiration de la victime est passive).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Puis recommencez la manœuvre. Le volume de chaque insufflation doit être suffisant pour que le sauveteur voit la poitrine de la victime se soulever ou s’abaisser après l’insufflation. Faites une dizaine d’insufflations rapides puis une toutes les 3 à 4 minutes. N’oubliez jamais qu’il faut persévérer, certains patients ayant été sauvés après plusieurs heures, notamment ceux en hypothermie.

Bouche à nez pour les adultes

Parfois il est impossible de pratiquer le bouche à bouche et cette méthode devra alors être appliquée.

La victime étant allongée sur le dos, sur un plan dur :

  • Agenouillez-vous à côté de la victime, près de son visage.
  • Avec la main placée sur le front, maintenez la tête basculée en arrière. :
  • Avec l’autre main, soulevez le menton sans appuyer sur la gorge et tenez la bouche de la victime fermée, le pouce appliquant la lèvre inférieure contre la lèvre supérieure pour éviter les fuites.
  • Appliquez la bouche largement ouverte autour du nez de la victime.
  • Insufflez progressivement en 2 secondes jusqu’à ce que la poitrine commence à se soulever.
  • Redressez-vous légèrement, reprenez votre souffle tout en regardant la poitrine de la victime s’affaisser (l’expiration de la victime est passive).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bouche à bouche et nez pour les bébés

Cette technique est celle qu’il faut réaliser quand la victime est un nourrisson. Elle se distingue de celle du bouche-à-bouche car :

  • Le sauveteur englobe avec sa bouche, à la fois la bouche et le nez de la victime.
  • La fréquence des insufflations est plus élevée que chez l’adulte.
  • Le volume des insufflations est plus faible que chez l’adulte, pour voir la poitrine se soulever.

 

 

 

 

 

 

Méthode de Sylvester

En cas de traumatisme facial important, la bonne vieille méthode du Dr H.E. SYLVESTER datant de 1858 peut être appliquée :

La victime est sur le dos et l’on place sous ses épaules un coussin formé d’habits roulés. La tête est basse, bouche ouverte, langue sortie (pour maintenir la langue hors de la bouche les moyens suivants étaient utilisés : ficelle, mouchoir, pince de bois, épingle de sûreté).

- Agenouillez-vous de part et d’autre de la tête, saisir les deux bras près du coude et les ramener sur le thorax en appuyant fortement.

- Elevez ensuite lentement les bras au-dessus de la tête en arrière en donnant une légère secousse. Et recommencer sans arrêt la série de ces deux mouvements (18 à 20 fois par minute)

Ce procédé doit être exécuté sans découragement pendant plusieurs heures de suite (1 à 3 heures)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Cette méthode peut également s’allier au massage cardiaque :

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Massage cardiaque

Après avoir pris le pouls au niveau du poignet ou au niveau du cou comme expliqué précédemment, un pouls absent ou très bas (normale entre 60 et 80 pour un adulte et 90 à 140 chez les jeunes enfants) doit entraîner un massage cardiaque immédiat toujours couplé à la respiration artificielle.

Victime toujours sur le dos sur un sol très dur, mettez-vous à cheval sur ses hanches et frappez poing fermé un grand coup sur le bas du sternum entre les deux seins. Ce simple choc permet souvent de faire repartir le cœur de la victime mais si ce n’est pas le cas, le massage cardiaque doit être débuté.

Réaliser le massage cardiaque

Pratiqué dans les premières minutes qui suivent l’arrêt cardiaque, le massage cardiaque permet de faire circuler le sang à partir du cœur et dans tout le corps et ainsi de favoriser le transport de l’oxygène vers les organes. On retarde alors le plus possible la détérioration des fonctions vitales et les lésions dans le cerveau.

La technique est simple. Masser le cœur de la victime pour faire circuler le sang dans le corps :

  • allongez la victime sur une surface dure,
  • placez-vous à genoux, sur le côté de la victime,
  • Positionner vos mains l’une sur l’autre, au milieu du thorax, entre les deux seins, les bras bien tendus,
  • Appuyez de tout votre poids, bien au-dessus : ce ne sont pas les bras ni les mains qui appuient mais tout le corps,
  • Pratiquez 100 compressions par minute, par séquences de 30 compressions consécutives. Vous devez à chaque fois appuyer très fort, pour enfoncer la cage thoracique de 3 cm à 4 cm. Veillez à bien relâcher entièrement entre chaque compression. Recommencer des séquences de 30 compressions, jusqu’à l’arrivée des secours,
  • Même si vous avez l’impression de mal effectuer le geste, continuez : mieux vaut un massage cardiaque imprécis que pas de massage cardiaque du tout.

Dans les premières minutes, il faut privilégier le massage cardiaque. Mais si vous savez le faire, vous pouvez aussi pratiquer une ventilation pulmonaire (bouche-à-bouche) : 2 insufflations toutes les 30 compressions thoraciques.

 

 

 

 

Hémorragie

Il faut différencier les hémorragies veineuses qui saignent en nappe d’un sang foncé des hémorragies artérielles, qui saignent en jet d’un sang plus clair et sont beaucoup plus dangereuses car elles peuvent vider le survivant très vite de son sang.

Quel que soit le type de l’hémorragie, il faut la faire cesser au plus vite. Allongez le blessé, couvrez-le, et si elle se situe au niveau des membres inférieurs ou supérieurs, remontez le membre blessé au-dessus du cœur (blessé allongé, bras ou jambe levée) afin de diminuer l’afflux de sang.

Mettez en place immédiatement une technique de compression au niveau du saignement où qu’il soit, ce qui suffit à arrêter l’hémorragie en une vingtaine de minute. Il existe des pansements compressifs que vous devrez avoir dans la trousse d’urgence mais sachez qu’en survie, tout peut être utilisé même un vêtement quelconque en boule de préférence propre. Il doit être maintenu environ une demi-heure pour faire cesser définitivement l’hémorragie. Pour passer de la compression manuelle avec votre poing au pansement compressif la trousse d’urgence comprendra des bandes Cohéban. Elles se grippent à chaque tour, sont réutilisables, et peuvent être enroulées autour du pansement compressif en serrant autant qu’il est possible.

Compression manuelle

Technique rapide et facile, elle suffit dans la plupart des cas pour arrêter le saignement.
En l’absence de corps étranger dans la plaie, s’il n’y a pas de fracture ouverte et si la plaie est de petite taille (moins large que la main) :
Assurez-vous que ses jambes sont allongés côte à côte. Si ce n’est pas le cas, rapprochez-les délicatement l’une de l’autre, dans l’axe du corps de la victime.

  • Comprimez directement le point de saignement avec les doigts ou avec la main (si possible protégée par un gant ou un plastique).
  • Demandez à un survivant un linge propre (jamais d’ouate) que vous placerez entre la plaie et votre main (Ce linge n’est pas stérile, mais l’arrêt de l’hémorragie prime sur les risques d’infection).

 

 

 

 

 

 

Si le point de saignement se situe sur un membre et sauf en cas de fracture de ce membre, maintenez ce membre en position surélevée par rapport au cœur.

  • Si la compression manuelle ne suffit pas à arrêter l’hémorragie, changez la position de votre main, la surface et la force d’appui.
    Si cela est toujours insuffisant demandez à un survivant de continuer malgré tout la compression manuelle et appliquez la technique de compression à distance ou mieux mettez en place un garrot
  • Si l’hémorragie s’arrête avec la compression manuelle, maintenez cette compression pendant au moins 10 minutes. Installez ensuite un pansement compressif qui doit être efficace et empêcher la reprise de l’hémorragie. N’hésitez pas à le serrer davantage si nécessaire.
  • Si l’hémorragie se fait par saccades et reprend après une dizaine de minutes de compression manuelle de la plaie, il s’agit d’une plaie artérielle. Il y a des risques qu’un pansement compressif soit insuffisant pour arrêter l’hémorragie. Vous pouvez cependant essayer mais sans insister. La doctrine officielle est de stopper l’hémorragie par compression à distance. Cette manœuvre est cependant difficile à réaliser dans le contexte dramatique d’une plaie artérielle. En outre elle est pratiquement impossible à maintenir plus d’une dizaine de minutes. Si les secours doivent mettre plus de temps pour arriver, il est raisonnable de mettre en place un garrot au niveau de la cuisse ou du bras. Ce garrot sera placé par un autre sauveteur pendant que le premier continue la compression. Si les secours ne peuvent être attendus, il vous faudra suturer l’artère.
  • Au niveau du cou il est impossible de réaliser un pansement compressif. La compression manuelle devra donc être maintenue.
  • Les plaies du poignet, de la main, du cuir chevelu et du pied saignent beaucoup mais l’hémorragie, même artérielle s’arrête toujours par un simple pansement compressif. Il n’y a pas à ce niveau d’indication de garrot.
  • Si la plaie est très large et impossible à comprimer avec la main, installez d’emblée un garrot si le saignement se fait en jets saccadés, ou un large pansement compressif dans les autres cas. Une compression à distance temporaire par un autre survivant vous aidera à faire le pansement ou à installer le garrot.
  • N’essayez pas d’enlever un corps étranger profondément enfoncé dans une plaie car cela risque de déclencher une hémorragie très importante. Il ne sera enlevé qu’en salle d’opération. S’il n’est pas envisageable d’espérer des secours, préparez-vous à affronter une hémorragie qui peut être massive et fatale.

Pansement compressif

La substitution de la compression manuelle par le pansement compressif doit être la plus rapide possible. La mise en place de ce dernier doit observer les principes suivants :

  • Les compresses ou le linge propre doivent recouvrir complètement la plaie qui saigne.
  • La bande (foulard, cravate, ceinture, serviette …) qui maintient le tissu mis en place sur la plaie doit recouvrir complètement celui-ci et être assez longue pour faire au moins deux tours.
  • La bande doit exercer une pression suffisante pour éviter que le saignement reprenne. Il faut toutefois veiller à ne pas trop la serrer (l’extrémité du membre ne doit devenir ni froide ni violacée).

 

 

 

 

 

 

 

Ne retirez pas le pansement qui se trouve au contact de la plaie, même s’il est imbibé de sang, vous risqueriez d’arracher les caillots en cours de formation et de relancer l’hémorragie.

Compression à distance

En cas d’hémorragie artérielle importante, l’urgence est extrême. Dans un premier temps, localiser le saignement. Il existe des points de compression qui écrasent la veine contre un os, empêchant ainsi le saignement le temps de suturer l’artère.

Afin d’être efficace sur une victime allongée, vous devrez comprimer contre un plan dur osseux le vaisseau situé entre le cœur et le saignement. Une fois débutée, cette compression devra impérativement être maintenue jusqu’à l’arrivée des secours ou la suture de l’artère si vous ne pouvez espérer les secours.

Hémorragie du membre supérieur

Comprimez l’artère qui descend le long de la face interne du bras à l’aide de votre pouce, en l’écrasant sur l’humérus (os du bras).

Cette technique permet l’arrêt de toute hémorragie grave de la partie inférieure du bras.

 

 

 

Hémorragie du membre inférieur

Comprimez l’artère du membre inférieur au pli de l’aine, à l’aide du poing, en conservant le bras tendu, et en l’écrasant sur le fémur (os de la cuisse).

Cette technique permet l’arrêt de toute hémorragie grave de la cuisse et de la jambe.

 

Pose d’un garrot

Lorsque le point de compression est impossible à maintenir du fait de la nécessité d’aller chercher des secours (en cas d’isolement) ou de s’occuper de plusieurs victimes, la mise en place d’un garrot peut s’avérer nécessaire.        

Contrairement à une idée fausse, un garrot ne doit être utilisé qu’en dernier recours, car il présente des risques importants pour le sujet. Un garrot très serré et laissé trop longtemps sur un membre (plus de 2 heures) risque de provoquer une paralysie de ce membre. Après 4 à 6 heures, il existe des risques importants de gangrène du membre et de troubles rénaux pouvant entraîner le décès de la victime. Cependant la mise en place d’un garrot s’impose devant une hémorragie externe importante quand tous les autres moyens ont échoué. Un garrot doit être posé juste au-dessus de la plaie (entre la plaie et le cœur) : au-dessus du genou pour le membre inférieur et au-dessus du coude pour le membre supérieur. Utilisez comme garrot un lien assez gros. Servez-vous de ceintures, de cravates, de foulards Évitez d’utiliser comme garrot des cordelettes, du fil de fer, qui sont susceptibles de couper la peau et même les muscles. Le garrot le plus simple est le “garrot cravate”. Tout en comprimant l’artère (si possible) :

  • Faites une boucle avec le lien et placez-la autour du membre,
  • Enfilez les extrémités du lien dans la boucle,
  • Maintenez la traction sur une des extrémités du lien (lien de gauche sur le schéma 3). Passez l’autre extrémité autour du membre. Tendez le lien et nouez ses deux extrémités.

 

 

 

 

 

Vous devez serrer le garrot juste assez pour arrêter l’hémorragie, mais pas plus. En revanche, si la plaie continue de saigner malgré le garrot, c’est que celui-ci n’est pas assez serré. Notez l’heure de pose du garrot et communiquez cette information aux secours quand ils arriveront sur place.
Bien qu’il soit dangereux de maintenir un garrot serré trop longtemps (plus de 2 heures), il est fortement déconseillé de le desserrer, même pour quelques secondes. D’une part il est parfois difficile de le resserrer, d’autre part la perte de sang occasionnée par le relâchement du garrot aggrave l’état de la victime, enfin des complications graves voire mortelles peuvent se produire lors de la levée du garrot.

Si vous ne pouvez espérer les secours, il va falloir ligaturer ou à l’extrême suturer l’artère sectionnée.

Les plaies se font essentiellement au niveau de la tête et des membres mais il existe d’autres points de compression, plus difficiles à mettre en place et plus dangereux :

Rappelons les points de compressions :

  • artère axillaire :      
    dans le creux de l’aisselle
  • artère carotide
    pouce à la base du cou, les autres doigts en arrière du cou
  • artère humérale:     
    pouce à l’intérieur du bras en légère rotation externe, en appuyant sur l’humérus
  • artère fémorale:      
    en appuyant le poing, bras tendu, au milieu de l’aine
 

Ligature d’une artère

Celle-ci ne doit bien sûr être pratiquée qu’en cas de force majeure. C’est un acte chirurgical risqué et difficile. Comme tout acte chirurgical, elle doit être pratiquée dans une asepsie des plus rigoureuses possibles compte-tenu de votre situation : port de gants stériles, désinfection des mains et de tous les instruments dont vous vous servez à l’alcool, au feu ou à l’eau bouillie, désinfection de la plaie. Une fois la plaie bien désinfectée, il vous faut tout d’abord repérer doucement au doigt l’artère qui saigne, ce qui n’est pas aisé dans la mesure où les parois des artères sont rétractiles et où il va donc vous falloir la chercher dans la plaie. A l’inverse d’une veine, elle ne se collabe pas et reste toujours ouverte. Guidez-vous au saignement et clampez-là à l’aide de la pince péan. Tirez-là doucement vers vous et dégagez-là le plus possible pour vous assurer que vous ne clampez qu’elle, et pas de nerfs qui accompagnent les artères et dont la ligature pourrait entraîner la perte fonctionnelle définitive du membre. Posez un garrot au-dessus de la plaie et ligaturez l’artère avec du fil chirurgical et faites plusieurs nœuds ou avec du fil de pêche ou un fil de couture solide si vous n’avez plus de fil chirurgical. Desserrez doucement le garrot pour vérifier qu’il n’y a pas de fuite. En cas de fuite, resserrez le garrot et recommencez la ligature. Enlevez le garrot. Suturez la peau si besoin et faites un pansement propre. Vérifiez régulièrement que le membre au-dessous de la plaie ne devient pas blanc, bleu, froid et engourdi c’est à dire qu’il est bien irrigué par les autres artères qui prennent en général le relais. Si le membre devient bleu, il y a risque de gangrène et si vous ne pouvez pas rejoindre au plus vite un centre hospitalier il vous faut tenter de suturer l’artère pour rétablir la continuité.

Suture d’une artère

C’est un acte chirurgical de haut vol extrêmement risqué et qui a peu de chance de réussir s’il est pratiqué par des survivants néophytes. La technique consiste à repérer les deux côtés de l’artère dans la plaie de la même façon que précédemment puis de les suturer ensemble pour assurer l’irrigation du membre au-dessous. Dans des conditions extrêmes, mettez-vous à plusieurs. L’un d’entre vous tient la pince péan qui clampe le segment du haut et un autre tient la pince péan qui clampe le segment du bas.

La suture vasculaire répond à deux principes : elle doit être étanche et non sténosante. La paroi artérielle est à la fois fragile et parfois impénétrable du fait des calcifications. La connaissance des règles de suture en chirurgie vasculaire permet d’éviter de nombreuses complications (déchirures, thromboses, hémorragies).L’anastomose vasculaire nécessite le clampage de l’artère concernée en amont et en aval de l’anastomose.

La suture vasculaire est faite avec un fil doublement serti afin de toujours pénétrer la paroi artérielle par l’intérieur (fig. 1) pour plusieurs raisons :

– éviter le décollement des plaques ;

– prendre suffisamment de paroi artérielle et d’intima pour que la paroi ne se déchire pas ;

– permettre la fixation d’éventuels lambeaux de l’intima.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

L’aiguille est placée au bout du porte-aiguille et fait, avec les mors du porte-aiguille, un angle obtus. Cet angle obtus permet de contrôler parfaitement la pénétration de l’aiguille dans la paroi artérielle (fig. 2).

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La pince à disséquer qui est tenue entre pouce et index (comme on tenait un porte-plume) (fig. 3) permet d’écarter les tissus situés autour de l’artère, et de récupérer l’aiguille, une fois la paroi pénétrée. La paroi artérielle ne doit pas être pincée ni a fortiori écrasée par les mors de la pince à disséquer.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Quel que soit le type de paroi, les passages de l’aiguille ne doivent comporter aucun mouvement en bras de levier qui peut agrandir le trou d’aiguille et le transformer en fente. Le passage de l’aiguille dans la paroi doit être perpendiculaire à la paroi sans mouvement de rotation du poignet. Lors du passage d’un point de suture, il faut prendre successivement et bien perpendiculairement les deux parois à suturer l’une après l’autre.

Le fil utilisé pour une anastomose vasculaire est un fil non tressé, non résorbable, doublement serti. Actuellement, le fil le plus utilisé est le polypropylène que vous aurez dans votre trousse d’urgence.

La technique peut être des points séparés ou un surjet mais le surjet semble le mieux adapté dans les cas extrême et ne nécessite qu’un seul nœud final.

Le nœud vasculaire est fait avec les mains et non à l’aide d’un porte-aiguille en raison du risque de rupture. Il s’agit habituellement d’un nœud en demi-clé descendu sur un brin tendu.

 

 

 

 

 

 

Il faut, après les deux premiers nœuds qui sont faits sur le même brin avec deux demi-clefs identiques, changer de brin et changer le sens de la demi-clef.

Surjet :

 Le nœud du fil, qu’il soit fait à chaque point lors d’une suture à points séparés, ou lors du dernier point lors d’un surjet, obéit à plusieurs règles :

– avant de commencer à descendre le premier nœud, il faut exercer une tension douce sur chacun des brins

– si on ne passe plus de points, il faut se débarrasser des aiguilles en coupant les deux bouts du fil, mais en les laissant assez longs pour faire les nœuds ;

– le contrôle de la tension du fil lors des nœuds successifs est fait par les doigts qui descendent les nœuds, et non pas à la vue ;

– il faut être très concentré lors des dix nœuds minimum pour ne pas risquer de donner un coup sec lors de la descente du fil qui le casserait ;

– il faut couper les deux brins à un centimètre environ du dernier nœud.

La réalisation d’une suture ou d’une anastomose étanche non hémorragique peut paraître le problème essentiel de la suture vasculaire mais cela n’est pas vrai. En effet, on peut toujours reclamper en amont et en aval pour repasser des fils qui assureront l’hémostase définitive.

Le but essentiel d’une anastomose vasculaire est qu’elle ne soit pas sténosante. Pour cette raison certains chirurgiens utilisent les points séparés pour les anastomoses vasculaires à risque important de sténose ou de petit calibre.

Le surjet est cependant la méthode d’anastomose la plus utilisée ; il doit être bien tendu, afin que l’anastomose soit étanche, mais il ne doit pas être trop serré, afin que l’anastomose ne soit pas sténosante.

Hémorragie interne

C’est une atteinte grave qui peut survenir par choc violent, blessure par balle, plaies très profondes. Un organe interne est endommagé et une hospitalisation la plus rapide possible est la seule chance de survie du blessé. En attendant, mettez le blessé à plat, jambes surélevées pour aider le sang à irriguer le cerveau, couvrez le, et évacuez-le au plus vite.

Plaies

Les plaies constituent un danger essentiellement par risque infectieux. L’infection principale est le tétanos contre lequel nous sommes tous vaccinés, la vaccination étant valable 10 ans. Un vaccin antitétanique, qui se fait facilement en sous-cutané, aurait sa place dans une trousse d’urgence mais il faut savoir qu’il se désactive si la température dépasse 10°C.

Une plaie doit être examinée avec attention. Tout corps étranger doit être retiré avec une pince à épiler stérile. La plaie doit être désinfectée à l’antiseptique, l’eau bouillie, ou même le savon. Les chairs mortes doivent être enlevées, la plaie doit être nettoyée du centre de la plaie vers l’extérieur. Un pansement propre doit être appliqué et changé tous les jours.

En cas d’infection, appliquez l’antibiotique cutané prévu dans la trousse de secours (Fucidine) sous le pansement, ou si vous n’en avez plus, trempez régulièrement dans de l’eau salée très chaude.

En cas de plaie profonde et longue, désinfectez soigneusement la plaie, intérieurement comme extérieurement, avant de mettre en place votre suture. Dans la trousse d’urgence, vous aurez des Stéristrip, qui servent de points adhésifs et des fils de suture pour les sutures manuelles.

Sutures adhésives

Les Stéristrip sont des petites bandes de sutures adhésives

 

 

 

 

 

 

 

 

Maintenez la plaie bord à bord, puis posez le premier Stéristrip perpendiculairement à la plaie, en commençant par le point central de la plaie et en se dirigeant vers les extrémités.

 

 

 

 

 

Les strip doivent être laissés 5 à 7 jours avant d’être doucement enlevés. En rupture de Stréristrip, vous pouvez tenter la même méthode avec des morceaux découpés de simple ruban adhésif.

Sutures chirurgicales

Ce sont des points simples séparés. On commence habituellement par piquer la berge à la droite de l’opérateur, ou celle située vers lui. La pince tient la berge ; on pique la pointe perpendiculaire à la peau, pas trop loin du bord. Dès que l’aiguille est sous la peau, un mouvement de supination du poignet (rotation palmaire) suffit à la faire ressortir dans la plaie. Vouloir pousser à 45° vers la table ne sert qu’à se fatiguer le poignet, à léser les tissus avec les mors de la pince, et à ressortir trop profondément ; la courbure de l’aiguille rend ce mouvement de rotation quasi-obligatoire. Une fois l’extrémité de l’aiguille ressortie au centre de la plaie, on déclampe le porte-aiguille, on finit de faire sortir l’aiguille en l’attrapant par la pince, et on reclampe dans le sens normal. Ensuite, on pique dans la profondeur de la berge opposée, re-mouvement de supination, ça sort, on fait le nœud, on coupe le fil et c’est bon.

Les « gens qui savent faire » posent le point en une seule fois, sans ressortir au milieu de la plaie, mais pour commencer, il est préférable de le faire en deux étapes. Ça permet de mieux contrôler la profondeur du fil et la distance du point d’émergence à la berge, tout point ne devant être pas plus profond que nécessaire (pas la peine d’aller embrocher le plan musculaire pour une estafilade), devant être à distances égales de chaque berge et au même niveau sur chaque berge pour éviter les tractions trop importantes sur le fil.
Le nœud ne doit pas être serré ; le point est simplement posé sur la peau. Il maintient les berges en contact, mais ne doit pas contraindre les tissus. Un nœud trop serré sera plus difficile et plus douloureux à enlever au bout d’une dizaine de jours. Les points séparés sont utilisables pour toutes les plaies superficielles pour les plans sous-cutanés antérieurement à la suture cutanée si c’est nécessaire. Contrairement aux surjets, ils exposent beaucoup moins au risque d’hématomes et d’abcès de paroi, en raison de l’écartement des fils, qui permet aux différents fluides de s’évacuer dans le pansement. 

Toutes les plaies doivent être recouvertes d’un pansement après désinfection soigneuse, ou d’un bandage si le pansement n’est pas assez grand ou si la plaie est trop large ou trop grave pour être suturée. Dans ce cas, bandez serré et rejoignez au plus vite l’hôpital le plus proche si les secours ne peuvent venir à vous.

Amputation d’un membre

Un membre arraché brutalement saigne en général assez peu. En effet les parois musculaires des artères se rétractent sous la violence du choc, obturant presque l’artère. Vous aurez le temps d’examiner la plaie, de la désinfecter à l’eau bouillie, de suturer les artères, puis de faire un pansement léger à renouveler très souvent. Parfois cependant, vous devrez faire face à une hémorragie importante, et comme précédemment, surélever le membre, poser un garrot et ligaturer les artères en urgences.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Par contre, si vous devez vous-même amputer un membre en situation de vie ou de mort, c’est-à-dire lors d’une gangrène ou d’un membre coincé et impossible à dégager, le temps est vital. En cas de membre coincé, l’amputation devra être faite au plus près de la plaie, en cas de gangrène, juste au-dessous de la dernière articulation saine. Posez un garrot et soyez prêt à clamper les artères, puis à les suturer. Nettoyez à l’antiseptique la peau ou à l’eau bouillie s’il y a déjà une plaie. Prenez le manche de scalpel prévu dans votre trousse d’urgence et adaptez lui une lame de préférence stérile ou stérilisée. Incisez franchement les plans cutanés et sous-cutanés. Ceux-ci vont se rétracter, laissant apparaître les muscles plus sombres, Incisez franchement et ceux-ci vont se rétracter également, mettant à nu le ou les os que vous devrez scier. Ligaturez les artères si vous ne l’avez pas fait au cours de l’intervention, nettoyez à l’eau bouillie de nouveau, et posez un léger pansement sur le moignon que vous renouvellerez souvent.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La suture du plan cutané ne pourra se faire dans tous les cas que quand tous les fluides auront été évacués et tout risque d’infection écarté.

Brûlures

Si l’un des survivants est atteint par le feu et que ses vêtements sont en flamme, sa première réaction sera de courir. Plaquez-le au sol et recouvrez-le de tout ce qui vous passe par la main. Vêtement, couverture, sac de couchage etc… Sachez que le feu meure de lui-même sans oxygène. Il vous faut donc l’étouffer, en vous jetant tous sur lui si nécessaire.

Une fois le feu éteint, retirez tous les vêtements, tous les bijoux, tout ce qui peut serrer car un œdème va se produire et que tout ce qu’il porte est susceptible de le brûler encore plus que le feu.

Si vous avez un point d’eau à proximité, versez de l’eau froide sur le sujet brulé dans l’eau. Plus l’eau sera froide et plus le jet en continu sera long, jamais moins de 10 minutes, moins la brulure s’enfoncera profondément dans les chairs. De plus, cet apport d’eau froide apaisera la douleur et il faut savoir que les brulures entraînent des douleurs atroces et des pertes liquidiennes importantes.

Ce refroidissement, quelle qu’en soit la source, doit être maintenu jusqu’à ce qu’il ne procure plus de soulagement supplémentaire et que son arrêt n’augmente plus la douleur.

Une fois le refroidissement terminé, nettoyez soigneusement les plaies à l’eau bouillie froide et coupez autant de chairs brulées que possible autour des plaies. Appliquez ensuite des pansements secs et stériles puis un bandage. Si les mains ou les pieds sont atteints, posez des pansements entre chaque doigt ou orteil avant de bander afin qu’ils ne collent pas entre eux à la cicatrisation. Enroulez ensuite le patient dans une couverture de survie pour éviter l’hypothermie. Plus tard, vous pourrez appliquer sur les plaies des écorces de bois dur comme le hêtre ou le chêne bouillies dans de l’eau car elles contiennent du tanin qui aide à apaiser la douleur.

Les victimes sont souvent sujettes au choc hypovolémique du fait de la perte liquidienne et à l’infection. Il faut donc faire boire le brulé le plus possible afin de le réhydrater et de compenser la perte de liquide. Vous devez ajouter une cuillère à café de sel par litre d’eau. Sans possibilité de rejoindre au plus vite un centre de secours, vous pouvez également faire boire au brulé du sang d’animal préalablement bouilli. Le mieux étant que dans votre groupe l’un d’entre vous sache poser une intraveineuse et que la trousse de secours contienne tubulures et du Ringer-lactate pour poser une voie intraveineuse qui est nécessaire dès que la surface brulée atteint plus de 10% du corps. Pour estimer la surface brulée vous pouvez vous servir de la paume de la main du brulé qui représente 1% de sa surface corporelle.

Vous trouverez aussi ci-dessous une table qui vous aidera à évaluer l’étendue des brulures. Sachez qu’au-dessus de 50% de surface brulée, la mort est quasiment inéluctable, surtout en situation de survie.

Au-dessus de 10% posez une voie veineuse si c’est possible et passez 4ml par kg par pourcentage de surface brulée par 24h de Ringer Lactate, en sachant que le remplissage précoce étant essentiel, il convient de passer la moitié des doses prévues sur 24h dans les 6 à 8 premières heures.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le risque d’infection doit être jugulé par des désinfections quotidiennes des plaies à l’eau bouillie, les anciens pansements étant mouillés avant d’être retirés tout doucement pour ne pas arracher tout début de cicatrisation. S’il y a des cloques, ne surtout pas les percer. La désinfection doit être douce et soigneuse puis recouverte de nouveaux pansements secs. Si toutefois l’infection apparaissait appliquez sur la plaie nouvellement désinfectée la Fucidine avant de recouvrir du nouveau pansement propre. Si toutefois, rarement, l’infection se généralisait, donnez un antibiotique présent dans votre trousse d’urgence par voie buccale

Quel que soit le type de brulure (chimique, feu, électrique) et sa localisation, le traitement reste le même, n’utilisez que le rinçage à grande eau.

Fractures

Signes cliniques

  • Douleur vive aggravée par toute tentative de mouvement du membre fracturé et par une simple pression du doigt sur la totalité de l’os fracturé.
  • Impotence fonctionnelle, le sujet ne peut plus se servir de son membre.
  • Déformation : Raccourcissement, Déviation, Rotation anormale, membre flasque et branlant, ou simple irrégularité visible à l’œil nu ou au toucher du membre. Comparez la région suspecte avec le membre opposé pour vous aider.
  • Signes locaux : Œdème ou tuméfaction des tissus, Décoloration, Ecchymose, Hématome.

Il existe deux types de fractures, les fractures fermées et les fractures ouvertes avec effraction de la peau. Ces secondes laissent souvent apparaître l’os et sont plus graves car le risque d’infection est majeur.

Quel que soit le type de fracture, il convient de la réduire au plus vite si le membre est déformé, surtout si le blessé est inconscient car la réduction est extrêmement douloureuse et se fait le plus facilement sur le coup, avant que les muscles ne se contractent. Exercez une traction lente et forte de manière continue, sans à-coups, jusqu’à ce que le membre revienne dans son alignement normal. Protégez la peau contre les matériaux durs qui vont immobiliser le membre avec des bandages, de la mousse, du polystyrène, tout ce que vous aurez sous la main pour éviter les compressions avant de poser des attelles qui maintiendront le membre parfaitement immobilisé et toujours en traction. Utilisez du bois, c’est le matériau le plus facile que vous aurez sous la main.

Poignet et avant-bras
Pour immobiliser votre poignet ou votre avant-bras, utilisez tout simplement une revue à couverture rigide ou cartonnée, d’une épaisseur suffisante, qui fera office d’attelle de fortune (ou les deux morceaux de bois précédemment cités.) Enroulez-la en forme de tube ou de gouttière autour de la fracture et fixez-la aux deux extrémités (adhésif, torchon, chaussette…). Mettez votre membre en écharpe (ceinture, cravate…) à 90° afin de le soulager. En cas de fracture du membre supérieur, enlevez vos bagues car les doigts risquent de gonfler du fait de l’immobilisation et de la fracture.

 

 

 

 

 

 

 

 

Doigts
A l’aide d’un adhésif, fixez le doigt fracturé aux doigts voisins qui vont alors servir d’attelle.

Cuisse, genou, jambe
- Utilisez deux planches que vous allez enrouler de part et d’autre d’une couverture, à la manière d’une civière. Fixez ensuite les planches de chaque côté du membre blessé à l’aide de liens. Ces derniers peuvent être des ceintures, des cravates, de la corde, des draps, bref, tout ce qui peut être noué et suffisamment long pour faire le tour du membre. Le membre qui est maintenu par les côtés repose alors sur la couverture tendue.

 

 

 

 

 

Toute fracture ouverte, même discrète, nécessite une désinfection (nettoyage à grande eau et au savon de Marseille, antiseptiques, pansement stérile…) avant immobilisation.

Sachez qu’en cas de fracture du crâne ou de la colonne vertébrale, vous ne pourrez malheureusement pas faire grand-chose sans l’aide des secours.
En cas de fracture du crâne, il y a souvent des écoulements ou des saignements par le nez ou une oreille. Mettez le blessé en position latérale de sécurité, l’oreille qui saigne vers le bas afin de ne pas gêner l’écoulement des fluides. Installez-le le plus confortablement possible, couvrez-le, vérifiez son pouls et sa respiration. En cas de fracture de la colonne vertébrale où qu’elle se situe, vérifiez la sensibilité du blessé en le touchant sur les membres. Allongez-le sur le dos, bien droit, bras le long du corps et calez son cou de chaque côté avec des sacs de terre assez volumineux pour maintenir la tête en extension. Ensuite calez tout le reste de son corps avec des objets durs (troncs d’arbre entourés de couverture, revues roulées…) pour maintenir une parfaite immobilité.

Entorses

Si vous avez un doute sur une éventuelle fracture traitez comme une fracture. Une entorse est localisée à une articulation. C’est l’étirement, le déchirement ou la rupture des tendons de l’articulation dus à un mauvais mouvement.

Les symptômes en sont la douleur, le gonflement, les ecchymoses d’apparition plus tardives. Mettez l’articulation dans l’eau froide pour diminuer le gonflement. Faites un bandage avec une bande Cohéban sans serrer ou mieux un strapping avec de la mousse et de l’Elastoplaste que vous aurez dans votre trousse d’urgence. Immobilisez le membre atteint et mettez-le au repos. S’il s’agit d’une entorse de cheville et que vous devez fuir à tout prix, mettez une chaussure montante par-dessus le pansement qui servira d’attelle et vous aidera à marcher. Ne l’enlevez pas avant d’avoir atteint votre abri car le gonflement s’installera et vous ne pourrez plus la remettre.

Un bandage simple est rarement suffisant pour les entorses surtout en milieu de survie. Il est donc important de connaître les techniques de strapping qui permettent un maintien beaucoup plus efficace.

Le strapping du pouce

Étapes 1 et 2

 

 

 

 

 

1. Posez une “embase” avec une bande adhésive de 8 cm sur le poignet. Positionnez ensuite le pouce dans sa position naturelle.

2. Posez une attelle avec une bande adhésive non élastique sur la face antérieure de la colonne du pouce. Auparavant, découpez un petit triangle en haut de cette bande pour faire passer le pouce.

 Étapes 3 et 4

 

 

 

 

 

3. Posez également une attelle avec une bande adhésive non élastique sur le dessus du pouce afin de rigidifier la colonne. Posez ensuite une bande élastique et adhésive de 3 cm de large. Partez de l’embase sur le dessus du poignet, passez derrière le pouce, contournez-le et fixez la bande sur l’embase à l’intérieur du bras.

4. Recommencez l’opération avec 3 autres bandes, en les décalant d’un centimètre.

  Étapes 5 et 6

 

 

 

 

 

5. Nouvelle opération découpage pour réaliser un gant ! Prenez un morceau de bande 8 cm, réalisez un trou dedans pour que le pouce puisse passer (photo), et incisez l’autre extrémité de la bande dans le sens de la longueur. Passez le pouce dans le trou…

6. Refermez votre strapping en faisant le tour de la main avec la bande. L’incision de la bande va vous permettre de la faire passer de chaque côté du pouce.

 Étape 7

 

 

 

 

 

7. Le strapping est terminé. Avec ce “gant”, votre pouce est protégé et l’entorse va se résorber rapidement.

Le strapping de la cheville

Étapes 1 et 2

 

 

 

 

 

1. Tout d’abord, il s’agit de bien positionner le pied, de tourner la face plantaire vers l’extérieur.

2. Appliquez ensuite de la mousse de protection pour éviter les rougeurs et les éventuelles allergies (et épargner vos poils quand vous retirerez votre contention !)

Étapes 3 et 4

 

 

 

 

 

3. Placez deux “embases” au milieu du mollet et sur le pied. Ces bandes adhésives non tendues servent de point d’ancrage aux bandes plus fines qui seront posées ensuite. L’embase supérieure ne doit être collée que sur le haut de la jambe dans un premier temps. Laissez pendre le reste de la bande.

4. Place maintenant aux “attelles actives”. Partez de l’embase supérieure et faites passer la bande sous le pied, puis remontez jusqu’à l’embase de l’autre côté de la jambe.

Étapes 5 et 6

 

 

 

 

 

5. Reproduisez le même mouvement mais cette fois-ci avec l’embase inférieure, horizontale. Démarrez côté interne pour terminer de coller la bande côté externe.

6. Renouvelez ces opérations avec d’autres bandes en les décalant d’un centimètre vers le haut pour les attelles verticales, et d’un centimètre vers le haut pour les horizontales.

Étapes 7 et 8

 

 

 

 

 

7. Le strapping doit être complètement “fermé”, c’est-à-dire que l’intégralité de la zone doit être bandée.

8. Enfin, refermez l’embase supérieure en la collant derrière le mollet. Pour savoir si votre strapping est fait correctement, vous devez vous sentir maintenu et bloqué mais en aucun cas serré et comprimé. Si c’est le cas, prenez des ciseaux et incisez la contention aux endroits de compression.

Le strapping du genou

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Important : Laisser libres la rotule et la face supérieure du genou

1 – Au niveau du tiers inférieur de la cuisse, placer le collier 

 

 

 

 

 

 

 

2 – La mise en place du strapping débute en collant la bande sur le collier  

 

 

 

 

 

 

 

3 – Descendre vers la jambe par la face interne du genou puis entourer le haut du mollet 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

4- Réaliser le trajet inverse pour remonter vers la cuisse 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

5- Un nouveau passage par la face externe du genou 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Luxations

Les luxations sont en général causées par une chute ou un choc brutal qui déboite l’articulation. La douleur est vive, la déformation est évidente et la tête de l’os déboité est perceptible sous la peau. Les épaules sont les plus souvent touchées par cette blessure.

Luxation de l’épaule : asseyez-vous par terre, déchaussez-vous, et mettez vos deux pieds sous l’aisselle du blessé en tirant sur son bras. Puis soutenez le bras avec une écharpe, immobilisez-le avec un bandage autour de la poitrine et laissez-le au repos.

C’est une vieille méthode mais la moins risquée pour des néophytes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Doigt luxé : tirez sur le doigt puis relâchez doucement pour que la tête luxée reprenne sa place.

Mâchoire luxée : réduction par la manœuvre de Nelaton : les deux pouces enveloppés d’une compresse protectrice sont introduits dans la bouche et posés vigoureusement sur les molaires inférieures. De cette façon, la mâchoire inférieure est solidement tenue à droite et à gauche. La tête du sujet est immobilisée par un second survivant. La bouche du sujet, déjà grande ouverte est amenée à un degré d’ouverture plus grand encore. Après quelques secondes d’effort pour obtenir cet abaissement, on pousse vigoureusement la mâchoire d’avant en arrière et on cherche alors à réaliser la fermeture de la bouche. La réduction est en général aisée.

Conclusion

Pour ceux d’entre vous qui sont arrivés à la fin de l’article sans vomir ou faire de malaise, je dirais qu’ils sont prêts autant que faire se peut à affronter les accidents de la survie en milieu extrême. Pour les autres, prenez votre temps, l’invasion n’est pas prévue pour demain…

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

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7 Commentaires

  1. Très bonne documentation. Mais, sans vouloir faire mon pinailleur, tout ça demeure superflu si ce n’est pas mis en pratique et assimilé par l’expérience.
    Mon conseil : faites des stages ou des formations ; passage obligé pour bien assimiler les gestes de premiers secours et se confronter au stress en situation.

  2. Bien sûr que la pratique par des stages et des formations est primordiale. Cependant, beaucoup de ce que j’ai mis dans cet article très poussé ne sera pas dispensé en dehors d’une formation strictement médicale. Hors, je pense qu’en cas d’urgence extrême et quand on n’a pas le choix, et c’est bien ce que je précise à plusieurs reprises dans l’article, en l’absence de toute possibilité de secours médical qui reste bien sûr toujours la première option, certains de ces gestes peuvent sauver une vie…

  3. Oui, beaucoup de ce que tu as mis dans cet article n’est pas dispensé en dehors d’une formation strictement médicale et certains de ces gestes peuvent sauver une vie.
    Je tiens juste à souligner que rien ne remplace la pratique et l’expérience et que, dans l’urgence, certains de ces conseils ne seront pas applicables de manière spontanée, ou même sur la base d’une documentation. Suturer une artère, ou pratiquer une amputation, cela n’est pas réalisable sur la base d’un simple document écrit. Ca ne s’improvise pas ; c’est un acquis.
    Sinon, je le répète, très bonne et synthétique documentation que tu nous as fourni ici. ;-)

  4. Merci, c’est gentil mais je n’ai pas de mérite, je suis médecin :)

  5. Je suppose donc que suturer une artère, ou pratiquer une amputation ne te pose aucun problème ; ce qui ne sera pas le cas du néophyte que je suis et que sont la plupart des lecteurs de ce blog. ;-)

  6. Si tu veux, suturer une artère si je n’ai pas le choix, je tenterais, même si cela est loin de ne pas me poser de problème. Par contre, une amputation, je ne suis pas sûre que je ne serais pas dans le même cas que toi. Mais l’union fait la force et parfois la situation ne te laisse pas le choix. C’est quand même cool de se dire que cette situation a peu de chance de survenir :)

  7. Everyone loves what you guys are up too. Such clever work and reporting! Keep up the great works guys I’ve added you guys to blogroll.

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