Shaun

Vu dans: Shaun of the Dead

Métro-boulot-bière-Playstation. Voici le résumé de la vie de Shaun, 29 ans, britannique. Ça n’a rien de folichon pour un pro de la défonce de zomblard, n’est-ce pas ? C’est parce qu’à la base, Shaun n’avait rien demandé. Vendeur en électroménager entouré d’une équipe totalement incompétente qui prend un malin plaisir à le martyriser, le quotidien de Shaun est d’un ennui proprement grotesque. Et pour en remettre une couche, au moment où la super grippe prend des dimensions apocalyptiques, la vie de Shaun, c’est carrément de la merde : humilié par ses collègues, traité comme un moins que rien par son beau-père et son colloc’, largué par sa nana et obligé de traîner Ed, son boulet de meilleur pote. On a connu des héros plus gâtés par le destin.

C’est sur le tas que Shaun apprend à dézinguer du mort-vivant. Pas le choix, vu que le temps que le monde ne percute que les morts s‘étaient mis à marcher dans les rues de Londres (et sa banlieue) Shaun se retrouve avec deux zombies dans le jardin. Ce qui est quand même problématique quand, dans un premier temps on croit que la zombie est juste une pauvre poivrote et surtout quand on a strictement rien pour se défendre.

Heureusement, dans son malheur Shaun a un peu de chance. Les zombies qu’il doit se coltiner sont très très lents et très très bêtes. Ça lui laisse donc le temps de tester quelques armes, comme le jeter de n’importe quoi – dont des vinyles- dans la face. Finalement il opte pour une batte de cricket. Simple, pratique, efficace.

Le mot d’ordre de Shaun : organisation. C’est pas le genre de type à se lancer tête baissée dans une horde de zombies, à tataner du macchabée et faire gicler les cervelles dans un bordel surdimensionné. Que nenni. Shaun est un mec habitué à sa routine mortelle (au sens figuré) qui doit s’adapter à sa nouvelle vie mortelle (au sens propre), facile à dire quand on est habitué à l’action et aux guns. Moins facile quand le seul moment un peu folichon de sa journée c’est celui où il rentre à quatre pattes chez lui après une murge royale au Winchester.

Du coup, pour se sortir de la misère internationale qu’a provoqué l’invasion zombiesque, Shaun n’a d’autre moyen que d’échafauder des plans logiques précis et concis pour (dans l’ordre) : sauver sa mère, tuer son beau-père, récupérer sa copine et attendre gentiment l’arrivée des secours, une pinte à la main en se racontant des blagues salace. Sauf que forcément, rien ne se passe comme prévu. Mais non bien sûr, ce serait trop simple. Et le film durerait un quart d’heure.

Néanmoins, malgré son évident amateurisme au niveau du tuage de zombie, Shaun a de la suite dans les idées. Notons tout de même l’idée géniale de l’imitation du mort vivant, afin de traverser une horde en sécurité. Ça marche bien, très bien même puisque Rick Grimes (que nous ne vous présentons plus) a outrageusement pompé l’idée, de manière certes un peu plus poussée, mais quand même.

Autrement dit, ce que nous apprend Shaun, c’est que quoi qu’il arrive – des tas de cacas dans la vie, comme se faire planter par sa nana ou trimer lors d’une invasion de zombies – c’est qu’il faut rester fidèle à soi-même et à ses valeurs. Rester organisé, c’est important, même si le plan foire, il faut vite en trouver un autre. Céder à la panique, ça peut arriver, mais il faut savoir se ressaisir et se creuser le cervelet avant de se lancer dans du n’importe quoi. Enfin, faire confiance aux valeurs sûres, à la famille et aux amis : se battre dans des endroits familiers avec les personnes que l’on connaît – et Queen en fond sonore – ça n’assure pas la survie, mais ça fait gagner un temps précieux.

Auteur

LaBizonne

Guide de survie : le Manuel des Castor Juniors Armes de prédilection : Bombe de laque + briquet "y'a comme qui dirait un début de brasero..." et une légère tendance à la démence avérée.

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1 Commentaire

  1. c’est lui que je choisi comme survivant :-)

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