Culture Z Livres Papiers — 05 avril 2016
Tandis que le monde meurt, T2, la chronique !

TANDIS QUE LE MONDE MEURT 2 SE BATTRE POUR SURVIVRE

Auteur : Rhiannon Frater

400 pages,

14,00 EUR,

en librairie seulement.

PANINI BOOKS

Collection ECLIPSE

Le second tome de la trilogie zombie de Rhiannon Frater, Tandis que le monde meurt qui a fait un tabac aux Etats-Unis, d’abord online en 2008 chapitre après chapitre, avant d’être publiée en version originale en 2011 sous la forme d’une trilogie et dont nous avions beaucoup aimé le premier tome Les premiers jours paru en février 2015  en collection  Eclipse de chez Panini Books est donc disponible en librairie depuis le mois de février !

Le fort a accueilli de nouveaux survivants de l’apocalypse. Rien n’est facile dans ce nouveau monde où les morts marchent et chaque jour apporte son lot de problèmes. Alors que l’hiver, les pillards et les zombies menacent leur paradis de fortune, Jenni et Katie vont devoir se battre pour survivre pendant que le monde meurt.

C’est donc avec beaucoup de plaisir (pas pour longtemps) que nous retrouvons Jenni et Katie, nos deux héroïnes du tome premier et leurs compagnons d’infortune. Bien que nous nous attendions à ce que l’axe d’abord de l’apocalypse reste avant tout celui des réactions et relations humaines plutôt que celui de la décapitation de zombies à tout va, à l’inverse du premier tome, celui-ci se décrédibilise en tombant de façon exagérée dans la romance.

Après le road-trip effréné des deux jeunes femmes dans le premier tome, on assiste dans ce second tome à la naissance d’une nouvelle mini-société avec toutes les difficultés que cela comporte, ce dont nous attendions beaucoup. Malheureusement, même si les thèmes abordés y sont intéressants et justes, ils ne le sont que trop superficiellement et souvent de façon beaucoup trop caricaturale. Comme par exemple le couple de riches qui envoie la piétaille au combat pour s’approprier l’hôtel. Barbie est stupide, certes, et on l’a tous bien compris, mais quand même, en plein milieu d’une apocalypse zombie, on a du mal à croire qu’elle n’a pas encore perdu ses talons, qu’elle n’a pas encore compris que l’argent ne vaut plus rien, et qu’elle est parvenue à persuader un quelconque quidam de risquer sa vie pour aller lui chercher ses bijoux. faut pas déconner quand même !

Même chose avec la tentative de viol de Katie par Shane et la problématique de la mise en place d’une nouvelle justice qui aurait pu donner lieu à quelques intéressants débats vite expédiés et totalement bâclés, de même que la construction d’une hiérarchisation dont nous espérions beaucoup mieux et qui s’avère totalement inintéressante.

L’apothéose survient en ce qui concerne la bisexualité de Katie. Alors que dans le premier tome, son homosexualité parfaitement assumée avait été amenée avec beaucoup d’élégance, d’intelligence et de sincérité,  l’aveu de la bisexualité de Katie semble être la grande nouvelle du tome, comme si on ne l’avait pas vu venir, et  être pour l’auteur un rebondissement essentiel et un trait de génie novateur. ??? Du coup, ça traîne, c’est lourd, c’est maladroit et on se demande pourquoi on a droit à tout ce tapage pour si peu. Elle est bi, elle est bi, rien d’exceptionnel à cela et on ne va pas y passer 200 pages non plus !

Quant à ce que j’avais préféré dans le tome précédent, à savoir la descriptif du stress post-traumatique et du complexe du survivant, parfaitement maîtrisé, là aussi ça dérape grave. Alors que certaines scènes sont très justes comme dans le précédent, voilà que surviennent des hallucinations pour Jenni qui voit le fantôme de son mari lui enjoindre de la rejoindre, ce qui décrédibilise totalement le récit. A tel point que pendant quelques chapitres, j’ai réellement redouté qu’on ait aussi droit aux fantômes en plus des zombies, quitte à être dans la fiction, autant se faire plaisir ! En outre, si l’on peut parfaitement comprendre que dans ces circonstances, des gens se rapprochent, des couples se forment, et que le contact des bras d’un conjoint soit apaisant, nécessaire et rassurant, par contre, on est interloqué de voir Jenni se transformer en adolescente pré pubère libidineuse avec Juan. Du coup, ce personnage si attachant dans le premier tome perd définitivement sa crédibilité et sa profondeur et on s’en détache totalement. Même chose pour Katie et Travis, même si on est contents pour eux qu’ils s’aiment, se marient et aient beaucoup d’enfants, on se dit qu’une apocalypse zombie n’est pas franchement le contexte idéal pour un conte de fées, il faut savoir choisir ses combats !

Et justement côté combat, même si on ne s’attendait pas au groupe de Negan, les Banditos alcooliques, violeurs, pilleurs, assassins et ex-taulards passent pour des paysans un peu niais dont il est au final assez aisé de venir à bout. Espérons qu’en cas d’apocalypse, nous n’ayons à faire qu’à ce genre de gangs du pays des bisounours… Total échec sur ce coup là aussi dont on attendait également beaucoup de rebondissements.

Côté zombies, l’investiture de l’hôtel aurait pu être une belle scène d’action, peut-être l’est-elle, mais on est déjà totalement détachés de ces personnages et du coup, je n’ai personnellement pas pu m’impliquer dans la scène ni ressentir aucune tension ou si peu.

Le meilleur se situe sans doute dans les relations radio avec les autres groupes de survivants et les tentatives de rapatriement.

Reste le justicier, pour lequel j’attendais un magnifique rebondissement et dont l’identité n’est toujours pas dévoilée sauf s’il s’agit d’Eric, ce que je me refuse à croire, la chute ayant alors été par trop minable. J’espère qu’il sera le sujet central du dernier tome afin de redonner un peu de crédibilité à la fin de cette trilogie !

En bref, exit le roman simple, sincère, rythmé, authentique et rationnel du premier tome qui nous avait séduit et bonjour le roman jeunesse bourré de niaiseries et de bons sentiments !

Horriblement déçue !!!

note5

Retrouvez ici la chronique du Tome 1

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Source : Panini Books

 

Auteur

Mary

Mère de 2 enfants, passionnée de survie, experte en techniques de combat de spray et en maniement de seringue, se dresse contre la bêtise, l'égocentrisme, et... les zombies, parce que, sans déconner, July a raison, ça va nous tomber dessus !

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