Consoles / PC Jeux Jeux-Vidéos — 09 juillet 2012
Test – Lollipop Chainsaw : Fac, zombies et beauté sucrée

Lollipop Chainsaw est le dernier né du studio Suda51 qui pour l’occasion a collaboré avec le scénariste de l’Armée des morts et Scooby-Doo ainsi que le génial compositeur de la musique de la série des Silent Hill. Résultat : un hommage acidulé et délirant aux séries B américaines mettant en scène une pom-pom girl chasseuse de zombies ! 

Éditeur : Warner Interactive
Développeur : Grasshopper Manufacture Inc
Type : Beat’em all
Sortie : 15 juin 2012 
Support : Xbox3 60 et Playstation 3 

 

 

Le style "comics" est très plaisant.

Elle est petite, blonde, menue, superficielle, un peu idiote et chasseuse de monstres. Cela vous dit quelque chose ? Et non, je ne parle pas de Buffy contre les vampires ! Ici l’action ne se passe pas à Sunnydale mais au lycée de San Romero (les fans apprécieront) et on ne chasse pas les vampires mais les zombies Il est évident que le soft s’inspire de la culture fantastique des années 90. La ressemblance frappante avec la jeune Buffy Summers (de la saison 1) est ainsi tout à fait assumée. Toutes les deux blondes, pom-pom girls, amoureuses transies d’un garçon pas comme les autres (nous y reviendrons) et chasseuses de monstres. Mais il y a une différence de style : contrairement à la série de maître Weedon qui tente d’alterner humour et action sombre et réaliste, Lollipop Chainsaw est un déferlement de violence acidulée où l’héroïne coupe des têtes putréfiées à la tronçonneuse et lance des arcs en ciel. Tout un programme !

Lollipop Chainsaw c’est l’histoire d’une jeune adolescente de dix-huit ans qui nous raconte sa journée d’anniversaire. La narratrice nous invite donc dans sa chambre pour nous raconter sa vie, nous décrire son univers. C’est aujourd’hui qu’elle doit présenter son petit ami, Nick, à sa famille, ce qui est la source de beaucoup d’angoisse pour la jeune pom-pom girl. En effet, sa famille est un peu… spéciale. Ce scénario complètement barré sort directement de l’imagination de James Gunn, scénariste de “Scooby-Doo” et de “l’Armée des morts”…vous pensez que ça n’a rien à voir? Et pourtant…

Les combos ont toujours un look très "kawaii".

La belle file ensuite sur son vélo, vers le campus universitaire qui se révèle être envahi par une horde de zombies. C’est alors que Juliette Starling nous révèle un petit détail sur sa vie qu’elle avait jusqu’alors gardé pour elle : c’est une chasseuse de zombies ! Il lui faut alors parcourir tout le campus, divisé en six zones, afin de libérer vos camarades dans le besoin.

La proximité entre Juliette et le joueur ou la joueuse est tout de suite mise en place. Invité(e) dans la chambre de la blondinette au début du jeu, l’accent est tout de suite mis sur les sous-entendus coquins et les positions lascives de notre héroïne. Son goût immodéré pour les sucettes, sa tenue de cheerleader affriolante (et malgré tout peu confortable pour la chasse aux monstres, non ?), tout est fait pour vous forcer, au moins une fois à tenter de regarder sous sa petite jupe plissée (une animation a d’ailleurs été faite juste pour l’occasion, c’est dire !). Bref nous avons affaire à un univers très sexy qui s’assume. Vous pourrez même par la suite offrir tout une garde-robe à la jolie Juliette, allant du bikini à la tenue de soubrette japonaise en passant par le costume de lapin. Toujours sexy mais jamais vulgaire, voilà ce qui importe. Car si l’humour est certes un peu licencieux, les développeurs ont mis un point d’honneur à ne jamais tomber dans le mauvais goût à l’instar d’un Duke Nukem, en tout cas pour l’héroïne qui ne parle de sexe que par euphémisme et métaphores, ce qui rend certains dialogues absolument délicieux. Les zombies sont légèrement plus directs, mais après tout ils sont là pour ça !

Loin d’être une fille facile, la belle porte un amour inconditionnel à son petit ami, Nick ! Ce dernier que l’on peut apercevoir sur la jaquette, accroché à la ceinture de sa fiancée… Étonnant n’est-ce pas ? Le pauvre perdra effectivement son corps au début de l’aventure, mais nous vous laissons le soin d’en découvrir les raisons et surtout la manière (“Allô chérie ? Ça va couper !”, comme dirait l’autre…). Un scénario qui d’ailleurs se révèle plus profond qu’il n’y paraît puisque les derniers niveaux verront un véritable approfondissement psychologique de Nick qui est aussi surprenant qu’intelligent.

Les boss sont tous des musiciens.

Visuellement, c’est le carton plein !
Grasshoper nous livre un petit bijou fantaisie. Le jeu est présenté dans un cel-shading du plus bel effet. Rappelant délicieusement l’univers de la bande dessinée, les couleurs pop sont vives et éclatantes. Juliette, armée de sa tronçonneuse, démembre les hordes zombies en faisant apparaître des arcs en ciels et des cœurs en lieu et place des gerbes de sang sur fond d’étoiles filantes. Le tout nous évoque un saut dans une piscine de bonbons multicolores, ce qui a le mérite de contrebalancer la violence de certains affrontements. Car oui, certains combats sont particulièrement violents et sanguinolents, notamment contre de gigantesques boss qu’il vous faudra découper de part en part, laissant échapper au passage des lacs d’hémoglobine. L’univers fantasque et coloré permet donc d’éviter l’overdose sanguine. Bref, le soft est un plaisir pour les yeux même si parfois l’orgie de couleurs, apanage jusque-là des « maniac shooters », pourra amener certains ou certaines à une singulière crise épileptique lors de certains niveaux psychédéliques. Nous émettrons tout de même quelques réserves sur certains décors qui paraissent un peu vides et qui ne font pas toujours oublier la structure en couloir du jeu, ainsi que certaines textures parfois très ternes, notamment pendant le niveau de la cathédrale. Nous comprenons que ce n’est que pour mieux jouer la carte du contraste avec la lumineuse Juliette mais le tout n’est pas toujours adroit. Cependant, l’univers graphique reste de très bonne qualité, fun et inspiré.

Pole Dance ! Juliette est sexy à en mourir.

Coté gameplay, le soft pourra peut-être décevoir lors des premières minutes de jeu. Loin d’être technique, nous sommes à des années-lumière d’un Bayonnetta ou des Devil May Cry. Mais très vite, nous pourrons acheter de nouvelles techniques pour la belle. Assez nombreuses pour fournir un gameplay varié, ces dernières sont cependant parfois difficiles à caser. Saluons donc l’initiative risquée du studio qui nous oblige à faire l’acquisition de ces techniques une par une afin de pouvoir les dompter efficacement. Il faut par exemple un petit temps pour assimiler le timing nécessaire  pour sauter au-dessus d’un adversaire et ensuite le tronçonner de bas en haut à l’aide d’une QTE (ndlr : Quick Time Event ou action contextuelle). Quel plaisir lorsque la maîtrise est totale ! Au final, Juliette possède un éventail assez large de mouvements, parfois inspirés du catch et de la « lucha libre » mexicaine. Au bout d’un certain temps elle pourra aussi libérer sa fureur pour achever avec encore plus d’efficacité ses nombreux adversaires. Ces combos permettront d’effectuer des “sparkle hunting“, comprenez par là une mort simultanée d’au moins trois zombies, qui libérera des pièces permettant d’acheter d’autres combos, des costumes, des photos et même de la musique !

Il vous faudra alterner le corps-à-corps et la tronçonneuse pour arriver à vos fins.

La musique justement. Grand point fort du soft, elle est dynamique et enjouée, allant du rock des années 80 à la pop contemporaine aux accents californiens en passant par quelques accords hippies ou encore du hard rock des années 90 ! Le fait de pouvoir customiser sa playlist est une véritable aubaine car l’intégralité des morceaux collent parfaitement au jeu, mention spéciale pour l’excellent “Lollipop” des Chordettes !
Les bruitages quant à eux sont plutôt de bonne facture et les dialogues en VO bénéficient d’un sous-titrage de qualité. L’accent est mis sur les dialogues très présents entre Juliette et Nick qui sont parfois très drôles : “Qui a eu l’idée de faire des zombies capable de courir ? C’est vraiment une idée à la noix !” Danny Boyle appréciera ! 

Côté difficulté, nous vous conseillons de ne pas jouer en dessous du mode normal. Le début vous paraîtra à coup sûr corsé (voire même sacrément retors) puisque Juliette ne compte que très peu de coups en début de partie et les zombies sont quasiment aussi dangereux du début à la fin. Cependant, les forces s’équilibreront par la suite avec une tronçonneuse plus polyvalente et des combos plus meurtriers. Mieux vaut avancer difficilement au début plutôt que traverser le soft sans difficulté au risque de le trouver redondant. Il n’est d’ailleurs pas idiot de vous lancer dans l’aventure avec le degré maximal de difficulté histoire d’allonger un peu une durée de vie résolument trop courte. Car oui, bouclé en 5 ou 6 heures, le titre est aussi jubilatoire qu’éphémère. Et comme on aime, on regrette de quitter aussi rapidement la belle Juliette…
Cependant, comme à son habitude, les papas de No More Heroes ont mis l’accent sur la collectionnite (notamment pour les costumes) et la rejouabilité grâce au mode défi.

Voici ce que donne un "sparkle hunting".

 

En bref

Comment ne pas vous conseiller cette petite pépite ? Fun, jouissif, intelligent, proposant une panoplie de personnages complétement loufoques (comme le sensei de Juliette ou ses sœurs), le jeu propose des phases variées (partie de basket zombie, chasse au Pac Man, pole dance…) dans un univers absolument décalé. Lollipop est un véritable plaisir coupable qui est loin d’être exempt de défauts (les couloirs un peu trop présents, une action un peu rigide et une durée de vie limitée) mais qui ne parviennent jamais à contrebalancer le plaisir que nous aurons à décapiter du mort et à voir les deux fins que proposent le soft.

 

Trailer
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Un peu de gameplay
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note8

 

Auteur

Baltorg

Chroniqueur Jeux vidéo

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