Consoles / PC Jeux-Vidéos — 20 juillet 2012
Test : Red Dead Redemption : Undead Nightmare

Que vaut le contenu additionnel du Western vidéo-ludique de Rockstar ?

Éditeur : Take 2 Interactive
Développeur : Rockstar Games
Type : Action
Sortie en France : Octobre 2010
Support : PlayStation 3 et Xbox 360 

 

 

 

L’été et les soldes… voilà deux bonnes excuses pour vous procurer quelques petites perles qui vous étaient jusqu’à présent passées au-dessus de la tête. Si l’excellent Red Dead Redemption vous est inconnu, pas de panique, ce DLC est un « stand alone » (comprenez qu’il n’y a pas besoin du jeu original pour y jouer) et il vous tend les bras… enfin il vous tend un restant de bras décharné, ce qui est, dans ce cas précis, plutôt une bonne chose.

 

La foi est une arme... surtout avec de la chevrotine comme dirait Robert Rodriguez !

 

 

Avouez que John a la grande clase.

Red Dead Redemption, son grand Ouest, son ambiance… Un cow-boy ténébreux qui fixe au loin l’horizon, sifflotant à peine pour appeler son cheval. Tout deux galopent le long des routes poussiéreuses du Nouveau Monde. Traquer les brigands, les garçons de ferme malhonnêtes et les desperados, voilà le quotidien de John. Stetson enfoncé sur le crâne, il parcourt la région, allant de ville en ville pour chasser quelques primes. Mais bientôt l’heure de la retraite sonne. Personne n’est immortel. Alors John Marston prend femme et enfant puis part s’installer avec sa petite famille à la campagne, loin de la modernité, loin des trains et du télégraphe, loin de la folie des citadins et surtout de la violence qu’il n’a que trop connue.
Tout semblait aller si bien… Jusqu’à cette nuit d’encre où la pauvre femme de John se fait mordre par un voisin agité. La pauvre madame Marston se ruant à son tour sur son fils pour le dévorer sous les yeux de son père. Il ne reste que John, en pyjama une pièce, un lasso à la main une nuit de pleine lune. Personne n’est immortel, certains ne semblent pas au courant. John va le leur rappeler.

 

Le début du jeu est particulièrement sombre et violent.

 

Undead Nightmare est un contenu additionnel pour le GTA-like de Rockstar se déroulant aux États-Unis au début du XXème siècle. Fort de son ambiance délicieusement western spaghetti, il nous revient pour nous proposer un grand ouest assailli par une apocalypse zombie. Ça a le mérite d’être dépaysant !

Le jeu débute donc par l’intrusion d’un zombie au ranch de John. Sa femme et son fils contaminés, notre cow-boy devra, dans un pyjama de circonstance, attraper sa femme et son fils (la chair de sa chair, qui en veut à la chair de son père… vous suivez ?) au lasso pour ensuite les jeter dans la chambre, ligotés fermement. John va ensuite prendre la route pour trouver un docteur dans la ville la plus proche. Malheureusement, le fléau semble s’être déjà répandu sur toute la région…

Undead Nightmare est avant tout un jeu d’ambiance. À mi-chemin entre la trilogie du Dollar (Sergio Leone) et

Le grand ouest, le crépuscule, les zombies... c'est presque poétique.

la Nuit des Mort-Vivants, Rockstar nous prouve ici encore son art du récit filmographique. Ce cocktail rendant aussi bien hommage au western qu’aux séries B est diablement surprenant et réussi. Chaque paysage découvert au-delà d’une colline est une carte postale où nous ne serions pas surpris de croiser le majestueux Henry Fonda. Nous pouvons galoper où nous voulons dans ce vaste monde ouvert et chaque petite escapade sera le lieu pour se lancer dans de nombreuses quêtes. Les nuits sont lugubres, des cris étranges se font constamment entendre, les routes sont poussiéreuses et désertes (vous croisez tout de même quelques personnes, mais nous y reviendrons) et la musique de film d’horreur y est lancinante. Tout est fait pour souligner la solitude de John, seul dans l’immensité de l’Ouest. Des États-Unis au Mexique, il traversera les déserts de cactus, les plaines vallonnées, les forêts sèches et longera les voies de chemin de fer, les rivières et les torrents glacés ainsi que des monts enneigés.

Le tout est pourtant loin d’être sérieux. Les protagonistes sont souvent excessifs, poltrons et John possède un flegme qui lui donne un humour ravageur… malgré lui. Il s’excusera de bon cœur après avoir truffé de balles une mamie qui venait de se faire zombifier, ou demandera à son fils d’être « sage avec maman «  en ajoutant que la viande c’est mauvais pour la santé si on ne la fait pas cuire. Ajoutez à cela une galerie de personnages déjantés (mention spéciale au vieux qui tente de faire jouer du violon à un zombie pendant que d’autres mort-vivants dansent mollement) et vous obtiendrez un jeu certes violent et mature, mais avec un humour très réussi. Rockstar réussit d’ailleurs à y inclure quelques thèmes de société qui, de prime abord, pouvaient paraître peu à leur place. Citons par exemple cet épicier certain que l’épidémie est causée par les juifs et les Chinois… Si le personnage est ridicule et connaîtra une fin atroce sous les yeux d’un John qui se contentera de dire « Il ne manquera à personne celui-là”, on ne peut s’empêcher de féliciter le studio qui a su trouver un ton suffisamment équilibré pour mélanger horreur, colts poussiéreux, humour, et critique sociétale.

 

Posséder un cheval de l'Apocalypse n'est pas simple, mais cela vous donnera un air à la Ghost Rider (le comics, pas les "films" hein, on a du goût ici!)

 

Coté gameplay, le soft est tout aussi efficace. En quelques minutes John se laisse maîtriser avec précision. Il se manie avec aisance, que ce soit à pied ou à cheval. Il escalade les palissades, le cheval saute au dessus des obstacles avec une fluidité déconcertante. D’autant que notre critique a posteriori nous permet de le comparer à un certain Skyrim qui n’a pas su donner à sa monture une telle élégance.

 

Voici à quoi ressemble une ville qu'il faut netoyer.... On vous a prévenu, économisez vos balles !

La difficulté quant à elle est assez modérée. Suffisamment pour ne pas être fini trop vite, le jeu se bouclera en moins d’une dizaine d’heures. Rappelons que le soft est un DLC (ndlr : contenu téléchargeable) et qu’il coûte moins de vingt euros. Élément appréciable, les zombies sont légion et extrêmement dangereux. Si vous ne tirez pas à la tête, n’espérez pas les abattre. De vrais zombies de cinéma ! De plus, contrairement au jeu d’origine, les boutiques n’existent plus (apocalypse oblige !). Il vous faudra user de vos munitions avec intelligence et parcimonie d’autant que les missions secondaires demandent un véritable arsenal. Heureusement, vous disposez d’une capacité qui permet de ralentir le temps (un bullet time en somme) et permet d’ajuster vos tirs. Pratique, sans pour autant rendre les affrontements trop faciles car ce bonus cesse dès que vous tirez une balle et la capacité a besoin de temps pour se recharger.

Du coté des missions, cette extension respecte le canevas original. Dans un monde ouvert, vous devrez tenter de trouver l’origine du mal et un remède… s’il existe… Pour cela vous devrez effectuer nombre de missions variées et plus ou moins réussies. Certaines sont très ingénieuses tandis que d’autres sont rébarbatives. Nous allons donc de la traque à l’infecté à la cueillette de fleurs. Vous le voyez, tout n’est pas forcément excitant !

Mais bien sûr le jeu regorge de quêtes annexes. Au fur et à mesure que vous découvrirez des villes et des villages,

Cette extension vous propose de traquer quelques monstres particuliers.

vous pourrez défendre les survivants. Une ville libérée du fléau vous offre un asile pour sauvegarder, une garde robe pour vous changer et une carte permettant de faire des « trajets express ». Une ville libérée ne le sera pas éternellement et il faudra voler à son secours si elle ploie sous les assauts des morts vivants. Dans un premier temps ces missions sont un véritable plaisir. Mais très vite la mécanique devient redondante, d’autant que les zombies sont de plus en plus nombreux et allongent ces phases jusqu’à en devenir lassantes. Dans le même esprit vous pourrez « nettoyer » des cimetières en brûlant les cercueils et en affrontant des hordes d’ennemis jusqu’ à ce qu’un boss apparaisse. Enfin il existe une autre catégorie de missions, plus rares et aléatoires mais au final plus jouissives. Vous pourrez par exemple traquer des créatures mythiques (comme une licorne ou le Sasquatch !) ou venir en aide à des survivants traqués par des monstres qui apparaissent aléatoirement sur les plaines. Ce qui est intéressant, c’est que vous avez le choix d’intervenir ou de laisser ces malheureux à une mort certaine. Il arrive même que vous vous décidiez à intervenir et dans l’urgence vous tuiez la victime au lieu de l’agresseur… Dans le feu de l’action… Mais le jeu n’en tient pas rigueur, nous rappelant GTA. Vous pourrez aussi venir en aide à un médecin en capturant des zombies ou aider des familles à défendre leurs positions. La palme revient à la chasse aux quatre Cavaliers de l’Apocalypse qui, une fois affrontés, vous permettront de chevaucher une monture maléfique. Galoper sur une monture démoniaque qui enflamme tout sur son passage un soir sans lune, l’effet est saisissant !!

 

Sasquatch (Bigfoot) n'est qu'un des nombreux easter eggs du soft. Ca ne vous rappel pas une photo ?

 

En bref 

Malgré les années, le soft reste très beau. Savant mélange d’un cinéma qui sent bon le siècle dernier avec l’univers de Romero, Undead Nightmare est réellement capable de ressusciter le western ! Parfois redondant, le soft s’en relève sans mal grâce à un héros solitaire monumental. Proche de Clint Eastwood (surtout avec la tenue qui permet à John de revêtir le chapeau et surtout le poncho cultisme de la trilogie du Dollar), John est un véritable plaisir à incarner, le jeu bénéficie d’un mode multijoueur assez anecdotique, mais pour le prix, n’hésitez pas !

 

note7

 

Auteur

Baltorg

Chroniqueur Jeux vidéo

Articles relatifs

6 Commentaires

  1. Moi qui ne l’avait toujours pas testé, j’y galope ^^

  2. Un jeu qui donne bien envie. C’est cool western + zombie que du bonheur.

  3. Justement j’ai recommencé le jeu hier ! J’ai adoré le Red Dead original et encore plu Undead Nightmare ! Comme vous, j’ai trouvé les histoires annexes sympas (et j’ai été toute retournée par l’histoire de sasquash !)

  4. Ce jeu est excellent même si c’est vrai un peu redondant des fois. L’ambiance est géniale! d’ailleurs un film que j’ai maté hier (exit humanity) m’a rappelé ce jeu à posséder obligatoirement!!!!!

  5. Oui c’est très bon jeu ! Avec une certaine liberté. Un jeu qui donne une idée de ce que serai de vivre en plein dans une apocalypse zombie. Et surtout, économisez vos munitions !! ^^

  6. RDR et ses DLC : Sans aucun doute un des meilleurs jeux de la 360 ! Un scénario excellent du début à la fin, des paysages magnifiques, un mode multijoueur très sympa, bref un “must have” !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*